Mon cœur ouvrait les bras, je n’étais plus barbare…

Ecrit par Mélisande le 12 septembre 2015. dans Ecrits, La une, Actualité

Mon cœur ouvrait les bras, je n’étais plus barbare…

Qu’y a-t-il dans le cœur de l’homme ? Un petit être bien conforme, qui se cache, qui dissimule sa vraie nature divine. Il la dissimule tant et si bien, que l’on ne voit apparaître de lui que le petit tyran esclave d’un dominant si envié, qu’il n’aspire secrètement et en toutes circonstances, qu’à devenir lui. Mais où est l’amour dont il fait parfois preuve ? Il est comme le diable, il prend des allures pour séduire mais il est loin du rivage de l’être, il a du mal l’amour en l’homme, il a du mal le divin en l’homme…

Regardez ce qui se passe en ce moment avec ces hommes qui fuient la mort et la destruction, ils ont parfois des nourrissons dans les bras ! Avez-vous remarqué le message : ce sont des gens qu’il faut accueillir avec amour et reconnaissance, parce qu’ils ont, eux, opté pour la vie. Il y a parfois une caméra qui s’attarde sur le visage angélique d’un petit porté par des parents exténués, au bout du rouleau : son petit visage serein et rose exprime une forme de confiance absolue, celle de ses parents : ce sont des messagers de paix d’amour et de vie. Il faut les accueillir avec révérence et leur offrir le meilleur : notre amour sincère. Ce sont eux qui vont nous faire évoluer : ils arrivent sourire aux lèvres, prêts à mourir ci-devant. Ils apportent vie espoir clarté dans des contrées qu’ils investissent positivement sur un plan imaginaire, contrées qui se doivent de revenir à la compassion et à l’amour. Oui l’Allemagne se rachète d’une barbarie inédite au 20° siècle, elle se rachète mais le rachat de l’âme, la rédemption sont des pierres sur le chemin de l’amour et de la vérité. Madame Merkel est une femme et une mère, sans doute a-t-elle été bouleversée par quelque chose, dans son être profond, derrière ses fonctions politiques… Qu’elle ouvre un chemin nouveau, notamment aux Français si ingrats ! Nous sommes devenus fermés, égocentriques, nous sourions avec difficulté et outre nos proches, rien ne semble retenir notre intérêt notre attention. Nos maisons, nos villages sentent le rance et la mort, nous crevons tous dans notre matérialisme et une hypocrisie qui nous rendent laids, affreusement laids. Nos propos sont au bord de l’évanouissement de toute intelligence et nos flux d’information flattent la pulsion de meurtre qui ne demande en nous, qu’à s’exprimer en toute impunité : regardez cette journaliste hongroise qui s’en donne à cœur joie en faisant tomber ces réfugiés, par un croche-pied, ceux qui fuient la police, enfants dans les bras… Ceux qui leur font des croche-pieds, qui les rejettent avec un sadisme diabolique, ceux-là devront payer : plusieurs vies d’exil, de souffrance par rejet et non reconnaissance les attendent. Oui bien sûr que l’époque du nazisme outre qu’elle s’est dévoilée historiquement et réalisée concrètement, est cendres sous le feu vif de la haine dans le cœur de l’homme, qui ne demande qu’à revenir !

Cette époque dort, mais c’est un dragon dans chaque individu, qui suivant son degré de conscience et ses choix existentiels, favorisera son retour. Ce n’est qu’une histoire d’opportunité et de choix. Ce sont ruisseaux de décisions guerrières qui feront un fleuve de guerre et de chaos. D’ailleurs à part Michel Onfray, je vois peu de voix dénoncer l’attitude belliqueuse des états européens, France en tête, sans mesurer l’impact catastrophique de telles décisions. Daech est un monstre né de l’Occident, engendré par lui. Il est vivant et vivace comme l’est la haine du dominant qui jouit de devenir, enfin et en moins hypocrite, enfin lui ! Leur faire la guerre, décimer des individus, des chefs islamistes, ne tuera pas l’énergie qui anime et fait être cette haine : la preuve ils s’en moquent de mourir !

Il importe aujourd’hui de baisser les armes toutes, de semer la paix toute, il est urgent d’interpeller ces politiques qui se refont une virilité vacillante, tremblant devant leurs épouses, et semant la guerre de façon infantile et totalement irresponsable parce qu’ils en ont les moyens matériels. Une certaine folie agite la classe politique, qui investit, alors que l’on vit une crise économique gravissime, de l’argent dans les armes !

Il est urgent de sonder les cœurs. Que préférons-nous ? La morgue le pouvoir, la domination sadique de l’autre, la jouissance de la destruction de la vie, tout cela sous un petit moi bien propre sur lui, costumé à souhait et adapté ? Ou le dénuement, le doute, l’impulsion qui nous jette en pleurant dans les bras de l’autre ? Parce que dans son être, nous voyons en miroir notre chemin, notre propre tragédie, celle d’une créature de Dieu qui cherche en conscience à retrouver la fierté inouïe, et l’amour inconditionnel dispensé par l’univers, pour qui sait encore ressentir la plénitude de l’univers, dans le silence de Dieu.

Tomber amoureux, c’est déjà tomber en terre, s’avouer vaincu dans son égocentrisme, sentir sa haine fondre comme neige au soleil, c’est voir l’autre, voir « Dieu ». Et cela ne peut qu’engendrer une paix généralisée : il faut aujourd’hui faire preuve de haute conscience. N’est-il pas ?

A propos de l'auteur

Mélisande

Rédactrice

Commentaires (3)

  • Bernard Péchon-Pignero

    Bernard Péchon-Pignero

    14 septembre 2015 à 11:39 |
    Evidemment, si vous écoutez Michel Onfray, tout est simple !

    Répondre

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    12 septembre 2015 à 19:34 |
    Vous dites, Mélisande, beaucoup de choses justes.

    Daech, monstre né de l’occident ? Oui ! Dans la mesure où les états créés ex nihilo par les vainqueurs de 1918 sur les dépouilles de l’empire ottoman sont de vrai-faux états, des états « bidon » : qu’est-ce que l’ « irakitude » ou la « syritude » ?! Les accords Sykes-Picot de 1916, pérennisés par le – politiquement exécrable – traités de Sèvres de 1920 portaient les germes de l’implosion actuelle, de même que le – non moins exécrable – traité de Versailles a « ensemencé » la future seconde guerre mondiale. L’inintelligence géopolitique des alliés de 1918 demeure insondable.

    Votre dernier paragraphe est admirable. Il mêle harmonieusement Christianisme et platonisme. C’est Platon, en effet, qui dit, dans le Banquet, que, si c’est soi-même que l’on voit dans les yeux de l’aimé, alors on n’aime pas. Par contre, si l’on y perçoit l’éclat fulgurant de la divinité, alors l’on a été touché par l’Aphrodite céleste, ourania…

    Mais tout, dans ce que vous dites, n’est pas juste.

    Faire la guerre à Daech – quelle que soit la responsabilité de l’occident dans un émergence – est une nécessité : il s’agit d’une véritable tumeur cancéreuse, à l’origine directe de l’exode des migrants, et qui, si elle n’est pas éradiquée, s’étendra avec son cortège, de décapitations, de vandalisme et de « purifications » religieuses.

    On ne peut accepter une phrase telle que « l’Allemagne se rachète ». Y-aurait-il donc une responsabilité collective ? Les Allemands actuels seraient-ils comptables des crimes de leurs arrière grands parents ? Alors les Russes doivent battre leur couple des horreurs staliniennes, et même les Français doivent se sentir « coupables » de la complicité pétainiste ou de la torture en Algérie. Seuls les individus – et non les peuples – sont responsables.

    Répondre

    • Martine L

      Martine L

      12 septembre 2015 à 22:36 |
      Merci à vous, la rédactrice talentueuse de tant d'autres choses de la vie, de descendre dans l’arène de la géo politique et de la politique, avec vos mots, votre façon d'écrire et de dire ; ce qui rend votre texte très précieux. Si votre cri d'humanité ne peut que toucher, je suis d'accord avec ce que vient de vous dire JF Vincent, sur ce qui me semble prioritaire : Oui, il faut tout faire contre Daech, même la guerre bien sûr, et l'on a que trop tardé, même si la diplomatie française, courageuse est sur ce pont là depuis 2 ans. Et probablement la seule dans les grandes puissances. Vos propos – votre posture - qui peut évidemment être de l'ordre du sympathique et du généreux, rappelle ces pacifistes de l'entre deux guerres, nés de l'horreur de la Première, et du coup, qui ont en ne voulant pas voir les fascismes marcher vers nous, précipité tous les malheurs. Il est des causes à défendre, l'arme au poing ; il est des objectifs à abattre.

      Répondre

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.