Faire

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 26 novembre 2016. dans La une, Actualité, Littérature

Faire

Notre ami et rédacteur, Bernard Pechon Pignero, avait dans ses cartons cette recension du livre de François Fillon. Il nous a semblé, à lui comme à nous, que le moment imposait cette publication. On aura compris que ce texte, longuement muri en cave, n’a pas été posé dans la fureur du moment politico-médiatique qu’on traverse. C’est bien là qu’est son intérêt…

 

Le livre de François Fillon, Faire, se présente comme un habile mélange d’autobiographie, de profession de foi politique et de programme électoral qui ne doit son originalité qu’à la personnalité de son auteur. Ce n’est pas dans ce genre de livre que l’on s’attend à trouver un programme de gouvernement précis et chiffré. Il serait prématuré pour le candidat déclaré d’abattre ses cartes deux ans avant l’échéance. Tout au plus aurons-nous des déclarations d’intention à travers lesquelles peut se dessiner un profil humain intéressant ou au contraire se cacher, derrière le paravent de vertueuses résolutions, une ambition personnelle qui ne justifie pas la lecture de trois cents pages et encore moins, in fine, un bulletin de vote au nom de l’auteur. On ne peut évidemment pas éviter les quelques pages introductives, d’un lyrisme convenu, qui sont à ce genre de livres ce que les formules de politesse sont aux lettres protocolaires. On les parcourt d’un regard distrait en sachant d’avance ce qu’elles contiennent. Bien que les concepts et, plus encore, les mots qui les expriment soient galvaudés de longue date par la langue de bois politique, on serait choqué de ne pas les y trouver. Là n’est pas l’essentiel.

François Fillon a d’abord l’autorité et la légitimité d’un homme politique qui a exercé un nombre impressionnant de mandats électoraux et de charges ministérielles diverses qui lui permettent de revendiquer légitimement une compétence qu’aucun de ses rivaux ne peut égaler ni même approcher. Il a, de plus, à son actif une éducation, une culture et une sensibilité qui font de lui un homme immédiatement sympathique. Sans doute l’est-il également à long terme pour ses proches. Il a su mener un parcours exemplaire dans ce monde politique impitoyable envers les idéalistes et les naïfs que sont parfois les démocrates sincères, sans être éclaboussé par les scandales publics ou privés qui n’épargnent aucun parti et que la rumeur, attisée par les médias, s’ingénie à envenimer. Il garde, après une quarantaine d’années de bons et loyaux services, l’image d’un homme intègre, discret, calme et mesuré, mais sachant défendre ses choix avec conviction. Il n’a pas l’auréole du martyr d’un Alain Juppé ni les années de purgatoire qui en sont le coût, ce qui lui donne sur cet autre ancien premier ministre l’avantage d’une relative jeunesse.

Enfin, François Fillon peut faire état d’une connaissance approfondie aussi bien du terrain social et économique français, dont il a étudié de près les évolutions depuis des décennies, que de la politique internationale dont ses fonctions ministérielles lui ont permis d’observer les arcanes jusque dans les plus hautes sphères et dont il parle avec une liberté de ton et un bon sens inattendus chez un éventuel futur président de la République. En particulier, j’ai été agréablement surpris par la façon dont il juge les politiques américaines et allemandes sans se croire obligé de recourir aux circonlocutions diplomatiques du type « nos amis américains » ou « nos amis d’outre-Rhin ». Pour bien des raisons, il réunit donc à l’évidence les qualités rares qui le désignent comme un candidat plus que crédible à la fonction qu’il brigue. Saura-t-il faire valoir ces avantages personnels, cette longue expérience chez un homme encore jeune, cette probité authentique comme les qualités d’un véritable homme d’état ? Il est vrai que l’histoire récente a prouvé que cette dimension n’était plus requise pour exercer en France la magistrature suprême.

Je regrette toutefois le parti pris de l’auteur de n’accorder aucun crédit à ses adversaires officiels, à savoir l’actuel gouvernement socialiste, alors qu’il est évident que certaines mesures, certaines réformes méritent d’être saluées, quitte à critiquer la maladresse avec laquelle elles ont été engagées ou conduites. Faire preuve d’un minimum d’indulgence envers ceux qui gouvernent est toujours considéré par l’opposition, quelle qu’elle soit, comme une faute stratégique. On pouvait espérer qu’un homme aussi intelligent et rigoureux que François Fillon sache innover dans ce domaine ce qui, en l’élevant au-dessus des querelles partisanes, n’aurait pu que renforcer l’objectivité de son discours. Il n’a pas fait ce choix dont il craignait sans doute que la magnanimité soit jugée trop habile pour être honnête. Il ne se prive pourtant pas de sacrifier à une rhétorique retorse quand il s’agit de se démarquer de ses amis politiques.

Car quand je parle de ses adversaires officiels, je sous-entends évidemment qu’il en a d’autres, officieux mais beaucoup plus redoutables dans sa position, à savoir ses rivaux et en particulier Nicolas Sarkozy qu’il gratifie de louanges acidulées apparemment moins assassines que sa commisération attendue à l’égard de François Hollande. N’aurait-il pas été plus habile et, au demeurant, plus réaliste d’accorder au président actuel (sortant) quelques succès, ce qui aurait engagé ce dernier dans une sorte de parallélisme avec l’ancien président et l’aurait placé lui, Fillon, en position à la fois de conciliateur et d’outsider ? Il faut dire que l’opération de désolidarisation d’avec le « candidat naturel » autoproclamé de la famille gaulliste est délicate. François Fillon a été son ministre pendant toute la durée du mandat de Sarkozy. Il est donc forcé d’assumer une complicité dans ses erreurs comme il peut se prévaloir de sa participation à ses réussites. S’il faisait le tri entre les mesures qu’il a soutenues et celles qu’il n’a pas approuvées, on lui reprocherait de ne pas s’être mieux opposé à ces dernières, d’avoir accepté de se soumettre au lieu de se démettre. Et s’il avait démissionné, comme il en a été souvent tenté, on l’aurait accusé d’avoir trahi les siens pour de basses querelles de personnes. Le voile pudique qu’il jette sur un passé pas toujours glorieux lui interdit aussi bien d’aborder la contestable intervention de la France en Lybie, d’inspiration notoirement élyséenne, que la gestion tapageuse de l’image médiatique de la vie conjugale du président. Ce dernier terrain était pourtant celui – trop facile peut-être à ses yeux – où il aurait pu renvoyer les deux présidents successifs dos à dos et prôner la retenue pudique que l’on pressent dans sa déontologie comme dans ses mœurs.

Si la forme n’est pas toujours aussi percutante, aussi brillante qu’on l’aurait souhaitée – mais tout ce qui brille n’est pas d’or, dit-on, et la relative fadeur du contenant est peut-être garante de la saveur du contenu –, voyons si le fond emporte l’adhésion totale. La mienne est d’autant plus difficile à obtenir qu’elle n’a jamais été acquise à la droite. Je fais partie de cette génération de démocrates trop sensibles pour ne pas être constamment déçus par la gauche lorsqu’elle est au pouvoir et d’ailleurs d’européens trop idéalistes pour ne pas être constamment inquiets de la fragilité de la construction européenne. Mais mon parcours professionnel et mes engagements civiques m’ont conduit à côtoyer des femmes et des hommes, et en particulier des chefs d’entreprises, petites ou grandes, dont j’ai trop souvent constaté que les affichages politiques favorables à la droite coïncidaient de façon suspecte avec leurs intérêts personnels immédiats. Cette courte vue affecte également le « peuple de gauche » mais avec des circonstances atténuantes évidentes. Le désenchantement induit par cette myopie, exploitée de surcroît par des démagogues sans scrupules, conduit hélas à des dérives politiques dont je suis convaincu qu’un François Fillon les déplore tout autant que moi.

 Il n’est pas certain que ce soit suffisant pour me rapprocher de lui. L’admiration inconditionnelle de François Fillon pour de Gaulle accuse notre différence d’âge, pourtant minime. Fillon est, de peu, un adolescent d’après soixante-huit – il avait quinze ans – ; il n’a pas connu le de Gaulle âgé, sentencieux, autoritaire, méprisant qui s’était fait fabriquer une constitution à sa mesure (dont ses successeurs se sont plus ou moins bien accommodés même lorsqu’ils ne l’avaient pas votée) et qui, secondé servilement par un parlement « godillot » muselait la presse avec un souverain mépris pour toute opposition et une conception très personnelle de la démocratie.

Mais peu importe le dieu si la religion est bonne. Celle de François Fillon est assurément remplie de bonnes intentions et je ne vois pas beaucoup de politiciens dignes de ce nom qui ne reprendraient pas à leur compte la plupart de ses attendus. On sent dans toutes ses analyses, une observation attentive, une volonté de comprendre plus que de juger, des références précises au terrain qui ne laissent aucune prise à des accusations d’amateurisme ou de parisianisme. Gageons qu’elles seront néanmoins contestées par ses opposants à droite comme à gauche et qu’il rendra coup pour coup. Nous n’en sommes pas encore là. Mais ce qui me paraît le plus convaincant – complicité de classe sans doute et qui ne préjuge en rien d’une massive adhésion populaire – est un humanisme qui authentifie ce qu’une éducation bourgeoise « de terroir » a pu produire de plus équilibré et de plus équitable chez des sujets aussi intelligents que François Fillon.

Les prémisses sont solidement établies ; les conclusions sont courageuses, ambitieuses et seront suffisamment impopulaires pour être taxées d’utopiques même si elles sont toujours raisonnées non pas sur la base d’idéologies arbitraires mais en se fondant sur l’expérience acquise et surtout sur les échecs constatés chez ses prédécesseurs ou chez nos voisins. Rien dans ce qu’il propose comme mesures immédiates ne me paraîtrait a priori condamnable – après tout, j’ai voté pour des programmes très différents qui n’ont pas donné les résultats escomptés – si j’étais persuadé que son élection soit accompagnée de l’avènement d’une classe politique aussi vertueuse et aussi compétente que celle dont le nouveau président serait l’incarnation et le modèle et si, par la même magie, tous les lobbies nationaux et planétaires qui sont à l’origine de tant de reniements postélectoraux lui laissaient tout loisir de développer son programme chaque fois qu’il se heurtera aux intérêts sectoriels qu’ils défendent.

Ce livre est attachant par la sincérité de son auteur, sa détermination courageuse à innover en prenant les risques de l’impopularité, par des notations autobiographiques qui dessinent un caractère sportif au meilleur sens du terme, l’humilité réelle d’un homme conscient de sa valeur comme de la vanité des ambitions humaines. Mais il est décevant en ce qu’il ne parvient pas à s’élever durablement au-dessus de la mêlée des sempiternels bouquins de profession de foi préélectoraux des politiciens de tout bord. Celui-ci, bien écrit, sans doute principalement par son signataire, tend à prouver que ce qui sépare un honnête homme de droite d’un homme de gauche sincère tient à des différences beaucoup plus conciliables qu’on ne le croit si on se fie aux médias qui commentent la vie politique quotidienne. J’en conclurais volontiers que mieux vaut voter pour les qualités de l’homme que pour son programme : ses qualités de cœur et d’intelligence sont en principe immuables, son programme sera soumis à des aléas qu’il ne sera pas toujours en mesure de maîtriser.

Je ne suis pas certain que François Fillon apportera beaucoup plus de libertés aux Français s’il est élu ; sans doute les contraintes seront-elles différentes et peut-être moins absurdes. Mais il me semble que la seule promesse que l’auteur de Faire n’a pas besoin de faire et qu’il tiendra très probablement s’il est élu, est qu’il sera un président intègre. Il sera forcément confronté à des choix difficiles et il devra se résoudre à prendre des décisions qu’il aurait voulu éviter. Il les prendra, semble-t-il, en toute conscience, après mûre réflexion et après avoir pris des avis autorisés. Plus il fera de promesses électorales, plus il sera obligé d’en renier. Plus il liera d’alliances plus il sera contraint d’en récompenser ou d’en trahir. Mais en fin de compte, comme toujours en France, c’est son parti, s’il le choisit, qui le fera élire et envers qui il sera redevable de sa gestion. Pourtant c’est le contexte international, européen et mondial, qui orientera l’essentiel de son action. Or, à ce double titre, je ne lis pas dans ce livre une appréciation lucide de cette réalité. Qu’elle n’y soit pas mentionnée ne signifie évidemment pas que cet homme de grande expérience ne l’ait pas lucidement appréciée.

En tout cas, je ne vois pas à travers ce livre se dessiner un destin présidentiel solitaire et hautain comme celui d’un Pompidou, a fortiori historico-messianique comme celui de de Gaulle. Fillon président n’aura pas l’habileté florentine d’un Mitterrand, ni l’impulsive fatuité d’un Sarkozy mais il n’affichera pas pour autant l’ambition naïve d’être un président « normal ». Serait-il, sera-t-il un bon président ? Son livre peut le laisser espérer à défaut de le garantir. Mais les meilleurs présidents ne sont-ils pas ceux dont le suffrage universel n’a pas voulu ?

A propos de l'auteur

Bernard Pechon-Pignero

Bernard Pechon-Pignero

Après une carrière professionnelle de cadre dans le négoce sidérurgique puis l’industrie chimique, ancien magistrat consulaire, je consacre ma retraite à mes trois enfants adoptés au Mali et à divers bénévolats associatifs autour du livre, de la lecture et de l’édition.

Sous le nom de Bernard Pignero, j’ai publié un roman chez Gallimard « Les mêmes étoiles» (1998), des nouvelles chez HB, un roman aux éditions des Vanneaux « Mélomane » (2011) un récit aux éditions de la Vague Verte « Mémoires d’Airaines » (2011) un roman aux éditions Encretoiles « Traduit du français » (2015) des recueils poétiques et des articles critiques sur la peinture.

REFLETS DU TEMPS  publie mes articles, chroniques et nouvelles depuis 2010

Je vis en Picardie depuis 2008 après quarante ans dans le Gard. 

Commentaires (12)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    26 novembre 2016 à 13:26 |
    Une salutaire remise des pendules à l’heure que votre recension de ce livre. Elle vient à point nommé relativiser les délires paranoïaques, fantasmagoriques, voire tout bonnement grotesques de certains commentateurs. Fillon, c’est la droite, la droite traditionnelle, la droite classique – orthodoxie budgétaire et ordre sociétal – pas moins, mais pas plus : Fillon n’est ni Trump, ni Viktor Orbàn, ni Marine Le Pen. Les antifascistes de tout poil peuvent bien en rabattre, Fillon à l’Elysée, ce ne sera pas forcément la joie, mais ce ne sera en aucun cas le grand soir de la révolution nationale pseudo-pétainiste que quelques esprits un brin divaguants imaginent…

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    • Martine L

      Martine L

      26 novembre 2016 à 16:47 |
      Bien sûr que non, JFV !!! Fillon n'est pas la «  Droite classique et rien de plus » que vous défendez. Absolument pas, et peu importe ce qu'il écrivait dans son livre déjà vieux de plus d'1 an. Celui qu'on regarde et qu'on juge à l'aulne de son programme, ses propos et ses convictions intimes tant affichées, c'est celui qui sera élu dimanche et qui a quelques chances du coup d'être en Mai le président. Vos propos lénifiants font bon marché de ce qu'est le réel-Fillon aujourd'hui. Plus qu'un conservateur, un vrai réactionnaire pur sucre ( sel, plutôt ), dont les parfums voisinent, que vous le vouliez ou non, avec tant de choses nauséabondes : le soutien de la manif pour tous, des identitaires, des racistes comme «  riposte laïque », de bouts goûteux de l'extrême droite, un libéralisme à fond la caisse. Des conceptions de l'école, de l’enseignement de l'Histoire, de la santé, j'en passe... qui font – légitimement, peur. Que certains «  osent comparer », dîtes-vous, avec Vichy ? Et bien, j'en suis ! On a plusieurs Droite – il y en avait 3 grosses tranches au magasin de ces Primaires ; la Sarkozyste, la Juppéiste, et la Filloniste. A suivre.

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      • Jean-François Vincent

        Jean-François Vincent

        26 novembre 2016 à 17:03 |
        Oui, Fillon surfe sur la la vague identitaire du temps, celle-là même qui porte Marine Le Pen ou Donald Trump; mais il ne propose pas le rétablissement de la peine de mort, la préférence nationale ou même la présomption de légitime défense pour les policiers que proposait Sarkozy...
        Pour le reste et sur le plan économique, c'est un copier coller du programme de Chirac de 1986, lors de la première cohabitation.
        Opportunisme, oui, vichysme, non.

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        • Martine L

          Martine L

          26 novembre 2016 à 17:27 |
          Toujours pas d'accord ! je l'ai entendu de ci, de là : ce serait un opportuniste. Mais, soit dit en passant, serait-ce devenu une qualité ? Que de se brancher ( sens ado pourquoi pas), se déguiser ( Thatcher/Libe aussi ?) dans l'air du temps... lequel temps est trop grave pour de telles postures ! Non, je pense qu'on voit apparaître ici le vrai Fillon – filou sans doute ; un personnage très politique politicienne à l'ancienne qui, certes a vu l'axe porteur, des «  vraies valeurs artisanales », Vichystes, bien entendu, avec l’acception de la comparaison, et non du copié-collé ; ne manque au menu que – « la terre, elle, ne ment pas », difficile à installer, sauf à ressusciter le monde paysan... mais derrière, il y a ses convictions et sa décision de « renverser la table » lui, à sa façon. Pardon ! de «  réformer », dit-il ! Travailler, de fait, à mettre en place un vrai système libéral ( en capacité d'être envisagé en France, avec son tissu socio-économique, ses institutions – pas au Chili, ni dans l' Angleterre de Maguy, cette blague!!) et une société éloignée autant que faire ( « Faire » hi ! hi!) se peut, de ce qu'on a encore l'habitude de nommer le modèle social français. Désolée, aussi pour votre assertion économique mais je crois savoir que les experts disent que là, on aura un libéralisme jamais vu depuis longtemps, et même tous programmes des Droite confondus. Ne nous cachons pas derrière les réassurances fantasmées : avec Fillon, ça cogne et il y aura une très grosse Droite pour en saliver...

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          • Jean-François Vincent

            Jean-François Vincent

            26 novembre 2016 à 18:06 |
            Vous confondez Fillon et Poisson! Franchement, si Fillon était si extrémiste que ça, comment se fait-il qu'on l'est découvert seulement après le premier tour de la primaire?

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  • Martine L

    Martine L

    27 novembre 2016 à 16:33 |
    "Réactionnaire" dans le vocabulaire des sciences politiques veut dire : "vouloir revenir en arrière", donc, toutes les Droites ne sont pas réactionnaires, bien entendu ! voir du reste et pour exemple le panel de cette primaire de Droite (s), et voir Fillon, qui , lui, l'est.

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    27 novembre 2016 à 14:26 |
    La droite – modérée ou radicale - est réactionnaire par essence : qu’est-ce donc que la « conservation », si ce n’est une « réaction », un mécanisme de défense contre le changement ? Le point de clivage entre modérés et radicaux, ou entre démocrates et factieux, n’est pas là, il est ailleurs : entre ceux qui respectent les libertés publiques (les droits de l’homme) et les institutions démocratiquement élues, et ceux qui ne les respectent pas. A cette aune, Poutine et Orbàn, en Hongrie, sont du côté des factieux et Fillon du côté des démocrates. Sarkozy occupant une position intermédiaire, à mi chemin entre les deux (cf. sa proposition d’accorder aux policiers une "présomption de légitime défense", en clair un permis de tuer) ; c’est la raison pour laquelle j’ai voté au premier tour de la primaire : pour l’éliminer.

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  • Martine L

    Martine L

    27 novembre 2016 à 12:06 |
    Je signe ; en gros, on peut utilement conclure comme ça. Il est du reste amusant de constater que des 2 " protagonistes" du débat de ces commentaires, aucun n'a partie prenante avec ces choix de Droite, puisque je n'ai aucunement voté, et que JF n'y va pas aujourd'hui. ce n'est donc pas un tournoi Juppé / Fillon, mais plus probablement et c'est heureux pour les 2 " ferrailleurs", une interrogation sur le "peuple Filloniste"

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  • bernard péchon pignero

    bernard péchon pignero

    27 novembre 2016 à 10:57 |
    Je ne prétends pas arbitrer votre opposition mais ma recension étant à l’origine de vos passes d’arme, je me sens un peu obligé d’y mettre mon grain de sel (éventuellement de sucre). En retrouvant ce texte (pas le bouquin bien sûr que je ne vais pas me farcir une deuxième fois) j’étais étonné de mon indulgence voire de ma naïveté à l’égard de notre probable futur président de la République. Je me disais qu’il serait intéressant de relire ça dans quelques années quand on pourra comparer les discours aux actes. Mais surtout, j’ai pensé que le point important (le punctum dirait Barthes) en était le paragraphe sur de Gaulle. Je ne suis ni assez vieux ni assez historien pour parler savamment de Pétain ; il me semble seulement que si la lâcheté, la veulerie du peuple français (et aussi son respect pour le « vainqueur de Verdun ») sont à l’origine de l’émergence politique d’un complice zélé des nazis, il y a bien une comparaison possible avec l’engouement actuel de la génération de ses petits-enfants pour une droite musclée voire extrême. Mais comparer Fillon à Pétain, le Pétain définitivement marqué par sa dérive criminelle, me parait extravagant. Comparaison, une fois de plus, n’est pas raison. En revanche, je suis frappé d’entendre, sans le vibrato sénile du vieux général, les accents gaulliens de celui pour qui Séguin n’aurait peut-être pas voté, mais le Grand Charles, sûrement. Je sais bien qu’aujourd’hui, de Gaulle est déifié, et qu’il incarne avec Napoléon et Louis XIV la grandeur de la France. Mais il y a justement chez Fillon trop de références à cette arrogante grandeur passée, totalement illusoire au siècle de la mondialisation, pour que je n’y voie pas un anachronisme dangereux. Fillon n’est pas tant un conservateur à ce titre qu’un réactionnaire. (Make France great again !) Fillon s’appuie sur une affirmation non démontrée de la faillite de notre pays pour préconiser ce qui équivaut à un retour soixante ans en arrière. Pas pour mettre fin à la guerre d’Algérie, pour construire le Concorde ou libérer le Québec mais pour tenter de restaurer l’état des mœurs de nos grands-parents. Malhonnêteté intellectuelle ? Filouterie ? Peut-être. Ou bien défaut de vision politique d’avenir qui dénoncerait un homme d’état de faible envergure ? L’avenir le dira vite.

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  • Martine L

    Martine L

    27 novembre 2016 à 10:41 |
    avez-vous vu quelque part dans mes commentaires, apparaître le mot " dictature" ?? il se trouve - accessoirement - que je suis historienne... mais, pour autant, faudrait-il négliger les réelles menaces du système Fillon, tel qu'il se présente actuellement ? bon dimanche à vous

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    27 novembre 2016 à 05:55 |
    Dans le programme de Fillon, il y a des choses choquantes, voire scandaleuses, sur le plan économique ou sociétal - j'en ai fait, en partie, la liste dans mon texte - mais rien qui mette en cause les libertés publiques ou le fonction normal des institutions (comme, par exemple, pour se limiter à notre temps, Viktor Orbàn, en Hongrie). Un régime autoritaire, c'est, avant tout ça. Margaret Thatcher - le modèle de Fillon - tout odieuse qu'elle fut, à bien des égards, n'a pas transformé le Royaume-Uni en une dictature.

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  • Martine L

    Martine L

    26 novembre 2016 à 19:10 |
    D'abord, parce qu'on ne l'attendait pas en haut du podium ; cela a été dit, même par Juppé ; du coup, son programme avait été lu «  en transversal ». C'est d'ailleurs en cela, dans l'effet de surprise qu'il rejoint le groupe Trump, Brexit, sans coïncider pour autant. Poisson, dans l'affaire ne représente rien et ne menace rien. Fillon, évidemment, c'est un autre niveau d'inquiétude. On pourrait donc, dire avec l'arrivée de Fillon, de ce qu'il dit, affiche, et veut, que c'est ceux qui l'élisent et l'éliront demain qui sont le centre d'intérêt. Fillon, est un vecteur, comme, ailleurs un Trump, comme tel ou tel de ces populistes à la mode ( Fillon lui, n'étant pas populiste, mais la vague sur laquelle il surfe peut l'être) qui, désolée d'insister, ne me dit rien qui vaille.

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