Ô ami ! - Texte de Nabila Yahiaoui - Traduit de l'arabe par Ahmed Khettaoui

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 05 mars 2016. dans La une, Ecrits

Ô ami ! - Texte de Nabila Yahiaoui - Traduit de l'arabe par Ahmed Khettaoui

Ce sont les rimes qui me fascinent

Toutefois, je ne cesse de feuilleter ses registres

Dissimulés dans les creux du silence

Tantôt elle m’amène aux bribes, aux lambeaux des souvenirs

Tantôt elle déterre, secoue la sueur de mon front

Et je me dissimule entre ses cris, ses gémissements !

Telle l’ombre, je m’exalte, telle l’auréole et lueur

Ainsi lorsque je déguerpis mon lieu comme un réfugié

Alors, je ne trouverai guère ma pluie qui plantait mon rameau,

Et mon tronc

Telle une secousse ; un ébranlement cosmique

Telle une torpeur !

Idem ma citadelle… et il me tue, ce dard de tristesse !

Elle criait : lasse, chaque jour ; dans mon for intérieur !

Me voilà ; ô mélodie, voix éternelle

Je sème à mes côtés ce qui reste de ta rosée !

 

Ma rive ne sera nullement perpétuelle

Hélas, je ne réduis guère mes moments,

Tu ne m’atteins nullement à bord de la dernière gare !

J’ai déjà recueilli le caillou de mon cheminement

Et je l’ai effondré

Telles les ailes des ténèbres !

Ô ami !

Reviens aux bons moments d’hier, y se souvient de moi

Est-ce que le chagrin Règne dans ma Cité ?

Au moment du départ, que se produit-il ?

Ô ami !

Où trouvais-je ces bribes ?

Dans les entrailles du jour ?

Ou à dos de la sécheresse des sentiers ?

Ou dans les allées des nuits sombres ?

Ô ami !

Toi, qui frissonnes en peine

Tel un chevrotement du crépuscule !

Ou dans l’hiver d’un été réprouvé

Ou dans les dédales du coucher du soleil

Ô ami !

Entrecoupés, enlacés, moi et toi ; par ces maintes, tendres distances

Éreintés par des montagnes qui nichent, enclavent en Echo : mes cris

Et mes soupirs, mes gémissements

Ô ami !

Hormis, mes mains qui tisonnent ma moitié

En fade :

Hormis, l’autre bout à la portée des ruines

Je vêts un habillement de vigueur, de vertu dans tes paumes

Les archipels, m’amènent à sillonner les blessures et les plaies

Ô ami !

Ô ami !

Je désire les Cités d’amour en toute volupté

Tels que les intrus ; étrangers

Je me réveille des Cités en torpeurs entassées

Pour dormir dans le bruit ; la confusion de tes soirs

Dorlotée par les chants enfantins qui rétorquent

Qui suintent

Ô ami !

Dans le désordre de ton chagrin et ton aspect séduisant !

Qui-suis-je, et qui es-tu, ô ami

Dans le dissolu inappliqué des esprits vides

Et les hauts caprices

Ô ami

Ô ami !

Lorsqu’on récolte le pinard, ou vin de tes mots

De leurs racines et on s’apprête

A emprunter les pistes de l’univers en quiétude !

En brisant les geôles de la flamme

En écrouant les chaînes dans leurs détentions !

D’où vinrent, surgirent les lueurs de son absence

Ô ami !

Ô ami

Ce délire

Me vêt tel un pan

Ô ami ! Ô ami !

Et elle désire sans jouissance

Telle la terre, telle une broussaille,

Telle une déesse, pas comme les autres !

 

Nabila Yahiaoui

A propos de l'auteur

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.