Mystère de feu, notre galère

Ecrit par Jean-François Joubert le 17 mars 2018. dans La une, Ecrits

Mystère de feu, notre galère

Allo, qui est là, sur Terre. Toi, assis sur le cul de l’univers tu te crois supérieur aux autres mammifères, seulement, voilà, tu es misère taille de guêpe, face au cosmos, alors on va écrire une histoire, pas mon histoire, notre histoire, deux êtres humains face à face, deux pays, sans gêne, nous partageons une passion, l’art, pas le dollar, ni le dos large, face à face, pile ou farce, kig ha farz, là je déconne mais entrons simplement dans la zone de décombre de notre monde, trop de monde y respire, et je suis fou de le dire. Un conte de fée commence toujours par il était une fois l’évolution, moi, qui suis-je au fond ? Une urne vide, je sais que je ne sais pas grand-chose, un peu d’un autre millénaire, né une année exotique, tic, tac la montre avance, j’aime écrire, toi tu livres tes toiles sur l’écran de ma mémoire. Elles sont là, je regarde, je voyage, vers un autre monde, l’art pictural, l’art rupestre, l’art majeur de l’Humanité, l’art que je ne peux imaginer, alors prenons le train en marche, pas le président de la république, ce que je sais c’est qu’on avance vers l’extinction et l’éviction du monde, celui de mes vingt ans, ah tu n’es pas d’accord ! Tu voles de miles en miles dans un oiseau de feu, nom de dieu ne te casse pas la pipe, nous fumons, car un être un jour de notre race commune a gravi un sommet, trouvé le feu, et nous, tranquilles maintenant sans gravir de montagne, paf une allumette, un bric-à-brac de sobriquet et nous allumons notre tabac, mais j’ai les yeux lumière de la mer qui entoure les côtes de mon village de naissance Brest, où je reste bloqué depuis des lustres.

Digression, mon ami petit, j’ai jeté un regard de traviole, de travers, dans un microscope, pas pour disséquer une grenouille, ça je refuse de le faire en classe, sortez me dit-on, il fait froid dehors, mais je suis fier et chaud dedans, non faut pas faire crever le croque-madame, non je me souviens de ce refus, car je ne suis pas un exterminateur de cette extra-terrestre, de ce petit bonhomme vert, non, la grenouille j’irai pas y deviner l’avenir, je m’en tape une côte de granite ! Attention, tu es chaud Stéphane, maintenant, nous entrons dans le vif du sujet, ce fut mon premier porno, un microscope pour voir la copulation de la plus grande population de notre Terre, le plancton, notre oxygène. Surprise, je naviguais par hasard, à Ifremer, et moi ventre et yeux avides de découvertes du haut de mes quinze ans, je vois un homard dans une cage pleine d’eau, à l’étroit, un aquarium à souvenirs, un vin fin, pas une marée de caviar, sais-tu toi Stéphane, mon ami du pays au ventre froid, connais-tu le parfum d’une marée noire, je n’entre pas en polémique sur l’immigration, dans mes cauchemars récurrents les êtres portent des masques couleurs de l’arc-en-ciel, du vert, du jaune, du rouge, et puis j’oublie toujours les autres noms de couleur, la douleur accompagne ma cervelle, ballade, allez du zinzolin, comme cela je vais paraître zinzin, je me tais. Chut, ça danse dans ma tête, cet artifice, jamais je ne pouvais imaginer que j’allais entrer dans un gros mot au pays qui me récupère, ma mère patrie, deux rapatriements sanitaires au compteur, trois si on compte le véhicule infirmier qui m’a ouvert les portes d’une piste d’aviation versus ministre, comme les deux cents ans qui me séparent de mon arrière-grand-père, tailleur de pierre. Cet être a écrit son nom au Tromeur, un patronyme que je porte anonyme, Joubert, sur une pancarte, en créant une confusion sociale, il a ouvert sa gueule en 1905 et créé un syndicat pour vivre du fruit de son travail, ses mains d’or, moi piètre orpailleur de passage en Guyane, je ne cherchais rien, vu de la Terre, mystère, bref, je stop là, las, non, lasso, tomberas-tu dans mon filet, ma nacre, mon opale, ma Bretagne. Je t’y invite, attention pas de mouette, de chouette-hulotte, seulement des oiseaux de passage, et moi un enfant sage, tu me crois, et taiseux au regard nu. Un sacré culot d’ouvrir ce débat sur notre culture de la révolution, Français par inadvertance, si je t’écris ces mots crus, que je dis ce que je pense sincèrement, c’est que j’ai paumé une confiserie, déposé mon sac de marin à une iode, usé par le manque de savoir, en me disant deux rapatriements sanitaires, et un avion qui attend ma présence, c’est pas mal comme curriculum vitae, j’habite un pays sonore, une insulte communautaire, qui m’isole et m’assomme, comme les anciens abusaient de la drague à coups de gourdin, nom de dieu, j’ai une camisole de force dans les pattes, pas la patate, ami avance, peints, écris, fais-moi vivre, là je suis un crève-cœur, une douleur à sec de toile, ce qui ne fait pas avancer mon tableau, façonne le tien, arrive dans cette lettre sans timbre mais qui sonne espoir, j’ouvre les consonnes, le débat, la balle est chaude, à toi la parole, moi je sors du sujet, mais rebondis car j’adore l’idée de construire ce truc épistolaire, sans pistolet for me. En compagnie d’un fusil je rate un bananier, alors près de nids de pie, j’ai une utopie, une vraie, elle me tient en vie, connaître la paix du citron, je suis cigale et fourmi, un être double. Je te passe le microphone, parle-moi de tes blessures, moi, j’ai juste une fissure, j’aime une femme lointaine, et grande, sinon je serais une morsure de vipère, père l’a eu, il s’est tu, et délivré de son manque de tendresse d’un coup d’adresse, sur l’estran de vase, donné la mort, la morsure du temps, marin d’Etat, sur la grève, la plage qui conduit ma vie d’eau, et d’Océan, devenu une baleine, allez stoppons les balivernes, réponds à ma question, connais-tu la mer qui peuple les nuages de notre Finistère ? Viens mon ami, la route est touristique, son nom le pays du Léon.

A propos de l'auteur

Jean-François Joubert

Jean-François Joubert

Rédacteur

Ecrivain

Jean-François Joubert est né à Brest, une ville où l’on parle souvent des îles qui l’entourent, Ouessant, Molène, Sein… La mer le berce depuis l’enfance et elle s’invite souvent dans ses rêveries. Elle est Source d’inspiration, mais aussi de revenus, pendant longtemps il a enseigné la voile au sein de différents clubs nautiques. Désirs de voyages, de rencontres, d’océans, et ce besoin d’écrire qui s’installe, comme une évidence.

 

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.