Racines d'actu : Le « Macronisme » et les cultures politiques ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 27 mai 2017. dans France, La une, Politique

Racines d'actu : Le « Macronisme » et les cultures politiques ?

Je voudrais présenter ici une analyse succincte par rapport aux élections présidentielles écoulées, et surtout en liaison avec le phénomène politique que certains nomment déjà le « macronisme », en tentant de replacer tout cela dans la longue durée historique française et touchant même à des traditions provenant d’autres pays.

Pendant les élections présidentielles d’avril-mai 2017, dont nous venons tout juste de sortir, on peut dire que plusieurs cultures politiques issues de l’ancien modèle français se sont trouvées confrontées : une (à plusieurs visages) de type libérale, au sens des « valeurs » de 1789 (première phase, libérale, de la Révolution française), une se rattachant plus ou moins à 1793 (seconde phase, radicale, de la Révolution française) jusqu’au « surmoi marxiste » guesdiste, puis léniniste et même trotskiste, et enfin une nationaliste issue principalement de la tradition contre-révolutionnaire. A cela, il faudra en ajouter une autre, de type américaine, et précisément « californienne ». C’est au sein de ces cultures politiques diverses et conflictuelles que je vais être progressivement amené à situer le « phénomène Macron », ou « macronisme ».

Avant d’aborder la(les) culture(s) politiques auxquelles rattacher le macronisme, rappelons rapidement celles auxquelles celui-ci s’opposa. D’abord, il y eut celle menée par Jean-Luc Mélenchon, dont on connaît les penchants « robespierristes » et « sociaux-nationalistes » prononcés, ainsi que le passé trotskiste, dans le cadre de sa France Insoumise. Cette même culture globale fut aussi portée, du moins en partie, quoique très différemment, par le social-démocrate de gauche (provenant du Parti Socialiste) Benoît Hamon, qui fut « siphonné » sur le plan électoral entre d’une part La France Insoumise et de l’autre En Marche, le mouvement politique d’Emmanuel Macron. Etant donné son très faible poids électoral, je vais laisser de côté les éléments de types trotskistes que l’on devrait rattacher à cette même tradition « révolutionnaire » au sens large, en plus radicale. Ensuite, on eut affaire à celle de Marine Le Pen, qui s’organisa autour de l’extrême droite frontiste, avec une courte alliance mise sur pied entre la cheffe du Front National et le souverainiste de droite Nicolas Dupont-Aignan. Enfin, on assista à un certain maintien tant bien que mal (et plutôt mal que bien) de celle de la droite dite « classique » ou « républicaine » (?), libérale au niveau économique, avec le parti Les Républicains et l’Union des Démocrates Indépendants, et qui fut amenée dans le mur par François Fillon (après l’élimination d’Alain Juppé lors du second tour des primaires de la droite et du centre), en liaison avec son programme économique et social extrême, de facto suicidaire, suivi par les cataclysmes provoqués par le Fillongate et le Penelopegate.

Dans ce contexte culturel politique global, comment situer le phénomène du macronisme ? Je dirais que l’originalité du profil de celui-ci correspond à au moins une triple culture. En premier lieu, un social-libéralisme assumé, sorte de positionnement intermédiaire entre social-démocratie impossible en 2017 (à cause de la faiblesse de la croissance économique ou « croissance molle ») et libéralisme économique classique. On pourra remarquer que ce créneau, ou espace politique, était aussi – et depuis longtemps – celui de Manuel Valls, et même, avec de fortes nuances, celui de François Hollande pendant l’essentiel de la durée de son quinquennat. Ce social-libéralisme dit et donc assumé d’Emmanuel Macron correspond en partie à une sorte de remise au goût du jour de « la troisième voie » qui avait été théorisée par Tony Blair et Bill Clinton, de la fin des années 1990 jusque vers le milieu de la décennie 2000. Mais, ce serait une grave erreur de penser qu’il ne s’agirait-là que d’un bégaiement de l’Histoire, simplement en rapport avec une situation particulière donnée. En effet, en second lieu, avec son « Et droite, et gauche », ou son « En même temps » (tellement moqué par ceux qui gardent sous leurs yeux les anciennes grilles de lecture des espaces politiques français), le macronisme se veut, dans le but d’une reconstruction, et même d’une refondation de notre pays, une nouvelle façon d’appréhender la politique, nullement centriste (du type François Bayrou), mais pivot, ou « centrale », bien résumée par le terme de « progressisme ». Je rappelle à ce sujet que le mouvement En Marche doit être appelé à devenir un grand parti politique le 15 juillet prochain, peut-être sous le nom de Parti Progressiste (?) Ce « Et droite, et gauche » n’a-t-il pas de fortes résonnances avec le désir profond censé être celui réclamé depuis longtemps à longueur d’enquêtes d’opinion par près des 2/3 des français ? On sait en tout cas à quel point cette tentation « progressiste » déborda rapidement (dès avant, puis après les résultats des primaires de la gauche de gouvernement) sur des cadres du Parti Socialiste et la plus grande partie de son électorat traditionnel. Il est d’ailleurs tout à fait possible que le macronisme amène indirectement l’essentiel des socialistes français actuels, désormais fragmentés, à accepter l’abandon du « surmoi marxiste » et à se rallier à une économie de marché régulée comme le firent les socialistes allemands du Parti Social Démocrate lors de leur congrès de Bad Godesberg en 1959 ; ce serait alors là une autre culture du macronisme, importée de facto d’Outre-Rhin (?).

En troisième lieu, le macronisme a également d’importantes sources politiques liées à ce que l’on appelle « la gauche américaine ». Beaucoup d’observateurs, notamment au sein des médias, se sont avant tout attachés (comme d’habitude) à la forme, avec des comparaisons entre Emmanuel Macron et John Fitzgerald Kennedy (fondées sur une image de jeunesse, d’énergie et de renouvellement, etc.). En réalité, ce qui apparaît comme étant le plus important, c’est le fait qu’en son for intérieur Emmanuel Macron est bien effectivement ce que l’on nomme aux Etats-Unis « a liberal », c’est-à-dire une sorte de libéral plus ou moins libertaire, combinant libertés politiques basiques, libéralisme économique (plus ou moins régulé) et ouverture sur le plan des questions sociétales. Et il ne faudrait pas oublier d’ajouter à cela qu’à l’instar du Parti Démocrate américain, le nouveau Président français affiche une volonté appuyée en faveur de l’égalité des chances dans le cadre d’une société faite de mobilité, fondée sur une conception ouverte sur l’Europe et le monde (avec forcément des limites, en période de crise). Cette inspiration proche de la gauche américaine, et imprégnée de modèles numériques et autres, apparaît comme étant de type avant tout « californienne ». Un détail sémantique : il n’est pas impossible que le grand parti politique du macronisme, qui sera créé en principe le 15 juillet, ne s’appelle pas Parti Progressiste, mais Parti Démocrate, comme aux Etats-Unis ou en Italie (?)

Je voudrais dire encore quelques mots à propos de ceux qui ont, à mon avis, fait une importante erreur partielle d’analyse – aussi bien chez des journalistes qu’au niveau des « politiques » de l’ancien modèle –, à propos de la façon dont Emmanuel Macron a décidé de gérer l’habit Présidentiel. Nombre d’entre eux ont en effet parlé d’un retour à la tradition monarcho-républicaine, voire bonapartiste, des institutions mises en place par le Général De Gaulle entre 1958 et 1962. Une autre formule fut utilisée par certains : celle d’une remise en fonctionnement de la conception gaullo-mitterrandienne. Ces observateurs et opposants politiques envers le nouveau chef de l’Etat oublient le fait que lors de sa campagne le candidat Macron est apparu comme celui qui voulait refonder les « valeurs » de 1789 et de 1848, Liberté, Egalité, Fraternité, auxquelles il ajouta Laïcité, en lien direct avec la conception ouverte qu’avaient donnée de ce concept des hommes comme Aristide Briand en 1905. Là encore, Emmanuel Macron est donc, à mon avis, quelqu’un qui étonne. Pourquoi ? Tout simplement parce que si – sur la forme (et même en partie le fond) – il se situa effectivement dans cette filiation d’apparence monarcho-bonapartiste (éminemment nécessaire après les deux quinquennats précédents), au moment de son discours du Louvre, le soir du 7 mai, il convient d’attendre la suite… Pour la réforme à venir des institutions, si l’on s’en réfère à ce qu’Emmanuel Macron avait annoncé pendant sa campagne électorale, nous devrions aller par étapes vers une sorte de Vème République bis, avec une dose de proportionnelle, le renouvellement du personnel politique en fonction du maximum des trois mandats, la mise en place de secteurs importants de démocratie participative, etc. A certains égards, il y a du « mendésisme » bousculant la classe politique chez ce chef d’Etat, un homme jeune qui apparaît aussi quelque peu, sur des plans différents, comme le fils spirituel indirect de Michel Rocard, Jacques Delors et Dominique Strauss Kahn…

A propos de l'auteur

Jean-Luc Lamouché

Jean-Luc Lamouché

Rédacteur

 

Professeur d'Histoire

Auteur d'ouvrages sur Tulle et la Corrèze

Rédacteur à "Tutti-magazine - La musique à voir et à entendre"

 

Commentaires (8)

  • Martine L

    Martine L

    27 mai 2017 à 17:06 |
    C'est bien tôt pour parler de " Macronisme" - il faut du temps et pas mal de comparaisons pour établir la fiche signalétique d'un courant politique. Pour le moment, il n'y a pas de Macronisme, mais des chemins qui mènent à Macron, divers et plus que variés.

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    • Jean-Luc Lamouché

      Jean-Luc Lamouché

      30 mai 2017 à 23:06 |
      Il est bien évident qu'il serait complètement inadapté de parler de "macronisme" par rapport à ce qui pourrait apparaître comme un système de pensée politique - à l'instar du bonapartisme, du gaullisme, du mendésisme, ou même du rocardisme. Dans cette chronique, comme je l'ai d'ailleurs indiqué (notamment au niveau de son titre), j'ai seulement voulu tenter d'approcher les différentes influences idéologiques qui font sens dans ce que j'appellerais "le creuset macroniste", et je me permets donc de vous renvoyer aux cultures politiques que j'ai citées à ce sujet. Cela dit, ce qui est déjà très apparent consiste à constater que le "macronisme", par delà le "Et droite, et gauche", donne à relever un certain nombre de points d'ancrage(s), y compris au niveau de la volonté du nouveau chef de l'Etat d'exercer une certaine forme de pouvoir sur le plan de l'image présidentielle, renouant (malgré les réformes institutionnelles qui doivent suivre) avec la tradition gaullo-mitterrandienne...

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    27 mai 2017 à 13:33 |
    Comme vous vous en doutez, je ne vous suis pas sur de nombreux points. Ainsi, même au microscope, je peine à voir la moindre différence entre Macron et Bayrou : même souci de l’endettement public, même intention de refondre le code du travail ; bref, même politique de l’offre - monétariste et conforme au libéralisme classique.
    D’autre part, permettez à l’angliciste de métier que je suis de contester votre traduction de « liberal » : « liberal », en anglais, signifie tout bonnement « de gauche » ; Jeremy Corbyn, en Grande-Bretagne ou Bernie Sanders, aux Etats-Unis, sont des « liberals ». Vous m’accorderez que ce n’est pas précisément la ligne Macron !
    Enfin vous me pardonnerez, à moi qui en suis resté « aux anciennes grilles de lecture », ne pas voir dans le phénomène Macron une nouvelle et fracassante repolarisation – non plus droite/gauche mais progressiste/souverainiste – mais bien plutôt une répétition glamour de la bonne vieille IVème, avec un bloc centrale/centriste et aux marges (comme d’ailleurs dans les années 50) des antieuropéens (avec le FN, dans le rôle du RPF et les « Insoumis » dans celui du PC).
    Bref les nouveaux habits de feu la « troisième force »…

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    • Jean-Luc Lamouché

      Jean-Luc Lamouché

      28 mai 2017 à 23:53 |
      JFV, je me permets de vous redire - au moins pour la troisième fois - que vous restez dans le cadre de l'Ancien Système, un peu comme on parla de "L'Ancien Régime" pour la période d'avant 1789, car vous ne saisissez pas la forme de "révolution" tranquille qui est actuellement, c'est le cas de le dire, "En Marche"... Non... ! Emmanuel Macron n'est pas un centriste, mais bien "central". Le centrisme historique récent dans notre pays a été incarné par François Bayrou, qui avait même commencé à évoluer (en prenant votre classification archaïque) vers le "centre-gauche", d'abord par rapport à Ségolène Royal en 2007, puis à l'égard de François Hollande en 2012... J'ajoute que François Hollande, justement, mena lui aussi une "politique de l'offre" n'ayant rien à voir avec les traditions néo-keynésiennes de la sociale-démocratie historique ; par la force des faits...
      Il faudrait que vous m'expliquiez plusieurs choses par rapport aux autres noms de "politiques" que vous citez. D'abord, ni Jeremy Corbyn (à la limite d'un positionnement trotskiste !), ni Bernie Sanders (qu'Hillary Clinton qualifia de "socialiste" et qui vient d'ailleurs de créer un nouveau parti politique), ne sont désormais assimilables au terme "liberal" employé traditionnellement en Angleterre et aux Etats-Unis. Ils apparaissent en effet comme nettement décalés vers la gauche, un peu comme Benoît Hamon chez nous... Enfin, pourriez-vous me dire pourquoi l'élection d'Emmanuel Macron a-t-elle ouvert un tel espoir au sein d'un bon nombre de pays de l'UE, tout particulièrement dans la partie méridionale de notre continent... ?! Rappelons les félicitations envoyées au nouveau Président français et qui allèrent bien au-delà de la simple convenance classique : l'italien Matteo Renzi (appuyé par Romano Prodi), le grec Tsipras (eh oui... vous avez bien lu... Tsipras... !), la coalition de "La Gauche Bancale" (sic) unie pour gouverner au Portugal, etc... Ce qui me gêne dans votre insistance à ne pas reconnaître un certain nombre d'évidences politiques, c'est le fait que si votre ancien "champion" DSK avait pu chausser les bottes macroniennes il y a déjà un certain temps, vous auriez applaudi des deux mains, alors que... ! Un DSK que j'avais personnellement entendu prêcher la nécessité d'un "individualisme progressiste"...

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      • Jean-François Vincent

        Jean-François Vincent

        29 mai 2017 à 13:11 |
        Mais je ne suis pas en opposition absolue à l'égard de Macron. Il est, en effet, proche de Renzi et de DSK (qui ne ferait pas les choses très différemment); mais, au moins, et DSK et Renzi se disent "de gauche" (ou, à tout le moins, de centre gauche). Ce que je reproche à Macron, c'est ce "et"-"et", qui n'est qu'une autre variante du "ni-ni". A l'attrape tout fasciste ("ni droite, ni gauche") fait pendant l'attrape tout "central" (ET droite, ET gauche). Dans les deux cas, l'hypocrisie est énooorme....

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        • Jean-Luc Lamouché

          Jean-Luc Lamouché

          31 mai 2017 à 11:39 |
          Ce que vous appelez "hypocrisie", terme qui n'a absolument rien de politique, mais correspondant à un jugement moral, n'est autre, face à un "système" bloqué (je n'y reviens pas, puisque j'en ai déjà parlé), qu'un dépassement éminemment politique, lui (au contraire), d'une logique globale devenue complètement obsolète (pour des raisons liées avant tout à la crise protéiforme et surtout à la "croissance molle") de l'affrontement bloc contre bloc. Et, que vous le vouliez ou non, ce dépassement est souhaité - d'ailleurs depuis fort longtemps - par une grande majorité de français. Cela dit, il est bien évident qu'alors que tout ne fait que commencer en ce qui concerne la mise en place de ce Nouveau Système "central", personne ne peut actuellement garantir sa plus ou moins grande réussite à venir. Mais, une chose est certaine : on ne pouvait plus continuer comme ça...

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        • Martine L

          Martine L

          29 mai 2017 à 14:35 |
          Oui, on peut ressentir les choses comme ça, mais aussi se tourner vers le corps social et moins largement électoral : gens souvent perdus et pas mal en déshérence, en méfiance et en déprise politique, donc se rattrapant aux branches et à l'affût de neuf ou vendu comme tel, même chez des gens instruits, intégrés etc. C'est cette vague là qui a permis au phénomène Macron de pouvoir naître et bien plus de prospérer. Dans un autre contexte, et quelles que soient les indéniables qualités, les compétences, les ouvertures chatoyantes du bonhomme, cela n'aurait pas abouti à un tel essor. Il n'y a rien de plus contextualisable que la politique.

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          • Jean-Luc Lamouché

            Jean-Luc Lamouché

            29 mai 2017 à 20:57 |
            Je ne suis qu'en partie d'accord avec votre commentaire, car pour ce qui me concerne, j'ajouterais deux choses, intimement liées. D'abord le fait qu'il y avait effectivement... "un contexte", une situation, mais qu'Emmanuel Macron a su la saisir d'une façon, reconnaissons-le, incroyable, et même unique sous la Vème République, disons même de main de maître, pour un "politique" aussi jeune dans le "métier" ; ce qui lui donne d'ailleurs cette coloration à l'américaine que je signalais dans ma chronique. Ensuite, n'oubliez-pas qu'il y a déjà des décennies (au moins depuis le début des années 2000, voire le milieu de la décennie 1980 - depuis que la gauche ne fit plus "rêver") que les 2/3 au moins des français souhaitent que l'on gouverne "autrement", en dépassant la logique sclérosante du "bloc contre bloc". En effet, combien de fois ai-je entendu des gens dire ou écrire : "La gauche et la droite, c'est la même chose (ce qui est évidemment faux pour ce qui concerne les "valeurs") ! Ils font la même politique !"... Etc... Etc... Et d'ajouter : "Réunissons enfin les vrais réformateurs des deux "camps" et faisons-les travailler ensemble !"... Oui... C'est bien ce terme de "système" sclérosé que la grande masse de nos compatriotes mettent depuis très longtemps en cause, et là, s'appuyant sur ce "contexte", ils sont passés à l'acte (et vont probablement transformer l'essai lors des législatives de juin en finalisant la recomposition politique générale), tout étonnés de leur audace... Emmanuel Macron, l'homme d'une situation ? En partie, oui... mais qui, en réalité, vient de très loin... La grande question, maintenant que "Tout commence" (comme l'ont titré plusieurs quotidiens), c'est de savoir si le nouveau Président de la République française sera... l'homme... de la situation... avec l'appui de son "gouvernement commando" réduit à une vingtaine de personnes, secrétaires d'Etat compris...

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