Le 8 mars, pour une journée de la paix entre les femmes et les hommes en France

Ecrit par Jean Gabard le 07 mars 2015. dans La une, Actualité, Société

Le 8 mars, pour une journée de la paix entre les femmes et les hommes en France

Contre une guerre des sexes entre de « gentilles » femmes « victimes » et de « méchants » hommes « dominants ». Non 25% n’est pas l’écart de salaire F/H pour le même temps de travail pour le même emploi pour les mêmes qualifications… ! (ne serait-ce pas plus opportun de s’indigner des salaires de 500 fois le salaire minimum ?).

Non les femmes ne sont pas les seules à être victimes des violences conjugales ! Non ce n’est pas en déniant les différences F/H que l’on améliore le « vivre ensemble ».

Egalité hommes/femmes : une revendication sexiste !!!

L’égalité hommes/femmes semble tellement évidente dans des pays qui se veulent démocratiques, qu’être encore obligé de la revendiquer procure un sentiment de honte. Qui oserait s’opposer à ce qui apparaît comme la plus élémentaire des justices ?… Et pourtant, il se pourrait que ce mot d’ordre partant d’une très belle intention ne soit pas seulement un malentendu, mais cache un nouveau sexisme ! Les inégalités créées par des discriminations sexistes, au cours de notre histoire ou encore aujourd’hui, rebutent le citoyen d’un pays moderne. Elles sont les traces d’une époque que nous souhaiterions révolue. Nous n’en voulons plus ! La culpabilité qu’elles engendrent encore chez tout démocrate a cependant tendance à nous aveugler et à faire rimer nos réactions, où la passion n’est pas absente, avec précipitation et confusion. Le caractère exaspérant de certaines distorsions rend en effet tout manque de parité totalement injuste et ce ne sont plus simplement les lois et les comportements sexistes que nous condamnons mais toute différence. Parce que les plus grands abus étaient souvent justifiés par la nature, toute inégalité dans les résultats ou dans les comportements devient aujourd’hui la conséquence du sexisme de l’homme dominant. Celle-ci devient alors inacceptable et toute personne éprise de progrès et de démocratie se doit de la combattre s’il ne veut pas être traité de « macho » et réactionnaire.

Il y a effectivement de très nombreuses injustices à éradiquer et il est vrai que de nombreuses inégalités dans les comportements et les résultats peuvent venir d’une construction sociale et de discriminations sexistes. Ce n’est cependant pas toujours le cas, même si les conclusions des Etudes de genre que nous avons souvent intégrées et qui se veulent scientifiques veulent nous le faire croire (ce que l’on appelle à tort la « Théorie du genre » n’est en fait qu’un postulat).

S’il est en effet évident que la nature ne suffit pas à expliquer les différences de comportements et de résultats, celle-ci n’est cependant pas neutre. Les sciences permettent aujourd’hui de mettre à jour l’influence des incontournables différences biologiques sur nos motivations et nos réactions. Inversement, il est totalement impossible de prouver que ces dernières ne dépendraient que de l’environnement social. Celui-ci joue certainement un rôle important mais il faut ajouter à l’influence indéniable du biologique, la structuration différente du psychisme qui intervient après la naissance et qui est indépendante de la culture. La genèse du psychisme est certes difficile à prouver mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas la concevoir. En effet comment pourrait-il y avoir la même structuration chez une petite fille née d’une personne du même sexe et ayant un corps de femme et chez un petit garçon né d’une personne du sexe opposé, et ayant un corps d’homme, quand nous savons très bien que tout petit enfant, qu’il soit garçon ou fille, a pour référence première sa maman et que cette empreinte le marque toute sa vie ? Ce que certains semblent prendre pour un détail, aurait-il moins d’importance que le fait de proposer comme jouet une poupée ou un camion ?

S’il est vrai qu’il y a encore énormément d’injustices à combattre et qu’il est nécessaire de s’y engager avec détermination, est-il cependant utile de les exagérer pour mobiliser les troupes ? Il n’est pas certain que cette guerre des sexes stérile améliore le « vivre ensemble » ! Il se pourrait même que cet égalitarisme exacerbé favorise la remontée du sexisme traditionnel des hommes envers les femmes et l’apparition d’un nouveau sexisme des femmes envers les hommes.

La différence des sexes plus encore que toute autre différence est difficile à accepter car elle nous empêche de comprendre l’autre, qui a ce que nous n’avons pas et nous fait douter de ce que nous sommes (1). La trouver anormale est un bon moyen de la mettre de côté et de nous sécuriser. N’est-ce pas ce que nous faisons en adoptant l’idéologie du genre et en disant que la différence de l’autre est uniquement le produit de l’injustice et de la construction sociale ? Alors que pendant des millénaires la différence féminine a été cultivée et dénigrée par l’homme, certains féministes en font aujourd’hui l’œuvre du patriarcat, valorisée à la fois comme victime résistante et pour ses qualités. Alors que la femme n’est plus jugée « incomplète », c’est l’homme qui apparaît déviant, soit parce qu’il serait « dominant » soit parce qu’il serait incapable de bien s’éduquer et de devenir, si ce n’est une femme, un troisième type suffisamment androgyne pour faire preuve des qualités, dites autrefois féminines, d’harmonie, de proximité, d’authenticité, de compassion, de sensibilité, de spontanéité, de lâcher prise, considérées comme la norme.

Le mal a changé de camp mais il y a, en fait, toujours infériorisation de la différence et ce nouveau sexisme est peut-être plus pervers encore. Alors que la nature était jugée responsable de l’infériorité de l’ensemble des femmes, c’est en effet l’individu homme qui est maintenant rendu coupable de son conditionnement et de son manque d’épanouissement. Ceci suffit à justifier sa mise à l’index par des personnes qui, en toute bonne conscience, comme des mères parfaites, attendent « la guérison de l’homme malade » (2)…

Il se peut en effet que l’homme se féminise encore davantage pour correspondre aux nouvelles valeurs modernes. Il se peut aussi que cet homme, qui « s’évapore » davantage qu’il ne se métamorphose, se sente de plus en plus mal à l’aise avec son identité d’homme et qu’il ait besoin de s’affirmer pour se sécuriser. Dans une société qui nie la différence au lieu de la gérer, « plus on vit dans l’uniforme plus on a besoin de lieu identitaire, plus on a besoin de se sentir entre soi » nous prévient Régis Debray. C’est aussi lorsque l’adolescent n’a pas de modèle d’homme suffisamment solide à imiter qu’il est obligé d’en inventer un et qu’il a alors tendance à caricaturer. Il ne faudrait pas alors oublier que parmi les caricatures de l’homme se trouvent le nazi, le djihadiste… !

Le désir d’unité dans un ventre maternel est naturel. Vouloir le réaliser tient par contre de l’utopie et nous savons déjà où nous ont entraînés les rêves d’unité de race et d’unité de classe. Ne serait-il pas nécessaire d’être attentif à ne pas verser dans la quête d’unité de sexe en confondant les revendications d’égalité en droits, plus que légitimes, et le droit à une égalité hommes/femmes illusoire ?

 

Jean Gabard

 

(1) Le sexe en tant que différence est ce qui interdit radicalement à l’homme de s’enfermer dans l’image qu’il se fait de lui-même, Denis Vasse La chair envisagée, Seuil, 1988, p.297

(2) Vers la guérison de l’homme malade, deuxième partie de XY de l’identité masculine, Elisabeth Badinter

 

Jean Gabard auteur de Le féminisme et ses dérives, Rendre un père à l’enfant-roi, Editions de Paris Max Chaleil, novembre 2011

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Auteur/conférencier : relations hommes/femmes, éducation des enfants

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A propos de l'auteur

Jean Gabard

Jean Gabard

Auteur de « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »,

Les Editions de Paris, nov 2011.

Commentaires (1)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    07 mars 2015 à 15:01 |
    Votre pensée, cher Monsieur, si je puis me permettre cet – ironique – compliment, ressemble aux variations Goldberg de Johann Sébastian Bach : des variations à l’infini sur – toujours et encore ! – le même thème : la nature. La nature féminine se constitue comme essentiellement différente de la nature masculine, une différence qui aboutit à des psychologies divergentes, mais aussi – c’en est la suite logique, bien que vous ne le mentionniez pas – à une sociologie différenciée : à l’homme certains rôles, à la femme d’autres tâches bien distinctes…
    Je ne vous ferai pas l’injure de vous comparer à cette théologienne catholique, dont je tairai le nom par pure charité chrétienne, qui est allée jusqu’à affirmer – sans craindre le ridicule – que « il y a plus de différences entre l’homme et la femme qu’entre l’espèce humaine et les animaux ». Vous n’en êtes pas – encore ? – là, cher Monsieur, et je m’en réjouis pour vous. Mais vous n’en êtes pas loin.
    Je suis donc – encore une fois – contraint de me répéter : la « nature » humaine n’existe pas. L’homme est par essence contre-nature : être artificiel, vivant dans un monde d’artéfacts créés par lui, il est – presque – dépourvu d’instincts ; et même ses fonctions biologiques (alimentation, reproduction, etc..) sont transformées – et de ce fait dénaturées ! – par la culture. Pas de nature humaine, par conséquent, pas de natures masculine ou féminine. Dans la théorie du genre, si décriée par les « naturalistes » dont vous êtes, le mot « genre » s’oppose, en effet, au mot « sexe » en ce que ce dernier, terme physiologique, relève du nécessaire, de l’inévitable, du, par définition, non choisi ; alors que « genre », on l’oublie trop souvent, désigne une catégorie grammaticale : on parle ainsi du genre masculin ou féminin d’un substantif. Or le genre grammatical est en soi arbitraire et non nécessaire : tel mot masculin dans une langue donnée sera féminin dans une autre et vice versa (cf. all « die Sonne », « der Mond », la soleil, le lune). Ici aucune nécessité, juste le hasard ou une lubie linguistique (certes explicable par d’abscondes considérations philologiques). C’est pourquoi le « genre » sociologique ou psychologique, concept aléatoire fondé sur la pression sociale ou la fantaisie individuelle, se distingue du « sexe », notion gravée dans le marbre, parce que découlant de la biologie.
    L’homme (et la femme !) sont suffisamment artificiels/contre-nature pour s’être émancipés à peu près complètement des contingences biologiques et choisir leur genre, comme bon leur semble.

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