L’IFRI présente « L’agenda en politique étrangère du nouveau président »

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 avril 2017. dans Monde, La une, Politique, Actualité

L’IFRI présente « L’agenda en politique étrangère du nouveau président »

… Le huitième de la Vème république, celui – ou celle – qu’on élira le 7 Mai.

Il ne s’agit pas d’une comparaison des programmes en politique étrangère, même si, à la fin de chacun des 15 articles de cette somme de travail d’analyses, un tableau synoptique présente fort utilement les propositions des grands candidats. Il s’agit des thèmes qui seront ceux auxquels le nouveau président sera confronté dès son élection. A la fois, donc, des analyses et pistes destinées aux candidats eux-mêmes et bien autant à la réflexion de nous tous, lecteurs-électeurs.

Cet important travail que présente l’IFRI rassemble 15 articles courts et pas moins de 21 rédacteurs, sous la houlette du directeur de l’Institut, Thomas Gomart, et de Marc Hecker, dirigeant les publications de l’IFRI et rédacteur en chef de la revue de Politique Étrangère, dont nous sommes devenus familiers à Reflets du temps.

Impossible de recenser – vraiment – chacun des 15 articles, tous fondamentaux. J’ai pris le parti d’en extraire quelques éléments phares, à tout le moins, d’en éclairer le titre en forme de problématique parlante. Saluant chacun des chercheurs spécialistes qui ont dégagé la substantifique moelle de leur sujet, tous de façon pédagogique et remarquable ; me sera-t-il pardonné de n’en citer, pour cause de place, aucun de leurs noms !

L’introduction cible l’importance en politique étrangère, du Président, et depuis le passage au quinquennat en 2002, l’accentuation de la rupture Gaullo-Mittérandienne.

« La – future – politique étrangère sera entravée par la dette » à hauteur de 32000 Euros / Français de dette, d’où un incontournable : la baisse des dépenses publiques.

Au-delà des « postures », « comment défendre les intérêts de la France commercialement ? » sachant que le débat actuel tourne autour d’un retour à un protectionnisme français, et qu’il faudrait chercher à influencer des réponses européennes aux défis de l’heure.

Point central, celui de « l’énergie et du climat, des enjeux de la transition énergétique »,une des réussites du quinquennat sortant, dont la progressive sortie du plein nucléaire reste à aménager.

5 défis pour la présidence à venir, autour – évidemment – du « terrorisme ». Connaître la source à travers la zone syro-irakienne ; cibler le problème des « revenants » et trouver la juste place et forme de la déradicalisation. Avoir en mire la réactivation des réseaux anciens, et « faire fonctionner » le fichier mis en place depuis 2015 des 12 à 16000 personnes susceptibles de passer directement à l’acte, de même que les « frappes obliques » venues de ressortissants étrangers.

La « défense » pourrait bien être à un « moment de vérité » dans le prochain quinquennat, avec une réaffirmation de l’objectif de l’autonomie stratégique, ce qui souligne le besoin de crédits et moyens insuffisants pour le moment.

Un article très actuel sur la « maîtrise du numérique en stratégie » apporte un utile éclairage sur la course aux cyberarmements, dont la Russie, s’est fait – on sait - une spécialité.

L’article sur « reformuler le défi migratoire » est – forcément – attendu, de même, pour le coup, que le tableau synoptique des programmes des candidats. Débats qui tournent depuis la fin des années 80 autour des notions de nationalité, régularisations, immigration choisie et/ou subie. Mais, l’été 2015 et la crise des migrants, la catégorie aussi de réfugié s’invitant dans les débats, a coloré différemment la campagne. Nécessité d’un traitement de ces sujets à l’échelle européenne, mais force est de constater que des approches irréconciliables, apparemment, se sont installées entre états européens ; Allemagne, par exemple, et Hongrie. Plusieurs articles éclairent les problématiques propres à nos relations à venir avec des États ou groupes d’états.

Celui, fort intéressant et pertinent de la spécialiste des « USA », butant sur les dernières initiatives Trumpiennes entre Corée et Moyen-Orient, non connues, ni bien prévisibles, au moment de la rédaction. Cela n’enlève pas grand-chose à l’analyse posée : la donnée particulière à prendre en compte, du personnage Trumpien, l’obligation de fermeté et de vigilance, la nécessité de considérer les enjeux euro-américains plutôt que bilatéraux.

Dans « les relations franco-russes », délicates à manœuvrer, la question serait autour de l’alternative entre privilégier le bilatéral, avec à la clé un rapprochement avec Moscou et la levée des sanctions dues au problème ukrainien, et opérer dans le cadre des alliances traditionnelles.

On sait que le nœud de la Politique étrangère est actuellement « au Moyen-Orient » et notamment dans l’axe Syro-Irakien. Retraçant un bref historique de nos investissements sur ce théâtre depuis l’orbite américaine d’après 2001, jusqu’au tournant de 2011 et des révolutions arabes, l’auteure de cet article désigne les hésitations américaines, la remontée d’une diplomatie allemande, pour souligner que des questions sur les appuis, les alliances doivent se doubler sur des recherches de collaborations fermes dans le monde arabe, et que les coalitions comprenant ou non la Russie risquent de continuer à faire partie de l’équation.

Quant au vaste et mouvant champ asiatique (l’élément Coréen échappant au moment de la rédaction de l’article) la « poursuite d’un engagement diversifié » est recommandée, ainsi que la recherche de rôles dans les institutions multilatérales asiatiques. Vigilance dans les relations avec la Chine, qui ne peuvent s’entendre sans la montée des rivalités entre Pékin et Washington, sachant que la Chine essaie de fabriquer une vision post-occidentale de l’organisation du monde.

Même si depuis le génocide Rwandais, la France n’a plus voulu être le gendarme de l’Afrique, tout en ayant pris sa large part au Sahel dans le quinquennat qui s’achève, c’est, à l’abri de mandats internationaux, que la France doit poursuivre, notamment en aidant au développement des armées nationales.

Enfin, 4 pistes sont dessinées pour « reprendre l’initiative sur l’UE » :restaurer la crédibilité économique en poursuivant les réformes structurelles ; mettre en place un dialogue plus équilibré avec l’Allemagne ; entreprendre des coopérations plus approfondies au N et à l’E avec d’autres partenaires européens ; avancer ou consolider la débat sur l’UE en France même.

« France-Allemagne, quo vadis ? » ferme le ban de ce voyage en PE. Beaucoup de sujets cruciaux ; réfugiés, frontières, Brexit, zone Euro, numérique ; beaucoup de divergences ; vaste chantier.

Une interrogation, cependant, face à cet énorme et très utile travail des équipes IFRI : l’après-Brexit ne sera-t-il pas une grande question – ayant pu faire l’objet d’un article – pour le quinquennat qui va s’ouvrir ? A moins qu’un numéro futur de PE ne lui soit dévolu ?

 

Thomas Gomart Marc Hecker : L’agenda diplomatique du nouveau président

http://www.ifri.org/fr/publications/etudes-de-lifri/lagenda-diplomatique-nouveau-president

Etudes de l’Ifri. Ifri Avril 2017

A propos de l'auteur

Martine L. Petauton

Martine L. Petauton

Rédactrice en chef

 

Professeur d'Histoire-Géographie

Auteure de publications régionales (Corrèze/Limousin)

 

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.