Monde

Comprendre Gaza

Ecrit par Ariel Gurevitz le 05 juin 2010. dans Monde

Comprendre Gaza

L’arraisonnement du « Marmara » constitue un échec pour Israël. Ce pourrait être le résultat d’une erreur d’appréciation, où Tsahal aurait peut-être pu procéder à un arraisonnement en évitant à ses soldats de se retrouver acculés à la légitime défense. Ce qui s’est passé sur le « Marmara » est comparable à ce qui se passe quand un policier se fait agresser du seul fait qu’il représente l’ordre et se sert de son arme pour sauver sa peau. On peut penser que le policier en question dégaine trop vite, mais sur le fond de l’affaire, parmi les nations qui condamnent Israël, je pense qu’il n’y en pas une seule qui aurait laissé passer le « Marmara » sans en vérifier la cargaison.

C’est l’occasion de rappeler l’histoire récente de Gaza.

Le raid sur la flottille de Gaza

le 05 juin 2010. dans Monde

Le raid sur la flottille de Gaza

Quand on voit les images de l’opération israélienne sur la flottille vers Gaza, dès la première image de ce soldat israélien qui descend en rappel sur le bateau et qui se fait attraper comme s’il arrivait mains en l’air, l’autre soldat isolé se faisant jeter par dessus bord, on sent que ceux qui ont organisé l’opération ont plus péché par “bêtise” que par autre chose. Quelle armée oserait envoyer ses soldats se faire frapper sciemment ?

En revanche, cette “bêtise” mérite, comme souvent, d’être analysée. Elle suggère que les responsables envisageaient une sorte d’opération de police où les soldats descendent avec l’autorité de la loi et ordonnent le déroutage du bateau vers le port voisin pour vérifier la cargaison, etc. Cela veut dire qu’ils n’ont pas en tête la capacité de leur adversaire de mobiliser contre eux beaucoup de monde sur la planète, déjà le monde arabo-musulman, mais aussi beaucoup d’autres voix solidaires. Je dis des “voix”, car la manifestation devant l’ambassade d’Israël à Paris n’a pas rassemblé beaucoup de monde (près de cinq cents m’a-t-on dit, ce qui est peu comme réponse à un appel d’Intifada générale devant les ambassades d’Israël).

"A un ami israélien" de Régis Debray à Barnavi

Ecrit par Ariel Gurevitz le 05 juin 2010. dans Monde

L’écrivain et essayiste Régis Debray a récemment écrit un ouvrage intitulé « A un ami israélien », où il s’exprime sur le conflit israélo-arabe en s’adressant à Elie Barnavi, historien et ex-ambassadeur d’Israël à Paris. Je suis pour ma part en désaccord avec Barnavi, mais de la manière dont on peut l’être avec un Israélien à fibre juive dont on partage fondamentalement les aspirations. Tout ce que je peux en dire, c’est qu’à mon avis la solution qu’il préconise n’est pas la bonne. Pour la résumer de manière succincte, elle consiste à imposer une solution de l’extérieur.

Quant à Régis Debray, et en dépit de sa très belle plume, je pense que son point de vue sur Israël à travers ses écrits est détestable. Il se sert de poncifs anti-israéliens (pêché originel, colonisation, religion, apartheid, etc.. ) qui relèvent d’un antisionisme primaire. Il a en revanche un penchant affectif pro-palestinien marqué, ce qui est son droit, mais ce qui ne lui donne pas celui de falsifier l’Histoire. Le péché originel n’est pas du côté d’Israël comme il le prétend : il est du côté arabe qui a refusé  le partage de la Palestine en 1948.

Israël ou le syndrome du Bouc Emissaire

Ecrit par Léon-Marc Levy le 03 juin 2010. dans Monde

Israël ou le syndrome du Bouc Emissaire

Je fais partie, dans les tous premiers rangs et depuis des décennies, des Juifs de la Diaspora très critiques, voire virulents, à l’égard de la politique israélienne. En tout cas depuis 1967 (Guerre des six Jours) et face aux choix stratégiques adoptés par Jerusalem (ou Tel-Aviv) depuis.

La cécité de l’état hébreu, sa posture paranoïaque de plus en plus inquiétante, sa politique authentiquement coloniale à l’endroit des territoires occupés et des populations palestiniennes qui y vivent, sa brutalité grandissante dans ses entreprises militaires, ont fait de moi un opposant déterminé. J’en suis évidemment meurtri, je suis attaché à Israël, à sa légitimité enfin reconnue et à sa sécurité. Mais meurtri ou pas, je ne peux accepter la fuite en avant irrationnelle et dangereuse des (ir)responsables israéliens. Je ne vois pas au nom de quoi je ferais exception pour Israël, là où je condamne par exemple les dirigeants Iraniens pour leurs délires extrémistes, les Coréens pour leurs inacceptables provocations, les Chinois pour leur mépris endémique des droits de l’homme. J’en passe, et des pas meilleurs et la liste, de toute façon, serait trop longue.

Tribune libre

Ecrit par Ariel Gurevitz le 15 mai 2010. dans Monde

Tribune libre

Israël est prêt à mettre fin au conflit et à payer le prix fort pour la paix

Il y a, en particulier dans l’opinion publique européenne, une confusion entre les effets de l’occupation israélienne et ses causes. Dans l’esprit de beaucoup d’observateurs il suffirait qu’Israël évacue la Cisjordanie pour que le conflit soit réglé. Or le conflit existait avant cette occupation. Ce qu’on oppose généralement à cela c’est que la guerre de 1948 a produit un exode qui a transformé des centaines de milliers de palestiniens en réfugiés. Mais en réalité cet exode ne fut jamais que la conséquence tragique du refus arabe d’accepter le plan de partage de l’Onu en deux états souverains après le départ de l’occupant britannique. Sans ce refus il n’y aurait eu ni exode ni refugiés palestiniens. Sans ce refus il y aurait peut-être aujourd’hui à côté d’Israël une Palestine moderne, laïque et prospère.

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