L'Appel de la Forêt

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 21 février 2011. dans La une, Ecrits

L'Appel de la Forêt




 

 



Toujours petite.

Malgré les travaux incessants

Les remises à neuf

Et les remises à flot.

Tous les déménagements pour embellir

L'espace et le temps en face.

Toujours si lente à partir devant.

Un.

Occupée à courir derrière.

Deux.

Toujours trop pliée.

Toujours trop tendue.

Toujours là à garder la mesure.

Saccadée.

Mais à rebours.

Frappée d'accès dans l'étroitesse.

Malgré la ténacité de l'effort

Pour

Obtenir

Un développement

Comme

Dans

Les

Livres.

Agrandir, agrandir.

Lâcher les brides sous-cutanées

Et cisailler les cordes pour s'éprendre.

Liens et attaches

Rythmes attrayants de la spasmophilie.

Foutaise.

Trois, quatre.

Battre au tempo caduc des quintes de tout

Qui passent quand le temps qui reste est déjà perdu.

Je t'étrangle sérieusement.

Grandis, grandis enfin pour la fin.

Assume enfin pour la fin l'appel de la forêt.

Il te reste à sauver le sauvage,

Tout droit, ne t'y perds pas.

Jette-toi sans appui dans la broussaille.

Le trop d'épousailles ne t'y survivra pas.

 

In "Chuter"  http://poesieguerrierel.blogspot.com/

A propos de l'auteur

Elisabeth Guerrier

Elisabeth Guerrier

Rédactrice

Poésie

Artiste/Peinture/Art Digital

Auteur(e) : "IsolementS"

Sites :

http://guerrierart.com/

http://guerrierpoesie.blogspot.com/

Commentaires (7)

  • Luce Caggini

    Luce Caggini

    24 février 2011 à 18:44 |
    Le feu, les feux , les artifices d es eaux calmantes

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  • jocelyne

    jocelyne

    23 février 2011 à 18:37 |
    Avec une grâce aérienne, vous semblez personnifier la forêt, "poumon de la terre",nous devons la respecter, la vénérer et lui donner une certaine liberté pour qu'elle puisse développer ses fonctions naturelles et essentielles :écologie, économie et social.
    Merci.

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  • Vaillant Sabine

    Vaillant Sabine

    23 février 2011 à 09:39 |
    C'est l'image d'une danseuse qui m'est apparue...

    Répondre

    • Guerrier Elisabeth

      Guerrier Elisabeth

      23 février 2011 à 13:34 |
      C'est une image charmante, au-delà de l'effort, des torsions et des contraintes, toucher la liberté par un travail constant sur soi et la mettre au service de son art...

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      • Vaillant Sabine

        Vaillant Sabine

        25 février 2011 à 11:53 |
        Parallèle interessant entre une danseuse qui déplie son corps et le travail psychique qui s'opère à travers l'art...

        Répondre

  • Eric Thuillier

    Eric Thuillier

    22 février 2011 à 22:50 |
    Chère Elisabeth, votre texte m’a touché à première lecture sans que je le comprenne. Alors je l’ai relu, pas tout de suite, une fois ce matin où des images d’accouchement me sont apparues, puis une fois ce soir où j’ai vu un accouchement de soi même qui est tout de même autre chose que soi, qui est notre propre étranger qui veut courir vers la forêt. Je l’ai relu juste avant de prendre le bain de nuit que m’offre chaque jour la promenade du chien. Vous avez gravit la colline avec moi. A mi pente j’ai compris pourquoi le mot poésie était féminin , c’est parce qu’il transforme même les hommes en parturientes.
    Sur la hauteur, les sangliers étaient là – la chose se produit trois ou quatre fois l’an – ils ont couru vers la forêt à mon approche. Je ne sais pas si j’ai compris ou non votre poème mais je sais qu’il a des jambes et une respiration et qu’il était à mes cotés quand je scrutais les fourrés noirs pour y distinguer le noir des sangliers, pour entendre aussi longtemps que possible le bruit des feuilles et des branches mortes. Merci pour cette promenade.

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  • Martine L

    Martine L

    21 février 2011 à 19:36 |
    Très joli, fin, ciselé, de l'air, de la liberté ...

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