Questions pour les Reflets…

Ecrit par Martine L. Petauton le 16 novembre 2013. dans La une, Média/Web

Le typhon, Francesca, la châtaigne…

Questions pour les Reflets…

Fin de semaine dernière, il y a eu le typhon d’Asie du sud-est. On annonce, 5000, peut-être même  10.000 morts au bas mot – sans compter les blessés, les sans abris, les… Le Vietnam en est à évacuer toutes ses côtes. Catastrophe sans précédent dans ces terres peuplées des multitudes d’hommes de là-bas, à droite, en bas du planisphère, comme disaient mes petits élèves. Le souffle des rafales arrive jusqu’à nous ; on sent la gifle des paquets d’eau ; on entend les cris, enfin, on devrait…

Et, moi, j’ai publié, samedi,  dans « Reflets »,  un assez joli – je crois – texte sur la nostalgie de chansons de ma jeunesse engagée (qui plus est !) et… une recette de châtaignes… Seigneur ! mes « Reflets du temps » auraient-ils perdu la boussole, ne tiendraient-ils plus une miette, le  cap ? Serions-nous devenus, de «  simples » Reflets de restos, certes bons, musicalisés, parfaitement bien, reflets de ( bonne) poésie... peut-être au fond, une –petite- succursale de la multinationale «  La Cause littéraire »...

Parce que, «  Reflets du temps », quand  on affiche un tel titre, qu’on publie chaque semaine que Dieu ne fait probablement plus depuis des lunes, on se doit…

Mais, au juste, à quoi ? Et que font les autres, même les très grands ? Suivre et relater l’actu, fil à fil (s’accordant évidemment la passoire du choix), c’est pas nous ; c’est le quotidien, genre que nous n’avons pas été assez fous de revendiquer, lors de la naissance de notre mag. D’ailleurs, le regard critique, ou au moins interrogatif peut s’exercer d’entrée sur notre journal local, chaque matin – moi, c’est « La Montagne », ici, Le « Midi Libre » sous mes pins de Montpellier. Combien de glapissements scandalisés : – tu as vu, dans le… « ils » n’en parlent même pas ! Variante : – t’as vu, à quelle page ! Re-variante : – ils s’embêtent pas, c’est torché en 1 colonne de 20 lignes !! et un ami de défendre l’engeance : – font dans l’urgence, ces types, tu comprends ! Bien sûr, affaire de choix et d’éclairage, ici, de laissé sur le bord de la page, là.  Choisir, mais dans l’urgence du train infernal des évènements qui passent ; donc, se gourer.

Presse écrite, même chanson – le grand titre du Monde dit, pour nous, fort justement le monde, et nous avons pourtant tous en mémoire d’étonnants décalés chez ces messieurs ! Radio, TV, encore autre chose, car, là, s’immisce le poids du son et surtout de l’image, qu’on garde en caisse plus encore que les mots.

L’organisation – l’architecture d’un JT – vaut son pesant d’interrogations et de cris offusqués. « Le 20 h nous dit ce qu’il faut penser, retenir, interpréter de la journée », a coutume de ressasser quelqu’un de chez moi. Vrai, dans le déroulé, l’illustré ou la brève, le temps du reportage, sur un sujet x. Décuplé, l’effet dans les chaînes d’info continue qui se complaisent – drôles de mantras, dans la boucle ininterrompue. Fascinant, tout ça, comme le mouvement du pendule de l’hypnotiseur…

Même topo pour les hebdo, dont, très modestement, nous sommes : éclairer, laisser dans l’ombre, choisir, donc, assumer. Le train là, est arrêté. On a le temps d’autre chose que la simple relation de « ce qui se passe » ; on entre dans l’analyse, le ressenti ; il y a du pourquoi, comment, et ce qu’on va écrire est parfois de l’ordre du maniement du futur. Autant dire, que « nos » erreurs pèsent plus lourd encore que chez les amis de chaque jour. Amusant, déjà fait, moult fois, de comparer sur une semaine, les couvertures (photos, de plus – ah, la binette sinistre du président en difficulté prise en contre-plongée) et leur titre de la semaine, des grands hebdo. Place de l’éditorial – quel sujet le mérite ? en quoi engage-t-il le mag ? et, bien, oui, nous aussi, on connaît, à notre juste place, bien entendu. Dans une excellente émission de la Cinq, il y a débat sur l’actu, chaque fin de semaine, et les rédacteurs en chef du « Point », « Nouvel Obs » et autre « Figaro magazine », expliquent justement le choix de leur « Une ». Tir de barrage à l’unisson du premier « Hollande bashing » de l’automne dernier ; différences entre ceux qui n’en finissent jamais avec le politique, et ceux qui s’écartent pour des sujets de société, « qui intéressent les français »… Bref, il n’y a pas qu’à Reflets que ça ferraille en réunion (nous, on ne dit pas comité) sur la « Une » à venir.

Il n’empêche! ! On doit s’interroger : ce typhon francescisé et encore plus châtaignisé, quoi-qu’est-ce ?? fatigue et nonchalance de ce début, si gris, de saison froide ? Habitude si bien prise au temps proche de la rubrique « Reflets de la semaine », quand on pouvait se dire – Claude (Gisselbrecht) en parlera ! Manque de personnel – qu’attendez-vous, d’ailleurs, lecteurs/rédacteurs en puissance, pour nous inonder de vos regards pertinents sur le monde et ses bruits ! Ou si, finalement, qui dit « Reflets du temps » ne dit pas simples regards sur le temps ; des reflets, c’est forcément autre chose, plus éloigné de la réalité sans fards. Reflets, c’est aussi de l’imaginaire, de la poésie : (« tandis que les humains bâtissent des maisons… Façonnent des jardins à l’harmonie parfaite… un monstre coléreux les guette à l’horizon… l’ouragan se déclenche en hurlant à foison… » Patricia Guenot), de la musique – Francesca, donc et ses textes porteurs de révolte, transférables sur tout événement tragique… Du moment au fond, que de nous lire, surgisse une pointe d’humanité en sus.

Enfin, peut-être…

A propos de l'auteur

Martine L. Petauton

Martine L. Petauton

Rédactrice en chef

 

Professeur d'Histoire-Géographie

Auteure de publications régionales (Corrèze/Limousin)

 

Commentaires (4)

  • Kaba

    Kaba

    17 novembre 2013 à 11:18 |
    Mieux vaut se taire...
    Mais il est bon, parfois, de parler.
    Je suis revenu sur "Reflets du temps" pour voir quels avaient été les billets postés sur le site à propos de l'affaire "Taubira". Aucun !
    Claude Gisselbrecht eût-il écrit à ce propos ? Je suppose qu'il n'eût pu (ni voulu) l'éluder.
    Ce grand silence frappe qui se souvient du vacarme produit ici par l'affaire du Sofitel. L'honneur d'un homme était alors injustement "jeté aux chiens" pour reprendre l'expression fameuse d'un grand auteur.
    Il ne s'est agi, dernièrement, que de propos racistes à l'endroit d'une femme, métisse qui plus est.
    Le silence n'a pas seulement frappé "Reflets du temps". Les mêmes voix qui s'étaient élevées pour défendre l'honneur de DSK se sont tues. Que dire des "églises" et associations anti-racistes ?

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      17 novembre 2013 à 12:07 |
      Très juste, Kaba! On en a BEAUCOUP trop fait pour DSK, dont l'honneur, s'il en sorti "blanchi" aux yeux de la justice, n'en reste pas moins maculé de taches indélébiles d'un point de vue moral. Mais pour Taubira que dire ? Que dire qui tranche avec ce que l'on voit, entend et lit partout ? Que les digues ont sautés ? Je l'ai écrit. Que la France (et pas seulement les Français) se lepénise et exhale un fumet de plus en plus nauséabond ? Je l'ai écrit.... Alors quoi ? On se répète ? On radote ? Rien n'est plus plaisant pour le FN que le radotage...

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    • Martine L

      Martine L

      17 novembre 2013 à 12:06 |
      Droit au cœur, votre remarque, cher ami Kaba ! mais, sur les événements -Taubira, il me semble que l'article magnifique de notre amie Sabine Aussenac, publié le 9 Novembre, " mon pays des lumières aux portes de la nuit" nous représentait tous ! et, par ailleurs, un peu plus ancien , un " Taubira-la république" que j'avais signé, affichait - mais vous n'en doutez pas, je pense, les valeurs de Reflets Du Temps.

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    16 novembre 2013 à 13:42 |
    La parole est d’argent, mais le silence est d’or…mieux vaut, en effet, se taire quand tout ce que l’on a à dire se résume à une pauvre et pavlovienne répétition de tout ce que l’on lit ou entend un peu partout. Eh bien non ! Reflets du Temps n’a pas traité, ne traite pas et ne traitera pas du typhon des Philippines ; non que le drame humain ne nous ait pas touché, mais n’étant ni les uns ni les autres des spécialistes des Philippines et/ou des catastrophes naturelles, nous avons préféré nous abstenir d’une parole certes compassionnelle dans le fond, mais mièvre voire niaise dans la forme…laissons cela aux medias – et ils sont nombreux ! – qui tiennent leur propre logorrhée pour une preuve qu'ils existent.

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