Les "Poucet", leurs chroniques, l'étang, les Reflets

Ecrit par Martine L. Petauton le 29 juillet 2010. dans La une, Média/Web

Les

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La Rédaction de “Reflets du Temps”


Il y avait, dans un de ces temps improbables, propres aux légendes, des « Poucet », habitant une grande maison du soir, lumineuse, industrieuse, comme une ruche… ils s’y ébrouaient, écrivant — à l’ancienne — des chroniques ; de bien belles, drôles, savantes pages, ourlées et fignolées, comme autant de « Georges de La Tour » (le clair-obscur, en moins ; c’était en noir et blanc !)

Un mauvais jour, où peut-être une nuit — aurait dit la Dame en noir —, le père de la grande maison réunit son monde, autour d’une lampe-tempête — la bien nommée — en l’occurrence. La crise était passée par là et il y aurait de moins en moins de chroniques dans l’assiette des « Poucet » ! Ou, du moins, il pourrait y en avoir encore, mais de quelle eau ! Police affreuse ! «  mais que fait la police dans la grande maison ? »    s’énerva le plus disert des « Poucet »; publications hasardeuses et décalées : «  on mange à n’importe quelle heure, et en plus froid ! » pleura le plus gourmand de la petite bande… Que faire ? Pouvait-on, sérieusement demeurer dans ce navire aux abois ? Portant — c’était le plus dur — le regret des époques d’abondance, où, sous les lumières de la grande maison du soir, passaient les repas les plus divers et succulents !

Les « Poucet » n’étaient qu’un petit groupe, mais, sans chroniques, ils ne se voyaient pas subsister ! Ils colloquèrent donc, ce qui, dans la grande maison, était aussi naturel que boire ou se lever le matin ; on décida, non sans mal, de partir à l’aventure, dans la forêt profonde — la vie ! Quoi ! —

parmi nos « Poucet », était un chef naturel, de par sa grande culture — il avait beaucoup lu et savait comment Jack (London) se sortait des pires situations dans ses livres — ; sa connaissance des Grands Vins (de Bordeaux, surtout, certes, m’enfin !) pouvait se révéler un atout précieux ; sa barbe aux poils grisonnants posait son autorité, telle celle d’un vieux « msé » Masaï. Un autre « Poucet », adepte de sciences de tous ordres, initiés en « big bang », si ce n’est « crunch », allait servir de boussole dans tout ce monde noir, qu’il fallait affronter ! La rencontre de peuplades aux usages et langages méconnus, étant à redouter ; nous avions dans la troupe, un traducteur hors pair…

Pas d’aventure sans femme, mais Blanche-Neige n’avait pas voulu suivre ; elle se sentait trop mal, loin des lumières de la grande maison du soir, et n’était — cette saison là — pas équipée pour les herbes hautes. On ne pouvait pas, non plus lui garantir qu’un Cupidon allait surgir de derrière chaque arbre… elle fit, de la main, un petit salut, depuis la lucarne, sous le toit bienveillant de la grande maison.

Une de ses copines risqua l’aventure ; origine « bouseuse », elle avait des godillots dans son sac, connaissait les coins à champignons, savait cuisiner une potée ; bref, elle était incontournable !

L’épopée commença ; forêt à clairières ; parfois, chemins plus sombres. Nos « Poucet » tenaient bon et, même, se laissaient aller (quand il faisait vraiment beau, mais il est vrai qu’il a plu tellement, fin juin — « le temps change », nous a dit une sagace Denise, assise sur une vieille souche de noyer —) jusqu’à s’enthousiasmer, à la gamine, de leur fraiche liberté…

Parfois, aussi, chez nos « Poucet », on pleurait ; on regrettait le ventre rassurant de la grande maison ; certains, même, voulaient rentrer ! C’est là que la barbe grisonnante et les yeux noirs — ciel d’Afrique — du chef entraient en action !

Et puis, tous ne marchaient pas du même pas ! E., le plus romantique des « Poucet », une herbe mâchouillée au coin de la bouche, n’en finissait pas de papillonner ; un coup, il s’enticha de mésanges (2, je crois), un autre, il nous fit un cours sur le brame du cerf ; il voulait un chien, et même, une commode pour ranger ses affaires !

C’est alors qu’au détour d’un herbu chemineau — comme on disait au Moyen-âge — on tomba sur un vaste étang ; il me rappelait celui du « Grand Meaulnes », et la nuit il avait un genre « Dames du lac », cher aux chevaliers (de la Table Ronde ! M’enfin !). Accueillant, bucolique, mais il avait quand même Internet — ; c’est dit ! Se dirent les « Poucet », c’est là qu’on accoste ! Et de sortir pages, plumes et claviers. Quand le vent frisottait la surface, on pouvait s’y pencher et voir, en miroir les branches de grands arbres (châtaigniers ? Feuillus, à tout le moins) qui veillait sur ses bords… Je ne sais plus lequel des « Poucet » a dit, pensivement : « reflets du temps » et le plus savant, le plus rigoureux, d’entre eux, a ponctué : « point fr »

Ils se mirent à rire, heureux, réchauffés et grandis par l’aventure; regardant leur nouveau territoire, reflétant, à qui mieux — mieux, l’Histoire, l’actualité, l’humour — ça, on trouve pas partout — , la politique et tout le vaste monde !

Là- bas, au bord de la forêt, la grande maison du soir, émue, souriait de ses lumières ; c’est la vie ! Il faut toujours laisser partir ses enfants !

A propos de l'auteur

Martine L. Petauton

Martine L. Petauton

Rédactrice en chef

 

Professeur d'Histoire-Géographie

Auteure de publications régionales (Corrèze/Limousin)

 

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