France

Camarade, mon camarade, quelle(s) gauche(s) vois-tu venir ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Camarade, mon camarade, quelle(s) gauche(s) vois-tu venir ?

… Mais, venir ou pas ? Singulier ou pluriel ? Réponse cinglante à l’un de mes récents billets, « Primaires de la gauche, l’ombre de Tours » ? ou grand large sur tout autre chose ? Vie ou mort, au fond… et chacun de s’interroger au soir glacial du dimanche passé, à moins que pour certains – j’en connais – le mouchoir s’imposa pour éponger les larmes – lames sans doute, aussi – de cet Epinay de notre jeunesse qui disparaît, avec ce bruit si particulier des cadavres qu’on noie.

Celui – le challenger, qui fait face ce 29 de Janvier à ce qu’il est convenu de nommer : un ballotage défavorable – qui avait dit, un temps, l’œil dur, qu’il y avait des gauches, deux, irréconciliables, avait « pythisé » la chose dans l’axe, ignorant qu’il en serait la première victime. On se croit roi indéboulonnable dans les hauteurs du pouvoir ; d’autre(s) que notre Manuel l’ont expérimenté si récemment, dans le fracas – jeu de mauvais gamins, peut-être – des « dégage » colériques, que nous vivons, tous, toutes options politiques confondues, et tous espaces géographiques mélangés.

Les cartes posées sur la table auprès de l’urne de dimanche sont à l’évidence on ne peut plus simples ; celle du tangible et des possibles, pas forcément rose pétant ; celle – loin, là-bas – dont tant d’entre nous ne voient pas nettement de quel horizon il s’agit ; ce temps rêvé d’un autre socialisme qui mettra 50 ans à prendre forme, ce franc (trop) idéal opposé au franc (trop) réel de l’autre. Et l'idée de nous traverser que cet Hollande parti loin dans ses déserts de l'autre hémisphère, était peut-être, avec sa synthèse en bandoulière, le pont qu'il aurait fallu, mais, bon... Deux temps complètement différents, qui, pour le moment, s’écartèlent ; une gauche qui ne marche pas sur ses deux jambes, un climat pré-guerre de religions qui sent son XVIème siècle, attendant, dans l’ombre des fourreaux, sa Saint Barthélémy. Le temps de tout, sauf celui d’un rassemblement. Truisme. Les plans pour le reconstruire alors que coule le Titanic...

On comprend cependant d’où viennent ces rivières dont le cours risque d’être long – temps quasi géologique – avant de rejoindre le même océan : celle qui veut inventer autre chose et du fort et du grand ! Pardi ! sortie qu’elle est toute cabossée de la « punition » et des contraintes du quinquennat. Frondeuse, pas autre chose, montrant loin vers l’horizon « sfumatisé » je ne sais quels lendemains qui chanteront un clairement autre mode de vie, de consommation, de rapport au monde… et tout ne fait pas se moquer dans ces discours et ces dossiers, ma foi, bien préparés, d’un Hamon inspiré. Mais, pour qui ce futur ? Ni pour moi et ma génération – nous ne verrons rien de tout ça passer de la page au réel. Ni, j’en ai peur, pour ces jeunes en jachère, en perdition, en déshérence, que le rêve envahit ; utopie décidément rime chaque fois que fougue se présente avec socialisme – du revenu universel versé dans la gamelle de tous, sans conditions de ressources, celui – pas si mineur que ça – du cannabis sorti de la pénalisation ; foin de la santé. Et qu’on ne nous abreuve pas du cas de la Finlande, qui – très petit pays homogène – expérimente sous le titre de l’universel le revenu d’existence décent de Valls, non étendu à l’ensemble de la population, par ailleurs.

Alors, me direz-vous, Manuel Valls et son expérience, sa stature, le bruit de ses bottes, et son regard de surveillant général ? Manuel et ses couleurs déjà ringardisées...  Eh bien oui, et sans barguigner, sans exagéré enthousiasme non plus, pour rester encore un peu en une sorte de socialisme du possible et du réel – une miette, un pan de bouée, avant le grand plongeon dans toutes les aventures à venir, les Fillon, les Le Pen – demain, pas dans 30 ans. Et même dans celle, portée par le fumeux Macron, ses badges et ses pin’s rutilants, son interface vieille comme la politique, entre ceux-ci et ceux-là ; sa marmite au un peu de tout. Peut-être – on le sait – faudra-t-il un jour prochain expertiser sa besace, à celui-là, mais, pour lors, le choix est chiche entre «  ceux qui partent courir l'aventure » désignés par notre Blum au congrès de Tours, et continuer le chemin – je dirais, le travail - protéger ce qui reste, deux ou trois cailloux – neufs, évidemment – en poche. Les temps sont trop à l’orage pour qu’on parte non couverts.

 Alors oui, Manuel. Parce que, tout bêtement, c’est raisonnable, et que les autres voies ici et là me semblent sans issue. La gauche et la raison, mais le regard haut ;  une problématique ancienne comme cet « aller à l’idéal pour construire le réel » de quelqu’un, il y a longtemps, hier, demain, en fait, comme il se doit, toujours…

Fillon : le syndrome Giscard

Ecrit par Jean-François Vincent le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique

Fillon : le syndrome Giscard

Un grand danger menace François Fillon pour la présidentielle de cette année : le hiatus entre ce que les Français anticipent et ce que les Français souhaitent. 55% pensent qu’il sera élu, mais seulement 28% le voudraient vraiment ! Raison principale : la peur qu’il inspire. 62% des personnes interrogées disent que le programme de François Fillon les inquiètent, 59% qu’il ne cèdera pas à la rue en cas de mouvements sociaux, 54% qu’il n’a pas la stature d’un président, 47% qu’il est capable de réformer le pays et 46% qu’il tiendra ses engagements. Seuls 28% pensent qu’il comprend les problèmes des gens. L’inquiétude majeure (72%) résidant dans la perspective de la réforme de la sécurité sociale qu’il envisage.

Au-delà du motif de ce hiatus entre anticipations et souhaits, c’est l’existence même dudit hiatus qui devrait préoccuper le candidat Fillon : en avril 1981, 52% des sondés croyaient en une victoire de Giscard (contre 21% pariant sur celle de Mitterrand), alors que plus de 50% avaient une opinion négative du président sortant et que seulement un peu plus de 40% désiraient véritablement sa réélection.

A la limite, le meilleur atout de Fillon n’est autre que… Marine Le Pen ! Car le résultat d’un second tour les opposant serait sans appel : 63% contre 37%. Le problème d’un éventuel challenger de gauche consiste donc à passer devant MLP ; dans un tel cas de figure, il ou elle aurait plus que des chances de l’emporter : sa victoire deviendrait même vraisemblable. Mais pour la doubler, il faut passer au-delà de la barre des 20% ; or aucun candidat de gauche ne dépasse les 15%… sauf Emmanuel Macron, qui atteindrait les 24% si, d’une part, Hamon gagne la primaire socialiste et si, d’autre part, François Bayrou ne se présente pas.

Il reste que la possible surprise du premier tour se situe bien là. Macron a à peine dévoilé son programme : rien de très nouveau, ni de très différent de celui des candidats à la candidature sociaux-libéraux du PS (la grande majorité d’entre eux). Son atout ? L’absence de parti ! Il surfe sur le rejet populiste des partis en général et du PS en particulier. Les électeurs veulent du centre gauche non partisan. Ajoutez à cela un aspect kennedioïde et un brin de « sexy youpi » giscardien, modèle 1974 et vous avez le portrait idéal d’un gagnant de deuxième tour…

Ce qui se passerait après demeure cependant une inconnue absolue : comment un vainqueur sans troupes parviendrait-il à remporter, dans la foulée, les élections législatives du mois de juin ? Cela ne s’est jamais produit dans l’histoire. Le vieux mythe gaulliste (car ç’en est un !) de la rencontre d’un individu et du peuple se réaliserait-il enfin ?

Une petite idée quand même : les députés socialistes sortants se rallieraient, comme un seul homme, au blanc panache du nouvel élu…

28 janvier 2017 - Rouge

Ecrit par Lilou le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

28 janvier 2017 - Rouge

C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases… Oui et par ces temps qui lassent on se mettrait presque la tripe à l’air à se demander pourquoi les Socialistes hésitent toujours entre le rouge et le rose. L’histoire n’est pas nouvelle, elle pourrait même être belle mais on ne reviendra pas sur le congrès de Tours de 1920 qui déjà confirmait que dans cette famille-là, l’amertume à la Borgia se conjuguerait dorénavant à tous les temps de la création… tout en préférant principalement ceux qui servent les minuscules intérêts. Les temps que traverse le PS d’aujourd’hui ramènent au temps médiéval de ses aspirations sociales et de ses choix directionnels. La nouveauté si je puis dire, c’est qu’en plus que de ne pas savoir compter quelques bataillons clairsemés de votants courageux, ce PS-là assume totalement ses élucubrations visant à déconstruire avec application le vieux contrat social donnant à la valeur du travail le rôle de mamelle de l’insertion dans la Nation.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour un programme construit avant tout dans l’objet d’attirer le chaland dans un délire plus rougeoyant que jamais et qui continue d’user jusqu’à la couenne les idées rances des fuyards de 1920.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces quarterons d’opportunistes misant des carrières entières sur un cheval de bon galop plutôt que de construire un projet de course à long terme dusse-t-il l’être dans l’ambiance feutrée des très faibles comités sentant la sueur plutôt que dans les grands messes cathodiques à vent dans le dos. Le socle ne manque pas pourtant, l’histoire de la gauche de gouvernement nous l’enseigne tous les jours dans nos droits et nos valeurs. Mais ses idées meurent plus fermées que jamais dans les anathèmes en 150 caractères. Qu’adviendra-t-il très bientôt quand ce Giscard de gauche pourra compter dans sa besace parlementaire les ralliements de ceux qui aujourd’hui sont rouges de plaisir mais qui demain seront verts de rage d’aller lui demander la charge, au sens monarchique du terme, bottes en caoutchouc aux pieds et sourires de circonstance sur les photos, de défendre le contraire de ce que jour après jour ils pérorent sous les gelées de janvier derrière Benoit Hamon ?

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour tous ceux qui dès le 6 mai 2012 savaient que le quinquennat qui arrivait sur la pointe des pieds (et les pistons du scooter) serait avant tout celui de François le mal aimé. A la Concorde ce soir-là, pendant que le vaincu s’apprêtait à ne jamais quitter la politique devenue spectacle, de petits cortèges rougis d’ambition se demandaient comment ils pourraient faire de leurs ministères et autres prébendes surdorées les chambres d’écho de leurs rancœurs de mauvais augure. Se jouait alors bien plus que la mise en place d’une politique hésitante et surtout née du glissement glauque du Sofitel de New York… Se jouaient déjà les affres de la Primaire actuelle qui n’a de belle que le sourire de Léa Salamé. Ne nous y trompons pas… Hollande était déjà perdu, trop de couteaux s’aiguisaient sur les flonflons de la victoire de celui ayant tous les attributs de l’enfant pas vraiment désiré et sur le tard venu…

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces héritiers flamboyants des arrière-cours florentines ayant confondu la loyauté envers le sens commun et le contrat de gouvernement avec les étincelles de leurs commisérations médiatiques offrant 15 secondes de gloriole plus phalliques qu’aimantes. Que de crimes et châtiments avons-nous entendu pendant ces années, pas si perdues que cela du reste, afin d’enfoncer des clous sur le cercueil des ambitions gouvernementales de 2012 condamnées avant que d’avoir vécu.

Pénélope et François sont dans le bateau mais plus pour longtemps…

Ecrit par Mélisande le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Pénélope et François sont dans le bateau mais plus pour longtemps…

« Quand on voit ce qu’on voit, disait Coluche, et quand on sait ce qu’on sait, on a raison de penser ce qu’on pense… ». Oui, François Fillon par exemple prend la parole, mais on pourrait se dire de quel droit lui comme tous ces députés, dont certains sont mis en examen comme Balkany par exemple, sont encore dans les rangs de l’Assemblée ?… Guéant et ses 10.000 euros en plus par mois, non déclarés… Condamné à un an ferme, mais il ne va même pas être affronté à la réalité de la prison… On rêve… Ceux qui arrachent une chemise, volent une chaise dans une banque, risquent la prison par contre, et ferme… Ah ! Ça ira, ça ira !!

C’est-à-dire qu’il n’y a aucune limite : non seulement ils ne représentent plus du tout le peuple, ils s’en servent pour s’enrichir et flouer la parole politique, éthique, notion de service volant en éclats glauques sur les murs de notre histoire, mais en plus, ils sont toujours là. François et Pénélope, leur manoir de quelques 16 pièces dans la Sarthe, résidence secondaire, façon Ancien Régime… Et nous le peuple ??

Prenons mes amis et moi par exemple, ici en Ardèche : entre 800 et 1000 euros de retraite. Pas d’aide de la CAF. Pigiste, psychothérapeute, esthéticienne, ayant cotisé, ou plutôt ayant été dépouillés par l’URSSAF, pas possible de se payer les prothèses dentaires, ni même de prendre une mutuelle… Un loyer de 190 euros pour moi, qui suis considérée comme « profession intellectuelle supérieure… ». Alors, il y a tous les copains, les jeunes aussi, les étrangers comme on dit, loin du sens spirituel du terme : ceux qui arrivent, poursuivis par la guerre, et dont on ne veut pas… François dans ton manoir sur les 15 chambres, une ou deux pour des familles syriennes ? Allez encore un effort…

Le peuple est sans doute naïf, enfantin, mais ce qui est sûr c’est que ça commence à faire beaucoup ! Je propose comme examen politique que l’on mette Fillon au RSA pendant un an, on verra s’il ne change pas de programme politique. Je propose qu’on envoie Balkany et son épouse vivre dans une aire où l’on parque les Roms, pendant un an, qu’on les mette dans la rue avec 400 euros par mois… Je propose que l’on préfère l’expérience de l’altérité plutôt qu’un programme politique.

De quel droit cette parole ? On leur retire le droit de l’ouvrir en notre nom.

Mais ce qu’il y a d’incompréhensible, c’est que tout le monde défende son ego, son pré carré, son petit moi : ceux qui s’imaginent qu’ils pensent et courent les plateaux de TV, ceux qui excluent, ceux qui détestent, les hystériques (Yann Moix qui fait son fonds de commerce de petit émasculé en étant violent verbalement contre les femmes), les grands malades auxquels on propose des patins pour rentrer sur les plateaux de TV et déverser leur pathologie exhibitionniste, leur violence, conchier, salir, mépriser, être dans une médiocrité crasse telle, que c’en est humiliant pour tous ceux qui vivent encore dans la dignité. Il n’y a plus aucun souci de service de sens du devoir, et du don, dans les discours mensongers des politiques. Un ou deux journalistes font encore leur travail comme des guerriers, parce qu’il faut quand même être un samouraï pour continuer : François Ruffin, Elise Lucet, Edwy Plenel… Le Canard, merci à lui, le Volatile…

Alors qu’est-ce qu’on attend pour mettre dehors ces faussaires ? Ah oui ! « Nuit Debout » c’était pas mal, mais pas organisé, « spontex », genre pas habilité par les institutionnels ceux qui s’arrogent le droit de parler… Juste une respiration, un cri, des musiciens qui viennent à trois cents, c’est pas mal ça quand même non ? La musique !!! Voilà une parole qui parle d’elle-même.

Réfléchissons camarade, quelle place laissons-nous à l’Autre ? Dans quelle mesure sommes-nous prêts à nous effacer pour laisser être l’autre ? En face et en nous. Il faut instituer : Matin debout, jour debout, nuit debout, ne plus jamais se coucher devant tant de vulgarité… Hasta la victoria siempre.

Hollande face au « Postfactuel »

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 janvier 2017. dans La une, France, Politique

Hollande face au « Postfactuel »

Essai d’application de la chronique de notre ami Jean-François Vincent au « temps Hollande »

… Car en lisant votre texte, Jean-François, on ne peut que se dire, d’entrée – en sortie, nous verrons – « bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est une lecture impeccable du quinquennat et de ses difficultés, ça ». Comme disaient mes petits élèves, quand il leur avait semblé avoir trouvé quelque chose : « ça marche, madame ! » Et l’œil du gamin pétillait, alors, ici, le mien, pas moins.

« Cela est, si cela vous paraît être » a dit Pirandello, écrivez-vous, Jean-François. Vieux décorticage de début des cours de philo : « est » pour le quinquennat, les faits, réussites actées mais aussi échecs avérés ; « vous » ce serait l’opinion ; quant au « paraît être », on serait en plein dans ce curieux miroir déformant, tendant au grotesque parfois du tout autre chose, votre « postfactuel », « postverity ».

Le temps Hollande a correspondu, tel un drôle de calque obsédant, à ces concepts dits nouveaux, qui s’invitent en politique. Dès le début, peut-être, sait-on, en même temps que montait la victoire, ce fut un syllogisme du type : – Hollande n’a pas les épaules, ni la carrure d’un Président, donc… mâtiné de façon si goujate de ce : – son physique, quand même ! ses vêtements, sa coiffure, sa démarche (sa dégaine, disait-on)… j’ai entendu et lu des - ne riez pas !  pour ponctuer. La présidentialisation de Hollande aura du coup, et, malgré le réel, par exemple la politique extérieure et les attentats, toujours du retard à l’allumage… La Gauche – ça vient de très loin, ça – est dépensière, productrice (pondeuse ? l’image est plus parlante) de fonctionnaires à outrance, mauvaise gestionnaire de « nos » sous, madame ! Et par-dessus le marché, démultiplicatrice d’impôts – prélèvements obligatoires, l’échine en frissonne – à n’en plus pouvoir. Et bien, qu’on concède en rembobinant le film, que malgré – le réel, encore – les économies et baisses de la dette, les essais de ne pas gabgetiser la fonction publique, les progrès chiffrés économiques, y compris le chômage, le tangible de la SECU, malgré ces progrès, voire ces réussites, le « dit » de l’échec absolu (relatif, on peut en discuter) – étrange fabliau médiéval à sa façon – ont enchanté de mois en mois, non les veillées de jadis au coin d’un feu, mais nos soirées TV, à friser la gastro… Quant au fameux « trop d’impôts » qui a couru la poste le long de tout le quinquennat, outre le faux d’en couvrir la totalité du quinquennat, et de passer bien vite au destructeur de vérités, les facilités de tous ordres dont pas mal de PME sont plutôt satisfaites, faudrait-il oublier le sens du fiscal pour développer, équilibrer, réinjecter du juste dans une société ? D’autres exemples à foison conviendraient à la démonstration de ce tangible Hollandien ne passant pas la rampe de l’opinion, et comptant, soyez-en sûrs, au plus haut point dans le renoncement final du Président.

Gauche à la veille des Primaires, l’ombre de Tours

Ecrit par Martine L. Petauton le 14 janvier 2017. dans La une, France, Politique

Gauche à la veille des Primaires, l’ombre de Tours

« Les coups que nous devons porter, les uns et les autres, à l’ennemi commun, seront réservés, avec un soin jaloux, aux frères d’armes de la veille… »

Marx Dormoy, 30 janvier 1921

 

Loin dans les brumes de ce début de XXème siècle, à deux pas de la sortie de la boucherie de la Grande Guerre, à quelques courtes encablures de la Révolution Bolchévique d’Octobre, il y a eu – déjà, me direz-vous – ou bien alors – encore – la guerre des Gauches. Le Congrès de Tours, sans doute le seul congrès socialiste qu’on conserve tous en mémoire, battait les estrades à la Noël 1920. La SFIO éclatait et au bout de débats, qui « se tenaient haut » et ne bavardaient pas, 3208 mandats rejoignaient l’Internationale communiste, tandis que seulement 1022 demeuraient dans la « vieille maison » de Blum, Dormoy et quelques autres. La clarification, les choix étaient à l’œuvre ; il le fallait. Mais la famille éclatée et déchirée, les ennemis fabriqués avec une rare haine, quand même autre chose ! Dans l’Allier de Dormoy, qui m’est chère, une quarantaine de sections sur cinquante rejoignent alors le nouveau Parti Communiste… pour le coup, là, on peut vraiment parler de Gauches irréconciliables, qui, pourtant – preuve que l’espérance doit toujours grésiller au fond de nos cœurs citoyens – sauront marcher ensemble ou presque au temps fleuri du Front Populaire à venir, soit pas mal d’années après, quand même…

On n’en est pas là – direz-vous – quoique… comme des effluves qui passent.

 Qu’est-ce que La Gauche, hic et nunc, au moment de ses Primaires ; comment se présente l’espèce ? Drapeau déjà, selon certains, bavant un berne de cauchemar, avant que les évènements, en soi, aient eu lieu.

En ce temps d’aujourd’hui, camarades, les Gauches, les génitrices, les petits des unes ou des autres, vagabondent aux quatre coins. Modernité, Quinquennat, illusions, déceptions et pertes de boussole, obligent. Et puis, sans doute, cette époque de repli sur le soi, ses égoïsmes, ses bulles d’un peu tout, sais-je !

Gauche de l’intérieur de la compétition, au nom du parti Socialiste et alliés ; 7 candidats, et non 3 comme on voudrait en simplifier d’entrée l’équation. Gaffe, car l’électeur, enjoué, ou bien pervers, aime, on devrait s’en souvenir, « sortir les prétendants ». Gauche de l’extérieur, à moins que de l’ailleurs, offrant – grand écart – une de Gauche bien rouge et l’autre, à peine colorée, si peu, je vous assure ; une aube de premier communiant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’offre existe ; visible, c’est moins sûr ; les Media qui savent ce que nous devons penser et faire, n’ayant que deux grands fers au feu : Fillon et Macron. Et lisible ? direz-vous. Finalement oui, même si les différences subtiles et je veux croire tangibles entre le sourire bonimenteur de Montebourg et les yeux clairs de Hamon, vous me permettrez de laisser la chose aux chercheurs de demain.

Notre Gauche s’effrite – truisme – mais pas en autant de morceaux qu’on veut nous le faire croire.

De Gaulle et Fillon : l’original et la pâle copie

Ecrit par Gilles Legroux le 14 janvier 2017. dans La une, France, Politique

De Gaulle et Fillon : l’original et la pâle copie

Pendant les vacances de la Toussaint 2015, moment de l’année propice au recueillement et au devoir de mémoire, j’ai visité le musée de Péronne, puis Douaumont, pour enfin redescendre sur Colombey-les-Deux-Eglises. C’est dans ce petit village de la Haute-Marne que le général de Gaulle, en 1934, a élu domicile pour y vivre, y écrire et y mourir. Et c’est dans le minuscule cimetière jouxtant l’église qu’il repose avec son épouse et sa fille. Sa demeure, La Boisserie, est une maison cossue, mais sans luxe ostentatoire. Il semble que le Général de Gaulle n’avait pas encore été gagné par la passion immodérée de nombre de nos hommes politiques contemporains pour la « vie de château » et la restauration des vieilles pierres. Le parc arboré est vaste et paisible. Ici, la petite Anne pourrait y vivre à son aise sa différence…

Nous eûmes de la chance avec ma compagne. Le temps était idéal. Un ciel gris de nuages filant lentement vers l’est, une pluie fine et têtue nimbait de brume ce morceau de France recru d’invasions et de guerres. Un paysage gaullien en somme. Oui. Un temps idéal ! Car il y a deux catégories de français qui ne comprendront jamais rien au gaullisme, ceux qui refusent de vibrer à l’écoute de l’Appel du 18 juin ; ceux qui regardent sans émotion la croix de Lorraine en plein été ! (Pardon Marc Bloch, pour ce détournement…).

Garé sur la place « Radio-Londres », la visite commença par le cimetière tout proche. Devant la tombe, il y avait un couple de retraités qui se recueillait. La femme, qui avait adopté une tête de circonstance – une tête d’enterrement –, soupira, le désespoir dans la voix : « Mon dieu, si le Général voyait ce que la France est devenue… Pauvre France… ! ». Où est cette brave dame aujourd’hui ? A-t-elle voté aux primaires de novembre dernier ? A-t-elle placé son dernier espoir de française en François Fillon que la Providence nous envoie pour sauver notre « pauvre France » ? Serait-il possible que… M. Fillon qui se rattache au gaullisme social, certes mâtiné de séguinisme dans les années 1990 et après une parenthèse sarkozyste dans les années 2000, soit celui qui arrêtera la course folle de la France vers l’abîme ? Dans cette perspective, il nous a semblé utile de comparer les deux personnages. Comparaison n’étant pas raison, je mesure ce qu’il y a d’intellectuellement contestable à mettre ainsi en parallèle deux personnages dont l’un est entré dans l’histoire alors que l’autre aspire à y laisser une trace ; quand l’un a vécu une époque tragique en toile de fond de sa destinée exceptionnelle, alors que l’autre doit se contenter d’une crise lancinante et qui n’en finit plus de nous faire changer de monde. Ainsi, ce qui va suivre est à mi-chemin entre le jeu des 7 erreurs et ce que l’on peut appeler une analyse historique.

Les populismes de droite : leurs électorats ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 07 janvier 2017. dans Monde, La une, France, Politique

Les populismes de droite : leurs électorats ?

Les grands appareils médiatiques, notamment dans le contexte récent de l’élection de Donald Trump aux États-Unis, ont massivement donné une explication moniste, celle de la seule « colère » des peuples (en Occident en général), déçus par l’incapacité des gouvernements placés entre les mains des partis de la droite classique ou de la gauche modérée pour faire face à la crise économique et sociale, qui s’est accélérée depuis 2008 avec la chute de la banque américaine Lehmann Brothers et ses conséquences. Loin de moi l’idée de remettre en cause ces aspects indiscutables de la crise (qui n’est d’ailleurs pas qu’économique et sociale) que nous traversons depuis la fin des « 30 glorieuses », à partir des années 1973-1979 – et initialisée par les deux chocs pétroliers. Mais, parallèlement à cette dimension de « colère », sur laquelle surfent les mouvements et partis populistes (dont l’extrême droite au sens strict), il y a aussi d’autres aspects, très différents (parfois complémentaires), que j’appellerais des tentations de replis et de rejets fondées sur des peurs de l’Autre, du nouveau « barbare » étranger, dans le cadre d’un mécanisme identitariste.

Je vais maintenant aborder la présentation des différents segments électoraux des populismes en prenant des exemples.

Si l’on se penche sur le cas de la France, pour ce qui concerne les segments électoraux du Front National, on peut en distinguer deux types. Il y a d’abord un électorat traditionnel, celui du Midi, sociologiquement « bourgeois », anti-immigration et parfois (de plus en plus depuis La Manif pour tous) coloré d’une certaine dimension culturelle catholique conservatrice ou même réactionnaire. C’est ce segment qu’essaye de récupérer Marion Maréchal Le Pen, la « Duchesse du Vaucluse ». On trouve ensuite un autre segment électoral frontiste, très différent sociologiquement, qui correspond au Nord et à l’Est de notre pays, zones qui furent fortement industrialisées (charbon, acier), économiquement en grande difficulté, voire sinistrées – donc un ancien électorat de type ouvrier (ce qu’on appela la « classe ouvrière » et qui apparaît comme étant en voie de régression ou en profonde mutation). Ce frontisme-là, que le politologue Pascal Perrineau (entre autres) avait appelé le « gaucho-lepénisme », dès l’époque de Jean-Marie Le Pen, s’est nourri de la quasi disparition progressive des bataillons ouvriers et populaires qui votaient essentiellement pour le Parti Communiste. Je rappelle que le Front National est devenu depuis assez longtemps le premier parti « ouvrier » de France, en rapport (mais pas seulement, car la xénophobie et le racisme s’y sont ajoutés) avec les conséquences sociales négatives issues des délocalisations provoquées par la mondialisation néo-libérale. C’est Florian Philippot et le groupe de ses amis, provenant pour la plupart de la gauche chevènementiste (avant tout) et même parfois d’anciens militants d’extrême gauche, qui incarnent cet autre Front National « populaire ». J’ajoute que Marine Le Pen, qui tente de s’implanter durablement dans les anciennes régions de tradition ouvrière du Nord et qui a intégré la tactique et même la stratégie du « groupe Philippot », est forcément plus proche de ce segment électoral frontiste-là que ne l’est sa nièce Marion Maréchal Le Pen – soutenue par ses amis du Bloc Identitaire dans le Midi. Bien qu’il y ait là un risque important d’implosion pour le Front National entre des électorats et des groupes dirigeants aussi opposés, en cas de prise du pouvoir (pour 2017 ou plutôt 2022), ce qui maintient l’unité du parti – aussi bien en ce qui concerne ses électeurs que ses chefs –, c’est le « fonds de commerce » liant l’immigration et l’islam à l’insécurité et au terrorisme. Il faut rappeler enfin que – même si ce phénomène provient du fait que les jeunes votent moins que les gens mûrs ou âgés (notamment retraités) – le Front National représente une potentialité de plus de 30% des électeurs chez les 18-25 ans, par rapport à une moyenne frontiste d’environ 25%...

Racines d'Actu : Le populisme en France

le 10 décembre 2016. dans La une, France, Politique, Histoire

Racines d'Actu : Le populisme en France

Le terme de « populisme » est de plus en plus utilisé aujourd’hui, aussi bien chez les sociologues et les politologues que dans le domaine médiatique. Ajoutons que cela ne concerne pas uniquement la France, mais la plupart des pays européens et même occidentaux depuis la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines et les menaces sur les démocraties autrichienne et italienne, même si le danger extrémiste vient d’être endigué (provisoirement ?) dimanche dernier en Autriche. Je verrai d’abord – en me limitant donc à l’exemple français – en quoi cette expression est bien différente de celle de « populaire » et par quoi elle se manifeste (ses causes) ; puis quelles furent les différentes vagues de populismes dans l’histoire de notre pays depuis le XIXe siècle ; ensuite, pour terminer, je serai amené à me demander si populisme et extrême droite sont des concepts entièrement synonymes et s’il n’y a pas également, de plus en plus, la montée d’une forme de populisme issue de l’extrême gauche.
En France, quand on pense à populaire, la première référence qui vient à l’esprit est celle du Front populaire. Or, le populisme, même s’il contient le terme de « peuple », ne correspond absolument pas à l’essor d’un mouvement de revendications populaires comme le furent celles des années 1936-1938. En effet, politiquement, alors que le Front populaire était issu de ce que l’on appela plus tard « le peuple de gauche », le populisme est un phénomène beaucoup moins identifiable politiquement, même s’il fut essentiellement capté par l’extrême droite frontiste de Jean-Marie Le Pen puis par sa fille Marine. Ce que l’on trouve à la base du populisme, c’est le rejet global des « élites » politico-médiatiques et accessoirement d’ailleurs (car on ne les perçoit pas bien par des noms incarnés) financières, fondé sur le « Tous pourris » (slogan qui fut l’un des éléments phares du Front National) et l’idée que les « politiciens » ne s’occupent pas des « vrais problèmes des vrais gens » (traduisez : les miens… !), en liaison avec l’essor de l’individualisme. Cette vision désabusée et bien trop généralisatrice concernant la corruption (qui a toujours existé et existera toujours, tout en nécessitant une lutte acharnée contre elle), entraîne, sur le plan politique, soit l’abstention lors des élections (par désenchantement), soit avant tout la montée de l’extrême droite. Ce rejet des élites s’incarne – en les court-circuitant – dans la recherche d’un « homme providentiel » rejetant toutes les structures intermédiaires de la société républicaine, à travers ce que l’on nomme la demande expresse de « verticalité » (en fonction de peurs multiples), faisant ressortir une tradition politique française liée à ce que furent le bonapartisme et le gaullisme – à partir de 1958.

François… le mien

Ecrit par Martine L. Petauton le 10 décembre 2016. dans La une, France, Politique

François… le mien

Difficile de parler de quelqu’un qu’on connaît – ma foi, assez bien – et qu’il a fallu, durant son quinquennat, traiter et tenter autant que possible de considérer, de loin seulement, comme à travers un prisme d’un genre inconnu. C’est parce qu’il a choisi de clore sa vie politique au sommet de l’État, que j’écris cette chronique, plus  personnelle que les autres à son sujet. Il m’a semblé qu’elle trouvait une place légitime, en bout d’une longue série dont il a été forcément l’acteur, et pour tout dire, qu’elle était nécessaire ; peut-être aussi pour moi, face à vous, amis lecteurs de RDT.
Difficile d’avoir eu à écrire sur un président qui s’appelait François… Pour autant, et je veux ici l’en remercier, ce fut - pour la journaliste amateure, la rédactrice en chef novice d’un Reflets du Temps si jeune bien que fringant - un excellent terrain d’apprentissage, puisque les sujets ne manquaient pas, les chausse-trappe non plus, si l’on avait quelques soucis d’éthique, et la volonté de ne pas être assimilé à de quelconques chiffonnades type tracts ! S'il fut banal d’accompagner les moments de victoire et ceux dont on savait qu’il y aurait un consensus pour le soutenir, lui et plus largement le gouvernement, tout le monde comprendra que ce fut plus difficile – plus compliqué, comme on aime à dire à présent à tous bouts de champ – d’écrire l’édito ou la chronique quand je n’étais pas au diapason – ce fut le cas – entièrement en accord – ce fut légion – de ce qui marquait l’actualité, ou quand – pire, au fond – je l’étais mais à contre-courant de l’opinion générale partagée par mes camarades, ou amis de ma famille de pensée, par exemple. Ces – mais Martine, es-tu encore de gauche ? au moment de la déchéance de la nationalité résonnent encore amèrement dans ma mémoire… un peu comme dans la sienne, si j’ai bien entendu son bilan du 1er décembre.
Alors, me direz-vous, la solution aurait pu être de s’abriter dans cette coquille d’amitié incompatible avec le moindre regard historique, voire simplement journalistique, sur le président de la république en exercice, et, ceci, aggravé par un engagement politique, donc partisan, que j' ai usage de ne pas cacher, donc d'assumer tranquillement, sans toutefois l'exhiber à tous bouts de champ.  Se réfugier au coin d’une page FB aurait été, certes,  plus facile à gérer, suffisant, on le sait, d'y bloquer les grogneurs de tous poils. Mais, c’était bien là, au fond, qu’était le défi, et son intérêt premier ; écrire en respectant RDT et ses lecteurs, donc dans la ligne in-négociable de l’honnêteté intellectuelle et citoyenne. Écrire avec une passion et une tripe parfois militante, en ne perdant jamais de vue la hauteur, la distance dues au rendu d'un événement. C'est vrai, qu'en cas de fièvre dangereuse, l'historienne de formation et de métier qui ne sommeillent jamais loin en moi, tirait ou tentait de le faire, rapidement la sonnette d'alarme. Ce fut de temps à autre le cas, douloureux mais nécessaire...  Sacré challenge, toutefois, qui a dû, j’en suis certaine, cahoter avec hauts et bas, mais, et j’en suis finalement fière, arriver mine de mine au bout du chemin.

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