Sociologie des deux droites

Ecrit par Jean-François Vincent le 18 mars 2017. dans France, La une, Politique

Sociologie des deux droites

Sociologie, il s’agit des gens, des électeurs, et non des partis, dont la typologie – déjà ancienne (1954), mais toujours pertinente – faite par René Rémond demeure une référence.

Je me base – avant tout, mais pas seulement – sur les travaux du géographe Christophe Guilluy, Atlas des fractures françaises (2000), La France périphérique (2014), et Le Crépuscule de la France d’en haut (2016).

Guilluy distingue ce qu’il nomme la « France périphérique » – celle qui vit en dehors des grandes agglomérations (fuyant les centre-ville trop chers et les banlieues ghettoïsées) et souffre de la révolution numérique globale à laquelle elle est inadaptée – de la « France métropolitaine », la France de ceux qui habitent Paris ou les métropoles régionales, pas forcément des très riches, mais des cadres formés au nouvelles technologies et à l’aise dans le monde qui vient. Ce clivage recoupe celui forgé par Patrick Buisson, qui parle, lui, des « inclus » et des « exclus ». Bien entendu, les polarités périphérie/centre et inclusion/exclusion ne corroborent pas le positionnement droite/gauche : il existe aussi – évidemment – des exclus, comme des inclus, de gauche. Mais le décalage de l’ensemble de la société vers la droite prend chez les uns et chez les autres une coloration différente.

J’opposerai ainsi les populistes aux élitistes conservateurs.

Les populistes sont confrontés à un dilemme, à ce qu’on appelle en anglais un « double bind », et que Buisson, dans son dernier livre (La Cause du peuple, recensé par moi sur RDT), qualifie de « face à face métaphysique opposant les partisans de l’illimité aux gardiens de la limite ». D’un côté, en effet, un désir de briser des tabous (perçus comme autant de limitations) – l’antiracisme, l’idéal d’égalité – d’où la prégnance des thèmes de l’identité et de l’éventuelle préférence nationale ; mais de l’autre, un besoin de se voir rassuré par des frontières on ne peut plus « limitantes » : frontières économiques (le protectionnisme), politiques (frontières tout court, sortie des traités européens), culturelles (défense sourcilleuse de la laïcité, condamnation du multiculturalisme et islamophobie). Le Front National et ceux qui l’imitent, excellent dans cette coincidentia oppositorum, cette coïncidence des opposés.

A l’inverse, les élitistes conservateurs se définissent essentiellement par la réaction.

Réaction contre l’Etat providence, supposé asphyxier l’économie et les ménages ; d’où une exigence de dérégulation (démanteler le Code du travail), de moins d’impôts (suppression de l’ISF, diminution des charges pesant sur les entreprises), avec, parallèlement, une exaltation du travail, dont le temps légal devient alors la mesure de la vertu ou, au contraire, du vice.

Mais également, et non moins, réaction contre Mai 68 et la permissivité sociétale qui en résulte. Le rejet de la loi Taubira, la Manif pour tous et le développement de groupes de pression « catho tradi », tel Sens commun, en sont la traduction.

Sur un plan politique, ces élitistes conservateurs – des inclus métropolitains – se retrouvent parfaitement dans le programme de François Fillon. Ils formèrent l’essentiel du rassemblement en sa faveur, au Trocadéro, le 5 mars de cette année.

Patrick Buisson, d’ailleurs, avait remarquablement prévu la défaite de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite : celui-ci tenait un discours populiste, s’adressant aux « exclus », alors que ceux qui se déplaçaient pour aller voter appartenaient dans leur écrasante majorité aux « inclus », élitistes et conservateurs à la fois. Fillon était de la sorte leur candidat naturel. Les deux catégories divergeront lors du second tour de la présidentielle : les populistes, cela va sans dire, confirmeront leur vote du tour précédent pour Marine Le Pen ; mais les élitistes conservateurs inversement se diviseront en fonction de leur haine dominante : les uns, préoccupés d’abord de mœurs, voteront FN (quoique ce dernier abrite en son sein les tendances contradictoires de Florian Philippot et de Marion Maréchal-Le Pen), tandis que les autres, soucieux davantage d’argent, porteront leurs suffrages sur Emmanuel Macron.

La droite d’en haut et celle d’en bas en quelque sorte…

A propos de l'auteur

Jean-François Vincent

Jean-François Vincent

Directeur de publication

Membre du Comité de Rédaction et rédacteur

Traducteur au Conseil de l'Europe

Ancien professeur certifié d'anglais

Ancien diacre à la cathédrale russe saint-Alexandre Nevski de Paris

Maîtrise d’anglais

Licence de philosophie

Licence de droit

Diplômé de l’institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Commentaires (7)

  • Jean-Luc Lamouché

    Jean-Luc Lamouché

    19 mars 2017 à 10:52 |
    Chronique fort intéressante, JFV, et reposant sur des ouvrages que l'on ne peut pas balayer d'un simple revers de la main, c'est certain. Il est évident que, si François Fillon - pour les raisons que l'on sait - n'est pas qualifié pour le second tour des élections présidentielles en avril, fait probable actuellement, son électorat se scindera en fonction de la distinction des priorités qui ont été mises en lumière dans votre texte. Au moment le plus fort de la possibilité du "Plan B Juppé" (la seule possibilité alternative crédible à mettre en place pour le parti LR si Fillon l'avait acceptée), lorsque les sondeurs évoquaient le remplacement de Fillon par Juppé, 40 % des électeurs potentiels de la droite dite "classique" (et de moins en moins "républicaine" pour les éléments les plus "radicalisés" de son électorat) envisageaient de voter directement pour le Marine Le Pen ! Si l'on fait l'addition, cela aurait pu placer celle-ci dans la situation suivante : 26% d'électeurs frontistes (score potentiel actuel) plus 9% venant du fillonisme (sur un total actuel de 18%) fondé sur des valeurs conservatrices ou même réactionnaires (avec Sens Communet La Manif pour Tous, avant tout) ; soit un total de premier tour "frontiste" qui aurait pu se situer aux alentours de 35% des suffrages exprimés... et une dynamique qui aurait pu devenir dangereuse...
    Mais, cette question, qui reste posée pour le second tour, se heurtera au fait que, même avec un % de cet ordre en mai, n'ayant pas de réels alliés, Marine Le Pen ne pourra compter qu'espérer grappiller quelques % chez le souverainiste de droite Nicolas Dupont-Aignan et quelques partisans de la "politique du pire" au niveau de la sphère mélenchonesque ; impossible pour elle, dans ces conditions, de franchir la barre des 50% des exprimés plus une voix... Par contre, même si elle a face à elle Emmanuel Macron, il est tout à fait possible qu'elle atteigne, voire dépasse quelque peu, les 40%, soit plus du double de ce que son père avait réalisé face à Jacques Chirac en 2002 ! Ceci dit, les dirigeants du FN ont été particulièrement refroidis par les résultats des élections en Hollande, car ils comptaient sur une continuation de la dynamique d'un "effet dominos" depuis le Brexit et l'élection du populiste Donald Trump aux Etats-Unis... Eh bien non ! Le parti populiste hollandais n'a que très peu progressé ; de plus, tous les autres partis politiques de ce pays avaient annoncé qu'aucun d'entre eux ne participeraient à une coalition avec les populistes en question... Quant au phénomène Emmanuel Macron, à mon avis, vous faites - au moins partiellement - une importante erreur d'analyse, si l'on prend la droite "classique" dans son ensemble. En effet, ces électeurs issus de la "droite" qui vont voter pour Macron sont bien loin d'être tous à situer dans l'étiquette "d'argent" que vous leur donnez. Rappelez-vous qu'Alain Juppé avait parlé "d'identité heureuse"... à construire (bien entendu) et de ses propos contre ceux qui ont contribué à "radicaliser" une partie importante de l'électorat de la "droite républicaine" (suivez son regard !). Si vous ne comprenez pas que nous sommes en train de changer de paradigme et que la grande opposition va désormais se faire entre partisans d'une société ouverte (certes plus ou moins, en période de crise) et ceux d'une société fermée, il est plus que probable que votre analyse va passer à côté de l'Histoire en train de se faire, même s'il n'est pas certain que ce combat enfin clair aux yeux des français (et titanesque, en même temps) sera facilement gagné par l'ensemble des partisans d'une vision générale d'ouverture. Cordialement...

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      19 mars 2017 à 13:40 |
      Par société « ouverte », vous entendez sans doute une société libérale – aux sens écononomique, politique et sociétale (libertaire/multiculturaliste) – du terme ; par oposition à la société « fermée », protectioniste, autoritaire, monoculturaliste et traditionaliste sur le plan des mœurs…
      Il est clair que si la « droite d’en bas » - populiste - que je décris correspond assez bien à votre société fermée ; par contre, celle d’en haut – celle des élitistes conservateurs, qui forment le socle des désormais 19% des fillonistes – ne prend qu’avec des pincettes les « ouvertures » de Macron : libéraux en économie, ils le sont déjà beaucoup moins en politique et seulement très peu en matière sociétale. Ce qui les orientera vers Macron et non vers Marine Le Pen, ce sera, avant tout, la crainte d’un « Frexit » et d’une sortie de l’euro.
      La faiblesse du paradigme que vous évoquez se situe dans la modestie historique de sa base sociologique : les libéraux, ex-giscardiens, ex-madelinistes, ex-Centre national des indépendants et paysans (au demeurant très à droite) ont toujours été ultraminoritaires et fort peu libertaires, sur le plan des mœurs (même si le Giscard « sexy youpi » de 1974 a introduit la majorité à 18 ans et la loi Veil, et si Juppé imagine – non sans un brin d’humour – une « identité heureuse »). A gauche, les libéraux/libertaires (exemple Daniel Cohn-Bendit) sont des anti-modèles (si ce n’est un authentique repoussoir) de « sociaux traitres », vendus au capitalisme (cf. la standing ovation que reçue Dany « le rouge » lors d’un congrès du Medef, dont il était l’invité d’honneur).
      Le vote Macron sera donc un vote d’élimination, et non pas un vote d’adhésion : le plus petit dénomination commun entre des gens qui n‘ont pas grand chose à voir les uns avec les autres, un vote de refus du FN. Ce n’est déjà pas si mal ; mais c’est très insuffisant pour constituer un nouveau « paradigme ». La sainte alliance d’un capitalisme humanisé et social avec une tolérance, xénophile et homophile à la fois, n’est pas sur le point de se réaliser.
      Voter au second tour de 2017, ce sera – presque exclusivement – voter contre. Le nouveau « ciel » - modéré et ouvert - d’une société tolérante peut attendre. Heaven can wait…

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      • Jean-Luc Lamouché

        Jean-Luc Lamouché

        21 mars 2017 à 20:53 |
        JFV, si vous voulez dire que "Paris ne s'est pas fait en un jour", cela me semble évident. Mais là où vous êtes toujours dans l'erreur, et je l'affirme ici avec la plus grande conviction, c'est sur le fait de ne pas tenir compte de ce que les français, dans leur très grande majorité (et vous le savez pertinemment), considèrent la "droite classique" et la "gauche de gouvernement" comme étant quasiment semblables, étant donné - avant tout - les interdépendances mondiales sur le plan économique. De plus, vous continuez de vous référer à de vieux schémas, qui ne sont donc absolument plus opérationnels. Ainsi, comparer Emmanuel Macron et son mouvement (qui deviendra un grand parti politique - je vais y revenir) à Valéry Giscard d'Estaing (pourquoi pas à Jean Lecanuet, pendant que vous y êtes - comme certains plaisantins ont pu le faire... ?!) relève à la fois de l'anachronisme (nous sommes au XXIe siècle) et du confusionnisme le plus atterrant.
        En effet, si le leader d'En Marche gagne les élections présidentielles (ce qui n'est pas encore certain), une nouvelle force politique "centrale" (et non pas centriste !) apparaîtra progressivement (elle a d'ailleurs déjà commencé à le faire), un peu à l'image de ce qu'est le Parti Démocrate américain. Or, je vous rappelle que celui-ci compte en gros trois tendances : une aile très modérée (voire assez conservatrice), un centre axial et une aile nettement à gauche - comme nous avons pu le constater lors des dernières primaires avec Bernie Sanders, qui finit par influencer des aspects non négligeables du programme d'Hillary Clinton (comme vous le savez, c'est elle qui a gagné les élections contre Donald Trump avec une différences de plus de 3,5 millions de voix au suffrage universel !). Voilà où sera situé ce nouveau "paradigme" politique, JFV, pendant que la "sociale-démocrate radicale" d'un Benoît Hamon s'étiolera (pour cause de non-croissance, donc de non-redistribution des richesses) et que le "socialisme dans un seul pays" des tenants de "La France insoumise" (gauche de la gauche) et de l' extrême gauche trotskiste et autres ne fera - comme d'habitude - qu'agiter son activisme dans la rue... Vous qui aviez la plus grande admiration pour la "compétence" de DSK, JFV, laissez-moi vous dire que je suis très étonné de vous voir passer complètement à côté du seul train possible de l'Histoire pour pouvoir lutter clairement et fortement contre les populismes - et avant tout celui d'extrême droite. J'ajoute qu'étant donné vos qualités intellectuelles, je trouve cela vraiment dommage et que j'aimerais bien connaître ce qui pourrait guider votre choix précis de citoyen pour ces élections d'avril-mai, puis de juin 2017...

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        • Jean-François Vincent

          Jean-François Vincent

          24 mars 2017 à 09:33 |
          Mon choix sera comme le vôtre : Macron. Mais, à la différence du vôtre, ce sera un choix négatif, par pure élimination. Le radieux parti démocrate que vous nous décrivez ressemble furieusement à ce qu'était le PS français avant le schisme mélenchonien (le Sanders bien de chez nous?!)...le mêmes causes produiront inévitablement les mêmes effets. Toute une partie de la sociale démocratie européenne s'est radicalisée et remarxisée (cf. Jeremy Corbyn en Grande Bretagne). Or, ici comme ailleurs, la gauche radicale est profondément minoritaire électoralement (moins de 30% en France). Ce que le PS mittérrandien parvenait - péniblement - à fédérer n'est plus possible : les deux gauches sont irréconciliables. Ce qui signifie que Macron, s'il est élu, devra gouverner non pas à gauche, mais bien au centre...

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          • Jean-Luc Lamouché

            Jean-Luc Lamouché

            25 mars 2017 à 06:23 |
            Non, JFV... Pour moi, vous vous trompez encore... Pourquoi ? Vous ne tenez pas compte de points absolument fondamentaux, même si je vous rejoins (c'est d'ailleurs tout à fait logique) en ce qui concerne le gauchissement de quelques partis représentant la sociale-démocratie en Europe (vous citez ainsi avec raison l'exemple de Jeremy Corbyn, assez proche d'ailleurs de certaines thématiques trotskistes !)... Vous savez comme moi que la mission historique de la sociale-démocratie consiste à répartir les richesses d'une manière plus juste et à donner davantage de droits aux "travailleurs" au sein des entreprises, par l'intermédiaire des liens que les partis sociaux-démocrates peuvent avoir (c'est le cas dans les pays scandinaves, par exemple) avec les syndicats. Or, cette mission, le socialisme démocratique ne peut effectivement plus l'assurer car - pour reprendre une expression ancienne et célèbre - il n'y a plus vraiment de "grain à moudre", aujourd'hui, en période de "croissance molle". Non ! Jean-Luc Mélenchon n'est pas Bernie Sanders, d'abord parce qu'en tant que "social-nationaliste" pro-poutinien, il n'est plus vraiment un homme de gauche (je préparerai pour Reflets du Temps une chronique qui tentera de montrer en quoi il y a eu notamment une dérive mélenchonesque du souverainisme au nationalisme, etc). Bernie Sanders s'était rallié à Hillary Clinton contre le populiste Donald Trump ; revoyez la presse à ce sujet... Vous pensez sérieusement que Jean-Luc Mélenchon pourrait accepter de soutenir - en échange de certains éléments de son programme archaïque - Emmanuel Macron au second tour... ?! Il n'est pas exclu, si celui-ci se qualifie pour le second tour des présidentielles, que le "Lider Maximo" français ne donne aucune consigne de vote entre Macron et la candidate frontiste Marine Le Pen... !! Enfin, je n'ai jamais écrit - relisez mes commentaires - que Macron allait gouverner "à gauche", mais en fait... ailleurs et surtout autrement, et avec, sur certains points, des accents progressistes tellement novateurs qu'ils balayeront la conception traditionnelle de la "gauche" que vous avez en tête (sans forcément la soutenir, j'entends). Non ! Macron n'est pas centriste, mais "central" (expression du politologue et directeur d'un institut de sondage très connu Roland Cayrol - entre autres). Une preuve de tout ce que j'avance : les appels à voter en faveur d'Emmanuel Macron proviennent de tous les horizons de "l'arc républicain", des communisants Robert Hue et Patrick Braouzec jusqu'à des libéraux cohérents avec leurs idées comme Alain Madelin (qui a toujours soutenu à la fois la libre circulation des marchandises, des idées et des hommes - à travers l'immigration), des centristes (oui... !) comme François Bayrou et des forces provenant de l'UDI, et des responsables socialistes de plus en plus nombreux - avec tout récemment Jean-Yves Le Drian, universellement respecté, et bientôt probablement Bernard Cazeneuve, etc... Non, décidément, JFV, vous n'avez pas compris ce qui est en train de se passer actuellement, même si vous avez raison sur le fait que la gauche sociale-démocrate radicalisé (du type Hamon) et la véritable gauche radicale ou extrême gauche se replient - ce qui était inévitable - sur des pseudos "fondamentaux" qui étaient ceux du socialisme des années 1970-début 1980, voire du guesdisme de la fin du XIXe siècle... Pour conclure ce commentaire, vous avez compris - je pense - que mon choix ne consistera pas seulement (même si c'est vital pour mon pays, dans lequel je vis, pour ce qui me concerne) en un vote "négatif", une attitude citoyenne contre...

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        • bernard péchon pignero

          bernard péchon pignero

          22 mars 2017 à 14:48 |
          Il y a longtemps que je dis qu'il faudra en passer par des coalitions faute de majorité comme dans la plupart des pays d'Europe. On verra après les législatives si le président (ou la présidente) sera en mesure de gouverner avec une coalition de diverses tendances. Je suppose que ce sera impossible à l'éventuelle présidente mais "naturel" pour Macron. Si c'est Fillon, ce sera plus difficile.l

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          • Jean-Luc Lamouché

            Jean-Luc Lamouché

            24 mars 2017 à 07:51 |
            Je partage totalement le contenu de votre commentaire, BPP, car notre système partitaire est à bout de souffle, voire obsolète. Les 2/3 des français (au moins) considèrent que les choses ne peuvent plus durer comme ça, et ils ont raison - en tout cas à mon avis ! Oui, comme Daniel Cohn-Bendit (par exemple) l'a déclaré récemment, il faut en passer par des coalitions - naturelles dans les pays de tradition germanique ou nordique - au moins à titre provisoire. Puis, le nouveau Parti Progressiste qu'Emmanuel Macron mettra en place, et qui regroupera des libéraux sur le plan économique et politique et des libertaires, avec des courants de pensée plus ou moins modérés, centraux, ou à gauche (j'insiste sur l'exemple de Bernie Sanders lors des primaires du Parti Démocrate dans le cadre des dernières présidentielles américaines) se construira par étapes. En attendant, il est possible (probable ?) que nous aurons une phase (quelques années, voire davantage ?) de passage par des "majorités d'idées", qui, j'en suis certain, intéressera bien plus les français que ce qui se passe aujourd'hui (et ceci depuis des années et des années !). D'ailleurs, toutes les enquêtes d'opinion montrent ce désir profond de notre peuple de ne plus voir refuser un projet parce que c'est le "camp" d'en face qui le propose... Mais attention... car je ne veux absolument pas dire que les "valeurs" de gauche et de droite disparaîtront ; elles sont en effet dans notre génétique depuis la Révolution de 1789. Simplement, c'est toute notre conception d'un modèle politique et social qui se "révolutionnera" peu à peu. De toute façon, c'est la seule voie, le seul chemin, dans une société - la nôtre - qui est devenue complètement immobile, fait favorisant la montée des populismes et particulièrement de l'extrême droite frontiste...

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