La mort aujourd’hui

Ecrit par Mélisande le 21 mai 2016. dans La une, Ecrits

La mort aujourd’hui

« La mort aujourd’hui devant moi, comme un chemin après la pluie… »

Je vais mourir demain, dans quelques jours, quelques saisons et quel soulagement ! Accéder enfin au ciel sans rester dans la case « terre », quel bonheur ineffable ! Quitter tous ces langages, ces abandons, ces rendez-vous manqués, les croche-pied du diable au pauvre hère qui prie et demande grâce ! Enfin ! Le silence, la paix, la beauté à l’infini ! Quelle guérison ! La mort on en réchappe de justesse par quelque grâce du ciel, puis on la souhaite ardemment après avoir lutté contre elle, alors que l’on a été aidée, aimée par des voix puissantes qui nous exhortaient : « Reviens ! » Mais aujourd’hui, elles ne sont plus là, elles disent : « Va t’en ! Si tu veux, je vais te donner mon avis sur ta future adresse ! » Poliment, gentiment certes, mais personne n’ouvre plus les bras pour accueillir ton martyr ton calvaire, et les mains s’atrophient à force de ne pas serrer quelqu’un sur le cœur épuisé du nageur ! La mort est feu follet, elle circule de l’un à l’autre sans état d’âme comme si elle prenait possession, d’un corps d’un cœur, puis s’en allait, s’en revenait ! La politesse quand il y a eu l’amour quel crève-cœur ! L’amour est cruel quand il est absent d’un cœur, il dessèche sur pied celui qui en face attend… Il tue sans flèche sans curare, juste avec son absence. Il tue proprement l’amour absent, simplement en n’émettant pas.

Voir l’homme que l’on aime plus que sa vie, en aimer une autre, est une forme de sadisme de Dieu tout à fait irrespirable. Parce qu’infiniment, indéfiniment, on va le chercher, le rejoindre contre son gré, le chercher encore et malheureusement le trouver, comme si un labyrinthe sadique nous proposait l’exact chemin qui va tout droit vers notre calvaire.

Alors « La mort, aujourd’hui devant moi, comme la guérison d’une maladie, comme un retour à la maison après une longue absence ».

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Mélisande

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Commentaires (3)

  • Mélisande

    Mélisande

    22 mai 2016 à 11:29 |
    Les expériences d'EMI semblent parler d'un univers où tout n'est qu'amour, dans une dimension qui n'a rien à voir avec celle humaine.
    Le ciel envoie aussi des indices pour l'existence de l'âme et de "l'invisible" en général.
    Quand on visite les tombes de l'Egypte Ancienne, les pyramides, et l'importance qu'ils donnaient à l'existence de l'Au delà, on ne peut être qu'émerveillés et sûrs: oui, la mort est le début de la vie spirituelle, mais le problème c'est que ne doit pas "se la donner"! L'alfa et l'oméga de notre existence sur terre n'appartient "qu'à Dieu".
    Un "cadeau" offert, et repris quand il est le temps.
    "Il y a un temps pour chaque chose sous le ciel" Dit L'Ecclésiaste.

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      22 mai 2016 à 12:26 |
      Dans les expériences de mort imminente, il y a les deux : des expériences paradisiaques, mais également des expériences infernales, une descente vers un lieu de douleurs. L'Egypte ancienne - c'est tout l'objet du Livre des morts - avertissait et cherchait à prémunir le futur défunt contre toutes les embûches qui le guettent dans l'Amenti, le monde des morts.
      Non, Mélisande, le jour de la mort n'est pas forcément un dies natalis, le jour d'une nouvelle naissance pour le meilleur. Ce peut être, au contraire, un changement pour le pire...

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    21 mai 2016 à 13:07 |
    Qui peut dire ce qu’est la mort ? Les religions parlent de rétribution, de récompenses ou de punitions ; mais ce qui se passe effectivement, seul le bouddhisme, dans sa version tibétaine, l’évoque dans le Bardo Todol, le livre que l’on doit lire aux mourants, afin qu’ils connaissent tous les détails du processus de réincarnation. Souvenez-vous du « Septième sceau » de Bergman, cette partie d’échecs entre un chevalier et la mort. Le chevalier finit par être mat et la mort l’entraine. Le chevalier a toujours douté de l’existence d’un au-delà de la vie ; il demande donc à la mort : « maintenant tu peux bien me le dire, y-a-t-il quelque chose après toi ? ». Réponse de la mort : « mais moi, je sais pas, je ne suis que la mort ! ».
    Croyez-moi, Mélisande, nul ne sait ce qui se trouve, une fois passé le seuil de ce que les Grecs appelaient la « maison de l’Hadès ». L’ici-bas est – à la fois – un enfer et un paradis, intenable mais véridique contradiction qu’il faut toujours garder en mémoire. Quant à l’au-delà – cette terra incognita – on verra plus tard. Heaven can wait.

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