Politique

Ça macronne !

Ecrit par Jean-François Vincent le 20 mai 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Ça macronne !

OPINION

 

Oui, ça macronne et dur ! La peoplisation gouvernementale – politique spectacle façon Guy Debord ou Roger-Gérard Schwartzenberg – bat son plein. Très glamour, l’écologiste de salon, Nicolas Hulot, ou encore la diva de l’épée (au caractère, paraît-il, genre Maria Callas), Laura Flessel, surnommée – et sûrement pas pour rien – « la guêpe »…

Au-delà des flonflons de la fête, les fondamentaux du libéralisme classique demeurent : Bruno Le Maire, à l’économie, qui rivalisait avec François Fillon sur le nombre d’emplois à supprimer dans la fonction publique ; ou bien Jean-Michel Blanquer, directeur de la prestigieuse ESSEC, parangon de la « pensée unique » monétariste, à l’éducation nationale.

Bref, une société libérale – dans tous les sens du terme – très avancée, qui rappelle, en beaucoup plus sophistiqué, le « sexy youpi » giscardien (tiens ! un autre inspecteur des finances) de 1974.

Mais la fête ne durera pas. A supposer que l’obstacle des législatives soit levé (ce qui reste à démontrer), l’offensive sociale reprendra de plus belle face à des ordonnances auprès desquelles la loi El Khomri suscitera une nostalgie émue de la part des cégétistes, lordoniens et autres « nuitdeboutistes ». Il faudra à la nouvelle majorité présidentielle (si elle existe !), façonnée de bric et de broc, des riens solides pour résister aux manifestations, échauffourées et occupations de places, qui ne manqueront pas de se produire.

L’alliage friable, à l’amalgame subtil, concocté par Macron courra alors un fort risque de décomposition.

Les paillettes macroniennes, à l’évidence, feront difficilement avaler la potion amère de l’austérité – habilement dissimulée – dont ce sera le grand retour…

Le temps des allégeances

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 mai 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Le temps des  allégeances

… et peut-être aussi, celui des – fausses – confidences : – t’en es où, toi, avec Macron 1er ?

Certes – qui aurait l’inélégance de le contester – la victoire du 7 fut belle, éclatante même, comme le disent les buccins des soirs de bataille âprement gagnée, bardée de ouf, ouf… La marche européenne du chevalier en sa cour du Louvre fut émouvante, lyrique presque, et ses deux discours, le 1er comme le second, empreints de la gravité qui avait tant manqué à l’étudiant arrivé en tête dans la nuit du 23 avril. Et puis les mots ; j’ai goûté comme vous tous ce « la tâche est immense », et surtout ce « je vous servirai » ; on a connu pires comme anaphores.

Bon, en avant (on va éviter marche) ; l’avenir, s’il n’est pas bisounours, n’en est pas moins ouvert ; chez les pires de pires on commence les règlements de compte à la Borgia, et le Macron-Bashing attendra à la porte.

Mais… cette présidentielle ayant été unique en son drôle de genre, le happening en reprend pour un tour, à peine éteints les flonflons de la fête. Ni trêve, ni repos ; au pas de charge vers les tours 3 et 4 de l’élection du président en pays de France – ne me dites pas que vous pensiez que c’était fini ! Législatives derrière, juste derrière – depuis la réforme pas forcément idéale, loin s’en faut, du calendrier électoral. Car, ils sont foule sur l’échiquier, ceux qui ont certes – naturellement, généreusement même – défendu ce dimanche la république, mais qui, dès lundi, matines à peine sonnées, ont ressorti le vieux jeu de cartes et repoussé à des calendes incertaines le blanc seing au blanc bec. Ce, notamment à Droite, mais largement pas que. Et, chacun de sortir de la naphtaline ses hommes, ses usages et lieux connus donc supposés réconfortants, son programme, son territoire, et là, les nouveaux « candidats internet » auront peut être chaud aux fesses. En route, disent les anciens – c’est assumé ici, murmuré, là – pour un groupe parlementaire massif de nature à peser, voire – rêve des nuits de pleine lune – imposer une cohabitation avant l’heure habituelle. A tout le moins, des influences, des négociations de groupe à groupe ; pourquoi pas des majorités d’idées avec toutes les difficultés de la manœuvre. Derrière l’encore jeune Baroin, se rangent, sourires plus ou moins faux, les LR, « fidèles à la famille », nous soulant du zeste mafieux du mot. L’appétit d’alternance, de vengeance pas moins, porte hauts les drapeaux relevés de la Berezina Fillon. A gauche – en face, on relève les morts – Dieu qu’il y en a ! et il faudrait, on le sait, repartir à la bataille, d’entrée, pour fabriquer vite fait un semblant de muraille contre la houle hétéroclite des marcheurs ; exister, à moindre coût, même modestement, se présenter partout, évidemment avec ce qu’il faut dans la besace. Mais sous quelle appellation ? La vigne est sous la grêle : Mélenchon, bêlent certains, comme devant l’évidence, sous les effluves de sa belle performance… Mélenchon, de gauche encore ? Ça se discute, vraiment ! PS, avec son versant écolos, mais lequel ? Celui de Benoît, sa facette congrès-toute, inenvisageable, on verra justement au prochain congrès. Celui des sociaux-démocrates ? D’aucuns, il est vrai, déjà en haute mer, aiment à dire qu’il n’en faut plus, car on n’a plus les moyens de redistribuer. Tiens donc, et de quoi demain sera-t-il fait, si l’économie le permet à nouveau, ce qui peut raisonnablement s'envisager ? Valls, fut un temps pas si loin, aurait bien relevé ce drapeau-là pour peu qu’il soit pimenté d’un pragmatisme bien visible… Valls, laissons-le souffler, ces jours-ci ne sont vraiment pas les siens… d’allégeance en vrai ralliement refusé avec arrogance et pas vraiment d’esprit citoyen par un « vieux » Macron politicard pointant sous le tout neuf. Autre chose, autres gens ? Pourquoi pas, voyons un peu, imaginons ; le socialisme ne meurt pas si vite ; il est si vieux et si intemporel. Il lui faudra plus de temps que celui qui nous sépare de la mi-juin pour se remettre, ressembler à autre chose en demeurant lui-même. Qui ne le devine… Exister pour d’autres rôles, avec d’autres aussi, tenir sa partition dans le nouvel ordre politique, sociétal, mais exister encore, et avoir besoin, ces jours-ci, de quelques mains fidèles pour accompagner ce terrible fond de pot et cet élan pour rebondir… Un Hollande, un Cazeneuve, une Belkacem et notre Delga de la grande Occitanie parlent en ce sens.

Presse ; Vu de l’étranger, suite

Ecrit par Jean-François Vincent le 13 mai 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Presse ; Vu de l’étranger, suite

Une Europe mi-figue mi-raisin après le second tour de l’élection présidentielle. Certes l’extrême droite est battue, mais l’on doute encore de la France…

 

Outre Rhin : soulagement et scepticisme

La Frankfurter Allegemeine Zeitung titre : « Macron épargne un cauchemar à l’Europe ».

« Ouf ! » soupire, en français dans le texte, Die Zeit : « pour de nombreux Français, Emmanuel Macron était un moindre par rapport à Marine Le Pen, la perdante victorieuse ».

La Süddeutsche Zeitung abonde dans le même sens : « la victoire de Macron évite la catastrophe. Son succès est tout sauf éclatant, le Front national n’est en rien frappé à mort ».

Mais le plus critique reste sans doute le grand quotidien de Zürich, la Neue Zürcher Zeitung : « le nouveau chef de l’état français avance en terrain miné, face à d’importants défis, allant du chômage au terrorisme. Que cet homme de 39 ans connaisse un triomphe est hautement douteux ».

 

Outre Manche et dans le plat pays : prudente expectative

Pour The Daily Telegraph, « Macron est le plus jeune chef d’état que la France ait connu depuis Napoléon. Un résultat lourd de conséquences pour le Brexit et l’Europe ».

The Guardian ne pavoise pas : « Le Pen est battue, mais l’extrême droite française est loin d’être éliminée ».

De Morgen ne se mouille pas trop, lui non plus : « le président Macron fait face à d’immense défis ».

Et Le Soir de conclure : « Emmanuel Macron président, reste à gouverner ».

 

Par-delà des Alpes : l’optimisme prévaut

Le Corriere della Sera fanfaronne : « Macron président, finie la peur ! »

La Stampa, elle aussi, s’extasie : « Macron, l’enfant prodige, qui unit la droite et la gauche ».

Même tonalité chez La Repubblica : « l’optimisme hors les murs : la victoire de Macron contient une leçon fondamentale ; on peut tenir un discours diversifié et vaincre ».

 

Allons, malgré tout, è ancora bella la vita !…

Manu, tu déconnes

Ecrit par Lilou le 13 mai 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Manu, tu déconnes

Pas compris mon cher Manu ce que tu mijotes avec ton pas de deux visant avant tout à prendre la tangente parce que le combat à mener te semble aujourd’hui devenu hors de portée. Tu serais vexé, rancunier façon revanchard, que ça m’étonnerait pas. C’est quoi cette idée de déserter la place quand ça va devenir intéressant ?

Tu sais que je me suis fait couper en deux et parfois en quatre pour te défendre quand pieds et poings liés dans la genèse d’une sociale démocratie à moderniser, d’autres égos te contestaient le droit de le faire ? Tu sais aussi que j’ai juré par avance (en disant « croix de bois croix de fer » en plus) que jamais tu n’abandonnerais ce combat-là. Je m’imaginais qu’un jour tu marcherais sur Solferino assis sur ton cheval blanc et que dans les intervalles je serais devenu ton chambellan et que je me serais occupé de tes photocopies, de 3 lignes et demi de discours et aussi de porter tes flingues de concours.

Bref, mon Manu le Catalan, parce que j’aimais l’idée à ce qu’on ferraille ensemble dans la mitraille d’une certaine idée de la gauche à reconstruire et que là tu te barres avant le chant du coq, je n’irai donc pas par 4 chemins. En partant du PS et refusant ainsi le combat âpre qu’aurait été un congrès de la refondation (avec baffes en guise de viennoiseries et mêlées relevées dès les premières prises de parole), tu déçois mon cœur qui imaginait que le vent viendrait de ton histoire d’homme debout pouvant refaire à défaut de Jarnac un coup d’Epinay !

Le vent ne viendra pas. En alimentant savamment ton investiture auprès de La République en Marche, tu fais en sorte de te faire virer du PS. Ils te vireront comme d’autres se libèrent d’une excroissance au milieu du visage et qui sur les photos de famille fait tache. Tu me fais penser à cet époux volage qui laisse traîner un zeste de parfum sur sa veste parce qu’il n’a pas le courage d’affirmer que 2+2 ne font plus 4 et qu’assumant sa lâcheté, il se rêve davantage dans les bras du martyr de la cause matrimoniale que dans celle de la vérité assumée. Ils te vireront, j’espère que tu n’en doutes pas.

Tu sais je suis allé au meeting de Benoît qui m’a dit entre les lignes de voter pour lui parce que l’histoire de la gauche était belle et que j’en étais devenu un obligé, pour ne pas dire un prisonnier. J’ai compris à ce moment-là que je ne voterai pas pour un parti ne regardant de son futur que les racines de ses plus beaux arbres. Il m’a semblé que dans l’esprit que j’avais pu voir de près pendant tes Primaires à Tournefeuille (31170), résidait la force de poursuivre l’aventure de la sociale démocratie solidement scellée et animée par la volonté farouche de l’adapter au monde dans lequel nous filons à la vitesse de la jeunesse flamboyante et culotée qui, elle, sait comment aller d’un point A à un point B sans passer par les autorisations bridant les émancipations. Bref mon Manu, je ne comprends pas où tu veux en venir à donner le sentiment que tu pars frayer avec les truites voisines parce que les saumons ne sont plus à ton goût. Il me semblait que dans ton attitude à venir, tu resterais le Danton jusqu’au-boutiste qui, les défaites et branlées consommées, deviendrait cet homme que célèbre si justement Rudyard Kipling.

Quoi qu’il en soit… quand même…

Ecrit par Martine L. Petauton le 29 avril 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Quoi qu’il en soit… quand même…

Ce qu’on aurait (ne disons pas rêvé) préféré, nous, gens de Gauche de très vieil itinéraire, ayant depuis si longtemps quitté les rives affriolantes des Gauches radicalisées, pour poser nos valises en civilisation rassurante des sociales démocraties des possibles… ce qu’on aurait quand même pu vouloir se présenter au soir du 23, c’est sans doute, dans le marigot, voir surnager un peu de nous. Une Gauche encore visible, une ou deux branches ici et là, reconnaissables, pimentées d’un reste de solidarités, d’une effluve d’égalité, du « tous », à peine, du collectif – encore un peu. Bref, loin, même en tendant l’oreille, comme à bouche fermée, le refrain du « Temps des cerises »…

Or… Ni Hamon ayant si maladroitement relevé le drapeau du PS à terre, ayant ignoré l’impératif du rassemblement de la « famille », préférant s’agenouiller aux pieds de la « France insoumise », en un étrange retournement de l’Histoire de ces dernières décennies où c’étaient des fourches caudines socialistes dont devait s’accommoder un PC en dérive. Ni Mélenchon en gloire de protestataire, seul mot porteur de la campagne, s’éloignant à grands coups d’ailes de son bastion originel, à grands coups de menton, même, au dire de certains, loin de la gauche en général… ni celui-ci, ni celui-là n’ont incarné de façon satisfaisante la Gauche, celle fixée telle huitre sur les parcs de  Thau, en nos mémoires, pas moins  en  nos imaginaires. Le ni-ni, avant que d’être pour certains encolérés, le nez sur leur pauvre guidon, dans l’acte du 7, est incontestablement dans le tableau du 23 au soir. De Gauche – tous ingrédients rassemblés – il n’y aura pas dans les urnes du 7 ; et que ceux – regards apeurés – qui disent n’avoir rien vu venir, aillent… au diable finalement.

Alors… le raisonnable et rien d’autre, toque à notre huis, même si ce mot n'est pas si fréquent dans certains dicos de camarades. Même. Cela n’aura échappé à personne – quoique le Jean-Luc, à l’heure où j’écris, on se demande...  le 7 mai, c’est la veille du 8 Mai, qui, en France et partout en Europe, sonne le moment de toutes les résistances et de fait, de tous les humanismes, s'il le faut, accommodés à toutes les sauces. Donc, l’Histoire commande, et la nôtre à gauche, encore davantage.

Pas une voix, c’est évident, ne doit manquer à ce « piccolo principe », dont la personne, l’itinéraire, le programme et les engagements n’ont rien à voir avec l’« autre ». Rien, même si le flou, le sinueux, l’aventureux et pas mal de fenêtres encore bien peu ouvertes sur la netteté du réel de demain, peuvent légitimement encombrer nos positionnements dans cet entre-deux-tours. Même si notre bulletin de dimanche en huit, portera de nombreux points d'interrogation ; ponctuation, si l'on réfléchit bien, inhérente à tout acte démocratique fort.

Nous allons donc voter, contre l’autre mais aussi pour demain, donc, se proposer d’être un peuple de vigies des plus exigeantes face au vainqueur probable et hautement souhaitable qui s’annonce. A Droite, et à Gauche, dit-il. Ouvrons, donc, gens de gauche « traditionnelle », notre livre de comptes. Les contrats, les engagements nous attendent… et pas moins les débats.

En marche, en attendant, vers le vote du 7. Cela n’échappe à personne que l’écart sera un critère de la plus haute importance, et que nous, gens de gauche, avons l’habitude – et le sérieux – de pratiquer une citoyenneté d’honneur.

Vu de l’étranger

Ecrit par Jean-François Vincent le 29 avril 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Vu de l’étranger

J’ai consulté la presse européenne (du moins dans les limites de mes compétences linguistiques) pour rendre compte de la perception du premier tour dans les différents pays.

Remarque préliminaire : l’élection française a passionné l’Europe. En Belgique, la RTBF (télévision francophone) y a même consacré toute une soirée électorale.

Trois types de réaction : l’espoir, la stupeur et la perplexité.

 

L’espoir

La Stampa clame : « Emmanuel Macron a sauvé l’honneur de la France ! ».

Die Zeit, moins lyrique, confirme : « Macron donne confiance à l’Allemagne, les hommes politiques allemands congratulent le pro-européen ».

The Guardian encourage : « une victoire pour Macron et pour l’espoir. Maintenant la France doit finir le boulot, dans deux semaines, en élisant M. Macron ».

 

La stupeur

Le Soir titre : « La gifle ! Une gifle retentissante pour tout l’establishment politique ».

De Telegraaf n’est pas en reste : « cela signifie un tremblement de terre dans la politique française. C’est la première fois depuis près de 70 ans qu’il n’y a pas, au second tour, de candidat des partis ayant pignon sur rue, LR et PS ».

Idem pour le Corriere della Sera : « pour la première fois depuis qu’existe l’élection directe du président, la droite républicaine n’est pas présente au second tour ».

« Une page est tournée dans la vie politique française » déplore le quotidien flamand De Standaard.

The Daily Telegraph parlant lui de la « rebuffade donnée par Emmanuel Macron et Marine Le Pen à la classe politique ».

 

La perplexité

Elle domine.

La Neue Zürcher Zeitung évoque très métaphoriquement « Le gentil et la bête » : « l’élection présidentielle se transforme en plébiscite sur l’Union Européenne. Au second tour, s’opposent la furieuse adversaire de l’UE, Marine Le Pen et le défenseur de l’Europe, Emmanuel Macron ».

La Süddeutsche Zeitung s’interroge : « la France a le choix entre l’optimisme et la rage. Elle doit choisir entre l’ouverture au monde et la fermeture ».

 

Bref, malgré un soulagement certain, La France inquiète. Moins d’ailleurs en raison de la montée évidente de la xénophobie, que par l’éventualité d’un « frexit ». Après tout, en ajoutant Dupont-Aignan, il n’y a pas loin de 45% des votants hostiles à l’Europe. Le frexit signifierait, en effet, la mort de l’UE.

Mais heureusement, nous n’en sommes pas là…

La victoire en déchantant

Ecrit par Jean-François Vincent le 29 avril 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

La victoire en déchantant

Soulagement et amertume

Soulagement, car la France n’a pas – encore ? – basculé. Ni dans la xénophobie, ni dans l’europhobie. Les pro-européens humanistes ont sauvé la mise. Marine Le Pen déçoit par son score les espoirs que lui promettaient les sondages et Mélenchon n’est pas au second tour… youpi !

Mais amertume. Le « vainqueur » cache mal sa vacuité interne sous les paillettes du show qui lui tient lieu de programme. Ce candidat attrape-tout – moi compris – doit son succès, non à l’adhésion, mais à la peur : la peur du pire. Il sert de dénominateur commun, petit, si petit, à la kyrielle – hétéroclite et hétérogène – de tous ceux qui ne voulaient ni du néo-fascisme tranquille et faussement apaisé, ni du néo-marxisme pseudo-bolivarien.

Sa volonté de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions aboutira à des triangulaires, voire à des quadrangulaires, lourdes de menaces. Rien n’est plus favorable au FN que ces matches à trois ou à quatre. Le résultat ? Une majorité étriquée, voire pas de majorité du tout. La IVème ressuscitée… hourra !

Un pronostic : l’état de grâce – si tant est qu’il y en ait un – sera court.

L’IFRI présente « L’agenda en politique étrangère du nouveau président »

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 avril 2017. dans Monde, La une, Politique, Actualité

L’IFRI présente « L’agenda en politique étrangère du nouveau président »

… Le huitième de la Vème république, celui – ou celle – qu’on élira le 7 Mai.

Il ne s’agit pas d’une comparaison des programmes en politique étrangère, même si, à la fin de chacun des 15 articles de cette somme de travail d’analyses, un tableau synoptique présente fort utilement les propositions des grands candidats. Il s’agit des thèmes qui seront ceux auxquels le nouveau président sera confronté dès son élection. A la fois, donc, des analyses et pistes destinées aux candidats eux-mêmes et bien autant à la réflexion de nous tous, lecteurs-électeurs.

Cet important travail que présente l’IFRI rassemble 15 articles courts et pas moins de 21 rédacteurs, sous la houlette du directeur de l’Institut, Thomas Gomart, et de Marc Hecker, dirigeant les publications de l’IFRI et rédacteur en chef de la revue de Politique Étrangère, dont nous sommes devenus familiers à Reflets du temps.

Impossible de recenser – vraiment – chacun des 15 articles, tous fondamentaux. J’ai pris le parti d’en extraire quelques éléments phares, à tout le moins, d’en éclairer le titre en forme de problématique parlante. Saluant chacun des chercheurs spécialistes qui ont dégagé la substantifique moelle de leur sujet, tous de façon pédagogique et remarquable ; me sera-t-il pardonné de n’en citer, pour cause de place, aucun de leurs noms !

L’introduction cible l’importance en politique étrangère, du Président, et depuis le passage au quinquennat en 2002, l’accentuation de la rupture Gaullo-Mittérandienne.

« La – future – politique étrangère sera entravée par la dette » à hauteur de 32000 Euros / Français de dette, d’où un incontournable : la baisse des dépenses publiques.

Au-delà des « postures », « comment défendre les intérêts de la France commercialement ? » sachant que le débat actuel tourne autour d’un retour à un protectionnisme français, et qu’il faudrait chercher à influencer des réponses européennes aux défis de l’heure.

Point central, celui de « l’énergie et du climat, des enjeux de la transition énergétique »,une des réussites du quinquennat sortant, dont la progressive sortie du plein nucléaire reste à aménager.

5 défis pour la présidence à venir, autour – évidemment – du « terrorisme ». Connaître la source à travers la zone syro-irakienne ; cibler le problème des « revenants » et trouver la juste place et forme de la déradicalisation. Avoir en mire la réactivation des réseaux anciens, et « faire fonctionner » le fichier mis en place depuis 2015 des 12 à 16000 personnes susceptibles de passer directement à l’acte, de même que les « frappes obliques » venues de ressortissants étrangers.

La « défense » pourrait bien être à un « moment de vérité » dans le prochain quinquennat, avec une réaffirmation de l’objectif de l’autonomie stratégique, ce qui souligne le besoin de crédits et moyens insuffisants pour le moment.

Un article très actuel sur la « maîtrise du numérique en stratégie » apporte un utile éclairage sur la course aux cyberarmements, dont la Russie, s’est fait – on sait - une spécialité.

L’article sur « reformuler le défi migratoire » est – forcément – attendu, de même, pour le coup, que le tableau synoptique des programmes des candidats. Débats qui tournent depuis la fin des années 80 autour des notions de nationalité, régularisations, immigration choisie et/ou subie. Mais, l’été 2015 et la crise des migrants, la catégorie aussi de réfugié s’invitant dans les débats, a coloré différemment la campagne. Nécessité d’un traitement de ces sujets à l’échelle européenne, mais force est de constater que des approches irréconciliables, apparemment, se sont installées entre états européens ; Allemagne, par exemple, et Hongrie. Plusieurs articles éclairent les problématiques propres à nos relations à venir avec des États ou groupes d’états.

Que faire avec la Russie ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 avril 2017. dans Monde, La une, Politique

Revue de Politique étrangère de l’IFRI

Que faire avec la Russie ?

Dossier « Contre champ » de la revue Politique Etrangère, printemps 2017, une réflexion de toute première urgence : la Russie. Omniprésente dans notre actualité, encore cette semaine passée avec les évènements de Syrie. Omniprésente dans la géopolitique de notre quotidien, et forcément alimentant peurs et fantasmes à moins qu’enthousiasmes bruyants :« Le grand méchant loup est de retour. Et il est russe… La Russie serait au mieux imprévisible. Vladimir Poutine serait le nouveau maître du monde… ».

Deux articles charpentés essaient avec maestria l’un comme l’autre d’éclairer nos lanternes sur « nous et la Russie ». Les titres posent des nuanciers différents entre « vivre avec la Russie » et « faire face à la Russie ». Aucun propos simpliste, ni caricatural dans ces analyses de l’Occident face à la Russie, notamment l’UE ; derrière, les USA.

Dominique David (Vivre avec la Russie) tisse son analyse autour de deux idées force : « La Russie puise sa force dans les erreurs et les illusions de l’Occident de l’après guerre froide » mais  « ni leader, ni modèle, elle a besoin des nations occidentales ». Nous recevons de l’immense voisin des reflets manquant d’objectivité que nous lisons à l’ombre de pré-acquis historiques, de réflexes et de crispations idéologiques, nous empêchant de « mesurer ce qui fait la force et la faiblesse russe aujourd’hui ». Les signes de bonne volonté de Poutine vis-à-vis de l’Occident, Amérique comprise, sont listés, depuis 2011, de même que leur échec. D. David éclaire en l’Occident ce « remplacement d’une société de stratégies par une communauté internationale des valeurs, et l’alignement universel sur les principes formels de la démocratie ».Ce qui fait sens au regard de l’Histoire récente. Géopolitiquement parlant, l’accent est mis sur les changements qui s’ordonnent sur l’échiquier international ; fin des puissances intégrales ; multiplicité des puissances limitées (et mouvantes, peut-on ajouter) à la tête desquelles veut se positionner la Russie. Laquelle « dans l’air du temps » a su développer des langages d’« obsessions dominantes » tel « l’anti-islamisme virulent, le conservatisme des valeurs d’État, l’autorité martiale et la fermeture pour se préserver de l’autre… ».Pays qui a « les faiblesses d’une force », décline l’article : un camp du refus contre l’OTAN, y compris à l’ONU, immensité, richesses énergétiques, balancier Europe-Asie. Faiblesses en terme d’une économie qui a pâti de la chute des cours en énergie, de l’évasion financière, d’un secteur productif et d’infrastructures sacrifiées, d’une « puissance militaire » qu’il faut nuancer, si ce n’est que l’image supposée menaçante de cette force reste un atout.

Comment du coup départager ce qui doit exister et être pesé entre « l’intérêt russe et notre intérêt » ; partout la Russie existe et « marginaliser, refouler cet acteur serait dangereux ; l’inclusion étant le but d’une stratégie pacifique ». Négocier, donc, en Ukraine (lever à terme les sanctions), négocier sur le Levant, négocier l’ordre de sécurité européen… Coexister avec un régime qui ne nous agrée pas. Entre autres… dit D. David.

Thorniké Gordadzé, qui fut ministre d’état en Géorgie (Faire face à la Russie), insiste sur le rôle de diviseur des Occidentaux de Poutine, tant en géopolitique pure, qu’en soutien par exemple des populismes européens à l’intérieur des états. Analyse précise est faite du système Poutine, « un régime qui se caractérise par l’accaparement du pouvoir politique et économique par les acteurs venant des services de sécurité, la suppression des contre pouvoirs, médiatiques, comme opposition politique… Ces services s’auto investissant d’une mission quasi métaphysique de sauvegarde d’une patrie en constant danger ». Accent mis, chiffres à l’appui, sur la considérable baisse du niveau de vie d’une grande partie de la population – 16% vivent au-dessous du seuil de pauvreté. La Russie n’a donc pas les moyens de ses ambitions géopolitiques, essentiellement redevenir une très grande sur l’échiquier, via l’image martiale de son versus militaire. Elle se veut « un modèle alternatif à celui de la démocratie libérale occidentale », ce qui est plus difficile qu’au temps de l’URSS. Aussi, elle contourne ces réalités en s’attaquant – Wikileaks, et les réseaux sociaux – aux tares supposées du « modèle » occidental. Et échafaude un projet de sociétés conservatrices aux valeurs chrétiennes et familiales.

Sortir de l’Égypte des asservis et de l’Égypte des oppresseurs

Ecrit par JCall le 15 avril 2017. dans Monde, La une, Politique

Sortir de l’Égypte des asservis et de l’Égypte des oppresseurs

Chaque année, le soir du Seder de Pessah (la Pâque juive) commence par les quatre questions posées, généralement par des enfants, pour demander en quoi cette nuit est différente des autres nuits. En rappelant ainsi la singularité de cette fête qui commémore, à travers la Haggadah qui en est le récit, la sortie de l’esclavage et la naissance d’un peuple libre, ces questions confrontent ainsi chacun d’entre nous au sens du mot liberté. Il ne suffit pas de quitter l’esclavage pour devenir libre. C’est d’ailleurs pourquoi, selon le récit, les Hébreux ont dû rester 40 ans dans le désert avant de pouvoir entrer en « Terre promise », le temps de perdre cette mentalité de soumission et de recevoir et s’approprier la Loi, car sans loi il n’y a pas de liberté.

Ce renouvellement de la question confronte ainsi, génération après génération, chacun à son identité individuelle et collective qui est construite autour d’un texte et de ses commandements qui sont à l’origine d’une éthique. Rappelons qu’il est écrit 34 fois dans la Torah : « Vous aimerez l’étranger, vous qui fûtes étrangers dans le pays d’Egypte » (Deutéronome 10-19).

Il est bon de rappeler ce principe moral, à une époque où tant de personnes et de pays choisissent de fermer la porte aux étrangers et aux réfugiés.

Mais cette année la soirée du Seder aura un sens particulier. En effet, 2017 marque le cinquantième anniversaire de la guerre des Six jours qui fut – certes ne l’oublions pas – une guerre de défense pour Israël, mais qui fut aussi le début de l’occupation des territoires palestiniens, une occupation dont on ne voit pas la fin. Or, selon la tradition juive, la cinquantième année est celle de la liberté. Il est écrit en effet dans le Lévitique (25-8 : 13) : « Sanctifie la cinquantième année, et proclame la liberté d’un bout à l’autre du pays pour tous ses habitants. Ce sera celle du Jubilé pour vous ». N’est-il pas temps de mettre fin à cette situation, et qu’advienne pour ces deux peuples le temps de la liberté et de la paix ?

Pour marquer cette date, une Haggadah spéciale a été rédigée. Au texte traditionnel ont été ajoutés des textes écrits par des personnalités juives, essentiellement israéliennes et américaines, exprimant la contradiction morale existant entre cette fête, symbolisant la libération du peuple juif, et la domination par Israël d’un autre peuple privé de ses droits nationaux.

Vous pouvez vous procurer cette Haggadah éditée par Tomer Persico et illustrée par Michal Sahar, une célèbre graphiste israélienne, dans sa version anglaise en vous connectant sur http://nif.org/sisohaggadah

et, pour les hébraïsants, dans sa version en hébreu sur :

https://www.siso.org.il/sisohaggadah

Cette semaine de Pessah, seront organisées dans beaucoup de villes en Israël et en diaspora des soirées où seront lus des extraits de cette Haggadah. JCall s’est associé à l’organisation de ces soirées, ouvertes en priorité aux adhérents membres de notre association qui ont tous été prévenus en temps voulu pour s’y inscrire. Ce sera le cas à Paris le 11 avril, et à Genève le 12 avril.

Nous avons choisi deux extraits, parmi les textes rédigés spécialement pour cette Haggadah du Jubilé.

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