16 octobre, Hollande élu ... par la droite !

Ecrit par Jean-François Vincent le 28 octobre 2011. dans France, La une, Politique

16 octobre, Hollande élu ... par la droite !

 

Il est clair que les votants n’étaient pas exclusivement socialistes, encartés ou sympathisants. La gauche de la gauche a voté pour… Aubry.  Consigne claire de la part d’Europe-écologie ; pour le parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, il fallait choisir entre « le plus pire » et « la moins pire »… Restent évidemment les centristes et la droite. Leurs motivations ? Tout sauf Aubry, l’archéo-gaucho, mère des 35 heures ! Bien sûr, il y avait eu le – très médiatique – ralliement de Chirac himself en juin de cette année, mais aucun élément tangible… Jusqu’à ce que la sociologie électorale en apporte a posteriori la preuve.

Voici un examen du vote du 16 octobre dans deux grandes villes passées à gauche mais traditionnellement de droite : Paris et Lyon. A Paris, où donc Hollande réalise-t-il ses meilleurs scores ? Dans le 16ème arrondissement !!! 64,50% ! Auteuil, Passy, ses larges avenues et ses hôtels particuliers cossus, suivi de près par le 7ème arrondissement (le Bd Saint-Germain, le « noble » boulevard aux demeures aristocratiques) 62,81%, et le 8ème arrondissement (l’Etoile, les Champs Elysées) 61,53 %.

Inversement c’est dans les quartiers populaires historiquement de gauche, anciennement ouvriers et maintenant peuplés de travailleurs pauvres et d’immigrés, que Martine Aubry réalise ses plus beaux succès : 20ème 55,95%. A Lyon, même constat, Hollande est majoritaire dans la plupart des arrondissements, à l'exception notable du 1er, classé en partie zone "sensible", où Martine Aubry a obtenu 60,7%.

C’est vraisemblablement la peur qui a motivé cet électorat : convaincu que Sarkozy a d’ores et déjà perdu la partie, il a vu dans le 16 octobre le véritable second tour de la présidentielle, entre gauche et gauche. A cette aune, Hollande était le moindre mal.


Jean-François Vincent


A propos de l'auteur

Jean-François Vincent

Jean-François Vincent

Directeur de publication

Membre du Comité de Rédaction et rédacteur

Traducteur au Conseil de l'Europe

Ancien professeur certifié d'anglais

Ancien diacre à la cathédrale russe saint-Alexandre Nevski de Paris

Maîtrise d’anglais

Licence de philosophie

Licence de droit

Diplômé de l’institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Commentaires (5)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    01 novembre 2011 à 14:55 |
    Cher Jean-Luc, permettez-moi, en toute amitié, de vous contredire.
    Concernant les électeurs de droite - et j'en connais beaucoup (je viens d'un milieu de droite!)- ils ont beaucoup voté : pour eux, et pour reprendre un mot célèbre du chancelier Bethmann Hollweg, la charte des valeurs de gauche n'était qu'un "chiffon de papier"!...A la différence des électeurs de gauche qui - et là je vous rejoins - n'auraient pas participé à une primaire de la droite par convictions, les électeurs de droite, eux, ne se sont pas gênés, car ils ont moins...De convictions!
    Concernant la différence Hollande-Aubry, je suis d'accord avec vous : leurs divergences avaient la minceur d'une feuille de papier à cigarettes. Tout était dans l'image, et l'image ça compte! Surtout pour des électeurs qui "raisonnent" en termes de clichés et d'épouvantails (cf. "la dame des 35 heures"!).

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    • Jean-Luc Lamouché

      Jean-Luc Lamouché

      01 novembre 2011 à 22:46 |
      Cher Jean-François, en réalité nos désaccords sont relativement limités, car je peux reprendre à mon compte une grande partie de votre commentaire. Je continue pourtant de penser qu'il est très difficile de donner des avis et de faire des analyses plus ou moins chiffrées sur le nombre - ou les pourcentages - d'électeurs de Droite ayant participé aux primaires citoyennes.

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  • Jean-Luc Lamouché

    Jean-Luc Lamouché

    01 novembre 2011 à 09:32 |
    Cher JFV, permettez-moi ces commentaires à propos de votre texte, qui – je le crois – ne correspond pas du tout à la réalité du scrutin du 16 octobre.
    Vous raisonnez de manière biaisée, mais en toute sincérité, je n'en doute pas, en ne tenant pas compte du type de scrutin "révolutionnaire" et inconnu jusqu'à présent auquel ont correspondu les primaires citoyennes. Aucune analyse n'est sérieusement possible pour les quartiers "bourgeois" ou "populaires" de Paris ou de Lyon, etc., en ce qui concerne le vote Hollande ou Aubry.
    On ne peut absolument pas dire que François Hollande a été choisi – même en partie - par "l'électorat de Droite", comme "le moins pire". Cet électorat n'a bien évidemment participé que de manière très exceptionnelle à ce scrutin. Croyez-vous que ce soit si simple pour quelqu'un de Droite de se désigner – par écrit – comme ayant des "valeurs de Gauche" ? Inversons le processus : en 2017, si – comme c'est plus que probable à présent – la Droite organise elle aussi des primaires, croyez-vous qu'un nombre significatif de gens de Gauche aillent départager Copé, Juppé ou autre(s), en signant un papier montrant leur attachement aux idées de Droite ?
    Votre raisonnement chiffré ne tient pas – par la force des choses. Par contre, je vous accorde bien évidemment le fait que, chez EELV et au Front de Gauche, Hollande et Aubry ne sont pas perçus de la même façon : cela est dû essentiellement à l'image de "La Dame des 35 heures" ! Et pourtant ! Tout observateur attentif sait que les deux "impétrants" sont – aujourd'hui – sur une même ligne politique : celle d'une social-démocratie assez classique, mâtinée d'une certaine dose de libéralisme. Si, chez EELV et à la gauche de la Gauche, Martine Aubry a pu être perçue comme plus radicale, cela ne correspond – selon moi – qu'à un cliché caricatural, une simple "représentation" (comme disent les
    psychosociologues).
    Amicalement.

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  • MartineL

    MartineL

    29 octobre 2011 à 14:11 |
    Il me semble important de souligner dans la sociologie politique qui intéresse votre propos, que, certes, il y a eu un vote - globalement bobo et urbain - dans les exprimés d’octobre ( plus, à mon avis, bobo que de droite ; car c'est peut-être aller un peu vite en besogne que d'attacher de façon systématique le vote à l'arrondissement )mais, pour autant cela souligne fortement l'absence de mobilisation dans les quartiers populaires - notamment en banlieue parisienne ou lyonnaise - le vote populaire qu'avait rattrapé S Royal n'est pas encore au rendez vous ; reste toute la campagne - et S Royal par exemple - pour lui faire signe.

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  • Jean Le Mosellan

    Jean Le Mosellan

    28 octobre 2011 à 17:36 |
    Belle politique fiction. Elle nous ferait presque croire que la municipalité de Lyon est dirigée par Gérard Colomb PS,et celle de Paris par Bertrand Delanoë PS,qui en sont tous les deux à leur 2e mandat. Ont-ils réussi à faire prendre à leurs administrés,les vessies pour des lanternes ?

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