Raison Garder

Ecrit par Eva Talineau le 16 septembre 2011. dans Monde, La une, Politique

Raison Garder

Je propose à « Reflets du temps » de relayer ce communiqué, non que ce qu’il dit me semble en tous points incontestable, mais parce que pour l'essentiel me semble justifiée, aujourd'hui, l'inquiétude dont il témoigne.

Comme beaucoup, j'y ai cru, au "deux peuples, deux états", dans les années 1990. Ce qui "devait" être me semblait une évidence, le mouvement "naturel" de l'histoire, du "progrès", une conséquence incontournable du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" tel qu'il a émergé au cours du 20ème siècle.

La vie avance grâce au fait que parfois, "on se fait des illusions". Sans cette capacité - "y" croire un peu - on n'entreprend rien, on reste assis dans le noir à contempler le vide d'espaces infinis qui ne veulent ni n'attendent rien de nous. Encore faut-il savoir "raison garder" - le nom que se sont donné les auteurs du communiqué, qui se sont constitués en groupe de réflexion l'année dernière en réaction à l'appel du J-call - et ne pas prendre l'hallucination pour la réalité, le désir d'"en finir" avec un problème dérangeant comme la fin du dit problème. Si un état Palestinien avait pu voir le jour dans le mouvement des négociations d'Oslo, cela aurait été un bon signe d'une maturation en cours, d'un mouvement vers une paix "maintenant". La situation, aujourd'hui, est toute autre.

Le pire n'est jamais sûr. Une des leçons de l'histoire, des sociétés comme des humains pris un par un, c'est qu'elle est imprévisible, non écrite d'avance. Cela ne veut pas dire qu'il soit indiqué,  pour autant, d'avancer les yeux bandés vers un précipice béant en faisant semblant de ne pas le voir, sous prétexte que la vue du gouffre donne le vertige.


Eva Talineau


Communiqué de raison garder – Septembre 2001


Une déclaration de guerre travestie en demande de reconnaissance

Nous sommes à la veille d’une intense campagne de propagande qui vise à pousser les opinions et les gouvernements européens à soutenir la demande unilatérale de reconnaissance d’un Etat de Palestine à l’O.N.U.

Nous sommes inquiets devant la décision à venir de la France et de l’Union Européenne.

Nous nous étonnons, en ces graves circonstances, de l’absence totale de réaction des institutions représentatives du judaïsme français et plus largement européen.

Acquiescent-elles à une entreprise qui falsifie les données de la réalité et instrumentalise le droit international ? Croient-elles être épargnées des retombées de cette entreprise qui vise à faire d’Israël un paria mondial ?

Le destin de l’Etat d’Israël est, à long terme, désormais en question. Dans la mondialisation, le destin des Juifs sera ce destin, comme les années 2000 l’ont démontré.

Ce qui est en jeu, c’est la légitimité d’un peuple juif, son existence, le respect de son identité, de son histoire, de sa culture, de sa liberté. Les Juifs sont confrontés aujourd’hui à une hostilité tous azimuts, qui prend tous les aspects de son existence pour cible, de l’histoire antique à la politique contemporaine en passant par la religion.

L’Union Européenne, 70 ans après la Shoah, consacrera-t-elle la volonté de destruction de ses ennemis ? Est-il admissible qu’une Turquie islamiste belliciste reste dans l’OTAN ? L’Union européenne pourrait-elle entrer en guerre à ses côtés ?

Un enjeu total se joue aujourd’hui pour la continuité juive. Que peut signifier la reconnaissance par l’ONU d’un Etat de Palestine qui surgirait, sans son accord, au sein même de l’Etat d’Israël, sinon qu’un processus de substitution par étapes serait mis en œuvre, destiné à éradiquer son existence même ? L’irrédentisme palestinien et son projet de domination totale de la Terre d’Israël n’est un secret que pour ceux qui n’ont ni yeux ni oreilles.

Cette reconnaissance sonne l’hallali contre l’Etat d’Israël. C’est pourquoi nous appelons à l’union de toutes les familles du monde juif pour s’opposer à cet avenir funeste.

Nous tenons à rappeler un ensemble de faits en rapport avec la conjoncture régionale et internationale, au fondement de notre position :


1) Le projet de déclaration d’un Etat palestinien n’est pas destiné à obtenir la reconnaissance d’un Etat qui n’existe pas à l’heure actuelle et qui n’a jamais existé dans l’histoire, mais à mettre en place une machine de guerre visant à saper la légitimité de l’Etat d’Israël, comme Etat juif. Ce projet est, de fait, énoncé couramment par Mahmoud Abbas lui même.

2) Cette entreprise travestit une violence froide sous des dehors juridiques et moraux :

- Elle rompt les accords d’Oslo qui interdisent tout acte unilatéral.

- Or, c’est par ces accords – et donc la volonté d’Israël – qu’une « Autorité Palestinienne » a pu exister et obtenir des territoires qu’elle n’avait jamais administrés dans l’histoire.

- Elle fait une violence extrême à Israël car elle proclame une souveraineté sur des territoires en contestation, en faisant l’économie de son assentiment, pour le contraindre, par l’entremise de « la communauté internationale », là où elle n’a pu le faire par plusieurs guerres, des vagues d’attentats sanglants et toujours aujourd’hui par les bombardements en provenance de l’entité terroriste de Gaza, partie intégrante de « l’Etat de Palestine », mais aussi par les actes terroristes venant de Judée-Samarie, couplés à la guerre médiatique et à la campagne mondiale de boycott dirigées depuis Ramallah.

- Elle dévoie le droit international en utilisant cette « reconnaissance » pour mettre Israël au ban d’un système onusien que domine l’Organisation de la Conférence Islamique – forte de ses 56 Etats, dont nombre d’entre eux font partie de blocs comme la Ligue Arabe et l’Organisation de l’Unité Africaine – et qui a décrété que Jérusalem serait sa capitale, afin d’orchestrer une campagne mondiale de diffamation contre Israël.

- Le scénario de violences symboliques, « juridiques », « civiles », une fois cette reconnaissance obtenue, est déjà tout écrit afin de mettre Israël en position d’auteur de crimes contre l’humanité.

3) Le système international s’apprête à parrainer une guerre mondiale. Le bellicisme de la Turquie islamiste, la menace atomique iranienne, la démission égyptienne devant l’islamisme de « l’hiver arabe », comme vient de le montrer la mise à sac de l’ambassade d’Israël au Caire, s’ajoutent pour faire de cette reconnaissance éventuelle l’étincelle d’un conflit tous azimuts contre Israël qui gagnera inéluctablement l’Union européenne mais dont l’Europe et les Etats Unis auront été responsables, à force d’aveuglement et d’unilatéralisme.


Nous tenons à rappeler un certain nombre de faits concernant « l’Etat de Palestine » qui demande reconnaissance :

1) Il n’a pas de frontières, car il n’y a pas de « frontières de 1967 ». Ce sont des lignes de cessez-le-feu que les Etats arabes en guerre contre Israël n’avaient jamais voulu reconnaître après leur défaite. En Judée-Samarie et à Jérusalem, il n’y a jamais eu d’Etat si ce n’est l’occupation jordanienne consécutive à la guerre d’extermination contre Israël lancée, depuis sa création, en 1948. Le seul antécédent est le mandat de la SDN, confié à l’Empire britannique, successeur de l’Empire ottoman, prévoyant la création d’un Etat juif et d’un Etat arabe sur un territoire qui comprenait l’actuelle Jordanie. Comme on le sait, les Arabes refusèrent à plusieurs reprises tout partage. La résolution 181 de l’ONU de novembre 1947 évoque par 23 fois le terme d’Etat juif.

2) On « naturalise » aujourd’hui l’entité palestinienne mais elle n’a aucun antécédent historique. Il n’y a jamais eu de « Palestine » si ce n’est depuis les années 1970 à la suite d’un changement de stratégie de l’OLP qui auparavant se définissait par son appartenance à la nation arabe islamique et non à une nation palestinienne. Il n’existe de Palestine que contre l’existence d’un Etat d’Israël.

Aujourd’hui il y a déjà 2 Palestine avec l’Etat du Hamas, voire 3 avec la majorité des Jordaniens qui sont d’origine palestinienne. Les Palestiniens eux-mêmes pour une bonne part, sont les descendants de populations immigrées de l’ensemble du monde arabe durant le XIX° siècle.

3) L’accord avec le Hamas est purement tactique. Il n’y a pas d’unité palestinienne derrière un pouvoir reconnu. Et comment accepter que l’organisation terroriste en guerre contre Israël soit partie intégrante de cet Etat ?

4) Le satisfecit donné par le bailleur de fonds européen n’est pas fondé, car cet « Etat » ne survit que par les sommes colossales que le monde et l’Europe lui versent. Est-ce que la gestion de subventions – qui fut longtemps prévaricatrice – est un critère de la capacité étatique ? Comment vivra cet Etat qui ne dispose pas de ressources mais dont les ambitions sont infinies ?

5) L’Union Européenne prétend avoir des critères d’adhésion pour ses Etats membres mais comment peut-elle soutenir un Etat dont le projet de constitution montre son caractère profondément réactionnaire, intégriste et intolérant ? Comment un Etat pareil, un nationalisme aussi rétrograde ont-ils pu devenir une cause pour les « progressistes » occidentaux ?

L’article 4 de la future constitution palestinienne décrète que sont citoyens les ressortissants du « peuple arabe palestinien ». L’article 10 décerne à ce dernier le droit exclusif à la souveraineté, de telle sorte que l’Etat incarne « le caractère légal du peuple arabe palestinien », c’est à dire que la Loi y est l’émanation de l’essence de l’arabité palestinienne. Il y a là autant de dispositions qui disent clairement que ce ne sera pas un Etat démocratique : les droits n’y sont ouverts qu’aux Arabes de naissance et la Loi n’y est pas universelle. Toutes ces dispositions sont contraires à l’esprit et à la lettre de la charte de l’ONU.

C’est ce que confirme l’article 2 qui décrète que le peuple palestinien est membre « des nations arabes et islamiques » et que « l’islam sera la religion officielle de l’Etat » (art. 6). Immédiatement, cela signifie que les Arabes chrétiens deviendront de facto des étrangers dans cet Etat. Cela se vérifie dans la suite de l’article 6 : « Les religions monothéistes seront respectées ». Qui sont ces étranges monothéistes (et quid des autres, les non monothéistes ?) sinon une version politiquement correcte du vieux statut de « dhimmis » imposé aux non-musulmans par la Sharia ?

6) Mahmoud Abbas a par ailleurs déclaré, à plusieurs reprises, comme Saeb Erekat, qu’il ne devra plus y avoir de Juifs dans cet Etat palestinien – y compris parmi les soldats des forces d’interposition internationales, ce qui est un discours raciste, tout en refusant de reconnaître le caractère juif – dans tous les sens de ce terme – de l’Etat d’Israël parce que 20% des citoyens sont arabes et parce qu’il espère, en deuxième étape de sa stratégie de conquête, exiger un « droit au retour » qui n’existe dans le monde que pour les Palestiniens. La Palestine serait érigée en Etat arabo-islamique sans Juifs tandis que l’Etat d’Israël serait un Etat « judéo-arabe » avec une majorité écrasante d’Arabes musulmans (précision notable car les Arabes chrétiens sont déjà dans la Palestine de l’Autorité palestinienne très mal lotis).

7) La volonté de paix palestinienne est infirmée par la réalité. Quelle est la signification de cet Etat à double visage : Hamas-Autorité Palestinienne sinon le double visage d’une stratégie présentant un visage de bonne composition à l’Occident et un visage guerrier aux masses arabes ? Le Hamas, expression du futur « Etat de Palestine », est ouvertement en guerre contre Israël. Il est clair que la demande de reconnaissance internationale est une pièce dans cette stratégie guerrière. Mais la société civile palestinienne, sa presse, sa télévision, ses écoles, sa culture démontrent quotidiennement un enseignement systématique et programmé de la haine nationale, ethnique, religieuse, envers Israël.

Masquer ces faits n’encourage pas la paix.


Agissons pendant qu’il est temps !


Communiqué de « Raison Garder ». Septembre 2011.

Relayé ici par EVA TALINEAU.


A propos de l'auteur

Eva Talineau

Eva Talineau

Rédactrice

eva talineau

née à Budapest (Hongrie) dans les années après Yalta, arrivée en France en 1956 (au moment où pendant la révolte hongroise les frontières s'étaient ouvertes), études primaires, secondaires, universitaires en France. D'abord études d'histoire (c'était la moindre des choses, pour s'y retrouver un peu), puis formation analytique au sein de l'Ecole Freudienne de Paris, dans sa période flamboyante. Pratique la psychanalyse depuis 35 ans, fréquente volontiers les autres analystes quand ils sont fréquentables. Fréquente aussi la folie, celle des autres, en hôpital psychiatrique, depuis 35 ans aussi. Sociable à ses heures, asociale lorsqu'accès de pessimisme. Aime le pilpoul, c'est atavique. Capable de se taire, toutefois.

Commentaires (34)

  • palestinienne

    palestinienne

    23 septembre 2011 à 18:09 |
    Apparemment certains commentaires dennoncant la vérité dérange ?? C'est surement pour cela que vous avez censuré mes post !

    Répondre

  • alain jugnon

    alain jugnon

    20 septembre 2011 à 19:47 |
    M. Malka a donc "droit" à 6 commentaires : Israël 6 / Palestine 0, comme dans la vraie vie

    Répondre

    • Emile Eymard

      Emile Eymard

      21 septembre 2011 à 16:38 |
      Les bons comptes ne font pas toujours de bons amis. En ce qui me concerne, considérant qu'il est même inconvenant de concevoir que la Palestine actuelle puisse devenir un Etat, cela fait donc 7 à 1. Si vous comptez le nombre de verbes que j'ai utilisés commençant par "con", vous aurez une idée de ce que je pense de vous.

      Répondre

    • Eric Thuillier

      Eric Thuillier

      21 septembre 2011 à 13:55 |
      Si je compte bien c’est aussi votre 6ém commentaire et si Yossi Malka est à lui seul Israël, c’est sans doute que vous êtes la Palestine. Du point de vue du nombre on est donc à 6 partout. Du point de vue du contenu…. c’est sans commentaire.

      Répondre

    • eva talineau

      eva talineau

      21 septembre 2011 à 13:42 |
      si tout ce que vous avez retenu de la conversation qui a lieu ici, c'est l'idée d'un "match" avec gagnants et perdants, vous êtes bien à plaindre ! c'est sans doute comme ça dans votre "vraie vie".
      P.S. et, je viens de compter, vous aussi vous êtes à 6 commentaires

      Répondre

  • Jean-Luc Lamouché

    Jean-Luc Lamouché

    20 septembre 2011 à 10:02 |
    Comme historien (et citoyen), j'ai un certain nombre de points à relever par rapport à votre introduction et au communiqué de "Raison Garder".
    1- Oui, "Le pire n'est jamais sûr", en Histoire, comme viennent de le montrer les révolutions démocratiques dans les pays arabes depuis le début de l'année 2011. Le meilleur arrive donc aussi parfois. Rappelez-vous Martin Luther King et son "I have a Dream" ! Si, par malheur, les héritiers du mouvement de "La Paix maintenant" se considèrent plus proches d'un Libermann que de Mahmoud Abbas, par exemple, le "Rêve" ne pourra que s'écrouler et Israël sera en danger.
    2- Ayant toujours eu de la sympathie (et même beaucoup plus que cela) pour "l’État israélien" - mais absolument pas pour son "gouvernement" actuel, qui comprend une droite très dure et des extrémistes -, je ne comprends pas que ce communiqué ne se réjouisse pas du processus de démocratisation dans les pays arabes. L'inconscient révélé par ce texte est terrible : il ne retient que ce qu'il appelle, pour l’Égypte, "l'hiver arabe". On sait pourtant que ce ne sont pas les démocrates égyptiens qui ont saccagé l'ambassade israélienne au Caire. Israël devrait se réjouir avant tout du début du processus de démocratisation, car - dans l'Histoire de l'humanité - on n'a jamais vu deux démocraties se faire la guerre. Réfléchissez aux raisons profondes de ce phénomène ! La seule exception fut, comme par hasard, celle - coloniale !!! - qui opposa les futurs États-Unis d'Amérique à l'Angleterre (à méditer), pour obtenir l'indépendance...
    3- La meilleure façon de briser l'union nationale palestinienne, à laquelle la droite dure et l'extrême droite israéliennes ont contraint Abbas et le Fatah, la meilleure façon de lutter contre le Hamas, c'est de soutenir à fond "l'Autorité Palestinienne", qui n'a plus qu'une solution : tenter un coup de force légal à l'ONU. A qui la faute ?
    4- Oui, "Je fais un rêve", encore aujourd'hui, pour l'avenir du Moyen-Orient, pour l'Europe et pour le monde : celui du jour où la gauche israélienne reviendra au pouvoir (une vraie gauche, décidée et ambitieuse) et fera le pas de tendre à nouveau la main aux progressistes palestiniens, rejetant ainsi dans les oubliettes de l'Histoire les intégristes des deux camps !

    Répondre

    • Yossi Malka

      Yossi Malka

      20 septembre 2011 à 14:13 |
      Je lis votre réaction avec respect , même si je ne la partage pas entièrement. Elle a cependant la force de souhaiter une paix à laquelle j'aspire et j'adhère ; je donne donc priorité aux aspirations et mets de côté les divergences .
      Cependant , permettez moi de soulever quelques questions qui à mon humble avis méritent d'être posées: Pourquoi Arafat avait refusé les propositions de paix de Barak -qui est de gauche- lorsque celui-ci était Premier Ministre .? Pourquoi Abou Mazen a refusé les proposition d'Ehoud Ulmert qui n'est pas de droite? Ces propositions contenaient des solutions qui pouvaient amorcer au moins un début d'entente en vue d'une paix, et qui pouvaient servir d'une base solide aux Palestiniens pour demander la reconnaissance d'un Etat. Pourquoi enfin , lorsqu'après plusieurs pressions des américains sur Natanyahou , ce dernier a obtenu de son Gouvernement, le gel des constructions dans les colonies pour certains , Judée et Samarie pour les autres, pendant dix mois Abou Mazen , qui avait exigé ce gel pour reprendre les négociations a-t-il refusé?
      L'analyste qu'est votre humble serviteur s 'était penché sur cette question; j'ai lu des commentaires et des déclarations et parmi elles , des fuites émanant des proches d'Abou Mazen. Mais pour être certain de la conclusion à laquelle je suis parvenu , j'ai attendu le hasard. Celui-ci vient de me la donner :je vous invite à lire les déclarations de l'Ambassadeur palestinien à l'ONU Abdullah Abdullah ( c'est son nom) , publiées cette semaine dans le Daily Star Lebanon , le 15/09/11.
      Il déclare que si même un Etat palestinien était crée, les réfugiés palestiniens ne seront jamais des citoyens de cet Etat. Que le statut des réfugiés devait être maintenu jusqu'à atteindre les revendications palestiniennes basées sur les frontières de 1948. C'est la raison du jeux palestinien , et de leur politique du pas à pas, et du double langage qu'ils pratiquent .Je pose alors la question: même si Israël accepte d'être confiné dans un territoire à la surface d'un mouchoir de poche , est-ce que l'intention des palestiniens serait de cesser leur revendications? Je n'en suis pas sûr , de par les preuves de leurs déclarations : je parle du Fatah, sur le Hamas je pense que nous sommes d'accord .
      Concernant le Printemps Arabe :On ne peut que se réjouir des soulèvements dont le but est de chasser des Dictateurs et d'instaurer des Démocraties .Mais là aussi , peut-on avoir le droit de se poser des question? Comment appeler l'anarchie actuelle en Egypte? Comment accepter les déclarations des frères musulmans d'Egypte qui veulent, une fois au pouvoir, interdire les plages mixtes , et verser de la cire sur les pyramides et les vestiges pharaoniques? Est-ce de la lumière ou de l'obscurité? Comment également interpréter les sondages en Tunisie qui prévoient 15 à 20% des suffrages aux islamistes , mais aussi depuis la révolution du jasmin pas moins de trois synagogues ont été saccagées , parmi elles l'antique synagogue de Gabbès? Comment interpréter un rapport du centre de renseignement français le fameux cf2r , ( il est à votre disposition) qui dit que la majorité des insurgés libyens ont été au départ des membres d'El Qaîda? faut-il croire ou non des chercheurs sérieux ?Il est donc légitime , même si on se réjouit du Printemps Arabe , de constater les faits et les résultats quelque soit l'appellation donnée .
      Cordialement

      Répondre

      • Jean-Luc Lamouché

        Jean-Luc Lamouché

        20 septembre 2011 à 22:52 |
        J'ai, moi aussi, beaucoup de respect pour tout ce que vous dîtes ici dans vos écrits, et je partage énormément de points avec vous sur les "rendez-vous" ratés de la paix au Moyen-Orient entre la gauche israélienne et les palestiniens du Fatah.
        Je crains qu'aujourd'hui le fossé de haine réciproque soit tel que rien ne soit possible avant longtemps. La peur est le terreau psychologique principal de l'extrémisme (de part et d'autre). Il faudra sans doute attendre une, ou même plusieurs, génération(s), pour que des avancées soient à nouveau possibles entre les deux peuples (?).
        Toutefois, pensons aux Français et aux Allemands (1945 n'est pas si loin que cela)... ! En Histoire, rien n'est impossible.

        Répondre

  • Eric Thuillier

    Eric Thuillier

    17 septembre 2011 à 22:32 |
    Que ce soit vous, Eva Talineau, dont les qualités d’expression et de pensée sont si remarquables, qui introduisiez ce texte, m’a incité à le lire avec attention.
    Je ne dispose pas des connaissances qui me permettraient de le juger. Pourtant cette question israélo-palestinienne est une telle écharde dans le pied du monde et par conséquent en chacun de nous qu’il est difficile de ne pas se sentir concerné, même ignorant de l’exacte imbrication de réalités sous tendues d’innombrables et lointains liens historiques et religieux. Alors juste quelques mots.
    La description de la situation des palestiniens est accablante. Leur cause semble juste, leur revendication d’un Etat un moyen d’identité et de protection légitime.
    Dans les quelques échanges que j’ai eu avec des militants de la cause palestinienne, j’ai toujours fait part de ce qui me semble un préalable : la reconnaissance de l’Etat d’Israël. Que l’on cesse de discuter de la question de savoir si sa création est entaché ou non d’illégalité. Maintenant il est là, il a une histoire, il est dans l’histoire et l’histoire est une succession continue d’actes illégaux. N’importe quel pays constitué est fait d’agressions injustifiées, de trahisons, de rapports de force, de liens et de sentiments d’appartenance survenus accidentellement.
    Aussi je crois que la faiblesse de ce texte, au delà d’une force de sincérité indiscutable, au delà d’une inquiétude compréhensible, est de discuter du droit des palestiniens à fonder un Etat. Il faut placer la contestation de la procédure engagée par l’autorité palestinienne sur un autre plan. L’avenir semble complètement bouché – et bouché il ne restera pas, une terrible explosion le débouchera – sans la reconnaissance mutuelle d’un droit à disposer d’un Etat.

    Répondre

    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      18 septembre 2011 à 09:50 |
      Ce n'est pas parce que l'on revendique un état que cette revendication est automatiquement fondée : en Italie, la Ligue du Nord, dirigée par le très raciste Umberto Bossi, réclame la création d'un état lombard, affublé du très ridicule nom de "Padania"...Est-ce une raison pour le lui accorder?

      Répondre

      • eva talineau

        eva talineau

        19 septembre 2011 à 05:58 |
        le problème est plutôt qui est ce "on" qui revendique un état, et quel serait cet état s'il est créé dans ces conditions-là - car l'idée d'un état Palestinien n'a rien de "ridicule" en soi, du fait des évènements des dernières décennies qui ont "forgé" un peuple qui se réclame de cette identité. La comparaison avec le "Padania" ne me semble pas fondée (à ce propos, il y a aussi, en France, un parti "Valoisien" qui réclame l'autonomie de la Savoie, et leur folklore n'a rien de si amusant que ça..)

        Répondre

        • Jean-François Vincent

          Jean-François Vincent

          19 septembre 2011 à 13:20 |
          Le problème est, en effet, celui du "on" : il est trop facile de se déclarer "peuple", et ce faisant d'invoquer la vache sacrée que constitue le trop fameux - et historiquement si mortifère! - "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

          Répondre

      • Eric Thuillier

        Eric Thuillier

        18 septembre 2011 à 21:52 |
        Tout à fait de votre avis, cher Jean François. Mais précisément je voulais dire que cette étape de jugement sur la légitimité de la revendication d’un Etat était dépassée, de même qu’elle serait dépassée dans l’exemple que vous citez si Bossi devait faire assez d’émules pour engager une lutte armée et acculer l’Italie à la négociation. A la base de chaque Etat il y a un fou ou une folie, sinon comment expliquer l’existence du Portugal, de la Belgique, du Koweït et le fractionnement des Balkans ? Pour ne citer que les aberrations géographiques mais quel pays ne possède pas dans la genèse de sa formation au moins une bizarrerie ? Dans je ne sais plus quel film d’un deux grands portugais, je ne sais plus si c’est de celui qui vient de mourir ou de celui qui est très très âgé, nous apprenions que le maintien du Portugal était du à la chute de cheval d’un prince héritier. A moins que cette chute ait empêché que la péninsule ibérique se nomme toute entière Portugal : excusez ma mémoire défaillante mais depuis que j’ai lu la dernière livraison de Ernest Aymard dans RDD, j’ai un souci grandissant avec çà.

        Répondre

    • Yossi Malka

      Yossi Malka

      18 septembre 2011 à 04:02 |
      Voici Eric Thuillier, des paroles sages , justes et humains .La position de 90% des israéliens , tous partis politiques confondus est pour la création d'un état palestinien, ce qui est loin d'être le cas pour les palestiniens . La position du Gouvernement israélien est aussi deux états pour deux peuples , l'A.P tergiverse sur ce principe et n'a pas de position claire et définitive .
      Dans le contexte existant d'un problème compliqué et épineux, cet état ne peut être que dans le cadre d'une décision de l'ONU , il faut des négociations directes entre palestiniens et israéliens sur des sujets de fond qui permettraient l'installation d'une paix définitive , la fin des revendications , une reconnaissance mutuelle . Cet état ne doit pas être créé alors qu'il y a encore des divergences profondes, d'une part entre les palestiniens eux-mêmes (Fatah-Hamas) ,Ligue Arabe et palestiniens et Israéliens , en plus des divergences israéliennes et palestiniennes .
      Or depuis deux ans et demi , les palestiniens ont refusé de poursuivre des négociations directes , pensant qu' Obama allait résoudre leur problèmes; ils ne veulent pas non plus reconnaître Israël comme Etat juif ; c'est important car l'ONU a décidé pour le palestiniens et non pour d'autres réfugiés dans le Monde , que leurs statut de réfugiés était héréditaire, et qu'un descendant de palestiniens né aux Indes avait le droit de retourner en palestine . C'est une décision qui les incite à demander que plusieurs millions de palestiniens retournent et dans ce cas , vous le comprenez , ce sera la fin de l'état d'Israël . C'est une question qui n'est pas négligeable , mais elle peut avoir une solution dans le cadre de négociations, et si le problème est défini, comme géopolitique . Or les palestiniens depuis Arafat ont transformé ce problème en question religieuse , à savoir arabes contre juifs: ils ne parlent pas des israéliens mais de yahoud , les juifs:il n'y a qu'à écouter leur discours, et l'enseignement qu'ils donnent dans leurs écoles .
      Il faut que le Monde libre , s'interpose pour faire cesser cette haine , et aider à négocier les termes d'une paix durable .Une paix qui ne peut être sans l'existence de deux états reconnus l'un par l'autre .
      Le comble c'est que le hamas est aussi contre le fait de demander une reconnaissance de l'ONU , mais ses raisons sont différentes , il nourrit l'espoir inscrit dans sa charte qu'un jour il jettera les juifs à la mer . Alors la question se pose : en fin de compte qui des deux nie l'existence de l'autre?

      Répondre

      • Eric Thuillier

        Eric Thuillier

        18 septembre 2011 à 21:43 |
        Grand merci pour vos lumineuses explications qui, contestables ou non (la volonté de 90% des israéliens est elle la volonté d’Israël ?), sont dans le ton qui devrait présider aux échanges autour de cette douloureuse question.

        Répondre

      • Kaba

        Kaba

        18 septembre 2011 à 14:52 |
        Vous voilà extrèmement véhément, Yossi, agressif même.
        "Palestinienne" parle à partir de son vécu, comme vous. Visiblement, ces vécus ne sont pas identiques ; c'est un peu comme la différence entre le vécu d'un prolétaire et celui d'un bourgeois chez nous.
        La position d'Eric Thuillier me semble raisonnable, je veux dire pondérée.

        Répondre

        • Yossi Malka

          Yossi Malka

          19 septembre 2011 à 02:27 |
          J'ai adhéré Kaba aux paroles d'Eric Thuillier , que j'ai qualifiées de paroles sages , justes et humaines . On ne peut mieux apprécier une réaction!
          Le reste de ma réaction présente des faits , et lorsque j'ai émis un avis , c'est pour dire qu'il faut deux pays pour deux peuples , et une paix négociée , donc je ne nie pas aux palestiniens leurs droit de créer un état , comme le préconise Eric Thuillier . Les faits que j'ai exposés sont des réalités qui ont fait l'objet de nombreux documents publiés et qui font partie de ma connaissance du problème .qu'est ce qui vous semble faux dans ces faits, on peut en discuter .
          Je vous serais très reconnaissant de me dire ( ma réaction est écrite) en me les citant quels sont les paroles véhémentes et agressives . Nous parlons bien de ma réaction à celle d'Eric Thuillier!

          Répondre

  • Emile Eymard

    Emile Eymard

    17 septembre 2011 à 18:40 |
    Merci Eva d'avoir relayé ce communiqué courageux ne serait-ce que parce qu'il va à contre-sens de la plupart des opinions françaises, voire internationales. Pourtant, ayant pour parti pris d'être contre la reconnaissance de la reconnaissance d'un état de Palestine, il en oublie un sens dialectique, mode de raisonnement, de questionnement et d'interprétation qui consiste à analyser la réalité en confrontant des opinions, des idées, en apparence contradictoires, et à chercher à les dépasser, pour plus d'efficacité, d'objectivité et de crédibilité . Ainsi, il aurait pu condamner certaines erreurs du Likoud, extrème droite israélienne, ou analyser l'opportunité d'utiliser dans tous les cas, la loi du talion.

    Répondre

  • palestinienne

    palestinienne

    17 septembre 2011 à 18:11 |
    Ce qui vous importe c'est l'etat d'israel ! Et vous faites quoi de l'etat palestiniens qui à été volé par les israeliens ? Que faites vous de la Palestine sur les territoires de 48 ?

    Vous pensez à israel, sa sécurité etc...mais qui est occupé ? les palestiniens ou les israeliens ?

    Les israeliens ont volé la terre des palestiniens, ils les tuent chaque jours, ils leurs prennent leurs maisons, et continuent la colonisation, mais pourtant c'est Israel qui a peur !!! Etrange, trés etrange !!!

    Vous parlez d'agressivité mais aujourd'hui si vous vous mettiez dans la peau d'un palestinien, dans son quotidien, ne seriez vous pas agressif ? les Palestiniens ont suffisamment patienté ! Et l'agresseur c'est Israel et sont armée, pas la Palestine et ses cailloux !

    Répondre

    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      18 septembre 2011 à 09:43 |
      Les "palestiniens" - plus exactement les cisjordaniens - ont été occupés de 1948 à 1967 sans que personne ne s'en émeuve, à commencer par eux-mêmes...Vous avez l'émotion singulièrement tardive!

      Répondre

    • Yossi Malka

      Yossi Malka

      17 septembre 2011 à 20:56 |
      Je réponds en utilisant votre langage :
      1)Depuis 1948 , le nombre de « palestiniens » tués par les pays arabes :Jordanie , Syrie , Irak , Egypte , est plus de 10 fois supérieur au nombre de « palestinens » tués par Israêl dans des attentats terroristes palestiniens . Il faut bien ne pas occulter le terrorisme , c'est la seule chose que les palestinien ont inventé et qu'ils ont légué au monde : Avant Ben Laden , il y a eu G. Habbach , Naîf Hawatmé , Abou Amar dit Arrafat et même Mahamoud Abbas dit Abou Mazen .
      2)Sans parler des terroristes du hamas , les groupes azzedines el kassam , du fatah sont encore en action et un de leurs membre a été condamné dernièrement à 5 perpétuités pour avoir égorgé , je dis égorgé comme des bêtes, la famille Fogel dont un bébé de 3 MOIS .Ce n'est pas la première fois que vous égogez des juifs comme des moutons , c'est votre devise, il n'ya qu'à lire et écouter ce que disent vos imams. Mais vous n'exposez pas votre sauvagerie au monde, vous exposez vos martyrs pour sensibiliser les coeurs humains de l'occident , pendantr que vous bombardez à coup de Kassam, de Grad , et d'obus des enfants , et que vos palestiniens tirent des fusées anti chars sur des cars d'enfants.

      3)Jamais un pays arabe n'a apporté secours à des malades palestiniens en situation très grave , alors qu'Israël sauve chaque année , plus d'une centaine de palestiniens , lisez les vraies info et non la propagande de ceux qui certainement vous soutiennent pour le faire à travers des salons parisiens . Citez moi une seule action humanitaire d'un pays arabe pour les palestiniens , cherchez , il n'y en a pas . Tant que vous accusez les autres de votre sort , vous n'apporterez aucune solution à ceux des palestiniens qui souffrent d'analphabétisme , de chômage , de malnutrition. Vos leaders vous ont éduqué à tendre la main et recevoir de l'aide de l'UNWRA, alors que bon nombre de palestiniens et d'arabes ont des fortunes colossales . C'est un comble d'accuser les juifs de vos malheurs .
      4)On ne vous a rien volé ,vous ne connaissez pas l'histoire et c'est la résultante de la culture de la haine enseignée depuis des années dans les écoles palestiniennes .On vous ment et vous ne cherchez pas à connaître la vérité . Les juifs autant que les arabes étaient présents sur cette terre , ils ont le droit tous les deux d'y vivre ; la seule différence c'est que vos dirigeants corrompus , qui ont vendu leur population , ont transformé un problème de frontière en problème religieux, et ce n'est pas la palestine que vous voulez , c'est la non présence ne serait-ce que d'un juif sur cette terre . C'est d'ailleurs ce qu'a affirmé votre président corrompu, qui s'est enrichi lui et son fils dans des sociétés de télécommunication , en achetant de la technologie israélienne .
      5)Arrêtez de pleurer sur votre sort, la notion Palestine n'existait pas avant 1967 ; les pays arabes vous ont utilisé votre détresse pour leur dessins .
      6)Oui il y a un problème palestinien,oui , il faut qu'il y ait un Etat palestinien qui vive aux côté d'un état juif reconnu comme tel , mais ce n'est pas de la manière dont vous vous exprimez , ni l'endoctrinement et le lavage de cerveau que vous avez subi qui résoudront le problème .
      7)Je vous livre une confidence : un grand ami palestinien , VIP , officiel , m'a dit un jour , que son rêve était de zigouiller de ses propres mais Hafez el Assad , et la plupart des leaders arabes , tellement il leur en voulait, car ce Monsieur a tout simplement décidé d'étudier l'histoire , et non pas comme vous le faites vous racontez tout et n'importe quoi .Et si de surcroît vous voulez étudiez et que vous n'avez pas les moyens , il ya des bourses d'études octroyées par le gouvernement israélien pour les palestiniens honnêtes .

      Répondre

  • Jacques Chouraki

    Jacques Chouraki

    17 septembre 2011 à 17:59 |
    Même si mes chers amis palestiniens ou arabes sont "choqués", ce que je peux comprendre devant le désarroi d'un peuple qui aspire à l'identité nationale, je trouve que vous avez raison, Eva Talineau, de relayer ce communiqué. On ne peut pas ne pas être troublé par l'agressivité diplomatique de ceux qui se déclarent "antisionistes" et dont les objectifs, au-delà de l'état palestinien, semble bien mettre en cause l'état d'Israel même.
    Question à M. Jugnon : êtes-vous pour ou contre l'existence de l'état d'Israel ? En d'autres termes - c'est encore plus clair - êtes-vous pour sa disparition ?

    Répondre

    • eva talineau

      eva talineau

      18 septembre 2011 à 01:29 |
      Je comprends tout à fait que vos amis palestiniens ou arabes soient choqués par ce communiqué. Il va contre une certaine "évidence" du coeur, pour laquelle la reconnaissance de l'identité nationale qui s'est formée dans cette région du monde ces dernières décennies - et qui n'existait pas au moment de la partition, en 1947 -est une conséquence incontournable du droit des peuples à l'auto-détermination, forcément un bien.
      Mais justement,il est bon, parfois, de sortir de la croyance de savoir ce qui est bien "de toute évidence" et de réfléchir plus loin.
      Ce qui ressort des si intéressants articles de Yossi Malka, c'est à quel point la oumma est secouée, traversée, de forces contradictoires - des forces qui poussent le monde arabo-musulman à s'ouvrir, à vouloir autre chose que le retour fantasmé à la gloire passée, à explorer d'autres potentialités de lien social - et d'autres pour lesquelles il est insupportable qu'il puisse exister une autre identité possible que celle d'une perfection immobile, d'une jouissance totale pour laquelle l'existence d'un autre qui n'est pas identique, qu'on ne peut pas assimiler, avaler, est une blessure insoutenable.
      Ce que l'analyse de "raison garder" me semble établir clairement, c'est que aujourd'hui, dire "oui" à la demande de reconnaissance d'un état Palestinien telle qu'elle se présente à l'onu, c'est renforcer le deuxième courant, celui pour lequel il est insupportable que la oumma soit fissurée, et qui instrumentalise le sentiment national Palestinien au profit de l'emprise qu'elle exerce sur la population, et affaiblir l'autre courant, qui existe aussi, qui s'exprime à certains moments, dont on a entendu quelques échos au moment du printemps arabe, lorsque des gens se sont révoltés non contre un ennemi/bouc émissaire, mais pour leur propre vie. On peut se demander si reconnaitre la Palestine maintenant, de cette manière là, n'est pas cautionner l'emprise de ceux qui aujourd'hui assoient leur pouvoir, et leur jouissance, au nom de cette Cause - si indiscutable - sur leurs populations. Ne va-t-on pas fabriquer un monstre voué à la surenchère ? Faut-il accepter qu'existe une Palestine telle qu'elle veut être reconnue aujourd'hui, avec la charte du Hamas comme Constitution, et l'antisémitisme virulent, affiché, qui permet à ceux qui y ont pris le pouvoir, de détourner vers l'éternel bouc émissaire la colère et la frustration immémoriale de ceux dont la possibilité même d'une parole singulière, d'une vie qui ne serait pas d'avance cernée de toutes parts et écrite dans l'éternité est forclose d'avance ? Ce sont, en tout cas, des questions qui méritent d'être débattues. Les gens de "raison garder" ne détiennent pas la vérité entière de la situation. Mais ce contre quoi ils mettent en garde mérite d'être pris en considération. Même si vos amis palestiniens et arabes sont choqués de ce que dit "raison garder", je ne suis pas certaine qu'en leur for intérieur, une partie d'eux-mêmes ne soit pas profondément inquiète du fait que la reconnaissance de l'état Palestinien, obtenue de la manière dont elle est aujourd'hui exigée, ne les livre entre les mains de gens peu recommandables dont le pouvoir sortira renforcé par ce "triomphe". La manière dont les choses se font n'est pas neutre. Ne pas être d'accord avec la demande de reconnaissance actuelle ne veut pas dire qu'on ne veut pas d'un état Palestinien - mais qu'on s'inquiète, je crois à juste titre, de ce que serait un état Palestinien obtenu par ceux qui, actuellement, en instrumentalisent la cause. Et je ne suis pas certaine que certains palestiniens, ou arabes, ne seraient pas, intimement, profondément soulagés que la démarche actuelle soit, momentanément, repoussée. Mais évidemment, ils ne peuvent pas le dire. Peut-être même pas se le dire.

      Répondre

  • palestinienne

    palestinienne

    17 septembre 2011 à 15:26 |
    Je suis profondément choquée de vous lire ! Vous osez defendre Israel qui tue chaque jour des palestiniens, les déloge de leurs maisons, les humilient sans raison, s'attaque aux civils. Et vous pretendez que c'est une démocratie ! Depuis quand une démocratie pratique ouvertement le génocide ? A vous qui defendez Israel, les "chefs" d'Etats israeliens eux meme ne nie pas leurs crime. Comme disais Ben Gourion "Pourquoi les Arabes feraient-ils la paix? Si j’étais, moi, un leader arabe, jamais je ne signerais avec Israël. C’est normal : nous avons pris leur pays. Certes, Dieu nous l’a promis, mais en quoi cela peut-il les intéresser ? Notre Dieu n’est pas le leur. Nous sommes originaires d’Israël, c’est vrai, mais il y a de cela deux mille ans : en quoi cela les concerne-t-il ? Il y a eu l’antisémitisme, les nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute?"

    Vous qui parlez en pseudo "connaissance de causes", je vous met au défi d'aller vivre 1 semaine avec les palestiniens et de vous plongez dans leur Univers. La peut être, votre discours changera après avoir vu le mur de la honte, les check point, les soldats, la peur, les colons qui se balladent en Kalachnikov, les familles expulsés de Leurs maisons...

    Après vous osez parler de démocratie !! revoyez votre définition

    Répondre

    • eva talineau

      eva talineau

      18 septembre 2011 à 09:19 |
      madame, vous êtes probablement sincère dans votre indignation. En tout cas, un bon nombre de mes amis, dont certains d'origine juive, soutiendraient, généreusement, croient-ils, votre propos. Mais penser une situation, c'est autre chose que réagir, en direct, à des affects. Ce que vous ressentez face à la vue des tracasseries israéliennes, les check points, les conséquences des mesures sécuritaires qu'ils ont été amenés à prendre, et qui sont relayées depuis des décennies par tous les medias comme LE pire scandale qui entâche notre pure planète - est compréhensible. Tout humain qui a un peu de coeur, et la plupart en ont, se sent, spontanément, du côté de ceux qui apparaissent comme "victimes", et se sent porté à s'identifier à eux, à épouser leur "cause".
      Sauf que la réalité est beaucoup plus complexe, et que réagir de manière pavlovienne au spectacle des mesures de sécurité Israélienne (qui ne sont pas glamour, surtout présentées par la télé, c'est clair, ces gens là ne sont pas parfaits non plus, ils font comme ils peuvent, et leurs dirigeants ne sont peut-être pas aussi intelligents, à la hauteur de ce que la situation demanderait - au point où on en est, à moins que ne revienne de l'au-delà une réincarnation de Jacob/Israël, celui qui avait la baraka et le don du symbolique, l'intelligence du coeur et des situations, on ne voit pas quelle issue, qui ne soit pas catastrophique, pourrait naître de tout ça) - réagir donc, de manière affective à ce qui est montré par les medias - ce n'est pas penser, c'est être manipulé par de la propagande. Peut-être est-ce, par moments, inévitable, pour chacun, à certains moments. Peut-être avons-nous, aussi besoin, à certains moments de nos vies, d'avoir de nobles causes à défendre, à voir la vie de manière manichéenne.
      Mais ce qu'on dit depuis cette position là n'est, même si certaines choses peuvent être vraies, pas juste - au sens de la justesse, pour ce qui est la justice, on sait bien qu'elle ne passe, parmi les humains que le temps d'un éclair, insaisissable.
      Les palestiniens vivent une réalité bien plus complexe que le cliché qu'en fait la propagande, que peut-être certains ont eux-mêmes dans la tête - sans doute pas tous. Leur dirigeants leur bourrent la tête - excusez l'expression - les instrumentalisent, n'ont que mépris de leur existence concrète, tant la haine d'Israel,la honte que les autres pays musulmans leur ont déléguée, dont ils portent la charge, d'avoir à réparer l'"humiliation" arabo-musulmane de n'être pas tout, de n'avoir pas répandu la gloire de l'Islam sur toute la terre comme cela leur avait été prescrit, l'emporte sur toute autre considération.
      Vous dites "allez vivre une semaine avec les palestiniens, plongez-vous dans leur Univers". Moi je vous réponds "vous réfléchissez, étudiez un peu l'histoire - hors propagande - cessez de croire que ce qui se présente à la vue comporte des conséquences évidentes. Ce dont pâtissent aujourd'hui les Palestiniens, c'est certainement en partie des conséquences des mesures sécuritaires Israéliennes. Mais j'oserais dire que ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Les gens ne sont en général, ni tout à fait bons, ni tout à fait mauvais. Ils font bien souvent de leur mieux, là où ils sont. Et la position déchirée des Palestiniens entre désir de vivre et mission de vengeance dont ils sont investis, au nom de laquelle ils sont dirigés par des personnes fanatiques, ou corrompues, ou les deux, qui n'ont que mépris de leur vie, de leur liberté, de leur existence singulière, qui ne se voit pas, elle, contrairement aux contrôles des check-point, il importe que ceux qui se disent leurs "amis" commencent à en avoir quelqu'idée. On n'aide pas quelqu'un si on ne le voit pas là où il est, si on en fait l'emblème de quelqu'"indignation" adolescente, indignation que savent bien utiliser et instrumentaliser des gens qui n'ont rien à voir avec la générosité adolescente.

      Répondre

  • alain jugnon

    alain jugnon

    17 septembre 2011 à 14:42 |
    Natanyahou en tant que dirigeant nationaliste d'extrême droite profite bien du masque démocratique de mise en Israël : les colons juifs d'extrême droite occupant la terre de Palestine aiment ce chef bonasse et ce guide qui sait aboyer pour appeler à l'aide le Père américain. Moïse revient, ils sont devenus fous ! leur trip : c'est veau d'or et compagnie !

    Répondre

  • Yossi Malka

    Yossi Malka

    17 septembre 2011 à 06:55 |
    Après un suspense volontairement entretenu, qui a fait déplacer au Moyen Orient, de nombreuses personnalités occidentales ,pour convaincre Abou Mazen qu'une décision unilatérale était dangereuse pour la paix et ne servirait pas les palestiniens , Abou Mazen , défie tous les pays qui l'aident financièrement et a déclaré officiellement le vendredi 16/09 , qu'il présentera sa candidature au S.G de l'ONU , après son discours à l'A.G. De l'ONU vendredi 24/09. Ceci avec un sourire moqueur applaudi par l'assistance.
    Lors d'un discours télévisé, devant des invités triés au volet, il justifie sa démarche , du fait qu' Obama avait déclaré à l'ONU en septembre 2010 , que dans un an il fallait qu'un état palestinien soit constitué.
    Abou Mazen a évoqué les frontières de 67 comme base, mais aussi sur un ton machiavélique vers la fin de son discours, il a fait allusion qu'il fallait respecter la décision de l'ONU de 1947 qui a reconnu Israël dans des frontières. Cela laisse présager qu'après leur demande sur la base de 67, les palestiniens remettront en cause le territoire actuel d'Israël. Une nouvelle revendication à peine voilée est née et cela confirme toutes les analyses dans ce sens. On comprend mieux pourquoi pendant deux ans et demi et jusqu'à présent, Mahmoud Abbas a refusé des négociations directes avec Israël , et que toutes les manifestations et déclarations à ce sujet n'étaient que mascarade et mensonges. Comme ses pères, il a usé de diversion politique pour obtenir des aides financières, alors que sa volonté est loin d'être la paix et que des incidents sous couvert de manifestations de joie sont en préparation sous la houlette de Nabil Chahat , avec l'accord d'Abou Mazen.
    Il est important de rappeler que depuis 2006 , aucune élection , même municipale n'a eu lieu dans l'A.P . Le mandat de président d'Abou Mazen a expiré en 2009 , et que de facto , il est un président illégitime . Cela ne l'empêche pas d'évoquer la démocratie au sein de l'A.P , alors qu'il gouverne par la force de son service de sécurité et que les droits de l'homme sont loin d'être respectés et la corruption galopante. Il est à craindre que toutes les mesures qu'Israël et les USA prendront à l'encontre de l'A.P et que j'avais annoncées dans mes articles , seront appliquées. Natanyahou a décidé d'affronter le milieu hostile qu'est l'A.G de l'ONU qui voterait que la Terre est plate et exposera la vérité et les faits des relations avec l'A.P .

    Répondre

    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      17 septembre 2011 à 13:43 |
      Il n'y a qu'une et une seule démocratie dans cette région du monde : Israël, démocratie imparfaite et, à l'occasion violatrice des droits de l'homme - comme toutes les démocraties connues! - mais démocratie quand même. L'autorité palestinienne, à l'inverse, est une dictature camouflée et qui, par faiblesse, s'encanaille avec le Hamas...

      Répondre

  • alain jugnon

    alain jugnon

    16 septembre 2011 à 17:38 |
    Le racisme d'Etat en Israël est bien sûr rationnel (comme tous les racismes d'Etat) mais il n'est rien de juste puisqu'il est contre les droits de l'homme.

    Répondre

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    16 septembre 2011 à 17:17 |
    Tout dans ce communiqué est juste. Merci Eva de nous l’avoir transmis…Oui il faut raison garder ; et je m’exprimerai sur le sujet dans mon prochain éditorial.

    Répondre

  • alain jugnon

    alain jugnon

    16 septembre 2011 à 16:43 |
    L'Etat d'Israël en tant qu'Etat hors la loi (refusant d'appliquer les directives de l'ONU)et Etat terroriste (massacreur à ses frontières et hors de ses frontières) a bon dos de reprocher à L'ONU de peut-être reconnaître le droit du peuple palestinien à exister comme Etat de droit. Le peuple élu refuse qu'un peuple reconnu par lui-même (tous les peuples se reconnaissent eux-même par eux-mêmes)vienne au monde : cela signifie tout simplement que le peuple juif n'a jamais été élu par quiconque, ni à l'origine, ni maintenant (ou alors il faut posséder la folie de croire que le peuple élu l'a été par un "Dieu"...). Les israëliens sont tout simplement des palestiniens comme les autres. Je demande instamment que le peuple israëlien soit enfin reconnu comme Démocratie par l'ONU : car pour l'heure Israël est pour tous un Etat voyou.

    Répondre

    • Yossi Malka

      Yossi Malka

      16 septembre 2011 à 19:23 |
      Vous avez encore une fois choisi la provocation, les insultes et un langage obscène pour commenter une situation que nous ignorez. Vous n’avez même pas la force, ni le don de la curiosité pour l’approfondir avant de parler ainsi . Vous ne connaissez du problème que ce que les ennemis d’Israël dont vous faites partie, en dissent .Vous ne parlez ni l’hébreu , ni l’arabe pour suivre l’actualité à la source au jour le jour, et vous réagissez comme le dernier des ignorants. Dire que certains français mettent entre vos mains leurs élèves , c’est le comble : un professeur ignare qui lance n’importe quoi pourvu qu’il puisse assouvir son désir vicieux de contestataire gratuit .
      Vous mentez lorsque vous dites qu’ISRAEL est un Etat terroriste et massacreur à ses frontières . Par ces mots vous profanez la mémoire de milliers de civils ISRAELIENS : hommes , femmes , enfants , vieillards et bébés , qui eux, oui ont été massacrés et souvent égorgés par les terroristes que vous chérissez .
      Et puis , d’ISRAEL vous passez aux JUIFS . Vos commentaires à ce sujet sont dignes des pires antisémites , et Ahmadinedjad , pourrait vous serrer dans ses bras .On s’en doutait par ailleurs ;vos billets , qui valent , je vous l’avais déjà dit , moins chers que la page électronique qui les contient , annonçaient déjà votre haine d’ISRAEL et du JUIF, xénophobie à laquelle vous avez associé le CHRISTIANISME , comme un rat qui se camouffle .
      Vous n’avez eu aucun mot de compassion pour plus de 2600 civils syriens tués par Assad , que vous n’avez pas qualifié de massacreur, ni des certaines de Kurdes assassinés par Erdogan , ni pour les autres victimes du terrorisme que vous approuvez , en Irak , en Afganistan , en Libye, en Inde ….Votre silence vous rend aussi complice que les faiseurs de ces assassinats qui sont des crimes contre l’humanité , ainsi reconnus par les Grands Instances Internationales .C’est parce que vous êtes un poltron , et c’est plus facile pour vous d’attaquer ISRAEL et le Peuple JUIF.
      Vous avez voulu la provocation, vous l’avez , « intellectuel » voyou .

      Répondre

      • alain jugnon

        alain jugnon

        16 septembre 2011 à 20:13 |
        Je suis bon prince : disons que je profane. Cela reste une analyse de la situation et une pensée. De droit.
        Vous insultez. Disons que nous ne sommes pas d'accord : ce qui ne m'empêche pas de penser qu'Israël est un Etat terroriste.

        Répondre

        • alain jugnon

          alain jugnon

          16 septembre 2011 à 20:22 |
          au fait, "intellectuel voyou" j'adore, c'est tout moi. Vous semblez, vous, être un bon petit soldat.

          Répondre

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.