Politique

Waitin' for DSK (2)

Ecrit par Non Solum Sed Etiam le 13 mai 2011. dans La une, France, Politique, Humour

Waitin' for DSK (2)

On savait que les élections sont de plus en plus un jeu de communicants. Mais de vases communicants. De tissus adipeux. Hollande (Françooooiiiis) en a perdu 10 kilos. Bien joué. Notre DSK en a gagné autant. Pas mal joué non plus. Au ris de veau pour Dominique. On dit qu’il en raffole – façon Chirac tête de veau – mais le ris de veau c’est quand même plus classe. L’ennui c’est que les cartes se brouillent, Hollande l’austère c’est en Corrèze, terre grasse de nourritures grasses. DSK l’hédoniste c’est à Washington – terre réformiste, quasi janséniste – de nourritures austères. De quoi s’y perdre. On l’a vu d’ailleurs, cook DSK, il y a quelques semaines, dans un documentaire sur la 2 en train de se faire griller un pôvre filet de bœuf – avec Anne mettant la table. Le couple Papie-Mamie mais chic, bien propre, « clean » on dit dans leur rue là-bas.
Les chargés de com des hommes et des femmes politiques devraient se mettre d’accord une bonne fois sur le tour de taille idéal d’un présidentiable. A 12 mois du sprint, il serait temps qu’ils s’y mettent : à maigrir, à grossir. A grandir ils auraient du mal même si certain en rêve.

Renvoyer ces migrants chez eux ?

Ecrit par Jacques Petit le 13 mai 2011. dans Monde, La une, France, Politique

Renvoyer ces migrants chez eux ?

Quelle est l’utilité pour la Tunisie, la Libye et pour la France de renvoyer ces migrants chez eux ?
Essayons d’oublier Schengen, l’immigration légale et clandestine, plaçons-nous uniquement sur un plan économique et humain.
Il nous faut néanmoins ouvrir une petite fenêtre sur les images que nous avons tous eues sous les yeux ces derniers jours à travers les télés et les sites Internet : nous y avons aperçu des hommes, des femmes et des enfants qui ont emprunté des embarcations de fortune pour rejoindre l’ile de Lampedusa, au péril de leur vie. D’ailleurs quelques-uns y ont vraiment laissé leur vie, et cela nous interpelle.
Pourquoi ces Tunisiens quittent leur pays, encore en pleine construction sur le plan des Libertés et de la Démocratie, parce qu’il faudra un certain temps à cette nouvelle Nation pour retrouver un équilibre pour la Société civile et économique ; en effet, il est indéniable qu’aucune révolution, même la plus paisible possible, ne peut échapper à un ralentissement très marqué de l’activité économique du Pays. Et cette baisse d’activité importante touche d’abord les emplois du bas de l’échelle, des contrats précaires dans le tourisme, la restauration, les taxis et tous les petits boulots rattachés à l’industrie touristique qui, d’après les chiffres officiels, connaît une baisse de 40 %, par rapport à l’année précédente.

Le portrait du président comme un scorpion

Ecrit par Jean-François Vincent le 09 mai 2011. dans La une, France, Politique, Histoire

Le portrait du président comme un scorpion

Reflet du jour

10 mai 1981. Alors que la foule en liesse, à la Bastille, conspue les noms des journalistes dont les têtes vont tomber, François Mitterrand prépare son intervention télévisée : masque impénétrable, le sphinx, aucune émotion apparente… Mitterrand a et gardera sa part de mystère. Et si sa psychologie pouvait bénéficier d’une lecture astrologique ? L’astrologie en tant que caractérologie bien sûr, non comme un art divinatoire. Mitterrand était scorpion. Rarement homme aura été plus scorpion que lui. C’était d’abord un être de désir. Certes, tout homme politique est un être de désir ; mais chez certains, ce désir se cantonne à la sphère du pouvoir : Mitterrand, lui, désirait tous azimuts, les femmes, les livres, les élections. Mitterrand phœnix – ardet nec consumitur ! – dont le feu intérieur scandait le rythme de ses morts et de ses renaissances. La mort, en bon scorpion, il l’a aimée, observée, recherchée. Une mort onirique, dans un premier temps, fantasmée, virtuelle, à travers la fiction romanesque. Guetteur de l’Au-delà, il aura questionné théologiens et philosophes, et hanté les lieux sacrés ou réputés tels ; et puis il y eut la vraie, la mort-crabe qui ronge du dedans et qu’il a cherché à dominer ultimement par l’euthanasie.

Waitin' for DSK* (1)

Ecrit par Non Solum Sed Etiam le 09 mai 2011. dans La une, France, Politique, Humour

Waitin' for DSK* (1)

Ici commence pour RDT une chronique chronique (c’est grave doc ?). Celle des semaines (des mois ? Des années ?) qui viennent, à la recherche de DSK. Viendra, viendra pas. Saura, saura pas. Gagnera, gagnera pas. Tiendra, tiendra pas.

Pourquoi cette chronique improbable ? C’est simple : depuis que Sarko est frappé de mutisme, ne bouge plus ni pied, ni patte, ni épaules, ni menton, on s'ennuie. La seule partie de son corps qui bouge encore un peu est à la rubrique « maternité ». Mélenchon ne fait plus rire que lui-même, installé dans un rôle de Coluche du pauvre. Copé et Fillon font la paix. Le Besancenot de La Poste se retire. On va mourir d'ennui. Donc, il ne reste décidément plus que DSK. On suit, on s'intéresse, on épie.

La première scène en date, c’est une affaire de Porsche. Même pas la sienne (il pourrait pourtant s’en payer un parc complet s’il veut). Non, la Porsche d’un copain qui le raccompagne chez lui. Et voilà l’inénarrable « Figaro » qui en publie, tenez-vous bien, une page complète de samedi. Avec photo à l’appui. Elle est belle d’ailleurs, la Porsche. Anne Sinclair aussi.

Ce qui a manqué à la révolution-bis

Ecrit par Kamel Daoud le 09 mai 2011. dans Monde, La une, Politique

Ce qui a manqué à la révolution-bis

Nicolas Boileau-Despréaux : « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément. » L'Art poétique (1674). C'est une piste pour expliquer pourquoi la « Révolution-bis » n'a pas encore eu lieu chez nous. Les mots n'y étaient pas et cela voulait dire que c'était mal conçu dans la tête. Un politologue US l'a dit au chroniqueur : « Chez vous, l'opposition n'a pas trouvé les mots et ne sait pas dire ce qu'elle propose ». En clair, le Pouvoir ne sait pas ce qu'il va faire mais il le dit bien, l'opposition sait ce qu'elle doit faire mais le dit mal. « C'était la force du FIS par exemple : cette capacité à trouver les slogans, les mots, le chant et le rythme », dira un journaliste. « Autant pour le printemps berbère qui a inventé ses mots et la capacité de les crier en 2001 ». La règle veut que quand les idées sont claires, la Révolution est juste et trouve les mots simples, fédérateurs, capables d'être retenus par tous et de faire basculer la masse vers le poids de la masse critique. C'est donc ce qui a manqué dans la révolution-bis pour faire la révolution : le chant qui vient du cœur et qui se voit dans les yeux et s'entend par les vibrations du sol qui le porte. « Dès le début, le 12 février, j'étais sûr que ce n'était pas là le moment de basculement : les gens chantaient mal, avaient de la peine à trouver la voix et les slogans partaient dans tous les sens », expliquera un ami.

Quand on ne peut pas tuer un peuple, on tue le temps

Ecrit par Kamel Daoud le 02 mai 2011. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Quand on ne peut pas tuer un peuple, on tue le temps


Les promesses de réformes : comment les dissoudre dans les airs ? Avec des dates. Révision de la Constitution ? Elle se fera par Lui, selon lui avec des hommes à Lui. La loi sur les partis politiques ? Pas avant 2012. C'est-à-dire qu'il faut attendre ce qui va se passer en Libye, en Syrie, en Irak, au Yémen ou au Maroc. Si les révolutions y réussissent et que la menace se précise, on fera un peu mieux que la formule actuelle du parti unique à trois. Si les révolutions échouent, un Moubarak sera élu en Algérie sous le contrôle du Tantaoui local. C'est aussi valable pour la liberté de la presse, le véritable mouvement associatif, les mairies et, enfin tout ce qui reste à faire en démocratie. Le Pouvoir a ceci de magnifique qu'il gagne toujours du temps en perdant le temps du pays. La technique est celle de la dissolution de l'urgence dans la bassine des heures à venir. Cette capacité à gagner du temps en perdant du temps frise le génie : dates floues, commissions anonymes, mise en garde contre le changement, troubles de dérivations de l'opinion, pénuries alimentaires et menaces sécuritaires.

Reflets de la semaine (50)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 25 avril 2011. dans Monde, La une, France, Politique, Actualité

Reflets de la semaine (50)

Marine Le Pen à la peine ? Que nenni, si l'on en croit un récent sondage ! En effet, quel que soit son adversaire, elle serait présente au second tour ... Voilà qui n'est pas sans rappeler un certain 21 avril 2002. D'ici à l'élection présidentielle de 2012 - il se sera écoulé une décennie -, j'ai le sentiment que nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! D'ores et déjà, on peut dire que ce scrutin entraînera des bouleversements " à tous les étages " !

Des bouleversements, il y en eut aussi à Cuba, où Raul Castro a succédé à son frère à la tête du Parti communiste cubain. Le nouveau leader a notamment l'intention d'encourager l'entreprise privée et de " légaliser " les quelque 178 " petits métiers " qui, pour la plupart, s'exerçaient dans la clandestinité. Parmi eux, des réparateurs, surtout, de bicyclettes, de matelas, de parapluies, de machines à coudre, etc. Une économie de bric et de broc, asphyxiée pendant des lustres, et reposant essentiellement sur la débrouillardise ! Au pays des " Romeo y Julieta ", " Montecristo " et autres " Partagas ", fabriqués par d'habiles " rouleurs ou rouleuses de cigares "  - torcedores, torcedoras -, la population, que l'on " a enfumée " quasi quotidiennement, a enduré et endure encore un régime qui, çà et là, semble lâcher un peu de lest ... Mais ce n'est pas encore le Pérou !

Le vent à la place du vent de changement

Ecrit par Kamel Daoud le 22 avril 2011. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Le vent à la place du vent de changement

 

Bouteflika a marché sur ses propres traces à Tlemcen mais avec hâte et brièveté. Son dernier discours est déjà mort, et le pays, un instant soulevé par la passion de l'attente et l'exercice musculaire de la spéculation, est revenu à sa routine : il ne s'est rien passé. Il n'y a pas eu de miracle. Belkhadem n'a pas été capturé à Tiaret et filmé dans un tricot de peau. Personne n'a pris un dernier avion dans la précipitation. Personne n'a crié «Benali h'rab». Il n'y a pas eu de foule dans les rues, ni pour saluer le discours ni pour le dénoncer. Rien n'a changé. Le pays continue mais sans lui-même. Des Algériens terroristes tuent d'autres Algériens, on regarde El Jazeera pour exciter en soi des souvenirs de martyrs qu'on n'a pas vécus, le matin, on achète et on se plaint, le soir, on prie et on zappe. Signe que le discours de Bouteflika n'a pas fait la révolution, c'est que personne n'a rien fait après. Aucun ministre ne se sent inquiété, aucun corrompu, aucun parti. Dans quelques jours, on aura une crise de semoule, des marches seront interdites, des travailleurs feront grève, il fera chaud, l'argent manquera dans des bureaux de poste et la première dizaine, des noyés seront repêchés sur les plages. Rien ne bouge : comme si le pays est profondément atteint dans sa volonté de vivre.

Peut-on "dire" un génocide ? (8)

Ecrit par Matthieu Gosztola le 22 avril 2011. dans Racisme, xénophobie, Monde, La une, Politique, Société, Histoire

Peut-on

Ainsi, comme nous venons de le voir, les tueurs parlent, convoquent la parole, font advenir le sens en érigeant comme tel le non-sens frénétique et à valeur de monde, le non-sens déferlant à travers tout le cortège de leurs affirmations («  Une affirmation, comme le rappelle Nietzsche, agi[ssant] avec plus de force qu’un argument, du moins sur la majorité des gens ; car l’argument éveille la méfiance » (93)), dont certaines même ont été, et c’est du reste leur finalité logique, érigées en commandements.
Pour ce faire est-il nécessaire qu’ils soient les seuls exécutants de la parole. Pour ce faire est-il nécessaire qu’il n’y ait pas compétition dans la parole (il faut qu’il y ait un consensus dans la parole et que toute parole se confonde avec ce consensus). Aussi les victimes doivent-elle rester invariablement muettes. Les victimes sont les personnes à qui d’abord on retire la parole. Silence obligé (une victime, au cours de tout processus – pas nécessairement génocidaire – la définissant comme victime, si elle prend la parole, si elle prend sa parole – c’est-à-dire si elle affirme son existence dans la parole, si elle fait autre chose que supplier, supplier étant une façon de taire sa parole dans la parole, de faire avorter sa parole dans chacune de ses paroles –, risque le pire, mais peut-on parler de pire ?, y a-t-il une échelle dans l’appréciation de l’horreur ?), puis silence par éventration du souffle, par la mort.

Reflets de la semaine (49)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 22 avril 2011. dans La une, Politique, Actualité, Société

Reflets de la semaine (49)

On dit communément que les catastrophes naturelles sont l'expression de la colère divine ... En 2010 et début 2011, Dieu a fait preuve d'une grande sévérité envers le genre humain, responsable d'une partie d'entre elles : séisme en Haïti, éruption volcanique en Islande, marée noire dans le golfe du Mexique, etc. Plus près de nous, tremblement de terre et tsunami au Japon, menace nucléaire, etc. Mais si - pardon - les choses devaient se poursuivre, comme dans " La Divine Comédie ", ce serait d'abord l'Enfer, puis le Purgatoire, enfin le Paradis ... Tous les espoirs sont donc permis !

Le paradis sur Terre, l'Angleterre est en passe de l'atteindre, grâce au mariage de Kate et de William. Quel engouement ! Quel enthousiasme ! Sur le plan pécuniaire, cela se traduit, notamment, par des ventes record de produits dérivés, pas toujours du meilleur goût, il faut bien le reconnaître ... Beaucoup de " money " pour la monarchie ! Une vraie aubaine, cette union ! Mais le rêve n'a pas de prix, isn't it ?


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