Politique

Avant le Déluge (12) Watabout Norman ?

Ecrit par Non Solum Sed Etiam le 27 juin 2011. dans Monde, La une, France, Politique

Avant le Déluge (12) Watabout Norman ?


Juste une nouvelle, passée quasi inaperçue dans nos médias, pourtant friands du sujet.

Norman Siegel, un des piliers de la défense de Nafissatou Diallo, a confirmé jeudi qu’il ne faisait plus partie de l’équipe d’avocats chargée de représenter la victime présumée de DSK. Il n’a pas souhaité donner les raisons du revirement. « Je ne représente plus cette femme, a-t-il simplement dit par téléphone. C’est tout ce que je dirai pour l’instant. »

Siegel est une star du barreau new-yorkais et défenseur de renom des droits civiques à New York. Le New-yorkais a fondé et dirigé de 1985 à 2000 la section new-yorkaise de la redoutable association de défense des libertés civiles, la ACLU. En 2009, il avait concouru à l’élection de « Public Advocate » de la ville de New York, sorte de médiateur entre la Ville et les citoyens. Il voulait faire de la lutte contre le « racisme institutionnel » son cheval de bataille. Proche de la communauté guinéenne, il fait notamment partie de la Fondation Amadou Diallo, un jeune Guinéen abattu de 17 balles par quatre policiers blancs à New York en février 1999.

"Billet du jour" : Le deuxième Vietnam

Ecrit par Jean-François Vincent le 24 juin 2011. dans Monde, La une, Politique


Vous avez aimé le départ acrobatique, en hélicoptère, des derniers américains de Saïgon ? Vous allez adorer leur fuite hors de Kaboul … La décision de Barack Obama – immédiatement suivie par celle de Sarkozy  - de se retirer d’Afghanistan, préfigure un scénario à la vietnamienne : Richard Nixon, en son temps, n’avait-il pas parlé d’une « vietnamisation » de la guerre ? Avec les résultats que l’on sait : écroulement du régime fantoche sud-vietnamien, qui ne pouvait se maintenir en place que grâce à l’armée américaine, et avènement du communisme dans toute l’ex-Indochine. Les mêmes causes ne manqueront pas de produire les mêmes effets : Hamid Karzai, le proconsul installé par Washington dont le pouvoir se limite peu ou prou à la capitale, repartira dans les fourgons de l’US army ou subira un sort moins enviable s’il décide malgré tout de rester, pour assister, tel le commandant du Titanic, au naufrage de son gouvernement.

Cette défaite militaire et politique, qui, pour les Etats-Unis, sera la deuxième de leur histoire, ne manquera pas de causer la même blessure narcissique, la même flétrissure d’amour propre, le même impossible travail de deuil d’une supériorité qui n’est plus, et dont les superproductions hollywoodiennes (Rambo) ne furent que l’affligeant symptôme.

Un Algérien s'immole, le désert s'agrandit

Ecrit par Kamel Daoud le 24 juin 2011. dans Monde, La une, Politique

Un Algérien s'immole, le désert s'agrandit

C'est un jeune marchand de fruits et légumes. Il fait chaud et il fait pauvre. Un policier s'amène et gifle sa charrette en humiliant le vendeur. Le jeune s'en va puis revient avec un bidon d'essence et s'immole. Il est transporté à l'hôpital où il meurt. Cela vous rappelle l'histoire de Bouazizi le Tunisien, sauf qu'il s'appelle Yachir Boumediène et il est de Bechar, en Algérie, un pays qui n'appartient pas à son peuple. La suite ? Il ne se passe rien. Bouteflika ne prend pas l'avion en courant, l'armée n'est pas neutre, le peuple ne se dirige pas vers le Palais, personne ne dit «dégage», presque tous disent « Ah bon ? ». Il s'agit pourtant d'un vendeur de légumes, d'une charrette, d'un policier humiliant, d'un martyr et d'un bidon d'essence. Qu'est-ce qui manque à l'histoire pour qu'elle fasse l'Histoire ? Un peu le reste qui fait la différence entre marcher sur la lune et marcher sans but. En terme technique, tout le monde le dit aujourd'hui : l'Algérie est en avance de vingt ans et en retard de dix ans. Le dérèglement climatique est une vieille affaire chez nous, en terme de « printemps ». Yachir de Béchar se brûle six mois après Bouazizi. Chadli a été dégagé trente ans avant Benali. Il y a eu 500 morts en octobre 88 et 200.000 les dix ans qui ont suivi. Tout cela a été dit et analysé mais cela n'explique pas le cas de Béchar et son immolation non suivie de révolution mais seulement par une émeute.

Avant le Déluge (8)

Ecrit par Non Solum Sed Etiam le 14 juin 2011. dans La une, France, Politique, Actualité

Avant le Déluge (8)

On lit dans « Le Figaro » de samedi 11 juin (mais oui, j’ai des errances sabbatiques) « Quant à François Fillon, il  a appelé les Français à « savourer le concombre », mis hors de cause ».

Pourquoi je vous dis ça déjà ? Je ne sais plus à quoi je pensais. Au concombre ou au hors de cause. Divagations incontrôlées.

En tout cas on aimerait bien mettre hors de cause aussi quelques cornichons. C’est de la même famille de cucurbitacées. Cornichons, cucurbitacées, là encore les phonèmes des deux mots me surprennent. Il va falloir que je surveille de près mon inconscient.

Un cornichon philosophe. J’avais jamais vu. Sigmund Freud (décidément, faut que j’aille voir mon psy …), citait Heine pour définir le philosophe : « Avec ses bonnets de nuit et les loques de sa robe de chambre/Il bouche les trous de l’édifice du monde » (35ème des « Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse »). OK pour les pantoufles, OK pour le bonnet de nuit, OK pour les trous à boucher. Mais le cucurbitacée philosophe ça, ça m’en … bouche un trou. A la télé, le cornichon fait le concierge : y’a des locataires là-haut ils ont de drôles de mœurs. Petits garçons et tout. Mais je ne vous dis pas qui c’est parce que tout le monde le sait.

Les clowns tueurs d'enfants et d'évidences

Ecrit par Kamel Daoud le 10 juin 2011. dans Monde, La une, Politique

Les clowns tueurs d'enfants et d'évidences


L'esthétique des dictatures est reconnaissable par deux traits : le kitch et le grossier. En termes de canon de beauté, il est connu que les architectures des dictatures sont de mauvais goût, que leur urbanisme est triste et leurs apparats banalement plats. Les stands qui servent de parloir à Ahmedinejad sont décorés de fleurs en plastique, ses arrière-plans sont de couleurs criardes et ses palais et salles de réceptions, semblables à nos maisons de culture quand elles n'ont plus ni budgets, ni idées, ni fréquentations. D'ailleurs, c'est une loi: la dictature a cette habitude d'imposer le goût du Père du peuple à toute la nation, ses ronds-points, immeubles et édifices publics et ses choix de dentelles et de trottoirs. Les zélés de la « culture nationale » et de l'authenticité y répondent, généralement, par les affreuses statues commémoratives que nous connaissons tous, les gigantesques portraits de martyrs ou de héros, grossièrement peints sur les façades et reproduits sans élégance dans les manuels scolaires et par une collection d'hymnes, de chants et de fanfares qui provoquent d'abord l'ennui et, quelques décennies après, la révolte et la révolution. Les chanteurs des dictatures sont coincés, leurs femmes surmaquillées, leurs théâtres trop éducatifs et leurs anniversaires presque funéraires.

Avant le Déluge (7)

Ecrit par Non Solum Sed Etiam le 10 juin 2011. dans Monde, La une, France, Politique

Avant le Déluge (7)


On peut apprendre, à partir d’une info du Monde du 7 juin 2011 que Raymond Kelly, le chef de la police new-yorkaise chargée de mener l’enquête sur DSK, connaît bien le président de la République française. Lorsqu’il était ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy lui avait remis les insignes de la Légion d’honneur. C’était le samedi 9 septembre 2006, au consulat de France à New-York, en présence du maire de New-York, Michael Bloomberg. Par ailleurs, le même Raymond Kelly s’est rendu en France, notamment en tant que vice-président d’Interpol. Il a traversé l’Atlantique au printemps 2010 lors de la remise de la légion d’honneur à Alain Bauer par le président français. M. Bauer a été consultant pour M. Kelly à partir de 2003 en matière de terrorisme.

Les pauvres psychotiques souffrant de délire paranoïaque et de fantasmes complotistes ajoutent que le même Alain Bauer, ancien chef suprême du Grand Orient de France, est depuis 2007 conseiller personnel du Président de la République.

Tonton, pourquoi tu tousses ?

Avant le Déluge (6) Il a de la chance DSK !

Ecrit par Non Solum Sed Etiam le 06 juin 2011. dans Monde, La une, France, Politique

Avant le Déluge (6) Il a de la chance DSK !

Il a de la chance DSK. Enfin je veux dire ç’aurait pu être pire. Son affaire survient aux Etats-Unis d’Amérique. Pas dans une république bananière genre pays latin comme l’Italie, l’Espagne ou la France. Non. Aux USA qui – de l’avis de tous les grands experts que sont devenus les habitués du Café du Coin de la rue d’Avron – a le système judiciaire le plus démocratique du monde. Exemplaires les gars ! Les riches, les pauvres, les blancs, les noirs, les bien portants, les malades, les forts, les faibles hop, tous à la moulinette pareil ! Notre Jean de La Fontaine national pourrait aller se rhabiller là-bas : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Ridicule aux US : on est blanc ou noir AVANT et c’est ça qui compte !

Leur système est tellement remarquable que le monde entier le leur envie : deux millions et demi de prisonniers sous verrou. L’ignoble et totalitaire Chine populaire en a – officiellement – 1 million et demi avec 5 fois plus d’habitants ! Presque 10 américains sur 1000. On a l’air malin en France avec nos 0,8/1000 ! C’est le Moyen Age chez nous. Environ 50% de noirs (7% de la population), et 25% de latinos (15% de la population). 72% de la population carcérale est en-dessous du seuil de pauvreté.

Messali Hadj, 22 ans, élément subversif pro-kabyle

Ecrit par Kamel Daoud le 03 juin 2011. dans Monde, La une, Politique

Messali Hadj, 22 ans, élément subversif pro-kabyle

1° - Extrait d'un journal : « Né le 12 février, Messali Hadj est un jeune Algérien qui a été retrouvé mort le 3 juin. Entre-temps, pendant qu'il racontait qu'il est capable de fabriquer un pays avec ses mains, la police l'a violemment frappé, interpellé, mis en cage et giflé pendant la première marche pendant laquelle il tenta de marcher hors de sa tombe vers sa date de naissance. Arrêté car ne possédant aucune pièce justifiant de son identité, M. H. a expliqué que c'est un certain Boumediène qui lui a volé ses papiers. « Boumediène qui ? Quelle ville ? », l'interrogea le commissaire. M. Hadj a montré du doigt l'aéroport d'Alger pendant que le policier montrait du doigt sa matraque. Relâché, Messali a été aperçu par la suite dans le stade du quartier appelant la foule à se soulever pour retrouver la liberté qui avait trois couleurs : blanc, vert et rouge, selon les couleurs de la robe de sa copine de quartier. Arrêté encore une fois, il sera frappé, désossé, mis en pièce et interrogé par les policiers qui ne comprenaient pas d'où il venait parce qu'il avait une peau de 18 ans et un regard de 132 ans. Selon ses antécédents, il a déjà fait de la prison un peu partout en Algérie, en France et même en Guyane ou à Cayenne.

Israël-Palestine, en finir avec les occasions ratées !

Ecrit par Avi Barack le 30 mai 2011. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Israël-Palestine, en finir avec les occasions ratées !

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion monta sur une estrade du Musée de Tel-Aviv pour faire une déclaration historique. Les jours précédents avaient été consacrés à des débats longs et difficiles au sein de la Haganah : fallait-il aller de l’avant malgré l’opposition américaine ? Finalement, Ben-Gourion avait rassemblé assez de soutiens parmi ses compagnons pour gagner la partie. C’est ainsi que ce solennel vendredi après-midi, le 5ème d'Iyar sur le calendrier hébreu, il se tenait sur cette estrade et déclara solennellement, "Nous proclamons ici l'établissement de l'état juif en Palestine, qui portera le nom d’État d’Israël."

Il y a un peu plus d'un mois, une réunion de plusieurs dizaines d’intellectuels israéliens, des savants et des figures publiques, s’est tenue au même endroit pour déclarer son soutien à la reconnaissance d'un état palestinien. De même que la terre d'Israël était "le lieu de naissance des Juifs," de même la terre de Palestine est "le lieu de naissance des Palestiniens." Les envoyés palestiniens qui étaient présents ont insisté sur leur volonté de trouver enfin un aboutissement à des décennies de lutte pour l'autodétermination nationale dans leur propre état.

La constitution, la femme la plus violée en Algérie

Ecrit par Kamel Daoud le 30 mai 2011. dans Monde, La une, Politique

La constitution, la femme la plus violée en Algérie


Qui a lu ou lit encore la Constitution algérienne ? A peine les gens qui sont assis dessus. On en parle, on gouverne avec, on marche dessus, on la change comme un tricot de peau à chaque suée, mais le texte fondateur du pays est à peine connu. Aujourd'hui, on veut encore réformer la loi fondamentale mais en parlant d'elle à la troisième personne d'un lointain singulier : on n'en sait rien chez nous, en bas, côté peuple. La Constitution algérienne est donc un objet vestimentaire apportant l'élégance mais sans convaincre sur son utilité. C'est un peu comme la cravate : c'est beau, c'est porté par certains lors des occasions d'exception ou pour aller travailler, mais la cravate reste inexplicable du point de vue de l'utilité, de la raison ou de la rationalité. Et comme la Constitution, c'est surtout une habitude que l'Occident a fait acquérir aux gens du Sud où la chaleur n'a pas permis l'invention de la cravate mais a encouragé celle du tarbouche. La prochaine Constitution algérienne sera donc discutée, votée, amendée, triturée mais jamais lue. Contrairement à l'Ailleurs universel ou au proche ailleurs : le Maroc.

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