Il fera jour

Ecrit par Mélisande le 04 mai 2013. dans La une, Ecrits

Il fera jour

Fuite éperdue dans la nuit froide, le sang aux tempes,

Epousant cette course affligeante, le vent

Embaume mon corps du parfum vert des pins.

O géométrie pure des étoiles, azur délicieux vers lequel

Se jettent les hommes qui souffrent !

Martyr des liens sur la peau, et dans l’âtre cette flamme fière et folle,

Car toujours aux portes qui s’ouvrent, s’épand la lumière, fierté du jour.

Ciel de ma vie, bleuté profonde des nuits

Dans la rencontre tu frôles l’extase d’un vol d’oiseaux,

Au loin de la terre.

Et c’est le silence qui suit dans tes bras, la vague douce des baisers.

Course folle loin de ce qui sera. Abrités du mal, nous devenons musique.

Ailes légères, délestées du mal et du chagrin, dans le chant qui s’élève.

Ondes propageant les battements du cœur,

Il y a en nous cette infinie respiration

Forçats du noir humide de l’ennui,

Echappés des caves enfin livrés

Au fleuve tendre du désir et de la vie

Dans la blancheur des intentions, c’est l’évasion mystique

Le grand retour à l’autre

Le porteur de myrrhe, celui qui vient comme un voleur

Chercher le prisonnier pour le libérer de lui-même,

Le désincarner dans un nuage d’or

L’habituer au grand rien qui lui ouvrira toutes les portes

Le transformer en parfum léger qui nourrira les anges.

Et les cages terrassées rendront l’âme dans un bruit d’enfer

Donnant aux chers évadés cet orgueil fébrile d’avoir échappé au pire :

L’absence de musique la nuit perpétuelle les parfums ligotés

Le soleil lui-même triste comme un jour de pluie.

La désolation et l’espoir, assassinés

Par la si triste habitude de vivre.

Alors il faudra une révolution des astres et du sang de la terre

Pour nous réveiller

Et du fond de notre matin, mon amour,

Nous verrons qu’il fait grand jour

A propos de l'auteur

Mélisande

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