Politique

Une lecture de la crise

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 02 septembre 2011. dans Monde, La une, France, Politique

Une lecture de la crise

On se rappelle que la Crise actuelle fut d’abord financière, en tout cas pour ses origines (2007-2008). En effet, c’est bien la « sphère financière » – appelée par certains économistes le « Cinquième pouvoir » (devenu dominant), à côté de l’exécutif, du législatif, du judiciaire et du médiatique – qui s’effondra en premier. Et ce, d’abord avec Lehmann Brothers, banque américaine d’investissement multinationale (septembre 2008). Mais, il y avait longtemps qu’une déconnexion totale s’était produite entre la sphère financière fondée sur des éléments virtuels rapportant – à certains – de méga-profits, et « l’économie réelle ».

Comme en 1929 – mais d’une manière différente –, on assista aussi à une crise du crédit. Qu’on se souvienne des « subprimes », aux Etats-Unis, lorsque les milieux financiers poussèrent – bien avant 2007-2008 – de nombreuses personnes d’origine assez populaire à s’endetter, afin de devenir propriétaires d’une maison (à l’époque de l’administration Bush fils). Qu’on se souvienne aussi – en lien avec ce qui précède – de la mise en place sur le « marché », par ces mêmes milieux financiers, de titres de dettes (« titrisation ») complètement fous. Bientôt, on s’aperçut que de nombreuses banques – notamment – détenaient des « actifs pourris », dont elles ne purent arriver à se débarrasser.

Billet du jour : Tout est bien qui finit bien ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 26 août 2011. dans La une, France, Politique

Billet du jour : Tout est bien qui finit bien ?



Le non-lieu qui vient de clore le volet pénal de l’affaire DSK/Diallo montre que tout résidait – et réside encore – dans l’élément psychologique : c’est de l’absence de consentement que résulte, en droit, le crime ; c’est donc la parole de l’accusatrice contre celle de l’accusé… Question de crédibilité ! Si DSK a gagné judiciairement, c’est moins parce qu’on l’a cru, lui, que parce que Nafissatou Diallo s’est décrédibilisée à force de mentir… L’issue du procès dépendait de la confiance que le parquet accordait ou non aux dires des deux parties. Confiance, crédibilité, DSK n’en a pas fini avec ces vertus  cardinales : il n’a pas vraiment convaincu, il a vaincu par défaut, par le défaut de son adversaire. Il doit encore reconquérir  le crédit qu’il a perdu dans l’opinion. Le sérieux du professeur agrégé d’économie politique n’est pas en cause : c’est de l’homme qu’on a douté, de sa capacité à réagir avec sang-froid aux situations imprévues, de son aptitude à rester maître de ses passions et de ses pulsions, à ne pas laisser ses émotions obscurcir sa faculté de juger.

Un régime vieux, tremblant et à la voix éteinte

Ecrit par Kamel Daoud le 26 août 2011. dans Monde, La une, Politique

Un régime vieux, tremblant et à la voix éteinte

« Le patron, c'est lui, pas moi» a dit un jour, en substance, le ministre algérien des Affaires étrangères sur le plateau d'une chaîne TV française. Il parlait de Abdelaziz Bouteflika et du vrai centre de décision pour notre politique des AE. « Lui », c'est donc aussi un super ministre et un Président mais aussi des humeurs, des nostalgies, des anciennes amitiés, des rancunes d'autrefois, des calculs de mémoire et des souvenirs tenaces. C'est par ce registre qu'il faut s'expliquer la politique des AE algériennes et sa lente décadence vers l'incohérence. Le centre de décision est flou et n'obéit pas à une vision du monde, d'intérêts nationaux et d'ambitions collectives. Il obéit à une subjectivité. C'est ce qui peut expliquer pourquoi nous sommes passés d'acteurs valables sur la scène internationale et régionale, à la nationalité de lointains habitants de l'antarctique. La révolution libyenne est en train de devenir une honte nationale pour nous. Le drapeau de la nouvelle Libye flotte déjà à Alger alors que le régime national ne reconnaît pas encore le CNT. Pire encore, l'ambassade algérienne a été attaquée à Tripoli et vidée, annonçant déjà ce que seront les relations entre l'Algérie officielle et le nouveau voisin. Medelci, dans le cadre de la doctrine de l'autruche, a même eu ce geste comique de demander la protection de l'ONU.

DSK hors-jeu. Mais alors qui d'autre ?

Ecrit par Eric Eymard le 26 août 2011. dans La une, France, Politique

DSK hors-jeu. Mais alors qui d'autre ?

Il faisait beau. Un soleil rasant et matinal avait envahi la surface de l'île arctique de ses rayons tièdes et aveuglants. Ce jour-là, j'en profitais pour regarder paisiblement la rue déserte qui borde le jardin de notre maison Islandaise en sirotant mon café. Deux chats s'observaient silencieusement, tels deux amants dénudés espérant que l'autre se déclare enfin. Deux corps souples et poilus enfouis dans les hautes herbes et miaulant de désir. "Il va me falloir le tondre ce gazon !" m'étais-je dit en attendant que l'une des bestioles se décidât à grimper sur son congénère. Loin du monde, de ses turbulences et de ses clameurs, je laissais quelques vagues et érotiques pensées vagabonder à travers les volutes caféinées, tout en scrutant oisivement le spectacle des matous hésitants.

Lorsque soudain, la sonnerie du téléphone me fit sursauter. Tandis que les deux félins entamaient leurs ébats, l'arpège lancinant me rappelait à la réalité.

Un proche nous apprenait la triste et surprenante nouvelle : Dangerous Sexual Killer (tel qu'il eut pu être surnommé par la presse américaine, qui n'a cessé d'en rajouter) venait d'être appréhendé par la police de New-York. Diantre ! Murmurai-je l'esprit alerte et le verbe à-propos.

Les réformes par le sosie de Boudghène

Ecrit par Kamel Daoud le 19 août 2011. dans Monde, La une, Politique

Les réformes par le sosie de Boudghène

Profitant un peu que le vent souffle vers l'Est et le Moyen-Orient, l'Algérie a finement et avec ruse glissé hors du monde arabe auquel l'idéologie angoissée des pères fondateurs nous rattachait de force, et hors du Maghreb qui n'a jamais existé. Où se trouve l'Algérie actuellement ? Un peu au nord-sud ouest du Japon. C'est-à-dire loin de la Tunisie, se souvenant à peine de l'Egypte ou de la Libye. Le pays est donc assis dans un bus où se passent des révolutions, mais se comporte comme s'il était assis dans un taxi à Venise. Notre diplomatie est celle neutre de l'antarctique, nos réformes sont de la coiffure et le Pouvoir le sait. Chaque matin, il se lève, ouvre la fenêtre, appuie l'oreille sur le trottoir, n'entend rien de menaçant et se relève confiant.

Confiant dans son étoile, il referme la fenêtre, arrange le rideau puis s'appelle sur son premier « Comment-va tu ? »« Je vais bien », se dit-il. « On réforme un peu ? », lance-t-il à son oreille gauche. « Oui, mais pas trop longtemps, j'ai affaire », dit sa lèvre haute à son oreille droite. Du coup, le Pouvoir s'y met. Pour la forme, il envoie des lettres d'invitation au dialogue, mais avec de fausses dates, aux partis d'opposition. « Cher parti d'opposition, j'ai l'honneur de vous inviter à ».

Billet fou. Hors du charnier réalité

Ecrit par Luce Caggini le 15 août 2011. dans La une, Politique, Société

Billet fou. Hors du charnier réalité

Méga atterrissage après trois jours de planeur, pareil à un oiseau de rêve ralenti par la moiteur d’ un pari sans espérance de paix sur la terre humaine regardée depuis la médiévale navette Atlantis. Une parcelle d’envoûtement va en droite ligne manipuler le mot douceur de vivre en venin de combats de rues de Londres à Rome en passant par la Syrie.

Sans laisser les deux bouts de la terre mourir et sans les désunir, laissons réaliser aux deux mega puissances d’un beau continent perdu la vertu d’une « Passion selon Saint Mathieu » de Hilarion Alfeyev,


http://www.youtube.com/watch?v=bsUbmCoMP1Y&feature=related


dirigé par le chef d’orchestre Vladimir Fedoseyev Maitre de chœurs Alexei Puzakov enregistré le 27 Mars 2007 at the Great Hall of Moscow Conservatory.

Corne de l'Afrique : urgence planétaire !

Ecrit par La Rédaction le 12 août 2011. dans Monde, La une, Politique

Corne de l'Afrique : urgence planétaire !

Devant l’effroyable indifférence du monde et des pays africains eux-mêmes, une tragédie planétaire se joue dans la corne de l’Afrique. Ce n’est pas nouveau, sécheresses, famines, épidémies frappent cette région depuis plus d’un demi-siècle. Mais La région est touchée par une famine d'une ampleur inégalée depuis des décennies. En cause, une sécheresse exceptionnelle, jamais vue depuis 60 ans. Au total, dans la Corne de l'Afrique, l'ONU estime à quelque 12 millions le nombre de personnes frappées par la sécheresse. En Somalie, 30 000 enfants sont morts ces trois derniers mois, pendant que les islamistes Al-Shebab, avatar local d'Al-Qaida, interdisent l'accès du territoire qu'ils contrôlent aux ONG et à l'aide du Programme Alimentaire Mondial. A Mogadiscio, champ de bataille à l'arme lourde entre factions gouvernementales et islamistes, les stocks de vivres sont pillés par des bandes armées de l'un ou l'autre bord. On sait que la famine organisée est employée comme une arme de guerre, à l'instar de ce qui s'est passé en Ethiopie dans les années 80, avec pour résultat de précipiter 1 million de malheureux dans la mort.

Nous diffusons ici, évidemment, l’appel du collectif Diaspora/Afrique qui  interpelle les membres de la diaspora africaine et les Etats du continent noir en les exhortant à reprendre l'initiative, à refuser la fatalité.

La réforme des cheveux à l'heure d'été

Ecrit par Kamel Daoud le 12 août 2011. dans Monde, La une, Politique

La réforme des cheveux à l'heure d'été

Mais où sont passées les réformes algériennes ? Dans le sac où le coiffeur ramasse, à la fin de la journée, les cheveux de ses clients. On n'en parle plus. Le vent est passé et il y a une vie après la mort des martyrs. Du coup, la routine reprend : Belkhadem rêve d'être Président, Ouyahia lui répond, Tewfik ne dit rien et Bouteflika regarde son frère qui le regarde. La dynamique musculaire du pays est assurée par le cycle contradiction-décontraction entre police et émeutiers. Des chiffres sont lancés en l'air : un million de logements, quatre milliards d'emplois créés, deux cent mille km d'autoroutes. Dans le tas, un seul chiffre émerge : il est vrai, il est prononcé par l'Occident, il est vérifiable par le ventre et les yeux, il est unique et sincère : celui des importations algériennes qui ont augmenté cette année. On mange plus, on achète plus, on paye plus et avec plus de blé à l'achat. Cela corrige un peu les rusés petits mensonges de nos ministres qui parlent d'exportations d'orge, de super récoltes, de réduction de facture extérieure et de crédoc pour mieux contrôler les dépenses et la fuite de notre argent national. Les Algériens, et selon des chiffres officiels, ont importé monstrueusement trois produis : le lait, en tête, de la semoule et de la viande. Le chiffre d'un peuple qui mange est donc la principale révélation de l'année : les Algériens sont des obèses vu du point de vue des statistiques fixes.

Au-delà de l'innocence ...

Ecrit par Jean-François Vincent le 12 août 2011. dans Monde, La une, France, Politique

Au-delà de l'innocence ...


Plantu a parfois le trait féroce, mais il exprime souvent le sentiment d’un grand nombre. Dans le Monde daté du 10 août, il représente Nafissatou Diallo trainant un aspirateur en forme de caméra et aspirant l’imperméable d’exhibitionniste - style pervers pépère ! - de DSK, d’où s’échappent billets de banque, lingerie fine, et préservatif ! D’un côté, la pompe à fric manipulatrice, de l’autre le fétichiste vicelard…Ce que dit ce dessin, c’est que, quelle que soit l’issue des procès en cours, l’image de l’homme est atteinte. Certes, en France, on ferme les yeux sur la vie privée des politiques : tout au plus s’amuse-t-on d’un Félix Faure succombant, en pleins ébats, dans ses appartements  privés de l’Elysée, ou bien encore des frasques d’un Giscard, éméché après une nuit d’ivresse, défonçant un camion laitier au petit matin ; pour ne rien dire du donjuanisme d’un Chirac draguant, malgré son grand âge, une élue socialiste sous les yeux blasés et pourtant courroucés de Bernadette…

Trop tard pour avoir un pays à soi

Ecrit par Kamel Daoud le 04 août 2011. dans Monde, La une, Politique

Trop tard pour avoir un pays à soi


La question traverse chaque Algérien comme un fleuve incapable d’être tranquille : l’Algérie est-elle réparable ? Y aura-t-il un moment de son histoire où le pays va, enfin, devenir un pays et pas seulement un pays par défaut ? Et là, les Algériens ont chacun une réponse qui vaut ce que vaut la suivante.

Pour certains, l’Algérie sera réparable à partir du moment exact de la mort du dernier Algérien qui aura participé à la guerre de Libération et qui aura vécu assez longtemps, par la suite, pour la vider de son sens. Le lit de mort de ce bonhomme sera le lit d’accouchement de la vraie Algérie.

Le mal du pays venant d’une génération, la solution ne peut être que biologique, celle de la péremption. Il faut donc attendre, ce que certains ne peuvent pas faire pour raison de durée de vie trop courte : harraga, exilés légaux, mystiques internes, chiites dandy, opposants fiévreux.

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