Politique

FN : retour vers le passé ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 03 octobre 2017. dans La une, France, Politique

FN : retour vers le passé ?

La relative déconvenue frontiste à la présidentielle (malgré les quelques 10 millions d’électeurs qui votèrent Marine Le Pen au second tour, celle-ci a fini très loin de la barre des 40% qu’elle s’était fixée comme critère de succès) a, bien entendu, suscité une chasse au bouc émissaire : comme cela ne pouvait être le chef (la cheftaine), ce devait être le lieutenant.

Mais, au-delà des règlements de comptes internes, ce qui a été mis en cause à travers la personne de Florian Philippot, c’est toute une stratégie : cette tonalité anticapitaliste et sociale qui a contribué à bâtir le lepénisme « rouge », post-communiste et ouvrier, du nord de la France. Ladite stratégie a d’ailleurs porté ses fruits : 5 des 8 députés FN à l’assemblée nationale (y compris Marine Le Pen elle-même) ont obtenu leur victoire dans cette région. Plus précisément, sur un plan idéologique, Philippot avait réussi à décaler la focale du parti, de l’immigration (ou l’« identité », nouveau nom donné à la question raciale) à l’euro, symbole d’une souveraineté perdue et possiblement retrouvée par une sortie des traités européens. L’on parlait moins des « étrangers » – des immigrés et de leurs descendants au phénotype noir ou maghrébin – au profit de sujets plus « respectables » : la monnaie, l’Europe, l’économie… la « dédiabolisation », de fait, ce fut ça : non point un véritable aggiornamento (comme celui-ci impulsé par Gianfranco Fini, en Italie, qui réussit à « défasciser » authentiquement le vieux Movimento Soziale Italiano de Giorgio Almirante, en le transformant en mouvement conservateur d’inspiration néo-gaulliste), mais bien un maquillage purement cosmétique : tout le fond xénophobe du Front demeure ; simplement l’on discute d’autre chose…

Cette ligne politique, déjà très contestée avant les élections, a soulevé un tollé après. Le Pen père himself, Jean-Yves Le Gallou, Gilbert Collard, voire Robert Ménard, le maire de Béziers, ont tiré à boulets rouges sur elle et donc indirectement sur son instigateur. La fameuse « refondation » entreprise en vue du futur congrès se présente, avant tout, comme un retour aux fondamentaux idéologiques. Philippot, dépité et démissionnaire suite à la décision de Marine Le Pen de le démettre de sa fonction de stratège-en-chef, évoque un « retour en arrière », une « rediabolisation », un FN « rattrapé par ses vieux démons », « quel gâchis ! » s’exclame-t-il.

En réalité, les lepénistes ont bien identifié la faille majeure du plan Philippot : la sortie de l’euro les coupe des milieux économiques et de la droite « classique » ; or le problème majeur de tout parti, dans le cadre d’un scrutin majoritaire, réside dans l’existence d’un réservoir de voix au second tour : le FN n’en a pas. Il faut, par conséquent, essayer de bâtir une coalition avec la frange dure des Républicains – emmenée peut-être par Laurent Wauquiez. Et ce qui bloque une telle coalition, ce ne sont point les thèmes identitaires (desquels les plus droitiers peuvent parfaitement s’accommoder), mais l’économie. Déjà Marine Le Pen avait dû mettre la pédale douce sur l’euro pour bénéficier du désistement de Nicolas Dupont-Aignan. Paul-Marie Couteaux, grand apôtre d’un programme commun des droites, l’a clairement énoncé : pour qu’un tel programme puisse voir le jour, il convient d’abandonner le technique, le technocratique, le trop cérébral ; il faut se concentrer sur l’émotionnel, sur ce qui prend aux tripes, sur la France et son identité.

Un accord « rouge-brun » avec les Insoumis étant électoralement impossible, la doctrine Philippot menait inévitablement dans une impasse, c’est-à-dire dans une opposition ad vitam aeternam. Car, dans la famille Le Pen, la grosse, l’énorme différence entre papa et fifille, c’est que cette dernière veut réellement gouverner et non plus se contenter du ministère de la parole.

Il fallait donc sacrifier Philippot sur l’autel du réalisme. La « rediabolisation », loin d’être passéiste, ménage, au contraire, l’avenir.

 

Elections allemandes : eine « GroKo » oder ein Kroko ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 27 septembre 2017. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Elections allemandes : eine « GroKo » oder ein Kroko ?

Telles sont les principales données des résultats des élections allemandes du 24 septembre : à nouveau, une possible « Grosse Koalition » (GroKo) CDU/SPD ; mais, tapi en embuscade, « ein Krokodil » (Kroko), l’AfD, l’Alternative für Deutschland…

Die GroKo

Avec un peu moins de 35% des voix et 238 députés, la CDU/CSU reste – très largement ! – le premier parti allemand, mais n’atteint pas, loin s’en faut, la majorité absolue au Bundestag (313). Le SPD de Martin Schulz, ex-président du parlement européen, enregistre, quant à lui, avec quelques 20,4% des suffrages, son plus mauvais score de l’après-guerre – souvenir des effets sociaux dévastateurs des plans Harz successifs et de la paupérisation des salariés qui s’en est suivie ; mais aussi du débat télévisé perdu contre Angela Merkel. L’Allemagne se dirigerait ainsi peut-être, en dépit des réticences de Schulz, vers une reconduction de la « grande coalition » du centre droit et du centre gauche, le curseur – comme en France ! – penchant fortement vers la droite sur le plan économique… malgré – cerise sur le gâteau – une ou deux mesures sociétales « progressistes » (migrants, mariage gay). Tiens ! On dirait du Macron.

Das Krokodil

L’entrée en force – 13%, 94 élus – de l’AfD au parlement constitue évidemment LA grande nouveauté de l’heure, rendue possible par le mode de scrutin à la proportionnelle. « Vote historique », titre Die Zeit, « le jour le plus sombre », surenchérit la Frankfurter Allgemeine Zeitung. La journaliste Evelyn Peternel, du quotidien autrichien Kurier, comparant, elle, les trajectoires respectives du FPÖ de feu Jorg Haider et celle de l’AfD : « il y a manifestement des parallèles, écrit-elle, la xénophobie, la lassitude face aux grandes coalitions (en Autriche, celle du VPÖ démocrate-chrétien et du SPD) (…) je pense que la plus terrible erreur, en Allemagne, serait de former derechef une telle coalition ».

Au fait, qu’est-ce que l’AfD ?

Coexistent, en son sein, trois courants :

– Les « National-Deutschen » d’Alexander Gauland, dont les mots d’ordre sont sécurisation des frontières et contrôle des migrants… mais également une relecture de l’histoire. Gauland, par exemple, se déclare « fier de ce qu’ont fait les soldats allemands pendant les deux guerres mondiales ». Passe encore pour la première ; mais quid de la seconde ? Sachant que la Wehrmacht a prêté main forte, à l’occasion, aux Einsatzgruppen de la SS, chargés de liquider juifs et communistes, à l’arrière du front de l’est. Mais Gauland n’en a cure, il continue : « par conséquent, nous avons le droit de récupérer non seulement notre terre (allusion à la réunification) mais et non moins notre passé. On a plaqué, à la légère, un faux passé sur le peuple allemand, comme jamais sur aucun autre peuple ».

Front National : sa sociologie politique

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 27 septembre 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Front National : sa sociologie politique

Depuis la relative « défaite » du Front National lors de la phase électorale de l’année 2017, en raison d’un score décevant (environ 34% des suffrages exprimés lors du second tour des présidentielles face à Emmanuel Macron), et en liaison directe avec un débat catastrophique pour Marine Le Pen contre le candidat du mouvement En Marche, rien ne va plus au sein du parti d’extrême droite français. Ceci est d’ailleurs tout à fait normal étant donné ce qui vient d’être dit. Mais, il y a autre chose à préciser : c’est le fait qu’en général l’extrême droite est toujours divisée en de multiples chapelles. Or, avec Jean-Marie Le Pen, puis sa fille Marine, sans oublier Marion Maréchal Le Pen, la « sauce » de l’unité avait pris. Pourquoi ? Eh bien principalement pour deux raisons : d’abord un contexte de « crise systémique » (ou globale), dont profite le Front National, et ensuite la présence effective d’un chef (ou d’une cheffe) vu(e) comme étant charismatique. J’ajoute que si rien ne va plus au sein du Front National – avec récemment l’éviction/départ de Florian Philippot –, c’est lié à des considérations au demeurant fort intéressantes de sociologie politique, notamment électorale.

C’est à ces questions que je vais m’intéresser en essayant de les analyser.

Il y a en réalité deux fronts nationaux sur le plan sociologique et géographique, qui ont certes en commun plusieurs thématiques : sur l’immigration, l’identitarisme, le sécuritarisme, et le nationalisme. Mais ils sont aussi totalement opposés à plusieurs niveaux, dont ceux liés à la sociologie électorale. Le premier Front National, dans l’ordre chronologique, celui du sud, et surtout du sud-est, bourgeois, ou « petit blanc », est avant tout « identitaire » et notamment de culture catholique « traditionnaliste » voire « intégriste ». Le second Front National, toujours chronologiquement, apparu plus tardivement, dans les régions du nord et du nord-est, un parti frontiste à coloration « sociale », celui des régions populaires sinistrées économiquement par les conséquences négatives de la mondialisation ultra-libérale, puis néo-libérale, avec un chômage qui n’a pas été assez combattu par la création d’emplois nouveaux. Il y a là un danger extrême d’éclatement, à terme, pour le Front National. Et ceci d’autant plus que deux dirigeants (très opposés, et même hostiles l’un par rapport à l’autre) incarnaient cette dichotomie : Marion Maréchal Le Pen (dans le prolongement des positionnements idéologiques de son grand-père Jean-Marie), en ce qui concernait le Front National du sud et du sud-est, et Florian Philippot pour l’autre Front National du nord et du nord-est.

Or, quel est le Front National qui peut être vu comme ayant été mis en échec par rapport au score réalisé par Marine Le Pen lors des élections présidentielles d’avril-mai 2017 ? Evidemment celui du sud et du sud-est, tenté, au niveau d’une partie de son électorat, par le vote pour François Fillon (malgré le Fillongate et le Penelopegate), avec le fer de lance, du type passerelle ponctuelle sur le plan idéologique, des catholiques réactionnaires de « Sens commun ». Là est le problème crucial, voire le déclin potentiel, pour le Front National, au profit de la droite dure qui s’organise actuellement autour de Laurent Vauquiez, d’Eric Ciotti, etc. Par contre, et alors qu’il vient de partir (évincé ?), Florian Philippot (qui, ne faisant pas partie de la PME des Le Pen, était perçu par beaucoup comme un corps étranger qu’il faudrait éliminer à tout prix un jour) a représenté une « ligne » qui a fait progresser le Front National en voix et en % des suffrages exprimés dans les régions du nord et du nord-est, à base populaire. Voilà pourquoi « Le Vieux » (Jean-Marie Le Pen) aurait tort de se réjouir du départ de Florian Philippot, car c’est la « ligne » de ce dernier qui aurait pu faire encore progresser l’extrême droite frontiste sur une base quasiment « néo-mussolinienne » (des origines), version 2017…

Vœux de nouvel an (et réunion annoncée avec Nicole Bacharan sur 9 mois d’administration Trump)

Ecrit par JCall le 27 septembre 2017. dans Monde, La une, Politique

Vœux de nouvel an   (et réunion annoncée avec Nicole Bacharan sur 9 mois d’administration Trump)

Chers amis,

JCall France tiendra son assemblée générale le lundi 2 octobre à 20h au Cercle Bernard Lazare, 10 rue Saint-Claude à Paris 3ème (métro Saint-Sébastien Froissart).

A l’ordre du jour : le bilan financier et moral de l’année écoulée, le renouvellement du bureau et la présentation des projets pour 2017 et 2018. Ne pourront participer au vote que les adhérents à jour de cotisation. Il sera possible de renouveler son adhésion sur place.

L’année dernière, nous avons poursuivi notre engagement en soutenant toutes les initiatives qui permettaient de sauver la solution à deux États. Nous avons ainsi participé – et continuerons à le faire cette année – à la campagne SISO (Sauver Israël, Stopper l’Occupation) lancée en Israël pour marquer le 50ème anniversaire de la victoire de la guerre des 6 jours et du début de l’occupation. Cet engagement s’est illustré, notamment, par notre participation à l’organisation à Paris, avec l’AJHL (Association pour un Judaïsme Humaniste et Laïque), d’un Seder Pessah alternatif auquel ont assisté 120 personnes. Nous avons continué à soutenir l’action des dizaines d’ONG israéliennes et israélo-palestiniennes qui, sur place, poursuivent leur combat quotidien pour rapprocher les deux populations et maintenir l’espoir de la paix, malgré les attaques et les entraves dont elles sont victimes par le gouvernement israélien dont la politique met en péril, de plus en plus, les fondements démocratiques du pays. En juin dernier nous avons été ainsi à la rencontre de ces ONG au cours d’un voyage en Israël et dans les territoires palestiniens qui a été un grand succès et auquel ont participé plus d’une cinquantaine de membres de JCall venus d’Allemagne, Belgique, France, Italie et Suisse.

Sur la scène internationale, nous avons salué la décision prise par la précédente administration américaine de ne pas mettre de veto à la résolution 2334 votée par le Conseil de sécurité qui condamnait la politique d’occupation et de colonisation menée par Israël. En introduisant une distinction entre les territoires occupés et le territoire d’Israël, cette résolution permettait de sauvegarder la solution des deux États. Elle deviendra peut-être, comme la fameuse résolution 242 du 22 novembre 1967, une référence qui aidera un jour les deux parties à retrouver le chemin de la négociation.

En France, nous avons aussi soutenu l’initiative prise par le précédent gouvernement d’organiser une conférence à Paris, tout en sachant qu’elle n’aurait aucun impact sur le terrain compte tenu du refus israélien d’y participer. Mais cette conférence avait le mérite de remettre le conflit israélo-palestinien à l’agenda des préoccupations internationales.

Cette année a été marquée par deux élections qui ont toutes deux bouleversé la situation internationale.

En France, la victoire d’Emmanuel Macron, que nous avons soutenu face aux dangers représentés par la candidate du Front National, a fait entrer un air de renouvellement dans la vie politique française et permettra peut-être de relancer le projet européen.

Par contre aux États-Unis, la victoire surprise de Donald Trump a ouvert une nouvelle page pleine d’incertitudes qui peuvent être lourdes de conséquences aussi bien sur la société américaine que sur le plan international.

En marche ?… Arrière !…

Ecrit par Jean-François Vincent le 20 septembre 2017. dans La une, France, Politique

En marche ?… Arrière !…

Le masque – enfin ! – est tombé. Macron, ce n’est pas « ni la droite, ni la gauche » (comme les fascistes d’antan) ; pas plus que « et la droite, et la gauche », mais la droite point barre. Et, sur le plan économique, non point la droite, mais bien l’extrême droite, le libéralisme extrême et triomphant… Libération, le 1er septembre dernier, faisait sa Une avec une photo de notre petit Jupiter serrant amoureusement la main du patron des patrons, et entre les deux compères un gros titre, parodiant, au choix, les Charlots ou François Ruffin : « merci Macron ! ».

En effet, Gattaz a plein de raisons d’être reconnaissant. Qu’on en juge : plafonnement des indemnités en cas de licenciement ; inversion des normes – le point le plus contesté de la loi El Khomry – chaque entreprise pouvant, grâce à des accords internes, « bricoler » son propre droit du travail, en vertu de pactes léonins passés entre l’entrepreneur et des représentants – pas forcément syndiqués – des salariés ; enfin (mais la liste n’est pas close), appréciation de la santé d’une multinationale sur le seul bilan de sa filiale française. En clair, une firme, florissante sur le plan mondial et qui veut « dégraisser » en France pour maximaliser ses profits, pourra le faire en toute quiétude…

Mais avec « Jupi » (l’abréviation sied mieux à la – petite – envergure du personnage), la préférence patronale s’accompagne d’un mépris d’airain. Le vendredi 8 septembre, n’a-t-il pas déclaré, à Athènes : « La France n’est pas un pays qui se réforme », ajoutant pour faire bonne mesure qu’il ne céderait « rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ». Réponse immédiate des cortèges de manifestants du 12 septembre, qui ont rassemblé au minimum 200.000 personnes : « Les fainéants en marche ! », « Plutôt fainéant que dirigeant », ou encore « Aide-soignante épuisée, mais pas fainéante ».

Jupi a tout bonnement embrayé sur les politiques d’austérité, recommandées par le FMI, la Commission européenne et Angela Merkel ; et ce alors même que Edouard Philippe admettait que « le droit du travail n’est pas le principal facteur du chômage ». Il s’agit en réalité de mesures à visée purement psychologique, destinées à satisfaire les employeurs et à attirer les investisseurs. La « flexi-sécurité » scandinave s’est vue amputée de son second membre.

L’état de grâce a ainsi pris fin. La flagrante imposture du changement – évidente dès le début, mais qui a néanmoins berné tant de crédules naïfs – laisse la place à un oxymore divertissant par son ridicule : le libéralisme dirigiste. Macron n’a pas hésité à chausser les bottes du jacobinisme pour imposer son laissez-faire social. Il charge, ordonnances à l’appui, pour aller plus vite.

Schumpetérien assumé, il régule pourtant la dérégulation. Il organise non le progrès mais la régression ; il planifie non une avancée mais un rétropédalage…

Cependant politiquement tout se paiera. Dès les inévitables soubresauts de la rue, la droite « constructive » le lâchera, les socialistes ralliés aussi. Sa majorité amateuriste et dilettante s’ébrouera tel un essaim de moineaux affolés.

Restera Jupi seul face à la colère d’un peuple trompé. Le petit roi sera alors tout nu…

Jean-Luc Mélenchon est-il de gauche ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 20 septembre 2017. dans La une, France, Politique

Jean-Luc Mélenchon est-il de gauche ?

Ceux qui qualifient Jean-Luc Mélenchon comme étant le chef français de « la gauche radicale », ou de « la gauche de la gauche », ou encore de « l’extrême gauche », se trompent en très grande partie, en tout cas à mon avis. Je vais donc tenter dans cette chronique,  plutôt spécialisé – par mon enseignement antérieur, mes conférences, et d’autres activités – dans le domaine de l’Histoire contemporaine (depuis 1789), et notamment en ce qui concerne l’Histoire immédiate (liant l’Histoire et l’Actualité), de le démontrer. Il va de soi que je ferai le maximum pour essayer d’être le plus honnête possible sur le plan intellectuel, même si je suis moi aussi – comme vous toutes et vous tous – un citoyen, et que, dans ces conditions, je ne puis vous assurer d’une totale objectivité, un concept qui n’existe d’ailleurs pas, car étant soit chimérique, soit hypocrite.

Faisons très attention à ne pas caricaturer, car il y a en effet, incontestablement, dans l’idéologie de Jean-Luc Mélenchon, un certain nombre d’éléments qui sont liés à ce qu’était le socialisme marxiste orthodoxe français depuis Jules Guesde à la fin du XIXe siècle (et non celui, humaniste et réformiste, de Jean Jaurès), et aussi le communisme de Vladimir Ilitch Lénine et celui de Léon Trotski, etc. Je voudrais préciser avant toute chose qu’il ne faut pas mélanger l’idéologie personnelle de Jean-Luc Mélenchon avec celle d’une partie importante des Insoumis, même si une majorité d’entre eux ont été subjugués plus ou moins inconsciemment par la personnalité de celui qui est devenu un peu comme une sorte de « gourou » aux yeux de ses « fans » ; pensons ainsi, sur ordre de Jean-Luc Mélenchon lui-même, à la mise en place d’une chaîne YouTube (« pour ne pas avoir à répondre aux journalistes », dixit), aux meetings de l’entre-soi, et à l’hologramme, tout ceci pour la dernière campagne électorale de 2017.

Prenons des exemples de cette radicalité « socialo-communiste » (au sens large de ces termes) classique, de type marxiste, que l’on peut trouver dans le mélenchonisme. En premier lieu, on a, en son cœur, un anticapitalisme radical et même relativement jusqu’au-boutiste (mais que l’on retrouve aussi dans le Front National de Marine Le Pen, au niveau de la tendance « sociale » qui s’est organisée autour de Florian Philippot). En second lieu, il faut rappeler le principal slogan lancé par Jean-Luc Mélenchon depuis au moins 2012 : « La révolution par les urnes » ; une « révolution » qui se structurerait immanquablement – comme au Venezuela de Nicolas Maduro – par la réunion d’une « Constituante », aboutissant à la mise en place d’un nouveau régime (appelé la « VIème République »). En troisième lieu, on trouve chez Jean-Luc Mélenchon la volonté de générer des dépenses tous azimuts, ceci en rapport avec une relance par la seule consommation (comme François Mitterrand entre 1981 et 1982), donc sans rapport avec celle par l’offre ; ce qui risquerait de la rendre très problématique au niveau des aspects éventuellement positifs de ses résultats économiques et sociaux. En somme, le chef des Insoumis propose une politique de type néo-keynésienne extrêmement traditionnelle et qui fut l’une des grandes caractéristiques du socialisme français et des gauches hexagonales et européennes, en gros de 1945 jusqu’aux conséquences de la crise économique, avec le premier choc pétrolier en 1973, puis le second en 1979 ; tout ceci étant mâtiné d’une certaine dose de marxisme-léninisme plus ou moins archaïque.

Le nouveau paysage de la droite « classique »

Ecrit par Jean-François Vincent le 13 septembre 2017. dans La une, France, Politique

Le nouveau paysage de la droite « classique »

Le séisme « macronien » a certes fait exploser en vol le PS, mais la droite non – encore ! – lepéniste s’est éparpillée « façon puzzle »…

Il y a d’abord les ralliés, qui s’intitulent eux-mêmes, de manière euphémique, les « constructifs », et que d’aucuns appellent les « destructifs ». 35 députés, emmenés par Thierry Solère, ancien porte-parole de François Fillon, qui laissa tomber celui-ci quand il maintint sa candidature alors qu’il avait pourtant juré ses grands dieux qu’il jetterait l’éponge en cas de mise en examen. 12 d’entre eux ont voté la confiance à Edouard Philippe, les autres s’abstenant.

Leur credo ? « Nous, élus de la droite et du centre, avons décidé de travailler de façon constructive, libre et responsable avec le gouvernement. Ensemble nous voulons que la France réussisse sa modernisation pour ne plus perdre de temps et adapter enfin notre pays à un monde en perpétuelle mutation. Nous espérons transcender durablement les vieux clivages politiques, moderniser l’action publique et retisser le lien de confiance indispensable entre le citoyen et l’élu, tant nous sommes persuadés qu’il est crucial de régénérer notre vie démocratique ». Il faut dire que l’action centro-libérale du nouveau gouvernement les y aide. Mais, dans ce cas, pourquoi, tout bonnement, ne pas intégrer, avec armes et bagages, la République En Marche ?

Il y a surtout Laurent Wauquiez, candidat quasi investi – et seul en lice – à la présidence de LR, lors de son prochain congrès qui se tiendra en décembre. Son orientation ? A droite toute ! « Etre de droite n’est pas une maladie honteuse », avait-il affirmé dans une interview au Monde le 13 juillet dernier. On le soupçonne d’être un sous-marin de Sarkozy dont il revendique l’héritage, « pour moi, c’est le modèle », avait-il proclamé. Il effarouche les plus modérés, tel Xavier Bertrand, qui constata, dans un entretien au JDD : « il court après l’extrême droite ».

Alors Wauquiez, un « bébé Buisson » ? Il a rompu avec un long compagnonnage très « buissonnier » lors de l’affaire des écoutes des conversations élyséennes. Il a, à cette occasion, dit de Buisson, sur BFM-TV : « c’était quelqu’un qui était dans les équipes de 2007, qui a trahi Nicolas Sarkozy. Dans ce livre (N.B. La cause du peuple), c’est la haine qui l’a emporté sur la vérité ».

Mais il a pris pour conseiller l’un des fils spirituels de Buisson, Guillaume Peltier, créateur du courant La France Forte. « La droite de Peltier, écrit Renaud Dély, dans son livre La Droite brune, UMP-FN, c’est celle des hussards, celle qui prend des risques pour s’affirmer. D’ailleurs, en élève consciencieux de la droite « buissonnière », Peltier n’en finit pas de réciter les leçons de son gourou. Un gourou même après la défaite. Si Nicolas Sarkozy n’avait pas mené une telle campagne, il en est sûr, Marine Le Pen aurait atteint 25% des voix au premier tour et le chef de l’état ne se serait pas qualifié pour le second ». Avec Wauquiez à la manœuvre, le rêve de Buisson a des chances de se réaliser : bâtir une union des droites, à l’instar de ce qui avait uni socialistes et communistes à l’époque du programme commun…

IFRI, Politique étrangère, été 2017 ; la chasse aux idées reçues

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 septembre 2017. dans Monde, La une, Politique

IFRI, Politique étrangère, été 2017 ; la chasse aux idées reçues

Inattendu, peut-être, ce regard sur la revue de PE de l’IFRI, cet été, mais bien réel. Que d’idées reçues, en effet, toutes faites et boulonnées, dans nos représentations, et en géopolitique, pas moins qu’ailleurs ! Le propre des chercheurs étant de les désigner et de tenter de les redresser. Dans ce numéro, la pêche est particulièrement bonne pour les lieux où stagnent les idées reçues, et réjouissants, leur déboulonnage et, sans doute, la saine déstabilisation qui suit, seule capable de faire avancer notre regard sur le monde, première mission que se donne l’IFRI.

Le sujet principal, ASEAN ; 50 ans d’une expérience singulière, est un nid d’idées reçues, notamment par sa situation périphérique dans les informations quotidiennes que nous utilisons, et, par ces monceaux d’ignorance, ces lacunes, et autres trous d’ombre, dans « notre » géopolitique personnelle, se révélant reléguée à un « quelque chose d’uni, aux bords de la grande Chine ». Fondée en 1967, l’ASEAN, allie Indonésie, Malaisie, Singapour, Philippines, Thaïlande, Brunei, Viet Nam, Laos, Birmanie, Cambodge, unis en cercles progressifs. Union d’Asie du sud-est, à la fois comparable, au premier regard du moins, à notre Union Européenne, et tellement différente – parallèle pédagogique énoncé dès l’introduction. On a là une marche discrète et continue, des « procédures et institutions légères, sans gouvernement central, ni fantasme d’unification politique » ; l’idée reçue chez nous étant – là, comme ailleurs, mais là, significativement – de penser tout à notre aulne, que nos analyses, procédures et même difficultés sont modélisables à l’infini. Or, si l’ASEAN sera demain bien obligée de marcher différemment avec l’émergence chinoise et son poids, l’IFRI rappelle à notre point de vue européen que « le monde est tout humain, mais nous ne sommes pas toute l’humanité ». Cinq forts articles devraient participer à « nous caler » le regard, sur cette fondamentale partie du monde.

La rubrique Contrechamps s’attaque avec deux articles essentiels à l’Union européenne, particulièrement :« Zone Euro : sous les dettes, la croissance ? ». Crise, croissance, dettes… triptyque d’importance en matière de représentations tenaces et peut-être fallacieuses, en matière de thèse, point de vue arrêté, genre front contre front, encore davantage. Quel débat, chez nous, n’aborde pas, même aux marges, ce sujet ?

Un premier article, très argumenté : « Les politiques européennes et le futur de l’Euro » met à mal « l’interprétation politique dominante accusant les excès de dette publique accumulés par des pays du sud, dits indisciplinés, ayant ainsi financé leur État providence ».Idée reçue, s’il en est, dans l’imaginaire de chacun sur les problèmes actuels d’une Europe en dérive, voire en échec. Des responsables désignés, pas vraiment loin du bouc-émissaire, toujours utile. On reconnaît dans le développement des pans entiers d’opinions politiques, partitaires, en France et en Europe. Mais, les compétences économiques de l’auteur, sa capacité pédagogique à poser les idées reçues, les décrypter avant d’avancer d’autres hypothèses étayées, donnent à cet exposé une force convaincante et armée qui manque à plus d’un débat. Le second article se pose « en face », et nous y reconnaissons là aussi l’argumentaire face B, prôné dans maints débats ; les mêmes évidemment : « stabilité et croissance en zone euro ; les leçons de l’expérience ». Le « retour au réel » est fortement convoqué ; « la croissance et l’emploi ne proviennent pas des miracles de la manne répandue par les États ou des fabricants de bulles spéculatives, mais bien du travail productif, de l’épargne et de l’investissement ».

Confrontant ces deux lectures, toujours étayées, comme d’usage à PE, de références multiples et précises, faut-il dire qu’on en sort, interrogés, mieux armés face à ce temps européen qui est notre logiciel indépassable.

En rubrique Actualités, chaque article est de nature à fusiller quelques idées reçues, mais c’est celui sur « L’état islamique, l’autre menace » qui peut paraître le plus urgent (l’autre, consacré à la Turquie, pas moins pour autant !). A la veille des défaites sur le terrain du califat, Mossoul et Raqqa, faudrait-il « souffler » et considérer Daech comme une menace derrière nous ? Outre le fait que les attentats de cet été sur le sol européen démontrent la puissance de nuisance des terroristes parfaitement capable de s’adapter à leurs défaites, mais aussi – c’est là l’argumentaire de l’article – l’hydre existe, prolifère, voire naît ailleurs dans le monde : Afrique, Asie du Sud-Est, et ceci, même en termes d’assises territoriales.

Loi travail ; faudrait-il rester Schumpeterien ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 06 septembre 2017. dans La une, France, Actualité, Politique, Société

Loi travail ; faudrait-il rester Schumpeterien ?

Il n’en pouvait mais, dans la matinale de France Inter, Thomas Piketty, face à Léa (Salamé) qui tirait des petits missiles du genre : – êtes-vous comme Macron, Schumpeterien ?

D’abord, on sourit – ce vieux Schumpeter de nos grimoires ! Puis on se souvient de deux ou trois choses qui nous avaient agacés dans notre jeunesse quand même assez marxisante ; la « destruction créatrice », par exemple, le titre de ce livre : Le capitalisme peut-il survivre ?, et c’est là – bon sang, mais c’est bien sûr ! – qu’on se prend l’évidence en pleine figure devant le café matinal : Macron ne peut être QUE de ce côté-là de la balance des théories économiques. Pile pour lui et les siens, cousu pour eux, ce discours vieux comme l’Europe d’antan. Immensément vieux, mais – en même temps – en capacité, une fois ripoliné, de reprendre du service, descendu du grenier, et – même – de finir dans le flou du soir qui tombe, comme neuf de chez neuf…

Schumpeter – petite fiche de révision ; n'est-on pas en pleine rentrée scolaire – est un économiste « politique », de l’ancienne Autriche-Hongrie, né fin XIXème ( la même année que Keynes ! L'année de la disparition de Marx! En même temps, disait l'autre !) parti aux USA – temple du capitalisme en marche – où il finira sa vie dans les années 50. Pas vraiment classable, le bonhomme et sa vision, dans les écoles économiques, mais regrettant suffisamment que le capitalisme peine à la tâche (raisons politiques et sociales) pour qu’après sa disparition, un Milton Friedman, chantre du libéralisme le plus dur (dont les Chiliens du temps d’Allende, et quelques autres, ont conservé un cuisant souvenir) reprenne haut et fort son flambeau.

On lui doit plein d’ouvrages et – mondialisation libérale débutant son spectacle - à la veille de sa mort, il était en passe de prendre la présidence de la « nouvelle association internationale d’économie ». Intéressantes, pour autant, les analyses, fouillées, sur les mécanismes / innovations (il est un peu le père du mot) / progrès techniques et technologiques / croissance. Tout ça, cependant, comme si le monde s’arrêtait aux portes des usines – les grandes, américaines, de préférence, se lançant à la conquête économique de la planète –, comme si le libéralisme était le seul modèle sérieux et viable, comme si le train ne pouvait quitter les rails – un seul sens au voyage, évidemment. Trois mots vaguement importants, n’existaient visiblement pas chez Schumpeter : ouvrier-employé-personnel. Un seul être était vivant au milieu des machines innovantes, l’entrepreneur – c'est même le titre d'un de ses livres - (ça sonne du coup formidablement actuel, ce discours). Pour autant, quant à moi, j’ai le souvenir d’une certaine fascination pour ce système de pensée, facile à comprendre et à retenir – les systèmes étant les préférés de nos mémoires, lycéennes du moins… Depuis – on l’aura remarqué – le monde a tourné – mal, quelquefois, et la moustache de Schumpeter a quitté la scène. Jusqu’à notre Macron, son programme teinté de sacrifices – faisables mais obligatoires – sa loi travail et sa dame Pénicaud campant sur tous les Danone de ses expériences.

Rendre à Hollande…

Ecrit par Martine L. Petauton le 30 août 2017. dans La une, France, Politique

Rendre à Hollande…

… Ce qui revient au travail du quinquennat précédent, mais particulièrement à lui, ce président vilipendé de tous bords, et largement au-delà, pendant toute ou presque sa tâche au somment de l’état. C’est ce qu’on entend – musique qui accroche progressivement en mode « forte » – ce qu’on lit – ciel ! Jusqu’en couverture de magazine, ce qui fait sujet d’importance dans maints débats – d’experts, madame !

Vrai qu’un quinquennat arrivant derrière un autre – dans le jeu classique et démocratique des alternances, s’entend –, tout ne peut être jeté, poubellisé, renié, genre table rase, dans l’ensemble du travail précédent. Je l’écris d’autant plus, que nous, gens de Gauche (et que dire de la Droite) n’avons pas toujours pratiqué ce sport, fin, il est vrai.

Ce qui ne manque pas d’étonner ici, en Macronie triomphante, vu le discours – il y a des gens bien partout, et on se doit de travailler avec tout le monde – coloré consensuel en marche, qui a empli, de ce côté-là de l’échiquier, le verbe politique d’E. Macron, durant sa campagne, et même un peu avant. Ainsi, du monde fréquentable partout, hors les champs maudits du Hollandisme passé ? Ils sont légion, les politiques de tout premier rang, ou plus derrière, qui ont payé depuis le vent des Législatives leur « estampillage » Hollande, au point de se voir refuser le gîte et le couvert dans la morne plaine de Waterloo et particulièrement dans le groupe majoritaire ; humiliation et déni de l’Histoire en bandoulière. En son temps, l’Inquisition avait des pratiques qui commençaient un peu comme ça ; refuser, ne plus connaître, transfigurer les faits. En un mot, être sectaire, et stigmatiser à tout va.

Or… l’Histoire persiste. Dans ces champs – en continuant la métaphore – E. Macron a fait ses premiers pas, grandi et fait ses lettres, à l’ombre du maître qui tenait seigneurie en ces lieux, F. Hollande. Ce champ, il en connaît le noueux de la barrière, le goût de chaque brin de son herbe de saison en saison ; c’était un peu son jardin à lui. A présent, on passe toutes sirènes hurlantes devant l’entrée, en glapissant : quid de ce coin ?

Rappel tenace : tant au plan personnel pour E. Macron, sorti quasi ex nihilo de l’ombre par Hollande, que politique en se voyant projeté en un temps record dans la lumière, élu, désigné par le prince : conseiller très écouté, ministre de premier rang, hissé au plus haut du pavois politique ; de refrain en refrain, Hollande chante. Ceci, en combien de mois ? Une météorite, un homme « fait » par un autre, incontestablement. Qu’on m’entende bien : les qualités incontestables, vérifiables, plutôt rares, d’un E. Macron, nul ne les conteste, même pas moi, mais quand F. Hollande disait aux derniers temps de son mandat, juste avant que ne démissionne assez peu élégamment le ministre des finances :– il sait ce qu’il me doit – on peut l’entendre d’abord comme le résultat du « nez » inspiré de Hollande ayant dégotté et évalué à la juste aulne, cette perle rare, qui, sans son mentor président, aurait dû mûrir en cave quelque temps de plus. L’apprentissage… celui dont les équipes au pouvoir nous saturent de Journaux Télévisés en articles, sa valeur, le tuteur lentement passant au jeune, les savoirs, puis les rênes, on sait pertinemment que c’est l’image de Hollande et son poulain, qui surgit : le premier plus social, l’autre plus naturellement libéral, mais les deux mutualisant face aux difficultés de réformer le pays. Alors, n’oublierait-on pas vite dans le fracas des victoires le poids de l’enseignant, la valeur de la formation et du parrainage ? Même un Bonaparte savait saluer la Révolution et ses enseignements.

Car, qu’on me contredise si j’ai la mémoire qui  flanche - comme aurait chanté feu notre Jeanne - ou diront certains, un brin malveillante, pas un souffle, pas un murmure, ni de Macron, ni des siens, n’ont ranimé depuis Mai ces « racines » pourtant bien peu contestables. Et, pourtant il y aurait eu là, signal de ce « gouverner autrement » porté par les bannières marchantes. Simplement, dire, uniquement à bon escient, loin de toute courtisanerie inutile : - oui, je lui dois, c’est par lui, et grâce à lui que… Mais… durs, apparemment la gratification, le souvenir, et le souci du lignage, chez notre prince du Louvre qui voudrait avoir tout inventé, tenir le monde dans ses seules mains, et être né, tout harnaché, un soir du mois de mai 2017. Ça finit par sentir un peu son adolescence, et ce « tuer le père » de manuel de psycho… là aussi, trop, c’est trop.

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