France

Présidentielles ; noir, c’est noir

Ecrit par Martine L. Petauton le 11 mars 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Présidentielles ; noir, c’est noir

…Chantait Johnny, bêlant, là-dessus, un « il n’y a plus d’espoir », si j’ai bonne souvenance… Atmosphère…

…Noir, bien sûr, comme ce qui qualifie l’offre formidablement déroutante, la période, les questions sans réponses ; des points d’interrogation, en guise de seule ponctuation. Noire, la couleur de tout, de matines en JT du soir (si, d’aventure, on ne prend pas les infos de midi, on perd le fil). Noir-suie ; genre on voit rien, on respire mal (vraiment loin de l’Outrenoir du Seigneur Soulages).

Chacun s’accorde à en convenir : nous sommes dans la campagne électorale la plus sombre, indécise, la plus ahurissante, grotesque et par moments pitoyable, de la Vème République. Drôle de tableau pochoir coloré quasi uniquement au « contre ça », la menace FN, bien entendu.

Un couloir de cave, mal éclairé, aux pavés disjoints ; des chausse-trappes à gogo, partout, et en guise de sol, du glissant, du moisi… une odeur, je ne vous dis pas ; mais où-c’est-y-que je m’en vais poser mes cartons d’archives – moi, qui émerge à peine de mon déménagement, ça m’inspire…

Vous, je ne sais pas, moi, j’ai un mal fou à me repérer dans la chose, pour tout dire, à certains moments, je n’y vois goutte. Dans un peu plus de 40 jours, les urnes ! C’est peu dire que c’est bien ma première année d’électrice vaccinée, où j’en suis là (« tombée là » disait-on chez moi) : un mélange d’épuisement, de lassitude intense, d’absence de route en vue ; une espèce de coupure nette dans l’arrivée d’énergie, moi, dont la passion pour la chose publique était d’ordinaire à un niveau plutôt de bon aloi, en intérêt, voire en enthousiasme, quand sonnait l’heure des Présidentielles en partance. Bernique, tout ça ; oublié, loin dans des siècles passés. J’ai comme l’impression, parfois, qu’il ne manque plus que le service psychologues pour traumatisme, auprès de nos hésitations et de notre désarroi parkinsoniens.

Cul par dessus tête, la temporalité de la campagne, et c’est peut-être là que siège une partie du malaise – le mien, c’est sûr. Une autre dimension. Quelque chose d’un voyage intergalactique, ses troubles, et par pulsions, sa bizarre et dangereuse euphorie. Une musique contemporaine, aussi, sérielle, par moments, tuant certaines oreilles, en ravissant d’autres. Assurément, guère harmonieuse. Coups d’accélérateurs – on s’en souvient à peine – depuis le « se présente ou pas » du Président, suivi de son renoncement début décembre (combien de jours, au fait, cette Préhistoire là ?) ; symphonie – concertante, je n’oserai dire – des Primaires de la Droite. Résultats à la hauteur des amateurs d’émotions fortes. Primaires de la gauche, dans la foulée. Re-résultats ; re-grand huit des manèges. Valls au cœur de la tourmente ; mais, Valls, qui s’en souvient à c’t’heure… ? Et puis le roman Fillon ; mieux que les « mystères » d’Eugène Sue le feuilletoniste ; même process, l’écriture au jour le jour du suspense du moment… la totale du manège. En une pincée de jours – autour de 30, pas plus – tout le « plus belle la vie » d’un quinquennat entier, ses personnages, ses presque morts, puis résurrections fulgurantes, ses répliques « tellement vraies » : « mais c’est qu’ils vont me le faire suicider ! » frissonnait une vieille voisine au fond de mes bois de Corrèze… Dans une même journée, des retournements dignes d’Agatha ; démissionne, renonce, s’accroche (et se ré-accroche), plan B, C, que sais-je ; tous les mardi, un Canard, tous les soirs, un C dans l’air vibrant… elle est pas belle la vie du militant de gauche, donné mourant, il y a peu, qu’en peut plus de ce Noël juste un peu en retard ! C’est vrai qu’on s’amuse, jusqu’au moment – pile – où on s’arrête de rire devant ce passage imminent de la démocratie (la nôtre aussi, bigre) dans son cercueil. Quant à la Droite « raisonnable » des alternances, celle de gouvernement, celle des Institutions respectées et du pouvoir judiciaire reconnu, je ne vois guère plus que Juppé pour tenter de lui correspondre, et ce jour, je l’en remercie.

Bien cher François,

Ecrit par Lilou le 04 mars 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Bien cher François,

Bien entendu ton discours de Paris confirmant davantage la permanence de l’hiver des Républicains à défaut du printemps qui tarde à leur pointer le bout de son museau. Si j’ai bien tout compris, la parole sera donnée au peuple, surtout pas à la justice. Au fait, étant du peuple qui ira voter, je me permets de te tutoyer, je n’ai pas l’éducation de la bienséance, ni celle des courbettes d’ailleurs, et puis je sais que ça t’énerve aussi. Alors à moi ça me plaît.

Bon, dans ton discours, tu détruis la justice ! Pour son calendrier, si je comprends bien, c’est jamais le bon moment. C’est vrai qu’avec la somme astronomique des mandats que toi et tes collègues vous vous coltinez dans votre besace à géométrie invariable, vous avez toujours qui traîne soit une élection, soit une primaire, soit un conseil d’administration, soit un dîner de ceci ou de cela, soit un discours à la Castro, soit un comité de pilotage, soit un comité directeur, soit un bridge en famille. Y en a qui disent tous les soirs qu’elles ont mal à la tête, y en a d’autres, comme toi, qui disent tout le temps que c’est pas le moment. C’est certain que dans ce cadre-là aussi, le calendrier de la justice tamponne toujours tes autres calendriers et que même je sais pas comment tu fais pour faire tant de trucs à la fois aussi intelligents. Au fait, la dernière fois que j’ai fêté mon anniversaire, j’ai pris une prune pour excès de vitesse ! La gendarmette, à qui j’ai imploré la clémence eu égard à ce jour si spécial, doit encore en rire… François, c’est jamais le moment quand on se fait prendre les doigts dans le pot de confiture. Tu es né vieux ? Tu n’as jamais été enfant ?

A propos du calendrier de la justice, j’ai pas compris que tu critiques sa vitesse de la lumière, toi qui pour Sarko l’ancien voulais accélérer les procédures et te plaignais sans cesse de son temps démesurément long ! Faudrait savoir !!! C’est jamais le bon timing pour toi, soit c’est trop long, soit c’est trop rapide ! Je crois avoir entendu exploser de rigolade Nicolas sur le coup de 12h30 quand t’en as presque parlé du temps judiciaire. Dirais-tu qu’en ce moment la justice se comporte comme un éjaculateur précoce que ça m’étonnerait pas et qu’à toi ça te plaît pas ! T’as jamais entendu parler de la séparation des pouvoirs qui fait que tu t’émoustilles dans un monde séparé du monde judiciaire ? Bon, je te comprends aussi, toute la famille de Sablé aux prises avec des arpenteurs de bonnes mœurs du travail et de la loi, ça gonfle un peu ta taulière quand même. Et pis t’aurais pu dire plutôt ce que tu en penses vraiment de la justice ! Et que de cette pensée savamment cultivée le long de tes usages, y a plutôt des gens qui ne devraient pas devoir être obligés de passer devant des hermines pas rigolotes parce qu’elle te regardent comme si tu leur devais de l’argent. Des comptes plutôt, et au nom de la loi en plus…

Mais bon, ça fait un peu lourdingue tes explications parce que si c’est tout à fait légal que d’utiliser le flouze de l’assemblée Nationale pour payer tes petites mains pour tous tes milliards de boulots, ça fait quand même cher le bulletin de salaire pour sa Pénélope (même quand on s’appelle pas Ulysse) et ses chérubins. Surtout quand on dit que dans ta France de demain, faudra que tout le monde fasse des efforts… Au fait François, où t’as donc mis le grisbi ? Parce que 1 million d’euros de salaire pour Madame, probablement autant pour toi, mille dieux que ça t’en fait une de cagnotte ! T’es sûr que tu as tout planqué sous ton matelas de Sablé (sur Sarthe hein, pas de Nançay malheureusement…). T’es sûr que t’as pas du cousinage avec Le Cahuzac quand même… ? Nous, quand on vit tout en bas de l’échelle, on se dit que quand on va exploser le loto et qu’on va repartir avec 1 million d’€ en pogne, on va pouvoir vivre toute une vie confortablement installés sur ce matelas. J’arrive pas à imaginer de pouvoir dépenser tout ça en une quinzaine d’années ! Avec ta leçon de pouvoir le faire dans ce temps-là, on voit quand on en a du fric, ça part aussi vite qu’une convocation chez les juges. Autant rester pauvres alors ! Et riches de plein d’autres trucs.

Populiste, avez-vous dit ?

Ecrit par Lilou le 25 février 2017. dans La une, France, Politique

Populiste, avez-vous dit ?

Mais qu’est-il passé par la tête de ce si prometteur Macron qu’en ces mêmes lignes j’avais baptisé le Giscard de Gauche ? La colonisation est un crime contre l’humanité… Pour éclaircir la chose, plus familiale que jamais avec mon pied noir que je préfère plus à gauche qu’à droite, j’ai donc invité mon criminel contre l’humanité de père pour le passer à la moulinette de mon tribunal.

Midi ce samedi, je piaffais d’impatience ! Le visage lacéré par des nuits sans sommeil à ressasser mon nom et mon sang de « là-bas », pour ne pas dire cette descendance que je ne me connaissais pas de si cruelles intentions, j’attendais à la porte de chez moi que la cloche sonne l’entrée du condamné macronisé en direct d’Alger. Espérant ce criminel découvert à la vitesse d’un tombeau ouvert, je pourrais enfin me comporter en juge de Nuremberg, la larme à l’œil du plaisir non feint d’agir pour l’humanité. Je n’attendais qu’une seule chose de ces longues minutes précédant sa présentation devant ma toge rouge flanquée d’Hermine : que le criminel pointe le bout de son crime et que forcément il en expie son bulletin de naissance et tant qu’on y était aussi, ses parents, ses grands-parents et tous les chiens qui avaient été les leurs. Planqués sous la table basse, mes couteaux étaient aiguisés de la pierre de l’inquisiteur, j’y avais mis du reste toute mon âme de bras vengeurs et macroniquement guidés. Pour faire passer la dernière anisette comme Bernard Gui aurait fait passer la sainte huile sur des bras pelés, mes goutes de curare et de cyanure attendaient calmement auprès de mon jugement dernier. Ce serait froid, rapide et sans concession. Un criminel contre l’humanité, ça se boit très frais et vite.

Midi et quelques brouettes ce samedi… La première anisette ne servit qu’à amener la seconde qui ne servit quant à elle finalement que de prétexte à la dernière devant ouvrir les agapes nappées de Cumin, de Piment rouge et de Cannelle. Sur la table était posé simplement un bouquet de Jasmin venant du jardin de mon grand-père, criminel de guerre lui aussi mais bon, disparu dans les affres du grand âge il y a quelques années, et surtout totalement ignorant de son statut épique de criminel contre l’humanité. Nous sommes en tout cas certains, mon père et moi, que de là où il est, et en digne héritier de la 1ère armée d’Afrique qui lui fit traverser l’Italie nazie entre 1942 et 1945, il doit en donner des louches et des calbotes à ses « confrères » pendus de Nuremberg… Il doit en donner tellement même, et tous les jours en plus (en fait le connaissant très bien, aussi souvent que possible plutôt), qu’il doit en avoir des crevasses à ses péniches de menottes trempées dans l’acier des gens de bien.

Elève Macron Emmanuel… Savez-vous qu’à un oral d’histoire du bac et concernant une question sur la colonisation, si vous m’aviez répondu que la colonisation était un crime contre l’humanité, je vous aurais renvoyé vers une plus vaste réflexion sur de l’anachronisme en histoire ? Je vous y aurais renvoyé parce qu’au-delà de répondre totalement à côté de la question, je n’ose vous rappeler que la discussion historique doit avant tout ouvrir son sujet et ne pas le refermer à son seul jugement, votre réponse nous entraîne une fois de plus dans les actes de la contrition sans fin. Alors oui, je vois bien que dans les phrases qui ont suivi et pour tenter de limiter la casse, votre concept (votre buzz plutôt) a glissé et que de colonisation/crime contre l’humanité on passe à Guerre d’Algérie/crime contre l’humain… Mais trop tard, en tout cas en ce qui me concerne. Brillant vous êtes, politicard du système vous restez. Et hélas, c’est bien là qu’est l’os.

Au sujet du bonheur de Lady Chatterley

Ecrit par Mélisande le 11 février 2017. dans La une, France, Politique, Société

Au sujet du bonheur de Lady Chatterley

Comment ne pas songer au film de Sofia Coppola Marie-Antoinette lorsqu’on écoute certains hommes politiques, et que l’on mesure avec effroi leur coupure absolue d’avec la base : le quotidien des gens, la paupérisation qui gagne toutes les couches de la société ? L’humiliation et les accusations dont « le peuple » fait l’objet dans les discours de certains, comme s’il n’était qu’une grande putain naïve, manipulable, sollicitée et corvéable à merci, que l’on peut flatter, culpabiliser, humilier, au gré de ses stratégies ?

Comment ne pas avoir en tête notre feue-reine, dégustant avec sa cour petits fours et champagnes, essayant chapeaux et toilettes, dans une bulle psychotique qui lui coûta la vie, alors qu’aux portes de Versailles arrivait en saccades le peuple affamé…

Cette méconnaissance absolue du quotidien et de la réalité économique difficile de la majorité des gens, tout âge et classe sociale confondus, nous arrive en pleine face avec le « Pénélopegate », où de façon pathétique et dérisoire, devant les regards médusés et sidérés par un tel affront du mensonge, le peuple, comme on dit, se tait mais n’en pense pas moins…

Un dieu facétieux est aux commandes aujourd’hui, il descend tout droit du principe de vérité ; vérité, étymologiquement « ce qui est », et provoque le retour en pleine face des accusations pour celui qui se sert de la Parole, instance sacrée, pour mentir… Aujourd’hui, il y a un retour de bâton, mais pour combien de jours et combien d’années d’impunité ???

Voir François Fillon, qui a accepté en tant que premier Ministre l’humiliation que lui infligeait Sarkozy, défendre sa cantine, son petit moi, en le confondant derechef avec l’universel, tient de la pathologie schizophrénique.

Le putsch dont il clame être la victime n’est en réalité que le rappel douloureux d’une forme de justice immanente qui finit par tomber, un jour ou un autre, quand le mensonge s’est construit son propre édifice bancal et qu’il monte toujours plus haut, sorte de monstre qui n’a d’assise que la folie narcissique de ses auteurs…

Un jour cela s’effondre, un peu comme la tour de Babel. Mais le mensonge semble ici s’être construit un tel paysage, de tels quartiers, qu’il y a fort à faire pour revenir au principe de réalité. Fort à faire dans le ciel pour faire réfléchir ces petits ambitieux qui ne songent qu’à leur statut terrestre, sans autre programme que régler un compte au rival, se présenter au suffrage universel pour résoudre une problématique personnelle d’aliénation, c’est de l’infantilisme dangereux.

Citer ceux des hommes politiques qui avaient un projet de transcendance et de service vis à vis de leur pays, alors qu’ils sont silencieux pour toujours, pour cause de disparition terrestre, c’est encore plus criminel !

Accuser le Canard enchaîné qui ne perd jamais (ou rarement) les procès dont il est l’objet depuis un siècle, l’accuser de façon péremptoire, notamment de misogynie et le faire en guise de discours politique devant des milliers de personnes prises en otage, relève de la pathologie mentale !

Il serait bon que François Fillon ne se serve pas du peuple et ne confonde pas la conduite sérieuse et grave d’un pays pour répandre sa névrose narcissique. Lui qui ne laisse pas parler sa femme… D’ailleurs que dit Pénélope ? Au service de son grand homme ? Ne devine-t-on pas dans son regard triste qu’elle a loupé un rendez-vous décisif ? A Sablé, loin des rillettes et des notaires, un rendez-vous avec un garde-chasse. Il l’aurait menée benoitement, tout droit au paradis… Loin de la clique des menteurs professionnels que sont devenus certains élus installés dans leurs pantoufles de l’Ancien Régime… Tout droit au paradis des femmes amoureuses, avec des étoiles dans les yeux et dans la voix…

Ah ! La vie, ça tient à si peu de choses !

Fin de partie

Ecrit par Jean-François Vincent le 04 février 2017. dans La une, France, Politique

Fin de partie

La déroute finale de Manuel Valls à la primaire de la gauche clôt un cycle commencé, en réalité, non en 1972, au congrès d’Epinay, mais en 1981 avec l’arrivée – pour la première fois depuis la IVème république – de la gauche au pouvoir. Jusque-là, la gauche non communiste pouvait se réfugier dans le confort du mollétisme : tels les radicaux de la IIIème république, elle adoptait la métaphore du radis – rouge à l’extérieur, blanc à l’intérieur – marxiste par le verbe et le programme, la pratique, elle, restant virtuelle, opposition oblige.

L’exercice du pouvoir allait rendre impossible cette confortable ambiguïté. S’ensuivit un interminable Bad Godesberg idéologique, laborieux et honteux à la fois. Ce fut d’abord la « pause » dans les réformes, lors du tournant de la rigueur de 1983, puis les nécessités de la construction européenne – Acte unique, monnaie unique avec ce que cela supposait de désinflation compétitive – enfin, sous Hollande, l’urgence d’assainir une dette devenue monstrueuse et non conforme aux exigences de la « règle d’or » des 3% de déficit public… adieu marxisme, adieu même keynésianisme et économie de la demande.

La frustration découla alors inévitablement de ce que la pratique ne correspondait pas à la promesse. La politique économique de François Hollande – discutable, comme toute politique, mais cohérente – tournait le dos au discours du Bourget de la campagne de 2012. Le problème vint ainsi moins de ce qui a été fait que de ce que ce qui n’avait jamais été dit : qu’il n’y avait pas d’alternative démocratique au capitalisme (la propriété privée des moyens de production), que le « socialisme » (historiquement l’abolition définitive de la propriété) devait céder la place à la social-démocratie et qu’enfin il fallait faire son deuil de la révolution, c’est-à-dire d’une transformation intégrale et ultime de la société.

Ce non-dit ne fut pas seulement le fait de François Hollande, mais il fut aussi son fait. Si l’on ajoute à cela la pantalonnade de la déchéance de la nationalité et le psychodrame collectif que suscita la loi sur le travail, le naufrage actuel n’a plus de mystères.

Le vote Hamon exprime de la sorte un refus, le refus d’abandonner un rêve de justice sociale et d’émancipation par rapport à la contrainte du travail. Le succès de sa mirobolante proposition d’un « revenu universel d’existence » ne s’explique pas autrement. Tant que le réel sera nié par la gauche, sa base continuera à pratiquer le déni de réalité, jusqu’au moment où les échéances électorales arrivant et la gauche et les rêves de gauche se fracassent…

Conséquence : l’estampille PS est devenu LE handicap majeur. Tout vaut mieux qu’un candidat PS (Mélenchon ou Macron, peu importe). Benoit Hamon, désormais candidat officiel du parti, fût-il plébiscité par les votants à la primaire, aura du mal à dépasser les 16% que lui promettent les sondages. Et pour cause ! Même lui, le frondeur, le « révolutionnaire », se présente sous l’étendard PS.

L’urgence pour la gauche réformiste est de parler vrai, de dire la vérité, toute la vérité, au risque de briser définitivement l’idéal. Vaste programme.

Dans l’immédiat un cycle trentenaire se termine. Game over.

Après les primaires de la gauche

Ecrit par Pierre Windecker le 04 février 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

(et petite parenthèse sur le système électoral français)

Après les primaires de la gauche

Ainsi, Hamon prend dans l’enthousiasme et assume avec témérité le risque de trois éventualités.

Ou bien il ne parvient pas à faire l’union avec Jadot et Mélenchon, et il ne réussit qu’à mettre en danger la candidature de Macron, c’est-à-dire à favoriser celle de Fillon. Ou bien il obtient d’eux cette alliance, et il peut bien arriver alors qu’il devance Fillon et se trouve en face de Le Pen au deuxième tour. Là, ce sont à nouveau deux possibilités. La première, qu’on n’a évidemment pas le droit d’exclure dans cette configuration, est qu’il perde, et que le FN parvienne au pouvoir, se renforçant au passage d’une partie de la droite. La deuxième est qu’il gagne et entreprenne d’appliquer un programme qui aura recueilli au mieux 30% des voix au premier tour. On a vu avec Chirac II, Sarkozy et Hollande (et on pourrait bien voir la même chose avec Fillon) à quelle déroute cela mène, sinon en tout temps, du moins dans le moment politique où nous sommes.

Pour résumer les choses avec une brutale simplicité, Hamon envisage sérieusement d’œuvrer à la victoire de Fillon, à celle de Le Pen, ou encore à un désastre pour lui-même si d’aventure il parvenait à gouverner.

 Quant à Jadot et Mélenchon, ils ne semblent pas se précipiter pour chercher un accord avec Hamon. Pour l’heure, ils font donc comme s’ils avaient choisi Fillon.

(Parenthèse. Ce qu’il faut se demander, c’est pourquoi les « politiques » (et leurs sympathisants) se comportent ainsi comme des enfants capricieux. [Parenthèse dans la parenthèse. Les noms propres, ici, désignent en fait des élans collectifs, des mouvements de sympathie. « Hamon » c’est évidement Hamon, ses soutiens et tous ses électeurs de la primaire, etc. Dans ce qui suit, je continuerai de faire comme s’il n’y avait que les têtes d’affiche : ce sera plus simple, et il sera facile de transposer l’analyse à tous les noms qui pourraient figurer aussi en petits caractères sur l’affiche, c’est-à-dire à tous les sympathisants, à des gens comme nous tous.] Retour à la première parenthèse. Si les politiques (ne parlons plus de leurs sympathisants) se comportent comme des enfants capricieux, il n’est pas vraisemblable que cela ne tienne qu’à eux : ce sont les institutions qui ont opéré leur sélection naturelle et les ont poussés à se formater selon un certain schéma. On ne doit donc pas se cacher à quel point le système électoral pèse sur le fonctionnement et le « positionnement » des partis les uns par rapport aux autres, forçant certaines alliances, en excluant d’autres, et, pour cela, poussant tantôt à maximiser les « petites différences » (Hollande), tantôt à chercher au contraire à produire réellement les écarts les plus « clivants » (Sarkozy, Fillon, Montebourg, Hamon). Dans ce jeu, il ne s’agit au fond que secondairement de s’assurer ce qu’on pourrait appeler des rentes de circonscription, même si l’on ne doit pas occulter cette dimension. Il s’agit d’abord, tout simplement, de savoir comment gagner de l’audibilité (et de cette « visibilité » qui va avec), comment assurer à sa parole les espaces, les occasions, la force et l’autorité dont elle a besoin, en bref comment pouvoir occuper des tribunes, car il n’y a pas de politique sans cela. Mais, medium is message, ce sont ces tribunes, ou plutôt la manière dont elles doivent être conquises et conservées, qui imposent à ces paroles leur adresse et leur forme, et finalement, à travers elles, une part de leur contenu. Et, toujours medium is message, cela tend à faire de ces paroles, au lieu de vrais mots d’ordre qui pourraient décider d’un ordre du jour effectif, avant tout de simples messages chargés de porter le témoignage identitaire (pour ne pas dire narcissique) des appartenances et des filiations partisanes. Je ne développe pas : les institutions françaises ne paraissent pas très bonnes. Il faudrait regarder un peu à côté. D’autres pays en ont sans doute de meilleures. Fin de la parenthèse).

Revenons aux primaires : et Valls ? Lui aussi se serait trouvé face aux mêmes dangers électoraux. Il lui aurait donc fallu, en choisissant le meilleur moment, se rallier à Macron s’il voulait éviter Fillon.

Le chemin de croix du candidat Fillon

Ecrit par Gilles Legroux le 04 février 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Le chemin de croix du candidat Fillon

Décidément, cette campagne présidentielle ne ressemble à aucune autre ! Depuis novembre, elle n’a cessé de nous réserver son lot de surprises, par la victoire aux primaires de la droite et de la gauche de deux candidats que l’on n’attendait pas, et auparavant, en décembre, par l’allocution du Président de la République annonçant qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat. Et voici que le « penelopegate » déclenché par l’article du Canard enchaîné du 25 janvier 2017 rebat à nouveau les cartes ! Voici que le navire de la droite dont l’amiral Fillon tenait solidement la barre, convaincu de l’amener à bon port sur une mer tranquille, voici que, d’un simple coup de bec dans sa coque, le navire, pris dans la tempête politico-médiatique, prend l’eau, se met à tanguer et devient tout à coup incontrôlable. Je vais analyser ci-dessous pourquoi cette affaire choque des millions de français et quelles peuvent en être les conséquences sur la campagne du candidat Fillon, et donc le destin de la France pour les années à venir.

Les faits étant connus de tous, il est inutile de les rappeler. Nous concédons à Madame Fillon le droit à la présomption d’innocence et écartons d’emblée l’hypothèse du délit d’emploi fictif, car c’est à la justice de le dire. Le fait d’employer un membre de sa famille comme assistant(e) parlementaire n’est pas illégal, mais heurte les millions de français à la recherche d’un emploi ou ceux, plus nombreux, qui ont un proche confronté à la réalité du chômage de masse. L’importance des rémunérations révulse quand on sait que beaucoup doivent se contenter de salaires payés au smic ou, pire encore, sont contraints d’accepter des contrats précaires et à temps partiel. La situation de Mme Fillon est perçue comme un privilège, une prébende. Dans un pays qui a fait la Révolution pour les abolir et qui a la passion de l’égalité, à défaut d’être égalitaire, l’effet est désastreux pour le candidat Fillon. Celui-ci crie à la calomnie (pourquoi alors, ne porte-t-il plainte contre le Canard enchaîné pour défendre son honneur ?). Peut-être est-il sincère et pense-t-il que les rémunérations perçues par sa tendre et chère épouse sont « normales ». Cette ligne de défense est dévastatrice – pour lui et pour la démocratie, ce qui est plus grave – car elle contribue à diffuser l’idée qu’à emploi et compétences équivalents, il y aurait des rémunérations « normales » pour « ceux d’en haut » et d’autres, beaucoup plus faibles, dont « ceux d’en bas » devraient juste pouvoir et devoir se contenter…

Le penelopegate aura des conséquences inévitables, mais dont il est impossible de prévoir l’ampleur sur la campagne électorale et par conséquent sur le destin du pays. M. Fillon a construit son succès lors des primaires de novembre en se forgeant, par un travail opiniâtre, une image de candidat de l’ordre moral. J’entends par là, outre les valeurs familiales traditionnelles, la défense des vertus du travail, de l’effort, du sacrifice, de l’économie. C’est cette image qui lui a permis de fédérer les diverses familles qui composent la droite française et de l’emporter sur ses concurrents*. Un seul article de presse aura suffi à détruire cette image patiemment construite : l’homme des valeurs apparaît tout à coup comme ce qu’il est, un châtelain de la Sarthe… Les ténors de la « Fillonie » tentent tant bien que mal, et plutôt maladroitement, d’éteindre l’incendie. En rappelant que la pratique dénoncée est courante, aussi bien chez les parlementaires de droite que de gauche. Mais les fautes morales des uns n’absolvent pas celles des autres, surtout lorsqu’on s’est présenté comme une sorte de « Monsieur Propre »… ! Quel impact cette affaire aura-t-elle sur les électeurs qui soutenaient le candidat Fillon ? Il est trop tôt pour le dire. Celle-ci, pour de nombreux électeurs de droite, s’apparente à une « crise de foi »… Sans doute « ceux qui ont la foi du charbonnier » continueront à soutenir leur champion. D’autres, chez qui le doute s’est insinué, seront indulgents envers « ce pauvre pêcheur » ; d’autres encore – combien ? – cesseront de fréquenter la « chapelle » pour aller voir ailleurs…

Camarade, mon camarade, quelle(s) gauche(s) vois-tu venir ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Camarade, mon camarade, quelle(s) gauche(s) vois-tu venir ?

… Mais, venir ou pas ? Singulier ou pluriel ? Réponse cinglante à l’un de mes récents billets, « Primaires de la gauche, l’ombre de Tours » ? ou grand large sur tout autre chose ? Vie ou mort, au fond… et chacun de s’interroger au soir glacial du dimanche passé, à moins que pour certains – j’en connais – le mouchoir s’imposa pour éponger les larmes – lames sans doute, aussi – de cet Epinay de notre jeunesse qui disparaît, avec ce bruit si particulier des cadavres qu’on noie.

Celui – le challenger, qui fait face ce 29 de Janvier à ce qu’il est convenu de nommer : un ballotage défavorable – qui avait dit, un temps, l’œil dur, qu’il y avait des gauches, deux, irréconciliables, avait « pythisé » la chose dans l’axe, ignorant qu’il en serait la première victime. On se croit roi indéboulonnable dans les hauteurs du pouvoir ; d’autre(s) que notre Manuel l’ont expérimenté si récemment, dans le fracas – jeu de mauvais gamins, peut-être – des « dégage » colériques, que nous vivons, tous, toutes options politiques confondues, et tous espaces géographiques mélangés.

Les cartes posées sur la table auprès de l’urne de dimanche sont à l’évidence on ne peut plus simples ; celle du tangible et des possibles, pas forcément rose pétant ; celle – loin, là-bas – dont tant d’entre nous ne voient pas nettement de quel horizon il s’agit ; ce temps rêvé d’un autre socialisme qui mettra 50 ans à prendre forme, ce franc (trop) idéal opposé au franc (trop) réel de l’autre. Et l'idée de nous traverser que cet Hollande parti loin dans ses déserts de l'autre hémisphère, était peut-être, avec sa synthèse en bandoulière, le pont qu'il aurait fallu, mais, bon... Deux temps complètement différents, qui, pour le moment, s’écartèlent ; une gauche qui ne marche pas sur ses deux jambes, un climat pré-guerre de religions qui sent son XVIème siècle, attendant, dans l’ombre des fourreaux, sa Saint Barthélémy. Le temps de tout, sauf celui d’un rassemblement. Truisme. Les plans pour le reconstruire alors que coule le Titanic...

On comprend cependant d’où viennent ces rivières dont le cours risque d’être long – temps quasi géologique – avant de rejoindre le même océan : celle qui veut inventer autre chose et du fort et du grand ! Pardi ! sortie qu’elle est toute cabossée de la « punition » et des contraintes du quinquennat. Frondeuse, pas autre chose, montrant loin vers l’horizon « sfumatisé » je ne sais quels lendemains qui chanteront un clairement autre mode de vie, de consommation, de rapport au monde… et tout ne fait pas se moquer dans ces discours et ces dossiers, ma foi, bien préparés, d’un Hamon inspiré. Mais, pour qui ce futur ? Ni pour moi et ma génération – nous ne verrons rien de tout ça passer de la page au réel. Ni, j’en ai peur, pour ces jeunes en jachère, en perdition, en déshérence, que le rêve envahit ; utopie décidément rime chaque fois que fougue se présente avec socialisme – du revenu universel versé dans la gamelle de tous, sans conditions de ressources, celui – pas si mineur que ça – du cannabis sorti de la pénalisation ; foin de la santé. Et qu’on ne nous abreuve pas du cas de la Finlande, qui – très petit pays homogène – expérimente sous le titre de l’universel le revenu d’existence décent de Valls, non étendu à l’ensemble de la population, par ailleurs.

Alors, me direz-vous, Manuel Valls et son expérience, sa stature, le bruit de ses bottes, et son regard de surveillant général ? Manuel et ses couleurs déjà ringardisées...  Eh bien oui, et sans barguigner, sans exagéré enthousiasme non plus, pour rester encore un peu en une sorte de socialisme du possible et du réel – une miette, un pan de bouée, avant le grand plongeon dans toutes les aventures à venir, les Fillon, les Le Pen – demain, pas dans 30 ans. Et même dans celle, portée par le fumeux Macron, ses badges et ses pin’s rutilants, son interface vieille comme la politique, entre ceux-ci et ceux-là ; sa marmite au un peu de tout. Peut-être – on le sait – faudra-t-il un jour prochain expertiser sa besace, à celui-là, mais, pour lors, le choix est chiche entre «  ceux qui partent courir l'aventure » désignés par notre Blum au congrès de Tours, et continuer le chemin – je dirais, le travail - protéger ce qui reste, deux ou trois cailloux – neufs, évidemment – en poche. Les temps sont trop à l’orage pour qu’on parte non couverts.

 Alors oui, Manuel. Parce que, tout bêtement, c’est raisonnable, et que les autres voies ici et là me semblent sans issue. La gauche et la raison, mais le regard haut ;  une problématique ancienne comme cet « aller à l’idéal pour construire le réel » de quelqu’un, il y a longtemps, hier, demain, en fait, comme il se doit, toujours…

Fillon : le syndrome Giscard

Ecrit par Jean-François Vincent le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique

Fillon : le syndrome Giscard

Un grand danger menace François Fillon pour la présidentielle de cette année : le hiatus entre ce que les Français anticipent et ce que les Français souhaitent. 55% pensent qu’il sera élu, mais seulement 28% le voudraient vraiment ! Raison principale : la peur qu’il inspire. 62% des personnes interrogées disent que le programme de François Fillon les inquiètent, 59% qu’il ne cèdera pas à la rue en cas de mouvements sociaux, 54% qu’il n’a pas la stature d’un président, 47% qu’il est capable de réformer le pays et 46% qu’il tiendra ses engagements. Seuls 28% pensent qu’il comprend les problèmes des gens. L’inquiétude majeure (72%) résidant dans la perspective de la réforme de la sécurité sociale qu’il envisage.

Au-delà du motif de ce hiatus entre anticipations et souhaits, c’est l’existence même dudit hiatus qui devrait préoccuper le candidat Fillon : en avril 1981, 52% des sondés croyaient en une victoire de Giscard (contre 21% pariant sur celle de Mitterrand), alors que plus de 50% avaient une opinion négative du président sortant et que seulement un peu plus de 40% désiraient véritablement sa réélection.

A la limite, le meilleur atout de Fillon n’est autre que… Marine Le Pen ! Car le résultat d’un second tour les opposant serait sans appel : 63% contre 37%. Le problème d’un éventuel challenger de gauche consiste donc à passer devant MLP ; dans un tel cas de figure, il ou elle aurait plus que des chances de l’emporter : sa victoire deviendrait même vraisemblable. Mais pour la doubler, il faut passer au-delà de la barre des 20% ; or aucun candidat de gauche ne dépasse les 15%… sauf Emmanuel Macron, qui atteindrait les 24% si, d’une part, Hamon gagne la primaire socialiste et si, d’autre part, François Bayrou ne se présente pas.

Il reste que la possible surprise du premier tour se situe bien là. Macron a à peine dévoilé son programme : rien de très nouveau, ni de très différent de celui des candidats à la candidature sociaux-libéraux du PS (la grande majorité d’entre eux). Son atout ? L’absence de parti ! Il surfe sur le rejet populiste des partis en général et du PS en particulier. Les électeurs veulent du centre gauche non partisan. Ajoutez à cela un aspect kennedioïde et un brin de « sexy youpi » giscardien, modèle 1974 et vous avez le portrait idéal d’un gagnant de deuxième tour…

Ce qui se passerait après demeure cependant une inconnue absolue : comment un vainqueur sans troupes parviendrait-il à remporter, dans la foulée, les élections législatives du mois de juin ? Cela ne s’est jamais produit dans l’histoire. Le vieux mythe gaulliste (car ç’en est un !) de la rencontre d’un individu et du peuple se réaliserait-il enfin ?

Une petite idée quand même : les députés socialistes sortants se rallieraient, comme un seul homme, au blanc panache du nouvel élu…

28 janvier 2017 - Rouge

Ecrit par Lilou le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

28 janvier 2017 - Rouge

C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases… Oui et par ces temps qui lassent on se mettrait presque la tripe à l’air à se demander pourquoi les Socialistes hésitent toujours entre le rouge et le rose. L’histoire n’est pas nouvelle, elle pourrait même être belle mais on ne reviendra pas sur le congrès de Tours de 1920 qui déjà confirmait que dans cette famille-là, l’amertume à la Borgia se conjuguerait dorénavant à tous les temps de la création… tout en préférant principalement ceux qui servent les minuscules intérêts. Les temps que traverse le PS d’aujourd’hui ramènent au temps médiéval de ses aspirations sociales et de ses choix directionnels. La nouveauté si je puis dire, c’est qu’en plus que de ne pas savoir compter quelques bataillons clairsemés de votants courageux, ce PS-là assume totalement ses élucubrations visant à déconstruire avec application le vieux contrat social donnant à la valeur du travail le rôle de mamelle de l’insertion dans la Nation.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour un programme construit avant tout dans l’objet d’attirer le chaland dans un délire plus rougeoyant que jamais et qui continue d’user jusqu’à la couenne les idées rances des fuyards de 1920.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces quarterons d’opportunistes misant des carrières entières sur un cheval de bon galop plutôt que de construire un projet de course à long terme dusse-t-il l’être dans l’ambiance feutrée des très faibles comités sentant la sueur plutôt que dans les grands messes cathodiques à vent dans le dos. Le socle ne manque pas pourtant, l’histoire de la gauche de gouvernement nous l’enseigne tous les jours dans nos droits et nos valeurs. Mais ses idées meurent plus fermées que jamais dans les anathèmes en 150 caractères. Qu’adviendra-t-il très bientôt quand ce Giscard de gauche pourra compter dans sa besace parlementaire les ralliements de ceux qui aujourd’hui sont rouges de plaisir mais qui demain seront verts de rage d’aller lui demander la charge, au sens monarchique du terme, bottes en caoutchouc aux pieds et sourires de circonstance sur les photos, de défendre le contraire de ce que jour après jour ils pérorent sous les gelées de janvier derrière Benoit Hamon ?

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour tous ceux qui dès le 6 mai 2012 savaient que le quinquennat qui arrivait sur la pointe des pieds (et les pistons du scooter) serait avant tout celui de François le mal aimé. A la Concorde ce soir-là, pendant que le vaincu s’apprêtait à ne jamais quitter la politique devenue spectacle, de petits cortèges rougis d’ambition se demandaient comment ils pourraient faire de leurs ministères et autres prébendes surdorées les chambres d’écho de leurs rancœurs de mauvais augure. Se jouait alors bien plus que la mise en place d’une politique hésitante et surtout née du glissement glauque du Sofitel de New York… Se jouaient déjà les affres de la Primaire actuelle qui n’a de belle que le sourire de Léa Salamé. Ne nous y trompons pas… Hollande était déjà perdu, trop de couteaux s’aiguisaient sur les flonflons de la victoire de celui ayant tous les attributs de l’enfant pas vraiment désiré et sur le tard venu…

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces héritiers flamboyants des arrière-cours florentines ayant confondu la loyauté envers le sens commun et le contrat de gouvernement avec les étincelles de leurs commisérations médiatiques offrant 15 secondes de gloriole plus phalliques qu’aimantes. Que de crimes et châtiments avons-nous entendu pendant ces années, pas si perdues que cela du reste, afin d’enfoncer des clous sur le cercueil des ambitions gouvernementales de 2012 condamnées avant que d’avoir vécu.

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