Le Respect et la Violence

Ecrit par Luc Sénécal le 20 juillet 2010. dans Psychologie, Média/Web, Société

Le Respect et la Violence

N’est respecté que ce qui est respectable.

Cela semble évident. Si  ce n’est pas le cas, loin de là, dans le vécu, alors on peut s’interroger à ce propos.En fait tout est une question de point de vue, de personnalité, de contexte et d’opinion. C’est aussi une question de confiance ou de rupture de l’un pour les autres ou inversement.

Pour rester simple, il semble essentiel entre deux individus, deux groupes d’individus, deux catégories sociales, deux sources d’intérêts divergentes, deux façons d’appréhender, d’intégrer et de comprendre un sujet, quel qu’il soit, que soit instauré un consensus de dialogue. Lequel est fondé sur le respect commun des intervenants ou des interlocuteurs.

Or il faut bien l’admettre, en raison d’événements extérieurs ou de propos étrangers au sujet traité, l’un ou l’autre des individus, du groupe d’individu ou de représentation sociale d’individu, le dialogue dérape et perd tout son sens primaire en terme d’objectif. Objectif pour tenter un rapprochement. Pour appeler à la réflexion. Pour amener au débat des points de vue différents et enrichir un débat…

Par conséquent, si les motifs de débat sont contraires aux objectifs apparents ou avoués ou n’ont pas un caractère de sincérité, pollués par des raisons sous-jacentes, il n’y a pas de débat.

La conséquence directe est l’incompréhension, l’interprétation, la négation bref, une source de conflit.

Que peut-on penser alors de cela, en termes de respect ou de confiance ? On peut rétorquer avec facilité que n’est respectable que celui qui sait se faire respecter.

Là, rentre précisément un comportement volontaire, lié à la violence. L’utilisation de la loi du plus fort. Et c’est ainsi que rentre la surenchère. Au lieu de traiter par le fond, on se fait “jouir” par la forme. On joue “au dos argenté” qui se bat la poitrine prend une branche et tape de toute ses forces par terre, abat un arbre. (Vous avez remarqué le rapprochement avec le monde animal. Il paraît que l’Homme n’est pas un animal !…)

Pourtant, il suffit de peu de choses pour quitter ce comportement primaire. Primo, ne pas refuser le dialogue. Secundo, ne jamais laisser passer la moindre provocation pouvant amener à la violence, sans réagir. Soit par faiblesse, soit par lâcheté, soit par laxisme. Tertio accepter d’être assez humble pour mieux appréhender des facteurs qui peuvent nous être étrangers. Soit parce qu’ils sont éloignés de notre façon de vivre, ou bien parce qu’ils n’ont pas de valeur par rapport à notre éducation et à nos références acquises. Ces facteurs, il convient de s’en rapprocher pour essayer de les comprendre. Ce en toute sincérité et non pas dans le désir de manipulation pour parvenir à retourner une situation. En culpabilisant, en marginalisant, en isolant.

La violence par ailleurs, peut être engendrée par la non reconnaissance d’une situation ou du statut d’un individu ou de l’individu lui-même. Quand ce n’est pas d’un groupe d’individu. En conséquence ce qui semble être en réaction un manque de respect individuel,  ou le refus de reconnaître les institutions, parfois dans un cadre de relation sociale, tout cela est bien souvent causé en amont par des facteurs irréfléchis voire indirectes. Parfois ils sont provoqués par des tiers, il est vrai. Quand ce ne sont pas des réactions d’intolérance et de sclérose dans une société refermée sur elle-même.

Or l’écoute de l’autre est indispensable. Même si ce qu’il a à dire peut paraître outrancier.  Il appartient à chacun d’admettre que nul ne possède « la vérité ». Et que les « vérités » parfois, se confrontent au point de devenir intolérables pour les uns ou pour les autres. Aussi il convient d’admettre que ce qui est étrange en fait, est étranger à son mode de vie, ses coutumes ou ses usages, ses convictions intimes ou ses conventions sociales, à ses idéaux comme à ses idées… D’où la nécessité de s’ouvrir à l’autre pour mieux appréhender ce que ou ce qui constituent les divergences ou les différences et au besoin chercher à connaître les origines de celles-ci.

Quoiqu’il en soit il est préférable de ne pas mettre en cause en termes de “faute” mais être capable de reprendre le contenu d’un dossier en termes d’”erreur” commise, sans chercher à tout prix à trouver une responsabilité individuelle. Cela peut dans un premier temps ramener le calme dans les esprits et partant une ébauche de respect nécessaire. Ce, afin de faire quitter une attitude de “violence” ou du moins rendre celle-ci inutile ou absurde.

Cela ne peut-être obtenu que par la retenue, la patience et la sérénité quand celle-ci est enfin retrouvée.

A savoir, attendre le moment propice pour reconsidérer les causes ou les facteurs qui ont amené cette violence. A savoir, reprendre le contrôle de soi pour revenir sur une situation donnée et savoir prendre le recul nécessaire pour l’analyser. Ce, dans le but de démonter un mécanisme qui est devenu ou qui a provoqué un comportement incontrôlable. A la suite de quoi, on peut ramener dans un climat plus serein un dialogue. Et ainsi de mieux appréhender et comprendre ce qui a amené des protagonistes à s’affronter, des individus à la colère, des personnalités à s’opposer de façon si radicale, qu’aucune autre forme et aucun autre moyen n’a pu ou su s’imposer.

Et ainsi parfois de découvrir qui ou quoi profite de cette violence. Ce qui est souvent une surprise pour celui ou celle qui s’est laissé emporter sans avoir pris connaissance des tenants et des aboutissants d’une situation donnée. Parfois mais pas toujours, il est vrai.

Quoiqu’il en soit, la « violence » est le dernier des moyens pour s’exprimer. Le plus intolérable pour celui ou celle qui en est victime et souvent même indirectement pour celui ou celle qui l’emploie. C’est souvent l’expression d’une souffrance peut-être ancienne et dans tous les cas, d’une grande, d’une très grande faiblesse. Celle de l’esprit, celle de l’âme et/ou celle du cœur.

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Luc Sénécal

Rédacteur

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