Alain Finkielkraut contre la philosophie

Ecrit par Alain Jugnon le 04 avril 2011. dans Philosophie, La une, Média/Web

Alain Finkielkraut contre la philosophie

... Ou la destruction française de la philosophie européenne


Il est une catastrophe actuelle, non-naturelle et rendue visible dans la philosophie : Alain Finkielkraut, le philosophe français, a enfin réussi à dire, médiatiquement et publiquement, ce que c’est que le concept qu’il fabrique depuis quelques années et qu’il nomme l’anti-antiracisme. L’anti-antiracisme est le contraire de la philosophie. L’anti-antiracisme est contre la philosophie européenne, celle de Husserl, Sartre, Derrida, Deleuze, Foucault et Alain Badiou. Alain Finkielkraut a maintenant fait ce qu’il faut, il a tué le philosophe en lui.
Puisque, selon l’ex-philosophe et nouveau clerc, les joueurs noirs d’une « équipe de France » (appellation de droite pour « La France ») lui font ressentir une présence anti-française comparable à celle qui sévit parmi les jeunes immigrés des banlieues insurrectionnelles, ils ne sont pas représentatifs de la « civilisation française ». Aussi, pour Finkielkraut, y a-t-il partout des antiracistes qui vont en profiter pour défendre le droit des joueurs et des jeunes en général à être respectés comme prolétaires, comme exploités et comme travailleurs.

L’ex-philosophe en vient ainsi à penser très fort et en public : « Marre de ces jeunes joueurs venus d’ailleurs et sans valeurs qui jouent à la victime expiatoire et qui cassent l’image majoritaire et morale d’une droite à l’œuvre partout dans le pays réel et en pleine phase de reconquête de son image, de son jeu et de sa victoire » ; l’ex-philosophe est aujourd’hui sur-médiatisé (accompagné par les nouveaux éditorialistes, les nouveaux réactionnaires de la Réaction, en un mot : les professionnels de la profession médiatique) et il est majoritaire car télévisuel, radiodiffusé et bien-pensant pour tous.
Pour Alain Finkielkraut, les jeunes et les joueurs d’une équipe de France qui ne vaut plus comme France, c’est l’anti-France dans l’idée, l’Islamisme comme guerre et l’ultra-gauchisme comme terrorisme, c’est la meute dressée aux barricades de l’anti-social et de l’antiracisme en actes.
Alain Finkielkraut défait la philosophie de l’intérieur de sa passion extrême et politique pour la réduire violemment et sans mesure à une police intellectuelle des valeurs et des odeurs, du bruit et de la fureur : Alain Finkielkraut est égaré et c’est la philosophie qui se fait obscène. La philosophie devient chez Finkielkraut une course à l’échalote morale et politicienne, elle normalise et met dans le rang le joueur, le jeune et  l’immigré en même temps et ensemble. Elle ne fait plus dans le détail de la pensée, elle coupe franc dans le global de la peur et de la haine de l’autre.
C’est un fait, Alain Finkielkraut est un philosophe médiatique et important pour les médias, il permet de tenir ferme le fil de la guerre à la pensée, à la critique moderne du réel : ce philosophe-là permet d’en rajouter aujourd’hui-même sur la peur de l’autre, la phobie du multiple et de la différence, sur la nécessité d’une gouvernance autoritaire et sécuritaire de tous par quelques-uns, sur un retour aux valeurs qui n’ont de valeurs que le nom. Ces non-valeurs ont pour odeur le pire, ce pire que l’idée de démocratie a comme ennemi déclaré depuis 1945 : une nouvelle trahison des clercs.
Alain Finkielkraut est un ex-philosophe qui pense correctement, moralement et politiquement, et qui tue, ce faisant, la correction, la morale et la politique en philosophie : c’est beaucoup pour un seul philosophe français mais c’est ce que la société des gens à informer demande, elle veut comprendre si, elle veut s’en prendre à ceux qui, elle ne veut plus en démordre : les ennemis sont à l’intérieur, sur le terrain, ils sont de mauvais joueurs, et il leur faut des noms et des lieux d’aisance pour s’en débarrasser.
A ce jour, Alain Finkielkraut est aux gens du monde ce que le militaire aime à être aux civils en général, une exception car une arme : les armes à feu que le militaire ici met en jeu et en joue ne sont pas épaulées pour tuer mais elles sont exposées et mises en position pour viser, lister et ameuter des gens afin qu’ils comprennent enfin leur problème : leur problème, c’est l’autre.
Il y a au cœur de la pensée révolutionnée et droitisée d’Alain Finkielkraut, le retour d’un refoulé catholique et criminogène, prêt à tout, bon à rien, sinon à en finir avec toute la philosophie et tout l’humanisme.

A propos de l'auteur

Alain Jugnon

Rédacteur

Alain Jugnon, philosophe et auteur dramatique. Enseigne la philosophie dans un lycée public.

Dirige la revue Contre-attaques (Editions Al Dante).

A publié dernièrement : "Artaudieu" (Nouvelles Editions Lignes) et "A corps défendant" (Editions Nous).

Fera paraître à la rentrée 2011 un livre sur Guy Debord et un autre sur Michel Onfray.

Commentaires (36)

  • Charles Péguy

    Charles Péguy

    23 août 2013 à 10:29 |
    Alain Finkielkraut a écrit un excellent livre sur moi, Péguy, le mécontemporain.
    L'autre Alain, lanceur de gnons vides, à défaut de l'avoir écrit, gagnerait à le lire, à l'accueillir sans idées préconçues, c'est à dire, en philosophe, oui, philosophe, oui avec l'ouverture indispensable à toute philosophie.

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  • alain jugnon

    alain jugnon

    10 avril 2011 à 11:36 |
    Quand la droite bernanosienne qui pense "s'élève au-dessus de sa fierté", ce n'est pas beau, c'est "la droite française" : cela donne tous les samedis matin l'anti-humanisme parlé de Finkielkraut puis tous les dimanches matin la propagande lepénisée de Max Gallo et Philippe Meyer (entre les deux, à dix heures du matin, il y a la messe). Tout cela bien arrangé et imposé sur les ondes de la France Culture.

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  • Frédéric Fauster

    Frédéric Fauster

    07 avril 2011 à 17:39 |
    Bonjour M. Alain Jugnon
    Je serais quand même curieux de savoir quelle est votre définition de l'humanité « en tant que telle, sans dieu, sans maître, hors le sens ». Car à lire ou à entendre tout ce qui se laisse lire et entendre, je ne suis pas loin de penser que le sens des mots est déjà perdu dans les illusions de chacun. Et comme il n’y a pas de sens autre que le sens entre nous, penser l’humanité en tant que telle « hors le sens », n’est ce pas renoncer au dialogue, voir peut être même au langage et à la pensée ? Mais peut être est ce que vous entendez avec votre affirmation que la nation française serait morte ?

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  • alain jugnon

    alain jugnon

    07 avril 2011 à 14:50 |
    La nation française n'existe pas, ni majuscule, ni couronne. En philosophie politique, on ne fait pas renaître ce qui est mort. Mais ce qui est réjouissant, c'est que l'on peut appeler à la naissance de ce qui n'a pas encore existé : la révolution démocratique arabe par exemple. Le philosophe politique aujourd'hui ne sera plus jamais français, il parle arabe.

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    • Jean Le Mosellan

      Jean Le Mosellan

      07 avril 2011 à 18:17 |
      Vous niez l’existence de la nation française. C’est votre droit, mais vous ne pouvez qualifier Finkielkraut de philosophe français,puisqu’il découle de votre négation que la nationalité française ne peut exister. N’y a-t-il pas là une incohérence dans votre système de pensée ? Vous passez d’ailleurs aisément à une autre négation: Finkielkraut n’est pas un philosophe c’est un ex-philosophe. Si bien que Finkielkraut n’est rien du tout,ni philosophe ni français. Vous le faites cependant entrer en contradiction avec votre ligne officielle de la philosophie européenne, représentée par Badiou,la heurtant ainsi de plein fouet. Qu’est-ce alors être européen ? Est-ce être blanc ? Est-ce être culturellement différent du reste du monde ? Niez-vous ce fait ? Votre philosophie politique,elle aura bien ronflé mais elle restera bancale et inconséquente. Vous vous intéressez par ailleurs à la Révolution arabe,dites-vous. Qu’est-ce être arabe ? N’y a-t-il pas une culture arabe ? Niez,niez, autant que vous voulez,malheureusement pour vous,vous tombez de plus en plus dans l’incohérence.

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    • Jean-Pierre Magdelain

      Jean-Pierre Magdelain

      07 avril 2011 à 15:59 |
      Ce qui est excessif est insignifant: vos propos sont insignifiants au propre comme au figuré. Au propre, parce que le caractère grossièrement erroné de vos éructations (affirmations dans votre cas serait encore trop gentil) confine au ridicule; au figuré, votre "philosophie", ou ce qui en tient piteusement lieu, ne renvoie à aucun signifié. Vous ne faites que brasser de l'air.

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      • alain jugnon

        alain jugnon

        07 avril 2011 à 18:27 |
        Si vous le dites, alors...

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  • Jean Le Mosellan

    Jean Le Mosellan

    07 avril 2011 à 09:50 |
    L’équipe de rugby d’Afrique du Sud est quasi totalement blanche,c’est une fait culturel bien établi et bien compris. Il n’est pas venu à l’idée de la Fédération sud africaine d’imposer un quota de joueurs de couleur à sa sélection nationale pour être ethniquement conforme. Heureusement car si cela avait été le cas l’AFS serait une nation de second ordre en rugby. Elle serait régulièrement écrasée par le XV de France, presque totalement blanche,question de culture aussi. L’équipe de France de foot est majoritairement de couleur,parce que ses meilleurs joueurs sont de couleur,question de culture. Culture dominant en banlieue,comme chacun sait. En faire le constat,selon vous,serait flirter avec le racisme ? Voilà Finkielkraut sommairement dépouillé de sa qualité de philosophe. Pour le demeurer il lui serait indispensable de s’exprimer lexicalement comme Besancenot par exemple, au mieux comme Badiou au nom d’une idéologie passéiste,le maoïsme,enterré même en Chine. Votre leçon de philosophie soi-disant contemporaine n’est malheureusement à la page que pour vous. Elle ressemble plutôt à un pamphlet pas très bien ficelé. La nation française,comme toutes les autres,est fondée d’abord sur l’identité. Elle ne vous préoccupe pas trop,M Jugnon,,au contraire de Finkielkraut.

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  • Jacques Chouraki

    Jacques Chouraki

    06 avril 2011 à 13:56 |
    J’ajoute, comme Martine L., que je trouve cet échange « chaud » particulièrement sain. Au moins des choses se disent, ouvertement et, quelles que soient les faiblesses du texte d’Alain Jugnon (en particulier l’accusation préférée souvent à l’argumentation) la seule existence de ce débat montre que ce texte est globalement de qualité !

    @ M. Jugnon. Dommage que votre texte soit trop souvent une invective. Je vous suis sur les errements de Finkielkraut et son terrible dérapage sur la banlieue. Mais il me paraissent finalement moins graves que les étranges remugles venus d’une gauche soi disant « antisioniste » dont Genet et Deleuze, bien malgré eux sûrement, font néanmoins partie des « pères spirituels ». Allez un peu sur les sites du type « solidarité Palestine » : vous y trouverez tous les nazillons des temps nouveaux. Aujourd’hui un antisémite ne s’appelle surtout plus antisémite : il s’appelle pro-palestinien, c’est beaucoup plus noble ! Je crois important de garder l’œil ouvert à droite ET à gauche M. Jugnon. C’est ainsi que nous combattrons le racialisme (bien plus insidieux et ravageant que le racisme, je crois que nous serons d'accord là-dessus) et que nous défendrons efficacement de bonnes causes (la cause palestinienne par exemple !)

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    • Pascale TRÜCK

      Pascale TRÜCK

      07 avril 2011 à 18:34 |
      Voilà qui me paraît effectivement un vrai problème aujourd'hui. Sous des atours humanistes, on pense le pire. Encore une fois, quand le doute s'efface et qu'on affirme haut et fort, on risque la caricature, la bêtise, la cécité. Peut-être est-ce sur les scènes de théâtre aujourd'hui plus que dans les opuscules philosophiques que la pensée vivante a encore une place. Je pense à Pipo Del Bono, Wajdi Mouawad, Ostermeier...
      Onfray ???? Laissez-moi rire !

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      • alain jugnon

        alain jugnon

        07 avril 2011 à 21:34 |
        C'est vrai, la philosophie moderne est humaniste mais pense souvent des choses pas catholiques, pas conformes, plutôt gauchistes même. Les Deleuze, Derrida, Foucault étaient vraiment philosophes et vraiment de gauche. Pour ce qui est du pire, nous l'avons aujourd'hui même, or les philosophes ne sont pas au pouvoir.

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        • alain jugnon

          alain jugnon

          08 avril 2011 à 18:19 |
          Et Michel Onfray est un philosophe comme Nietzsche, mais au XXIème siècle : tellement incompris, tellement rejeté, tellement moqué, que c'est une joie pour le philosophe contemporain et athéiste de prendre sa défense et de penser avec lui.

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  • Jean-Pierre Magdelain

    Jean-Pierre Magdelain

    06 avril 2011 à 12:59 |
    Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire en viennent aisément. Un de vos illustres prédécesseurs, Héraclite d'Ephèse, était dit l'obscur en raison de la fulgurance abyssale de ses aphorismes, votre obscurité à vous est moins flatteuse : c'est celle de la pensée absconse an sich.

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  • alain jugnon

    alain jugnon

    06 avril 2011 à 12:10 |
    Jean-François Vincent, comme beaucoup, a des difficultés réelles pour comprendre ce qu'est la philosophie au XXIème siècle. Ce n'est ni grave ni surprenant. C'est de toute façon du travail pour demain. Or le travail est une bonne chose humaine. Cela fait longtemps qu'Alain Finkielkraut n'est plus au travail. La chose est sortie, c'est accouché.

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    • Pascale TRÜCK

      Pascale TRÜCK

      07 avril 2011 à 07:32 |
      Que d’affirmations hâtives !!! Comment peut-on dire à quelqu’un dont on a lu seulement 15 lignes qu’il méconnaît la philosophie et qui peut prétendre la connaître, d’ailleurs ? Je ne partage pas le sentiment de Martine. Je trouve qu’il y a trop d’arrogance et pas assez de doute pour que la discussion soit possible dans un premier temps, intéressante ensuite.

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      • alain jugnon

        alain jugnon

        07 avril 2011 à 14:41 |
        Je dis simplement que n'est pas philosophe celui qui écrit pour m'attaquer que je suis un philosophe du genre "confusion mentale" (m'a-t-il lu, lui, pour balancer ainsi). Puisque je suis bel et bien philosophe, et reconnu tel, et ce même lorsque je critique Finkielkraut, et surtout lorsque je suis polémique par cette critique. La philosophie du XXIème siècle a parmi ses tâches la reconduction de lignes de démarcation de ce type (Leçon althussérienne).
        Finkielkraut est aujourd'hui le philosophe de l'UMP: cela se démontre très bien dans la philosophie et c'est ce que je démontre dans mon prochain livre sur Onfray. La pensée à droite a déjà oublié que dans les années passées, la philosophie critique s'était donnée les moyens de jeter par dessus-bord les "nouveaux philosophes". La philosophie peut reprendre ce geste et s'en donner à coeur-joie : les Finkielkraut, Lévy, Ferry, Brückner, Glucksman ont plus que jamais pignon sur rue et les Badiou, Rancière, Nancy sont encore heureusement là pour le montrer la sortie. Ces derniers sont peu polémiques, un désespérés par le néant de la pensée réactionnaire : disons, que je tente de reprendre le flambeau de la Critique dans la joie et la bonnne humeur... ce n'est pas très compliqué à réussir. Pour ce qui est de l'arrogance, je l'assume : on ne philosophe pas en 2011 à moins (leçon nietzschéenne).

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  • Martine L

    Martine L

    06 avril 2011 à 10:04 |
    Fort intéressant débat, à l'appui d'un texte riche et lui même interrogeant . Formidable RDT, jamais en reste pour la discussion ! je dois dire que je pensais que ça allait ferrailler autour de ce cher Finkie ! et, non, liberté et intelligences ont fusé ailleurs ! réflexions multiples et de belle tenue, au bout ! je suis contente!

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  • Littlesister

    Littlesister

    06 avril 2011 à 00:44 |
    Il est normal et humain de remarquer une différence entre la couleur de la moyenne de la population et celle d'une personne (ou une équipe) qui la représente. Qui n’a pas remarqué qu’Alberto Fujimori était un japonais ethnique? Qu’Obama était de couleur ? On le remarque de la même façon que l’on repère instantanément un coquelicot dans un champ de blé.
    Vous ne l’aviez pas vu, vous, que la majorité de l’équipe de France était de couleur ? Bien-sûr que oui. Vous ne vous êtes peut-être pas autorisé de faire une réflexion comme l’a fait Finkielkraut, mais vous l’aviez bel et bien vu.
    Notre culture décourage activement le racisme (tout au moins de façon officielle) depuis plusieurs décennies déjà, et la population a fort bien intégré le concept (Bravo, bon citoyen !). Au point qu’il est devenu impossible pour des « blancs » de discuter de racisme si les interlocuteurs ne sont pas tout à fait du même avis.
    La vérité humaine, et cela n’a rien de honteux, c’est que nous sommes tous capables de racisme.
    Et cela nous fait peur. Nous aimerions penser que nous n’avons que des qualités souhaitables. Et acceptables/acceptées dans notre société! Mais il n’en est pas ainsi… C’est même impossible !
    Notre culture nous interdit – entre autres - la méfiance de l’altérité de l’autre, mais elle ne nous a point élevé dans un concept d’unité universelle, bien au contraire : Depuis notre enfance on essaye de nous inculquer l’idéologie du « différent » ; qui est le plus grand, le meilleur, le plus intelligent, etc. Comment voulez-vous que nous ne sommes pas individualistes, racistes, etc. ?
    Nous revisitons le concept de l’ombre, notre « daemon du mal ». Nous assistons à un refoulement collective et individuelle sur grande échelle; Honte mélangée avec une détresse intérieure (non consciemment reconnue) d’être « mauvais » ou « inacceptables » devant une culture qui se proclame plus magnanime qu’elle ne l’est. Moins que nous puissions affirmer notre côté raciste, plus nous portons l’idée en nous. ..
    Pour ma part, je considère « non raciste » une personne :
    - qui ne remarque pas quand il est entouré de gens d’une autre couleur,
    - qui se sent en pleine confiance quand 100% de son gouvernement est d’une ethnicité différente de la sienne,
    - qui n’hésite pas à envoyer ses enfants dans une école ou 100% des élèves ont une couleur différente de ses propres gosses
    Que celui qui est sans péché jette la première pierre… C’est vous ? En êtes-vous sûr?

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      06 avril 2011 à 12:16 |
      Eh oui, Littlesister! il n'y a que la vérité qui blesse ! Et j'ai l'impression que, par ici, les blessés se comptent en grand nombre...

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    • Littlesister

      Littlesister

      06 avril 2011 à 10:47 |
      Ah, que des phautes d'ortograffe é de grammère!
      Je m'excuse de la forme défaillante de mon commentaire précédent et vous prie de ne regarder que le fond... Ayez pitié d'une pauvre étrangère, chers lecteurs. Je tenterai de faire mieux une prochaine fois...

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    • alain jugnon

      alain jugnon

      06 avril 2011 à 09:17 |
      La pensée antiraciste n'invente pas à nouveaux frais "la race", elle est aussi un anti-racialisme. La Réaction anti-antiraciste pense elle la race et la culture comme différenciation et jugement : elle est anti-humaniste par définition, même si inconsciente ou aliénée. Le catholicisme à ce titre est un racialisme, par essence : dire l'universel chez soi, c'est refuser l'humanité dehors. La question est donc politique en première instance : l'anti-racisme est la philosophie même quand elle pense aujourd'hui avec les Black panthers comme le dernier Genet, ou avec les Palestiniens comme Deleuze. Le reste est littérature de droite et lâcher prise dans la pensée. Etre affecté par une couleur de peau qui n'existe pas (la peau est évidemment une couleur), c'est ne pas vouloir penser l'humanité en tant que telle, sans dieu, sans maître, hors le sens.

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  • alain jugnon

    alain jugnon

    05 avril 2011 à 17:11 |
    L'idéologie française d'Alain Finkielkraut est un anti-humanisme dans son traitement du jeune, de l'arabe, du muslim et de l'autre : ce sont les effets notoires du nationalisme et du souverainisme républicain. L'esprit religieux est chez lui une métaphysique portative qui lui permet de penser l'Un là où vit le multiple, de dire Culture là où s'agencent les vivants humains. Souvent le néo-conservatisme est contre-révolutionnaire quant il est d'abord spiritualiste.

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  • cerisier en pleurs

    cerisier en pleurs

    05 avril 2011 à 14:45 |
    Il me semblait , en lisant régulièrement RDT depuis son origine, qu'on y croisait des humanistes ( avec des valeurs, s'entend ) et les échanges, vifs, souvent - c'est ce que j'aime - demeuraient dans la bonne tenue qu'on attend d'intellectuels et de citoyens, dignes de ce nom . Or, avec votre réaction coléreuse – faisant suite, si j'ai bien compris, à votre premier coup de sang d'hier – on s'éloigne du débat possible, propre à susciter des discussions constructives ; on tombe dans l'invective, l'agression pure et simple ; on est dans la leçon assénée comme une gifle ( qui, jamais, n'a fait progresser personne ) . Non, ce n'est pas à quoi nous habituait RDT, et – je vous le fais remarquer – cette suffisance, cette inacceptable correction de copie , je n'ai jamais vu A Finkielkraut lui même – vous l'aimez, moi, pas vraiment – l'utiliser en débat . Où se trouvent les caractères de la philosophie ? Croyez vous vraiment que vous y correspondiez ?

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    • Emile Eymard

      Emile Eymard

      05 avril 2011 à 17:50 |
      J'ai déjà déploré comme vous, ce type de réaction déplorable concernant un de mes commentaires, d'où ma décision de ne plus publier sur RDT, malgré l'insistance sympathique de LML à continuer à le faire. Mon absence sur ce site, est-il utile de le dire, n'a en rien modifié la qualité de RDT. Je souhaiterais pourtant, sans avoir à édulcorer la vivacité des échanges, essentielle dans ces débats, un peu plus de modération de la part de certains commentateurs, hélas souvent les mêmes. Longue vie à RDT !

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      • Eric Thuillier

        Eric Thuillier

        05 avril 2011 à 22:48 |
        Cher Emile, votre absence ne passait pas inaperçue et vous faites bien de nous fournir une explication. Ne vous a t’on pas dit que les blocus étaient injustes ? Faut il punir le peuple de RDT pour les écarts de langage de quelques uns de ses membres ? C’est pire qu’un blocus, puisque apparemment l’instance dirigeante n’est pas en cause, c’est une punition collective. Vous devriez, fort de vos belles proses, pardonner des excès (surtout à Jean François qui nous fourni par ailleurs de si hautes réflexions) qui puisqu’ils ne nuisent pas, comme vous le dites, à la qualité de RDT, ne nuiront pas à votre présence.

        Parfois quelques échanges un peu vifs, j’en ai moi même alimenté (jamais me semble t’il à votre encontre mais on ne se surveille pas toujours), mais dans l’ensemble une tenue qui ne devrait pas faire injure à des textes que nous lisions avec grand plaisir.

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        • Emile Eymard

          Emile Eymard

          06 avril 2011 à 00:44 |
          Merci Eric, ne serait-ce que parce que vous avez remarqué mon absence et gardé le souvenir des textes que RDT a bien voulu publier.

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          • Jean Le Mosellan

            Jean Le Mosellan

            07 avril 2011 à 13:57 |
            Emile nous manque. Nous sommes nombreux à apprécier ses contes et ses commentaires de texte. La rancune n’est pas chrétienne, d’autant qu’il nous a fait remarquer, me semble-t-il un jour, que certaines paroles du Notre Père ont été changées avec Vatican 2. Pas celles,à ma connaissance, concernant les offenses.

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      05 avril 2011 à 15:52 |
      Desolé de vous avoir tant fait pleurer, cher cerisier. Mais, puisque, semble-t-il, vous semblez vouloir vous joindre au débat, pourriez-vous aborder le fond, et non simplement la forme?

      Répondre

      • Emile Eymard

        Emile Eymard

        05 avril 2011 à 18:47 |
        Ce qui n'exclut pas que vous pouviez aborder vous-même le fond en respectant la forme.

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  • alain jugnon

    alain jugnon

    05 avril 2011 à 08:32 |
    La philosophie lorsqu'elle est fondée d'abord sur un humanisme puis sur un athéisme conséquent permet tout à fait de déconstruire et critiquer la pensée-Finkielkraut en la désignant comme raciste aujourd'hui (le fait de la Réaction et du sarkozysme idéologique), la philosophie permet aussi de présenter l'anti-racisme comme une pensée humaniste contre le racisme (sic), racisme désigné et reconnu ainsi dans la pensée-Fienkielkraut aujourd'hui. La philosophie depuis 1945 en gros sait être cette critique et cette clinique : Finkielkraut est atteint, il s'agit d'apporter un soin et une prophylaxie.

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      05 avril 2011 à 13:22 |
      Votre « philosophie », M.Jugnon, me paraît reposer sur une singulière confusion mentale : en quoi un humanisme athée permet-il de « déconstruire » la pensée de Finkelkraut, lequel, à ma connaissance, ne se réclame d’aucune religion en particulier ? Quid du racisme « désigné et reconnu » de Finkelkraut ? Reconnu par qui ? Par vous ? En terme de raisonnement, c’est plus qu’indigent : c’est inexistant. Enfin de quelle pathologie ce pauvre Finkelkraut est-il atteint ? Vous parlez de « clinique » et de « prophylaxie » ? On ne saurait trop vous recommander, M.Jugnon, de réviser d’urgence vos lexiques tant philosophique que psychologique : vous ne semblez maîtriser ni l’un ni l’autre.

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      • Christine Mercandier

        Christine Mercandier

        05 avril 2011 à 19:24 |
        Quant à la vôtre de « philosophie » M. Vincent, elle se résume à une prétention pathétique à des savoirs visiblement lointains et à une sympathie militante pour les conceptions racialistes du monde. Vous allez jusqu’à citer les torchons italiens à la botte (c’est bien le cas) de Berlusconi et de la droite nationaliste italienne pour tenter de justifier cette infâmie de la « couleur » des joueur de l’équipe de France. La nationalité ne vous suffit donc pas ? Vous êtes contre le droit du sol ? Vous êtes pour le droit du sang ? Vous recommandez des révisions lexicales à M. Jugnon. Ce ne sont pas que des révisions lexicales qu’il faut recommander dans votre cas.
        Ce n’est pas la première fois que je note d’étranges dérapages dans vos propos. Je le regrette d’autant plus que souvent vous faites preuve de plus de rigueur morale et intellectuelle.

        Répondre

        • Jean-François Vincent

          Jean-François Vincent

          05 avril 2011 à 20:45 |
          Chère Christine,
          Pourquoi un goût certain - et d’ailleurs assumé - pour des savoirs lointains, serait-il « pathétique » ?
          Pour répondre très précisément à vos interrogations, je ne fais qu’observer les théories « racialistes » du monde : les noirs se pensent et se revendiquent tels (cf. le slogan des années 60 « black is beautiful »), les blancs et les autres « races » aussi : il ne s’agit pas de concepts scientifiques (100% de nos gênes sont communs à toute l’humanité), mais de notions culturelles : comment les groupes humains se voient eux-mêmes…Mais, bien sûr, une certaine pensée antiraciste, celle-là même à laquelle je fais allusion dans mes précédentes réactions, anathémisent jusqu’au mot « race » et fait de son utilisation un pièce confondante dans les dossiers à charge qu’elle ne manque pas de constituer. Je prends, pour ma part, les hommes pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils devraient être ; et je les nomme comme ils se plaisent eux-mêmes à se nommer. Les adjectifs « racialistes » (blancs, noirs, etc…) issus du XIXème siècle sont imparfaits et ascientifiques, mais par quoi les remplacer ? Les américains substituent « caucasian » à « white », est-ce préférable ?

          Pour ce qui est la presse berlusconienne, je la cite parce que je lis l’italien et aussi parce qu’elle a été en pointe dans les moqueries. Mais la presse allemande n’a pas été tendre non plus ; et un ami espagnol – je ne lis pas l’espagnol – m’a parlé des gorges chaudes de la presse ibérique sur le même sujet. Non, chère Christine, il ne s’agit pas de je ne sais quelle « conspiration » berlusconienne ou droitière, il faut se rendre à l’évidence : la France, dans cette affaire, a été la risée de l’Europe toute entière.

          Je suis pour le jus soli, le jus sanguini ayant effectivement servi aux théories racistes (et non racialistes !) de certains penseurs pré-fascistes, notamment Barrès dans son terrible livre « Du sang, de la volupté et de la mort ».

          Les « dérapages » que vous constatez dans mes commentaires sont simplement le signe que je suis un homme libre, et qu’il est difficile de me faire rentrer dans une case : ce n’est parce que je réutilise les concepts « racialistes » en usage dans une majorité de groupes humains que je les fais miens ; ce n’est pas parce que je me moque de certaines diatribes anti-libérales que je suis un libéral moi-même.

          Enfin, concernant la « correction de copie » que j’ai infligée à notre ami Jugnon, je confesse – et je m’en excuse publiquement – que la forme en était inutilement blessante et suffisante.

          Un dernier mot, chère Christine, je vous tiens en grande estime et vos critiques sont toujours les bienvenues : j’y porte la plus grande attention.

          Au plaisir de vous lire,

          J.F.Vincent

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  • Martine L

    Martine L

    04 avril 2011 à 18:49 |
    Merci pour votre texte tonique, et bienvenue dans la maison RDT . J'entends ce que vous décrivez d' un Alain Finkielkraut qui aime tellement, comme Saint Sébastien, sentir le piqué des flèches, qu'il va vous adorer !,
    L'homme est décidément acariâtre, ombrageux, mais sans la lumière du noir d'un Soulages, visiblement provocateur et cherchant noises à tout un chacun à la récré ! Personnalité dont il décrit bien la génèse dans son beau livre. «  le juif imaginaire » Les média ne peuvent que le chérir, d'une autre manière qu'un BHL – animal lui aussi télévisuel qui me touche moins – Il a ses «  toc », l'école ( je zappe systématiquement ) et des obsessions qui « sentent bizarre » : votre sujet : les footeux trop colorés , les gamins des banlieues , tous, graine de délinquance . Là, il me peine énormément; il vire! Il me peine, parce que, j'ai de lui, sur des décennies, aussi l'image, clairement installée d'un « vrai » philosophe, qui tient à ne pas laisser la réflexion aux mains des «  professionnels », dans les cénacles, bien au chaud ; qui a, animé, pendant plusieurs années, les remarquables «  rencontres de Petrarque » à Montpellier, pendant le festival de Radio France , et qui, croyez moi, faisait vraiment son boulot de Philosophe ! De même, sur France Culture, son émission «  répliques » est toujours d'une haute tenue, et AF y fait preuve de l'intelligence et de l'écoute que, quant à moi, citoyenne de base, je demande au philosophe !

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    04 avril 2011 à 18:17 |
    Tout coup d’essai mérite d’être salué ; mais, en l’occurrence, malheureusement, ce n’est pas un coup de maître. Regrettables, en effet, toutes ces allégations à l’emporte-pièce, assénées et non démontrées, telles que « il a tué le philosophe en lui », ou « il est une catastrophe actuelle, non naturelle », ou bien encore « la philosophie devient chez Finkelkraut une course à l’échalote morale et politicienne ».
    L’anti-racisme a été longtemps, trop longtemps, une vache sacrée, dont la seule mise en cause valait immédiatement à l’impudent qui en était l’auteur un procès en sorcellerie.
    Un certain anti-racisme, par son caractère hystérique, irraisonné et donc déraisonnable, non seulement n’a pas efficacement combattu l’hydre qu’il prétendait contrer, mais encore a fait dramatiquement son jeu : c’est, en partie, grâce cette nouvelle Sainte Inquisition des temps modernes que le FN se trouve aujourd’hui au niveau que l’on sait. Vigilance face au racisme, oui, exorcisme, non !
    Que reproche-t-on donc à Finkelkraut ? Où donc a-t-il dénié le « le droit des joueurs et des jeunes en général à être respectés comme prolétaires, comme exploités et comme travailleurs » ? Il s’est seulement étonné qu’une majorité de joueurs de l’équipe de France soit noirs... Où est le crime ? Inversons les rôles : supposons qu’une majorité des joueurs de l’Afrique du sud aient été blancs, n’aurait-on rien dit ? N’aurait-on pas crié – et à juste titre ! – à l’apartheid ? L’évocation d’un possible problème racial ne semble se concevoir que lorsque les éventuels victimes de la discrimination sont « de couleurs »…Les commentaires de Finkelkraut sont peu de choses par rapport à l’hilarité francophobe et volontiers raciste - pour de bon cette fois-ci ! - qu’a suscitée la composition de l’équipe de France dans la presse étrangère sportive, notamment la « Gazetta dello sport ».
    Il ne faut pas que l’anti-antiracisme devienne, à son tour, une autre Sainte Inquisition ; en ce sens, votre article, M. Jugnon, est salutaire. Mais êtes-vous si sûr de ne pas être demeuré un zélote de l’ancienne ?

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  • Emile Eymard

    Emile Eymard

    08 avril 2011 à 00:01 |
    Merci Jean de votre appréciation, d'autant que vous parlez au pluriel. Je n'ai aucune rancune, si ce n'est de la fierté, ce qui n'est peut-être pas mieux. Bernanos écrivait : "Il est beau de s'élever au-dessus de sa fierté. Encore faut-il l'atteindre". A juste titre ou pas, il n'y a pas eu censure aux propos injurieux et injustes qui m'ont été tenus sur un de mes commentaires. Je n'avais donc plus ma place sur RDT, et mon absence de contribution ne change en rien la qualité du site et de ses auteurs, et en particulier de celle de ce cher Léon-Marc. Ma fierté, encore elle, me réjouit de vous manquer.

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