Le roi te touche Dieu te guérisse

Ecrit par Mélisande le 02 juin 2018. dans La une, Ecrits

Le roi te touche Dieu te guérisse

« Je suis le chemin qui attend le Voyageur », Saint Augustin

« Je m’entête affreusement à adorer la liberté libre », Arthur Rimbaud

 

Ce qu’il faudrait garder, Camarade, c’est la foi, ce qu’il faudrait sauver dans les regards, c’est Dieu ! Le divin en l’homme, ce qui le hausse hors du bourbier.

Et l’élève, dans ses intentions, dans son cœur et dans son regard.

Ce qu’il faudrait, Camarade, c’est retrouver la pureté d’intention.

La vulgarité : c’est la relation de dépendance, la relation sado masochiste, cette impossibilité à assumer sa solitude !

Vouloir entraîner l’autre dans cette chute glauque comme une fausse accolade qui n’est en fait que la promesse d’un jour sombre.

C’est chercher désespérément des complices à notre volonté secrète d’en finir brutalement avec le jour puissant de la Vie.

Ô ciel, aspire-moi, offre-moi les clés de ma nouvelle maison, claire comme le jour, légère comme le corps de l’oiseau.

Quand mes amis entreront en souriant cherchant l’auberge, celle de l’Ourse aux grand bras, qui s’en moque d’être : sur la terre comme au ciel !

C’est l’Ourse qui veut : le-ciel-tout-de-suite ! Ou rien !

Rien du tout, juste : Michel-Celui-Qui-est-Grand.

Qui est comme Dieu mais pas comme nous, juste : avec nous.

Qu’il soit entendu en ce monde l’être qui se mêle aux humains comme le-cerf-cherche-dans-la-forêt, la clairière douce de son repos.

Dans le Voyage, il est comme nous, prisonnier des affres terrestres, s’offrant aux dérives du chemin des hommes qui toujours le blessent.

Qui le voit ?

Mais aujourd’hui, ce dernier jour d’août, avec les cannes, on pense dans ce lieu de martyr, on songe aux forêts au vent qui parle à l’oreille de la blessée, à cette puissance là-haut qui nous a dit : je serai là !

On trébuche, on revient vers lui, c’est son désir mon désir qui nous lèvent, alors dans sa nudité d’été vaillant on imagine son regard, sa source chaude, et on s’en va claudiquant de l’hôpital et de ses blessés qui clament de nuit, leur détresse de ne pas avoir vu sur le chemin : l’Etre de Lumière.

Celui qui sauve, celui qui attrape le bras la main, l’être blessé, celui qui dans le pays des mensonges guérit. A l’hôpital, prisonniers de leur corps ils sont malades souffrants…

Ils poussent des cris de colère mais moi, je suis sur mes jambes. Et dès lors, je m’en vais car je connais : Orion !

Il a fallu livrer bataille !

Mais c’est la joie au cœur, la légèreté du papillon qui prennent possession de l’âme de celle qui aime ! Elle peut bien traverser les ondées les tempêtes, les mauvaises saisons où l’espérance bat d’une aile souffrante, elle peut bien tout cela. Elle s’en moque car elle aime. Et ce n’est pas l’Ici-Bas qui va s’en mêler !

Ce n’est pas une soumission à l’esclavage : institutions assassines. Restez prostrées, repentez-vous ! C’est un mariage ! une captation de l’esprit et du corps.

C’est voir enfin cette dimension inouïe de la présence cosmique, comme si une porte s’ouvrait en nous à jamais.

Tous les couloirs mènent alors vers la lumière quel que soit notre cœur…

On pourrait dire que l’on est alors dans le corridor de la volupté !

On aime : ventre à terre à ciel ouvert !

Cela s’appelle la vie.

Cette puissance qui est offerte à ceux qui réchappent de la mort fleuve immanent qui jamais ne se tarit. Même si la dépression, la déception, et la mélancolie peuvent habiter l’être, à nouveau, dans les saisons froides de l’absence, ces printemps fous où l’on ressent avec plus d’acuité encore, la solitude et ce cimetière si lourd dont nous devons naître, chacun d’entre nous, camarades ici-bas, camarades ici présents.

Mais ce ne sont que des saisons, des ombres gigantesques qui font croire qu’elles sont le monde.

Mais elles n’en sont qu’un reflet éphémère presque court, sans réel impact : comme la musique comme le chant des oiseaux, nous sommes de la Vie-à-jamais, sources dans la nuit qui ne seront plus jamais taries, même si le silence fait écho à notre insatiable désir de l’Autre.

Ici-bas, dans les tunnels du désir d’être à peine perceptible, luciole ténue dans les sourires déchus de mes frères, les grands Autres, on se sent triste parfois.

Et il y a de quoi.

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Mélisande

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