Politique

Afrique, le monde d'après

Ecrit par Matthieu Baumier le 11 avril 2011. dans Monde, La une, Politique

Afrique, le monde d'après


Deux années dans le vrai monde, ça rend moins réac. C’est ce que je pensais, vers six heures, en posant mon sac sur la table d’un bistrot de l’aéroport d’Amsterdam, le jour du retour. Impression de le connaître cet aéroport, comme un frère, une maîtresse plutôt, oui, l’une de ces maîtresses chez lesquelles on est passé plusieurs fois, un peu vite, heureux de revenir de temps à autre. Je regarde les lumières, les distributeurs de tout, de rien, les écrans, je regarde le bruit, étrange cela, et pourtant je le fais, j’observe le bruit. On regarde le bruit quand on revient du monde des autres bruits. Là-bas, c’est la mort. Pas la mort aseptisée, pas la mort cachée, même pas celle des proches, de la famille et cetera, comme ici, là-bas ce n’est pas la mort d’ici, pas la même mort. Là-bas, c’est la mort dans la vie, la mort au quotidien, la crevure sous les yeux, à chaque instant ou presque. On meurt de rien, là-bas, juste d’être né là-bas c’est tout. Michel Crépu me demande de dire ce là-bas, cette Afrique, cette vie, ces deux années en Afrique, alors les mots je vais les dire, je vais les écrire et. Quoi ? Je ne sais pas. Je ne vois pas bien quels mots peuvent traduire réellement la réalité de là-bas, celle qu’on ne comprend pas en fait. Comment saisir ce qu’est le monde d’après le monde des hommes ?

Reflets de la semaine (44)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 04 avril 2011. dans Monde, La une, France, Politique, Actualité

Reflets de la semaine (44)

 

Décidément, le mot " croisade " revient en force. Après Claude Guéant, c'est au tour de Kadhafi de déclarer que " s'ils (les Occidentaux) continuent, le monde rentrera dans une véritable croisade ... " Et d'ajouter : " Ils ont décidé de lancer une seconde croisade entre musulmans et chrétiens à travers la Méditerranée " ... Bigre ! Serions-nous à l'aube d'une contre-croisade ? Même si ce ne sont là que " mots croisés ", espérons qu'ils n'auront pas plus d'impact qu'un pétard mouillé ou un coup d'épée dans l'eau !

L'Afrique bouge, tremble, principalement à cause des révolutions arabes, dont le devenir est encore incertain ... En Côte d'Ivoire, les partisans de Gbagbo et les pro-Ouattara s'affrontent, " se renvoient les balles " ... Hélas, les prières qui sont dites à la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, voulue, rappelons-le, par Félix Houphouët-Boigny, n'y pourront sans doute pas grand-chose !

Quels fondements à la légitimité politique ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 10 janvier 2011. dans Philosophie, La une, Politique

Quels fondements à la légitimité politique ?

En politique, est légitime tout gouvernement constitué conformément à la règle de droit édictée par l’autorité suprême. En démocratie, cette autorité est le peuple. L’article 2 de la constitution de 1958 précise même : « le principe de la République est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » ; et l’article 3 confirme : « la souveraineté nationale appartient au peuple ». La différence entre souveraineté nationale et souveraineté populaire est mince : la nation, en droit constitutionnel, inclut l’ensemble des citoyens passés, présents et futurs ; de fait, ce sont les citoyens actuels qui sont les dépositaires de la souveraineté. Le grand théoricien de cette idée, Rousseau, définit d’ailleurs le souverain, le peuple, comme une personnalité corporative, sur le modèle de la théologie paulinienne de l’Eglise-corps du Christ. « Il est impossible que le corps puisse nuire à ses membres. Le souverain, par cela même qu’il est, est toujours ce qu’il doit être » (Du contrat social, livre I, Chap. VII). Bien que le terme ne soit pas employé, c’est bien d’infaillibilité qu’il s’agit : pas plus que l’Eglise, pour saint Paul, le peuple, pour Rousseau, ne peut se tromper.

Le peuple souverain serait ainsi la source ultime de la légitimité … Vox populi, vox dei ?

La République totalitaire

Ecrit par Jean Le Mosellan le 17 novembre 2010. dans Philosophie, La une, Politique

La République totalitaire

Rassurez-vous, ce n'est pas la nôtre, encore que certains soient tentés de le dire, en parlant pour les plus modérés de toilettage en profondeur, afin de la métamorphoser en VIe République, pensant, à tort, la mettre ainsi à l'abri de ce risque.

La démocratie est le pire des régimes à l'exclusion de tous les autres, clament les mêmes pour se justifier, à la suite de Churchill, qui vivait, soulignons-le, dans une monarchie parlementaire, prête à verser dans la république certes, mais qui ne l'a pas fait. Ce régime, bancal dans la forme, était tout à fait inconnu de Platon, au contraire de la tyrannie. Depuis l’adoption du quinquennat, notre république oscille entre le coup d’Etat permanent, danger reconnu en fin connaisseur par François Mitterrand, et le fait du prince, expression du complexe de Machiavel ravageant électivement l’homme d’Etat à la manière du complexe d’Œdipe qui s’intéresse démocratiquement au commun des mortels. Cette réalité semble être reçue cinq sur cinq par la classe politique, le chiffre 5 étant vénéré par ceux qui ont pris le pouvoir de justesse,et honni par ceux qui l’ont perdu d’un cheveu.

Juste un mot (63)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 11 octobre 2010. dans La une, Politique, Société

Juste un mot (63)

En Suède, le taux de syndicalisation est de 83%, en Belgique, il est de 65%, en Allemagne et en Grande-Bretagne, de 30%, et en France ... de 8%. Ce qui fait environ 1.600.000 syndiqués.

Chez nous, les syndicats tournent au ralenti, mais, curieusement, ils font le forcing auprès des politiques et des médias ! Leur représentativité est en berne, mais ils continuent de battre le pavé ! Leurs porte-parole, hélas, ne parviennent pas toujours à jouer les porte-voix, car les discussions avec le gouvernement, de quelque bord qu'il soit, tournent court, le plus souvent, et mènent droit à une impasse.

De syndicat à "syndiktat", il n'y a qu'un pas ...

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