Monde

Une révision de la géopolitique turque ?

Ecrit par Jean Le Mosellan le 14 juin 2010. dans Monde

Une révision de la géopolitique turque ?

La dégradation des relations entre la Turquie et les États-Unis devient flagrante avec l’Opération Free-Gaza, contrôlée de bout en bout par la Turquie. Ce contrôle est attesté par la présence du Mavi-Marmara sous pavillon turc, embarquant 600 militants, sur un total de 700 pour toute la flottille. Comment la Turquie en est-elle venue là ?

L’examen des alliances de la Turquie depuis l’affaiblissement de l’Empire Ottoman montre qu’elles ont été faites pour contrer la menace de l’impérialisme russe dont l’acmé se situait au XIXe siècle avec la guerre de Crimée. En fait, ce danger reste potentiellement fort. D’où la primauté de l’Armée en tant que gardienne des Institutions.

Il est facile de constater que la crainte de la Russie dans ses visées historiques sur les Détroits, a jeté la Turquie d’abord dans les bras de l’Allemagne, puis dans ceux des États-Unis. La Russie, qu’elle fût tsariste ou soviétique, voulait annexer Constantinople à son empire, en tant que siège central de l’Église orthodoxe, et s’assurer dans le même temps un passage à sa flotte de la Mer Noire.

Israël without clichés

Ecrit par Tony Judt le 11 juin 2010. dans Monde, La une

Israël without clichés

THE Israeli raid on the Free Gaza flotilla has generated an outpouring of clichés from the usual suspects. It is almost impossible to discuss the Middle East without resorting to tired accusations and ritual defenses: perhaps a little house cleaning is in order.

No. 1: Israel is being/should be delegitimized

Israel is a state like any other, long-established and internationally recognized. The bad behavior of its governments does not “delegitimize” it, any more than the bad behavior of the rulers of North Korea, Sudan — or, indeed, the United States — “delegitimizes” them. When Israel breaks international law, it should be pressed to desist; but it is precisely because it is a state under international law that we have that leverage.

Some critics of Israel are motivated by a wish that it did not exist — that it would just somehow go away. But this is the politics of the ostrich: Flemish nationalists feel the same way about Belgium, Basque separatists about Spain. Israel is not going away, nor should it. As for the official Israeli public relations campaign to discredit any criticism as an exercise in “de-legitimization,” it is uniquely self-defeating. Every time Jerusalem responds this way, it highlights its own isolation.

L'Appel de Jcall

Ecrit par Léon-Marc Levy le 09 juin 2010. dans Monde

Cet article n’a pas d’autre objet que de relayer l’appel de Jcall

Les Juifs de la Diaspora (ceux qui ne vivent pas en Israël) ne sont pas les otages de l’état d’Israël.  C’est ce qui me semble le fait dominant de cet appel lancé par des Juifs européens et qui rappelle enfin que le fait d’être juif n’implique pas forcément un alignement au garde-à-vous face au gouvernement d’un état dont nous ne sommes pas citoyens, et dont nous pouvons naturellement désapprouver les choix politiques fondamentaux actuels, ce qui est le cas des signataires.

L’appel que vous lirez ci-dessous a déjà été signé par des personnalités et des membres d’associations juives européennes, engagées depuis toujours dans le combat pour la paix au Moyen-Orient.

Amos Oz, écrivain et sioniste

Ecrit par Ariel Gurevitz le 07 juin 2010. dans Monde, Littérature

Amos Oz, écrivain et sioniste

En lisant attentivement sa chronique il s’avère qu’Amos Oz suggère une stratégie qui ne contredit en rien les grandes lignes de la politique israélienne d’aujourd’hui ou du passé. La différence avec les responsables politique portent principalement sur les moyens de mettre un terme au conflit, et non sur les concessions qu’il faudrait faire pour y arriver.

Globalement, la vision d’Amos Oz correspond à ce à quoi une majorité d’israéliens aspirent, pour autant ils aient la sécurité en contrepartie. Il n’y a pas grand- monde en Israël qui objecterait à une paix véritable en échange de territoires. Les quelques irréductibles qui s’y opposeraient ne viendraient pas à bout de la démocratie israélienne.

Le coût de l'initiative turque

Ecrit par Jean Le Mosellan le 05 juin 2010. dans Monde

Le coût de l'initiative turque

Entre un drapeau palestinien et un drapeau turc, le chef du gouvernement du Hamas Ismaïl Haniyeh a déclaré que « la stratégie de l’ennemi a échoué et la stratégie de la patience a gagné à Gaza aujourd’hui »(Le Monde 04.06.10)

M.Haniyeh lui-même a ainsi confirmé la part prépondérante, sinon écrasante de la Turquie, représentée par son ONG IHH, Internationale Humanitäre Hilforganisation, dans la flottille pour Gaza. Les autres nationalités ne représentent que le septième des effectifs engagés, dont 600 étaient sur le Mavi-Marmara battant pavillon turc. Les supplétifs eux étaient répartis sur les autres bateaux, sans doute sous pavillons indéterminés sinon très négligeables pour figurer à côté de M. Haniyeh.

 

Le rôle de la Turquie

Ecrit par Jean Le Mosellan le 05 juin 2010. dans Monde

Le rôle de la Turquie

Apparemment dans l’épisode de l’arraisonnement de la flottille pour Gaza, l’ONU risque de redevenir le « machin » informe du Général de Gaulle, très fâché en son temps par la main mise des États-Unis sur les décisions du Conseil de sécurité. Depuis l’ère Nixon, le contrôle américain de ce Conseil n’a pas faibli. La même attitude s’observe avec Barack Obama, au grand dam de l’opinion arabe.

La position de la Maison Blanche, assez mesurée, est contestée au siège même de l’ONU, par la Turquie montée tambour battant en première ligne, où l’on aura remarqué l’effacement de l’Iran. Pourquoi cette offensive dans la guerre des images ? Il est clair que la Turquie ne peut laisser l’Iran s’emparer du leadership au Moyen-Orient, avec sa politique prestigieuse sur le nucléaire auprès des masses arabes.

Contrairement à ce qui se dit dans les médias favorables à la cause palestinienne, ce n’est pas de Palestine qu’est partie la stratégie de percée du blocus imposé par Israël à Gaza. C’est de Turquie.

Hedy Epstein n'est pas seule

Ecrit par Kamel Daoud le 05 juin 2010. dans Monde

Hedy Epstein n'est pas seule

Casser un tabou : parler par exemple des juifs qui sont contre le sionisme. On ne le voit pas car chaque partie ne voit que les siens et elle-même. A bord de la flottille pour la paix piratée par l’armée israélienne en eaux internationales, il n’y avait pas que des Turcs, que des Algériens, que des musulmans, que des « Arabes ». Il y avait des Irlandais, des Suédois, des Français, des Européens de tous les pays, des Américains et une rescapée de l’Holocauste : Hedy Epstein, 85 ans, ainsi que l’ancien archevêque catholique grec d’El Qods/Jérusalem. La flottille n’était pas une résistance religieuse, ni un parti du « sud », ni une démonstration contre l’Occident, mais un acte de l’humain contre l’inhumain. Il faut sans cesse le rappeler pour que notre réaction ne ressemble pas à celle de nos ennemis : racisme et exclusion au nom de la race ou de la force ou de la religion.

Comprendre Gaza

Ecrit par Ariel Gurevitz le 05 juin 2010. dans Monde

Comprendre Gaza

L’arraisonnement du « Marmara » constitue un échec pour Israël. Ce pourrait être le résultat d’une erreur d’appréciation, où Tsahal aurait peut-être pu procéder à un arraisonnement en évitant à ses soldats de se retrouver acculés à la légitime défense. Ce qui s’est passé sur le « Marmara » est comparable à ce qui se passe quand un policier se fait agresser du seul fait qu’il représente l’ordre et se sert de son arme pour sauver sa peau. On peut penser que le policier en question dégaine trop vite, mais sur le fond de l’affaire, parmi les nations qui condamnent Israël, je pense qu’il n’y en pas une seule qui aurait laissé passer le « Marmara » sans en vérifier la cargaison.

C’est l’occasion de rappeler l’histoire récente de Gaza.

Le raid sur la flottille de Gaza

le 05 juin 2010. dans Monde

Le raid sur la flottille de Gaza

Quand on voit les images de l’opération israélienne sur la flottille vers Gaza, dès la première image de ce soldat israélien qui descend en rappel sur le bateau et qui se fait attraper comme s’il arrivait mains en l’air, l’autre soldat isolé se faisant jeter par dessus bord, on sent que ceux qui ont organisé l’opération ont plus péché par “bêtise” que par autre chose. Quelle armée oserait envoyer ses soldats se faire frapper sciemment ?

En revanche, cette “bêtise” mérite, comme souvent, d’être analysée. Elle suggère que les responsables envisageaient une sorte d’opération de police où les soldats descendent avec l’autorité de la loi et ordonnent le déroutage du bateau vers le port voisin pour vérifier la cargaison, etc. Cela veut dire qu’ils n’ont pas en tête la capacité de leur adversaire de mobiliser contre eux beaucoup de monde sur la planète, déjà le monde arabo-musulman, mais aussi beaucoup d’autres voix solidaires. Je dis des “voix”, car la manifestation devant l’ambassade d’Israël à Paris n’a pas rassemblé beaucoup de monde (près de cinq cents m’a-t-on dit, ce qui est peu comme réponse à un appel d’Intifada générale devant les ambassades d’Israël).

"A un ami israélien" de Régis Debray à Barnavi

Ecrit par Ariel Gurevitz le 05 juin 2010. dans Monde

L’écrivain et essayiste Régis Debray a récemment écrit un ouvrage intitulé « A un ami israélien », où il s’exprime sur le conflit israélo-arabe en s’adressant à Elie Barnavi, historien et ex-ambassadeur d’Israël à Paris. Je suis pour ma part en désaccord avec Barnavi, mais de la manière dont on peut l’être avec un Israélien à fibre juive dont on partage fondamentalement les aspirations. Tout ce que je peux en dire, c’est qu’à mon avis la solution qu’il préconise n’est pas la bonne. Pour la résumer de manière succincte, elle consiste à imposer une solution de l’extérieur.

Quant à Régis Debray, et en dépit de sa très belle plume, je pense que son point de vue sur Israël à travers ses écrits est détestable. Il se sert de poncifs anti-israéliens (pêché originel, colonisation, religion, apartheid, etc.. ) qui relèvent d’un antisionisme primaire. Il a en revanche un penchant affectif pro-palestinien marqué, ce qui est son droit, mais ce qui ne lui donne pas celui de falsifier l’Histoire. Le péché originel n’est pas du côté d’Israël comme il le prétend : il est du côté arabe qui a refusé  le partage de la Palestine en 1948.

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