Lorgnette, balance et premiers de cordée. Où va le Macronisme ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 octobre 2017. dans France, La une, Politique, Actualité

Lorgnette, balance et premiers de cordée. Où va le Macronisme ?

Il était là, comme dans l’Ancien monde tellement brocardé par les siens, copié-collé des ancêtres, tous ces présidents, assis, raides, coiffés des drapeaux, sur l’immuable fond d’écran des jardins élyséens. Tout pareil. Sévère, pas une mèche ne bougeant, l’œil à peine plus glacé que d’habitude. Plus jeune – cette blague – qu’un Giscard, plus beau gosse qu’un Sarko, plus enfant bien élevé de retour de sa messe de communion qu’un Hollande, plus tout ça et le reste, mais, Président de la vieille Vème, en face d’une brochette de journalistes de la TV du soir (existe-t-il du reste d’autres journalistes ?), même d’un Pujadas ressuscité et tiquant sur presque tout ; dents longues de bêtes longuement affamées ; un parfum de fauves – petits – juste avant l’arène : la première parole-TV de Jupiter, nous dit-on ; réservez votre soirée…

Que tous ces experts bavards, cherchant à épuiser le sujet – pourquoi parle-t-il, maintenant, là ?? – rentrent un peu à la niche ; un Président sous la Vème et avec nos institutions, c’est « normalement » quelqu’un qui nous convoque, nous ses administrés – traînant les pieds ou sautant de joie – de temps à autre, événement grave ou suivi des affaires courantes. Pourquoi faudrait-il couper le son au Président, rouage principal et de loin de notre vie politique. Moins on vous entend, plus on vous écoute ? À d’autres ! La politique passe par la parole, et, ce depuis les pierres chaudes des agoras antiques ; il suffit qu’elle soit de qualité, pratiquée à bon escient. Point barre.

Alors, celle-là ? personne n’ira contester que l’homme au gouvernail soit autre chose qu’intelligent, cultivé, réactif, plus deux ou trois autres babioles. Mais, a-t-on appris autre chose que ce qu’on subodorait, savait, pressentait, et déjà ressassait. Bref, le système macronien, où en est l’entreprise ? Flash-back, retour sur images, pieuses ou moins ; ce qu’on voulait faire, chemins et obstacles, honnête reddition de comptes à l’employeur – nous ! Et l’œil bleu vissé sur l’horizon ouvert, ce qu’on pourrait faire demain ; genre, haut-les cœurs les Éclaireurs, chers à mon enfance…

A priori, apprendre que la montagne est haute, le chemin escarpé – du Raymond Barre pur sucre – qu’on doit consentir tous les efforts présents en magasin, n’est en rien un scoop, et n’a pas justifié cette soirée devant la TV. Tous adultes et vaccinés des rêves fous d’antan, on convient peu ou prou de s’arrimer à quelque chose de raisonnable et de patient. Jusqu’à un certain étiage, et en pesant ce « peu » et ce « prou » ; « à quel prix ? » lit-on partout. Le vote de mai ne stipulait-il pas en bas du contrat du donnant-donnant ? (à moins qu’écrit en minuscule – vous savez les contrats ! – n’aient été précisées ces opérationnalités à perpette, que vous ne connaîtrez pas, même assorti d’une espérance de vie d’un siècle). Obligeant, nonobstant, le Président à cet exercice vieux comme changeurs médiévaux : balance et lorgnette.

Balance, et une miette d’austérité et de ceinture tout sauf dorée, alternant en fondu enchaîné avec un clignotant de sapin, carotte des temps modernes ; lorgnette, le mâle doigt montrant route et lendemains miaulant à bas bruit (chantant, vous n’y songez même pas !).

Las – était-ce cette trop longue abstinence de parole présidentielle, ou bien ce frisquet automne entrant, mais de balance, point dans le récit du soir de dame TF1 (au passage, grave symbole que d’avoir choisi ce canal hors service public ; un pan de plus, subliminal peut-être, dans le bec des fonctionnaires ?). Ou plutôt si, une balance à un seul plateau – que les Insoumis qui nous servent tristement d’outil d’opposition auraient d’entrée baptisé celui des riches. Qu’on me permette de camper dans un autre champ lexical : nantis, et surtout inclus. Rejointes ces cohortes au pied de la susdite montagne, par ces « premiers de cordée » qui ne me plaisent pas plus que les riches des autres. Triant à nouveau dans les tas de fainéants, de bordéliques, d’assistés, de tricheurs sociaux et le toutim. Triant, et non pas secourant, tendant la main à ceux qui peinent à se hisser dans le train, celui de la république, celle de tout le monde, soit dit en passant… car c’est bien ce mot « tous », et le « ensemble » qui va avec, qui n’a jamais sonné – ou si peu, ou si superficiellement, dans le discours bien magistral « à l’ancienne » de l’homme aux yeux bleus, l’autre soir. La balance, son in-négociable retour vers le peuple des derniers de cordée, était donc parfaitement absente, et la douleur se doit d’être immense et fort inquiète chez ces Macroniens venus de la gauche en déshérence, qui ont suivi la flûte des En Marche sur ce « ni Droite, ni Gauche » curieux programme masqué (le « et à Droite et à Gauche » permettez ! étant perdu dans le Cloud et pas sauvegardé visiblement). Car comment ces gens-là pourraient-ils accepter ce non-paiement de la dette due aux leurs ? Hélas, martelé, le refus, et assumé haut le front (avec une certaine brutalité à peine contenue et une empathie aux abonnés absents) : ainsi de l’ISF, arête qui ne passe toujours pas, au fur et à mesure des chiffres qui tombent, ainsi de ces 5 milliards rendus aux trop imposés !! On hallucine, certes, on a honte, bien plus, et c’est bien autre chose.

Mais, dira-t-on, lorgnette ? Où va le bateau ? Le cap de demain – celui qui aurait tant fait défaut au prédécesseur ? Peut-être un assoupissement dû à mon âge tirant vers le grand, mais celle-ci non plus, pas vraiment vue. Au milieu des obstacles-contraintes européennes ou mondiales, distribués à tout va, quelques vagues promesses valant engagement (?) : le bout du tunnel pour dans 1 an ou 2 ; autant dire, très ancien outil langagier de l’ancien monde politique…

Finalement immuable, notre Président, dans cet exercice comme en d’autres – « tel qu’en lui-même » vient de dire, Bernard Cazeneuve, droit dans ses bottes de gauche et honnête homme s’il en fût. Une jambe qui marche à droite, qui trace et qui souligne et celle de gauche, au fond de la poche, le mouchoir – sec, car on ne pleure pas chez ces gens-là – dessus. Tuée, écrabouillée, la guibolle de gauche ? Je ne dis pas ça ; j’attends. De pied ferme, s’entend. Quant au « quoi qu’il en soit quand même », que j’utilise bon an, mal an, depuis mai, y a pas, faut que je trouve autre chose.

A propos de l'auteur

Martine L. Petauton

Martine L. Petauton

Rédactrice en chef

 

Professeur d'Histoire-Géographie

Auteure de publications régionales (Corrèze/Limousin)

 

Commentaires (10)

  • bernard pechon pignero

    bernard pechon pignero

    22 octobre 2017 à 12:15 |
    On sait maintenant que le président Macron a trois adversaires politiques systématiques et acharnés mais strictement inconciliables entre eux Marine Le Pen, Jean-Luc Mélanchon et Jean-François Vincent.

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      22 octobre 2017 à 12:30 |
      Beaucoup plus que trois, cher Bernard, beaucoup plus...ce que je lui reproche, d'ailleurs, est moins ce qu'il fait - après tout, la droite libérale,on l'a déjà eue, on connait - que ce qu'il prétend être et qu'il n'est pas. Autrement dit, son imposture et son mensonge...

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      • bernard pechon pignero

        bernard pechon pignero

        23 octobre 2017 à 08:16 |
        Mon commentaire perfide (à votre égard cher JFV) à l’excellente chronique de MPL (oxymore bien sûr) n’avait d’autre dessein que de souligner qu’à se maintenir dans une opposition systématique et acharnée on risque de se retrouver en mauvaise compagnie d’aboyeurs professionnels. Cette option ne peut être tenue longtemps de bonne foi, et la vôtre ne fait aucun doute. Vous le confirmez vous-même en avouant que ce sont l’imposture et le mensonge du président qui vous insupportent. Nous ferez-vous croire que vous êtes naïf au point d’avoir pensé que le candidat pour qui vous avez voté allait dire ce qu’il faisait et faire ce qu’il disait ? Avez-vous déjà vu, vous le fin observateur de la politique et le grand connaisseur de l’histoire du monde, un politicien agir ainsi ? Dans l’antiquité peut-être. Depuis, j’en doute. Or justement, privilège de la jeunesse qui engage son avenir et celui de nos enfants, notre beau jeune président ne nous a pas menti : il a prévenu qu’il était de nulle part. D’ailleurs, fils adoptif de Rothschild et de Hollande il ne pouvait guère prétendre mieux. Son premier mérite a été de renvoyer les vieux politicards auxquels nous étions résignés à la préparation de leur retraite ou de leur postérité. Vous nous avez aimablement traités de pigeons dès que cet astucieux opportuniste s’est montré un peu plus cela, un peu moins ceci. Le pigeon a au moins cette qualité d’être fidèle. Pas fidèle à un homme, en l’occurrence, mais à ses convictions, à son perchoir si vous préférez. C’est de ce perchoir que nous observons ce curieux oiseau au doux ramage, au fin plumage, mais aussi aux serres puissantes et au bec acéré, et que nous pesons le yin et le yang, que nous critiquons ou que nous applaudissons, selon les jours et les initiatives, en réservant notre jugement jusqu’à de prochaine échéances électorales. Le nous n’étant pas ici un pluriel de majesté mais la position de nombreux pigeons de mon espèce.

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        • martineL

          martineL

          23 octobre 2017 à 14:04 |
          Il m'est souvenance, cher Bernard, de propos de vous, concernant Hollande et sa gouvernance qui pouvaient vous classer dans un voisinage de notre ami JFV ; à savoir, opposant, les dents plantés sur la bête. C'est probablement le libertaire californien que vous aimez en Macron, tandis que JFV mais aussi moi même, c'est le libéral 360 degrés qui nous inquiète. J'étais une vieille et fidèle militante, avant, donc, mon vote «  à défaut » mais lucide et assumé, me fait garder les yeux ouverts 24 h sur 24, et croire – il faudra du temps, mais c'est un futur inéluctable, que l'espace de la Sociale démocratie rénovée actualisée, existe entre Macron et Mélenchon, que son heure reviendra pour peu qu'elle soit aidée par la kyrielle de bourdes pondue par le pouvoir en place dans le domaine sociétal. Autrement dit, j'attends. Dans votre commentaire à JFV, vous rapprochez par ailleurs de façon à mon avis légèrement inappropriée, Hollande de Rothschild ( donc de l'argent ?) et du vieux politique – connotation fortement négative , dans votre phrase ( l'ancien monde, par contre, évidemment). Permettez moi de penser dans les deux cas que c'est donc faux – mais tout à fait Macronisant.

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          • bernard pechon pignero

            bernard pechon pignero

            23 octobre 2017 à 16:43 |
            Je ne pense pas avoir dit et surtout écrit sur M.Holland autre chose que ma profonde déception de le voir se fourvoyer dans des impasses où l’on n’attendait pas le socialiste pour qui j’avais voté (et pas par défaut). Je pense entre autres à la déchéance de nationalité ou à ses confidences peu relevées à des journalistes peu scrupuleux (devaient-ils l’être si le chef de l’Etat l’était si peu ?) Au demeurant, j’ai applaudi des deux mains à certaines initiatives comme le mariage pour tous comme j’applaudirai des deux mains une loi aussi importante si d’aventure le nouveau président en promulguait une. Pour l’instant je lui reconnais son habileté à doubler tout le monde dans la dernière ligne droite et à coiffer la dame blonde au poteau et de quelle façon. Ce n’est pas un exploit politique mais c’est une performance politicienne. Il a l’air de se débrouiller à l’international. Il semble vouloir s’attaquer au mille-feuilles administratif. J’attends, j’observe comme vous, d’un œil sans doute moins aiguisé, plus fatigué, plus fataliste. Quand je brocarde les vieux politicards, je les situe bien plus à droite qu’à gauche et c’est d’ailleurs dans leurs rangs que l’habile tacticien a fait, me semble-t-il le plus de dégâts. A gauche, on n’avait pas besoin de lui pour devoir faire du ménage et se réinventer et, comme vous le prévoyez, cela va se faire progressivement mais sûrement. (Je compte moins sur les bourdes de la présidence pour hâter ce renouveau que je ne crains les balivernes de Mélenchon pour le freiner). Mais ce que j’observe autour de moi, dans les réunions d’édiles provinciaux où me conduisent mes quelques responsabilités associatives, c’est l’obsolescence pathétique de vieux élus cramponnés à leurs sièges (ils en ont toujours plusieurs) et dont les discours sont désormais aussi inaudibles par la génération des jeunes actifs que leur est incompréhensible le monde virtuel et technologique dans lequel ces jeunes gens aux dents longues et aux sourires modestes évoluent comme poissons dans l’eau. Emmanuel Macron est intelligent, instruit, littéraire plus que scientifique, il est propre sur lui et surtout il est jeune. Pour moi, je me serais accommodé tant bien que mal du vieux Juppé, voire du Fillon que l’on croyait honnête, tout mais pas la dame blonde puisque ma maison politique était fermée pour cause de travaux. Je n’ai pas eu le choix. Mais à tout prendre, pour mes enfants je préfère Macron : il est embarqué dans le même bateau matérialiste, mondialiste, pragmatique (pour ne pas cynique) que les jeunes gens de leur génération qui sont leurs amis, leurs professeurs ou les héros de leurs séries préférées. Je ne me fais aucune illusion, on ne va pas vers des jours meilleurs mais eux en ont beaucoup à vivre et pas moi. Est-ce être macronisant que de dire cela ? Est-ce si politiquement incorrect que d’écrire que Macron a été adopté par Rothschild et par Holland ? L’un lui a appris à gagner de l’argent et l’autre lui a donné le goût du pouvoir ; le jeune homme avait sans doute des dispositions dans les deux cas. Rapprocher ces deux noms au demeurant honorables ne me semble pas inapproprié en l’état. Mais tout peut se discuter et je ne prétends pas avoir la science infuse et surtout pas la science politique.

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        • Jean-François Vincent

          Jean-François Vincent

          23 octobre 2017 à 11:47 |
          Le mensonge, cher Bernard, constitue un élément - essentiel! - de la politique. Je le sais et vous me sous-estimez, semble-t-il. Seulement mentir est un art : il y a des mensonges intelligents et des mensonges bêtes. C'est - malheureusement pour lui - à cette catégorie peu flatteuse qu'appartiennent ceux de notre président. Comment ?! Comment a-t-on pu croire un seul instant à cette sotte coïcidentia oppositorum du "et,et"? Comment a-t-on pu se laisser berner par cette prétention d'un changement radical et révolutionnaire?
          Vous dites que votre commentaire à mon endroit était "perfide". Mais c'est tout le contraire. "Per fides" signifie littéralement "sans foi" (cf. le tristement célèbre "oremus pro perfidi judei" de l'ancienne liturgie du Vendredi saint : "nous prions pour les juifs mécréants"). De foi, vous, vous n'en manquez pas...

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  • martineL

    martineL

    21 octobre 2017 à 14:23 |
    et bien voilà, je l'ai ma formule de remplacement : je vais tâter de : " et, et ! " transformé illico en " et ! et ?" pour finir par "et !!!!!"

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      21 octobre 2017 à 14:45 |
      Moi je proposerais plutôt pour les heureux gagnants du "loto" macronien : "hé, hé!"...

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    21 octobre 2017 à 13:20 |
    Le « et, et » macronien est une vaste fumisterie, pire : une imposture ! Macron - parle et ne parle qu’à - ceux que Patrick Buisson nomme les « inclus », les mêmes à qui parlait, sur un autre registre, François Fillon ; mais tous ayant ceci en commun d’être très concernés par la – pour eux – très avantageuse suppression de l’isf (que proposait d’ailleurs également Fillon) : cette bourgeoisie – au choix, bobo-écolo ou catho-réac, au fond, qu’importe ! – à l’aise dans sa vie professionnelle comme dans son portefeuille bien garni. Ce sont les deux facettes de cette droite orléaniste – droite et non pas gauche, bien sûr ! – que décrivait, il y a fort longtemps René Rémond : d’un côté un libéralisme économique échevelé (cf. le fameux « enrichissez-vous ! » cher à Guizot), de l’autre un libéralisme politico-sociétale et gaucho-compatible (cf. la PMA pour femmes seules ou en couple lesbien, qui figure dans le programme de macron). Mais l’ensemble des deux ne fait point – contrairement à ce qu’affirme indûment le mensonge présidentiel – un « et droite et gauche », mais bien une droite et une seule : l’orléaniste ! A la fois profondément capitaliste et post/pseudo-révolutionnaire…bref, la convergence objective et assumée entre un Cohn-Bendit, ex rouge devenu libéral-libertaire, et un Gattaz libéral-orthodoxe, champion de l’économie de l’offre ; tous deux fidèles supporters de EM, pour le plus grand bonheur des milieux d’affaires et des quartiers huppés, genre Neuilly, Auteuil, Passy…

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  • martineL

    martineL

    24 octobre 2017 à 09:48 |
    Votre assertion-rapprochement que j'avais trouvée choquante était donc autre chose que ce que j'avais lu ; j'en suis aise. Cela démontre, s'il en était besoin, les pièges et les inutilités des communications «  modernes », tweets, réseaux sociaux et commentaires de RDT ! Pour le reste – votre regard sur votre positionnement est intéressante et nourrit le débat – nous ne regardons pas le Macronisme ( ça n'existe pas, mais c'est pour tout le monde une praticité de langage) de la même fenêtre, mais sans doute nos ouvertures semblent être encore dans le même bâtiment. Je n'investis pas ce système qui godille au sommet de l’État avec votre optimisme – et, ce, depuis le début ; tout est résumé pour moi dans cette danse inclus/exclus, et je n'ai jamais douté qu'en parlant seulement à certains, on en sortirait vainqueurs. Ça n'est pas l'idée que je me fais d'une société, et je faisais beaucoup plus confiance à «  l'autre système », malgré ses échecs. Sans doute suis-je bien pessimiste, mais on est ce qu'on est à partir d'un certain âge.

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