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Alain Finkielkraut – Vous me la chantez ? Où est-il mon moulin de la Place Blanche ?

Ecrit par Luce Caggini le 02 novembre 2013. dans La une, Média/Web, Actualité, Société

Alain Finkielkraut – Vous me la chantez ? Où est-il mon moulin de la Place Blanche ?

Je n’aurais jamais été capable d’écrire cette analyse savante, habile et séduisante d’Eric Aeschimann dans le NouvelObs que j’ai lu attentivement, même deux fois tant est restreinte ma capacité à aborder le doigté d’un texte.

Hier soir, tard, après les insipides Drucker et Bruel, j’ai été suspendue aux lèvres d’Alain Finkielkraut, cet homme qui « ne veut blesser personne », au sourire charmeur sensible à l’humour :

« – Avez-vous mal vieilli, lui demande Laurent Ruquier qui pour une fois ne s’est pas trop mal débrouillé.

– Un vieux con, ça s’est entendu très fort !! »

Ce mec-là est séduisant quoi qu’on en dise.

D’autre part :

« – Si le monde n’avait pas de frontières, on ne pourrait fuir nulle part »…

Pour la nomade que je suis, c’est un langage qui n’a pas de sens, mais je suis à des années lumières du discours de Finkielkraut, même les frontières invisibles je les marginalise.

Puis il cite Montesquieu, Fustel de Coulanges, Péguy, Barrès, moi qui ai brillamment fini mes chères études à 16 ans, je suis épatée sachant que le khâgneux pourrait en citer mille autres et toujours aussi facilement, mais ce n’est pas un cuistre, lui !

Ses mains parlent, je suis émue de voir ce bel homme si nerveux : « je n’ai jamais cessé d’être le juif que je suis, je paye ma dette », c’est le « cri ». Douloureux ? Peut-être.

Le jour où je me suis abonnée au Monde

Ecrit par Sabine Aussenac le 21 septembre 2013. dans Ecrits, La une, Média/Web

Le jour où je me suis abonnée au Monde

Bien sûr, parfois, je le lisais. Au hasard d’un CDI, ou pour quelque article spécifique, quelque événement : élections américaines, tsunami, rentrée littéraire… J’avais lu un jour que la Française type, sulfureuse et intello, se devait de le déployer sur une plage, ou à la terrasse d’un café. De moins en moins sulfureuse, je me prêtais donc assez rarement à cette dernière pratique.

Je ne vais pas vous mentir : la pressophage que je suis craquait bien plus régulièrement pour des magazines en papier glacé, pour la presse féminine, pour des revues de santé, de psychologie… Je piquais aussi Le Figaro chez mes parents, Match chez le dentiste, Elle chez des copines : bref, je n’étais pas une lectrice assidue du Monde.

Certains de mes proches étaient abonnés. Ils le plaçaient, parfois, d’un ton docte et assuré. Cette petite phrase légère, porte ouverte à tout un univers : « Tu sais, je suis abonné au Monde »… Et de m’envoyer des annonces de postes intéressants – merci tonton ! –, et/ou de me découper mes propres lettres, en ces jours de gloire où je fus « publiée », ou presque !

Cette année, soudain, une envie presque impérieuse s’est fait jour : il fallait que je m’abonne, moi aussi. Oh, non pas tant pour le prix, si intéressant, ou pour l’offre alléchante de lire en sus l’édition numérique, tout en recevant un appareil photo… Non, cette envie en devenait ontologique, primitive, c’était, à plus de cinquante ans, comme un besoin de rite initiatique. Un déménagement, un nouveau départ après des années d’enfer social, et ce besoin soudain de normaliser mon rapport à la vie, au quotidien, aux autres. D’aucuns auraient eu envie de vacances en club, de faire Compostelle ou d’acheter une grange : moi, je me suis abonnée au Monde.

Tu sais quoi !!!

Ecrit par Martine L. Petauton le 07 septembre 2013. dans La une, Média/Web, Société

Tu sais quoi !!!

Ragot, potin, clampade, clabaudage, parfum de médisance, ce joli mot qui sent pas bon… Vieux comme le monde, sans doute aussi ancien que les premières cités antiques, ce – besoin ? – « dire sur l’autre », le voisin, le cousin, et la troupe bénie des collègues… Exercice maîtrisé au millimètre, sans aucune preuve en vue, mais raconté d’une telle façon, qu’il sent mieux que la vérité, qu’il enchante au bas mot. Un mien ami appelait ça, joliment, un « bonjour les copines ! » quand il nous voyait à quelques unes, rapprocher les têtes, avec ce discret rire de gorge, qui marquait l’entrée dans l’infinie jouissance.

Sans doute, la sociabilité des femmes restant à la caverne, puis ensuite au lavoir, sans compter la fontaine ou le puits, celui d’Afrique, celui d’ici – entre elles, a-t-elle définitivement accordé aux filles la prérogative en ces « récits » particuliers… l’agora des femmes ! dans les imaginaires, quoi qu’on dise, quoi qu’on redise, c’est la femme qui clampe, en un bavardage aigre doux ; l’homme, lui, parle, mais au pied de l’arbre à palabres africain, là où se décide l’avenir du village, à la barbe blanche des « msé ». C’est encore lui, et les siens qui s’exclament (de quoi ? de choses sérieuses et politiques, ou, d’histoires grivoises) au café où passe le Marius de Pagnol, ou les mécréants des villages de mon enfance, qui ne rentraient pas à l’église. Il y a un espace masculin, loin de celui des femmes… Tout ça cause, mais pas pareil. Bavardage, là, parole, ici ; rien à faire, le statut n’a pas la même valeur ! « heureux peuple que celui des cigales où les femelles restent muettes », raconte à satiété quelqu’un de chez moi, en jurant, la main sur le cœur, que « pour sûr, il n’est pas machiste ! »…

Il y a donc, le potin « dit », et le « lu » ; ça, c’est le domaine des « Paris Match », oublieux qu’à l’origine, ces gens-là furent l’honneur de la presse, des « Voici », et autres « Gala », peuplant les tables des coiffeurs ou dentistes… on y apprend tout et le reste des us et coutumes des Princes – de ce qu’il en demeure – des gens du Show biz – ah ! Johnny et sa longue kyrielle de femmes – en gros, des People, mot dont on sait que les Britanniques ont fait comme un drapeau pas toujours propre. Le problème – pensez-vous comme moi – c’est qu’il faut se risquer dans ces récits, avec la « culture » pré-requise. Je ne connais plus grand monde, quant à moi, dans les frimousses copié collé qui s’affichent sur le « Voici » du moment ; intérêt moindre, du coup.

Détournements

Ecrit par Johann Lefebvre le 29 juin 2013. dans Ecrits, La une, Média/Web

Détournements

« Le premier devoir de la presse est maintenant de miner toutes les bases de l’ordre politique établi ».

Karl Marx, Nouvelle Gazette rhénane (14 février 1849)

 

Après toutes les questions à point nommé, et la jeunesse jamais vécue, le jour se lève à peine. Il reste alors l’ombre, à attendre, le temps que la lumière qui va monter peu à peu nous dessine au sol en silhouette directe. Lisant nos relevés d’ambiances urbaines, nous constatons que les plaques tournantes n’existent plus, du moins celles que nous avions éprouvées il y a de cela à peine une décennie en arrière, du temps où il était encore envisageable, et surtout possible, d’attirer l’attention sur les failles béantes qui courent le long de cet édifice massif, hangar et vitrine, prison et supermarché, usine et bureau, dans lequel il est donc devenu parfaitement inutile de pénétrer pour y produire le moindre scandale. Aujourd’hui, nous pouvons fournir une série d’exemples, comme autant d’échantillons d’un rien acquis, des images prises pour le réel, de ces marchandises consommées sans parcimonie qui ne servent à rien, de toutes ces manœuvres qui n’ont même pas besoin d’être habiles pour faire passer les pilules ou pour imposer des injonctions grotesques mais mortelles, de ces discours pour la nivellation générale. Nous pouvons rester assis, dorénavant. Il faudra juste enfiler sa veste, quitter la maison et rejoindre le désordre de la rue quand le signal sera donné par nos conjonctions de désirs. Certains éléments fort agréables, tel un parfum négatif – la marchandise qui viendrait à pourrir –, déjà nous parviennent grâce aux courants d’air que des révoltés ont pu créer, non pas en ouvrant certaines portes ou fenêtres mais en les brisant. C’est un bon début, puisque aussitôt sont outrés les maîtres et leurs sbires ; d’autres petits mutins suivent bien timidement, avec trop de retenue, il se réunissent sous un label moral, les « indignés », oubliant de fouler l’indignité qu’il y a à dépendre du discours qui les nomme, comme un emballage policier.

La démocratie des crédules

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 30 mars 2013. dans La une, Média/Web, Société

Gérald Bronner, Presses Universitaires de France, février 2013, 343 pages

La démocratie des crédules

Le 7 mars dernier, dans son émission Les matins de France Culture, Marc Voinchet invitait Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot, pour présenter son ouvrage La démocratie des crédules. Contraint de partager l’écoute de cette émission matinale avec diverses obligations domestiques qui incombent à un père de famille, j’avais néanmoins saisi l’essentiel des informations diffusées sur le livre et son sujet et je me faisais la réflexion suivante : l’inconvénient d’une émission de radio aussi bien menée et donnant aussi généreusement la parole à un auteur est qu’elle vide le livre de l’essentiel de son contenu en donnant à l’auditeur l’impression qu’il l’a lu.

Puis, soucieux de ne pas être un démocrate trop crédule et me reprochant le manque de rigueur intellectuelle que dénonce ce brillant sociologue, j’ai commandé son livre (chez mon libraire). Bien m’en a pris car c’est un des bouquins les plus passionnants, les plus stimulants pour l’intellect et les plus roboratifs que j’aie lus depuis longtemps. Que ceux qu’inquiète un ouvrage publié aux PUF soient rassurés d’emblée : quand le professeur pointe le nez, se complaisant dans une terminologie par trop scientifique, l’auteur traduit son jargon à l’intention du lecteur moyen et ce n’est pas sans humour qu’il écrit : « en clair, ça signifie… » ou « autrement dit… ». Ce respect du grand public, quand il reste dans les limites d’une vulgarisation maîtrisée, est toujours un gage de sérieux dont j’apprécie au passage la courtoisie.

Facebook, quelques miettes en hiver...

Ecrit par Martine L. Petauton le 23 février 2013. dans La une, Média/Web, Société

Facebook, quelques miettes en hiver...

En fait, la traduction littérale de Facebook est : trombinoscope, mais, pour moi, ce serait plutôt « boîte à minois », parce que ça s’ouvre sur des visages, et qu’il y a, dans ce clic et ses apparitions magiques des autres et du bruit du monde, comme quelque chose de l’enfance…

Mon histoire avec la chose vaut son pesant de pouces en l’air ! Pas l’amour fou, ni tendre non plus ; plutôt sautes d’humeur, du genre grincheuse, ce soir, émue le lendemain. Quand je disais, enfance !

« Tu écris sur le Net ? Alors, tu as ta page ? » m’a-t-on dit, il n’y a au fond, pas si longtemps ; quelques années de neige ou de canicule… depuis que j’habite un bateau sympa, une felouque douce à la française : « Reflets du temps. fr », madame ! Non, pas page, « journal », rugiront les expert, et, c'est vrai, qu'on en met tant et tant, que ma fois, ça mérite ce beau nom synonyme de nouvelles, de photos... Manque peut-être, ce qui fait le journal pour tant de gens : les accidents, les obsèques !

Facebook, pour moi, c’était, jusque-là, des jeunes, des gamins, accrochés à « leurs amis FB », comme moule au rocher, souvent tard – trop – le soir… à la rigueur, des belles-sœurs, accrochées, elles, à leur descendance, dont elles nous saturaient l’écran de la moindre baignade, et de – surtout – tous les gâteaux d’anniversaire… FB avait un son, gardé dans l’oreille ; un petit bruit soyeux de  linge qu'on secoue à la fenêtre ;  mezzo voce, sucré comme le tapis d'Aladin du dessin animé ; celui  que fait « le » MP (ignares ! message privé), quand il atterrit, royal, sur votre page.

On voyageait sur le Net, et, donc, à n’en pas douter, il fallait en passer par « la page »… En avant donc, pour la chose, sur laquelle surfait la moitié de nos lecteurs – et, la moitié de nos contempteurs, hélas, aussi...

Lettre au Père Noël des web-mags

Ecrit par La Rédaction le 15 décembre 2012. dans La une, Média/Web

Lettre au Père Noël des web-mags

Père Noël, – celui qui existe, pour les journaux pétaradants de couleurs, annonçant, sur papier glacé, la Xième de DSK, la fuite de Depardieu–le comique ; pour – surtout – les magazines TV, rigolards, fins ou lourds, littéraires – si ! il y en a ! ce sont des morilles rares en forêt, il faut savoir les chercher ; les, pour les petits (avant l'âge de 3 semaines, attention quand même !), ceux pour les mamies, celles qui cuisinent encore…

Père Noël, aurais-tu encore quelques miettes de sous (en Euros, c’est mieux) pour un simple web-mag, comme RDT ?

Internet, outil de puissance

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 novembre 2012. dans La une, Média/Web, Actualité

IFRI, Revue de politique étrangère, été 2012, 20 €

Internet, outil de puissance

Il est difficile de négliger – dans un monde de plus en plus complexe, si ce n’est illisible parfois, pour pas mal d’entre nous – des outils de décryptage ; des « ailes qui voient loin », sous lesquelles respirer. Faut-il le répéter ? les revues de l’IFRI sont de ceux-ci. Ce numéro, tout particulièrement, puisqu’il aborde deux dossiers de 1er plan, au balcon du monde actuel : Internet, outil de puissance, et Les reconfigurations de l’Asie.

Le dossier, riche et varié, original et aussi surprenant, comme à l’habitude avec la revue de Politique Etrangère, qui pose le sujet incontournable de : Internet, outil de puissance (pas de ? remarquons-le) se nourrit de 7 articles ; on ne les trouvera nulle part ailleurs ; autant s’y arrêter !

On s’y interroge sur la place et les mouvements, dangereux, ou – et – porteurs d’avenir, du cyberespace. On y voyage en Russie, et en Chine, où « tourne la géopolitique » de maintenant, pour observer leur positionnement ? utilisation ? du Net. On s’arrête chez les soldats ; l’armée et Facebook ; y-a-t-il un intrus ? On se demande – hypothèses, et problématiques à foison – quelles régulations, contrôles ; quelles institutions seront le mieux à même de permettre à tout un chacun, aux quatre coins du monde, de vivre en bonne intelligence sous cette « Toile » qui se balade au-dessus de 2 milliards de connectés, en attendant tous les autres.

Ma 100ème !!

Ecrit par Martine L. Petauton le 20 octobre 2012. dans La une, Média/Web, Actualité

Ma 100ème !!

Yep, yep ! comme on lit dans FB, voilà le temps venu de ma 100ème chronique dans « Reflets du temps ». Une sorte de petit record, ma foi, pour moi, qui, du plus profond de mon enfance, n’ai jamais engrangé le moindre et minuscule trophée côté sport !

Vous rendez-vous compte ! 100 fois « Truc bidule » par Martine L Petauton, avec l’image, la mise en ligne – top, made in RDT, le « lus » et son déroulé chiffré à la fin, et tout le tintouin de la cuisine – c’en est une ! de la  chroniqueuse, bosseuse et obstinée, fidèle au poste - pas chaque semaine (je ne m’appelle, ni Luce C, ni Claude G), mais souvent quand même.

Elles se mélangent, chahutent – joyeux charivari de foire, les chroniques-MLP ; elles habitent un peu tout l’immeuble ! Politique, mais aussi, société, sans compter les recettes, les souvenirs de l’enfance bourbonnaise, et le sport côté foot. Mes expo préférées sont au Musée Fabre de Montpellier ; ça ne vous aura pas échappé. Quels recoins n’ont-elles pas fréquentés ? Le moi-moi, pas trop ; mes chagrins, pas vraiment ; le vin, non, je laisse à celui qui… mais, par contre, que ne vous ai-je pas dit de la prof que j’étais, de mes collégiens, du souci de l’avenir de l’école ! Vous savez tous que je suis d’un pays de châtaignes et de cèpes, de Président aussi, du reste ; que mon cœur penche nettement à gauche, il me semble que ça, je vous l’ai dit quelquefois…

Les magazines numériques : Peut-on parler de néo-journalisme ?

Ecrit par Tawfiq Belfadel le 20 octobre 2012. dans La une, Média/Web, Actualité

Les magazines numériques : Peut-on parler de néo-journalisme ?

Les magazines numériques, dits webmagazines ou webzines, se multiplient au fur et à mesure. Entièrement gratuits, ils ne sont pas disponibles dans les kiosques, mais sur Internet. Vont-ils supplanter les magazines papier ? Peut-on parler de néo-journalisme ?

En surfant sur Internet on découvre énormément de webmagazines : Reflets du Temps, la Cause Littéraire, Cohues, BSC News, Dizart, Publik’Art, etc. Qu’est-ce qu’un webmagazine ? C’est un magazine publié sur internet en version numérique seulement. Autrement dit, c’est un magazine transposé sur un site Internet, comme le prouve le nom résultant d’une contraction de Web et Magazine.

La différence entre un webmagazine et un magazine papier ? Un webmagazine, contrairement à un magazine papier, n’est pas disponible dans les kiosques, mais sur Internet. Le deuxième s’achète alors que le premier se lit gratuitement. Le deuxième a sa propre équipe de rédacteurs, alors que le premier est très souvent écrit par des bénévoles, donc totalement gratuit. À vrai dire, bien qu’ils soient divergents l’un de l’autre, ils ont en commun certaines caractéristiques ; par exemple les deux ont une équipe de rédaction chargée de la lecture et de la publication des articles, et un site Internet.

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