RAMSES 2018 : La guerre de l’information aura-t-elle lieu ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 09 décembre 2017. dans Monde, La une, Politique

RAMSES 2018 : La guerre de l’information aura-t-elle lieu ?

Comme chaque année, RAMSES (entendez : Rapport Annuel Mondial sur le Système Economique et les Stratégies). Juste avant les fêtes ; un cadeau – absolument obligatoire – pour tout citoyen digne de ce nom. Tous, ceux qui croient savoir, ceux qui sont perdus, ceux qui ont peur – encore plus.

Le principe : à la fois un bilan de l’année d’où l’on sort et, bâti là-dessus, une prospective de ce qui arrive. Exercice parfaitement casse-cou, exigeant le professionnalisme rigoureux et abouti des chercheurs de l’IFRI. Réussite d’envergure chaque année. Trois branches à ce triptyque ; les interrogations sur l’année à venir, en articles-thèmes fouillés et ciblés ; ce qui va caractériser l’évolution de plusieurs endroits du monde : état des lieux, problèmes, risques, interactions, et enfin, une somme de chiffres et cartes pour mieux visualiser les problématiques en cours. Pas moins de 8 vidéos l’accompagnent (QR code à télécharger). Autant dire, un outil indispensable que ce RAMSES, rôle qu’il remplit auprès des chercheurs, journalistes, universitaires et autres étudiants. Mais cela ne serait qu’ordinaire en pays savant, s’il n’y avait que la chose se lit comme roman passionnant – ce n’est jamais que notre monde, demain – en langue pédagogique à la portée du citoyen de base, pour au bout s’installer là où est l’important de l’écriture : au côté de nos nuits, et être ouvert, ré-ouvert, consulté là, vérifié ici, tel livre de chevet de l’honnête homme…

Trois enjeux majeurs se partagent cette ouverture sur 2018 : Un monde brisé ; un monde nouveau ? Où va la Russie ? ; et La guerre de l’information. Chacun de ces « yeux » sur demain se déclinant en nombreux articles fouillés, confiés aux meilleurs spécialistes de la question. Tout vaut la lecture, et bien plus, la méditation qui la suit.

Dans Un monde brisé ; quel monde nouveau ?, piloté par Dominique David et Philippe Moreau Defarges, s’attarder sur Un nouveau jeu de puissance (au singulier), La mondialisation à l’ère du populisme, sans oublier Démocraties, états, peuples en crise. Le premier article Un changement de temps étant une merveille au croisement de géopolitique et de philosophie.

Les articles autour de la Russie, sous la direction de Tatiana Kastoueva-Jean, posent des interrogations en termes de stratégie, choix, devenirs ; ainsi de : La Russie a-t-elle une grande stratégie ?, Quelle place pour la Russie au Moyen Orient ? ou Moscou/Pékin, un pivot russe vers l’Est.

Quant à La guerre de l’information, confiée à Julien Nocetti, que pas un débat en ville ou dans les médias ne saurait actuellement passer sous silence, on lira justement dans ce RAMSES ce qui évite les à-peu-près, les mal dits ou non dits, les erreurs qui foisonnent ailleurs. Ainsi : De l’utopie d’Internet aux défis du monde numérisé ; La diplomatie à l’heure du numérique, Internet renforce-t-il l’autoritarisme ? ; ou Lanceurs d’alerte, garde-fous ou perturbateurs.

Quelles que soient vos interrogations sur cet endroit ou cet autre du monde, il y a fort à parier que la partie vaste et riche qui concerne les lieux risque d’y répondre, et – plus intéressant – soit en mesure de vous aiguiller vers les bonnes questions à se poser. Ainsi – 3 petits galets sur la plage immense – Afrique, quelle émergence ? ; La solitude européenne de la Pologne ; Les ressources de gaz naturel en Méditerranée orientale ; Jusqu’où ira la résilience libanaise ? ; au milieu, cela va sans dire, de ce qu’il faut lire sur les USA, l’UE, et autre Chine…

Comme dans chaque RAMSES, Thierry de Montbrial, le président de l’IFRI, pose un fort article introductif, intitulé Perspectives. On peut le lire d’entrée, ou – ce fut ma manière – le déguster en fin de parcours, comme on marcherait aux côtés d’un Montaigne… après avoir engrangé quelques représentations sur ce qui nous entoure, ou… menace. Donald Trump et le monde ; L’Union européenne, mort ou résurrection ? ; Le Moyen Orient compliqué ? Voilà trois leçons-réflexions documentées, largement humanistes – ce qui s’explique bien, conforte – à mettre en besace.

Cadeau(x) forcément trouvé(s) pour vos fêtes et votre quotidien de citoyen du monde… à lire et à conseiller. Absolument.

 

IFRI, RAMSES 2018, Collectif, sous la direction de Thierry de Montbrial et Dominique David, Dunod, 32 €

A propos de l'auteur

Martine L. Petauton

Martine L. Petauton

Rédactrice en chef

 

Professeur d'Histoire-Géographie

Auteure de publications régionales (Corrèze/Limousin)

 

Commentaires (1)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    09 décembre 2017 à 13:06 |
    L’on est curieux de lire des articles comme « Donald Trump et le monde » ou « le moyen-orient compliqué » ; car c’est cette complexité orientale qui dépasse souvent – trop souvent – l’entendement des présidents américains successifs, dont un mélange détonnant de niaiserie idéaliste et d’une inculture crasse en matière géographique et géopolitique, les conduit à prendre des décisions d’une abyssale aberration…comment,par exemple, un Georges Bush junior – probablement le président le plus médiocre intellectuellement parlant de toute l’histoire américaine – a-t-il pu croire un seul instant que son expédition néo-coloniale en Irak aurait pu accoucher d’une sorte de Suisse moyen-orientale ? Comment un Donald Trump – qui est, malgré ses outrances et ses clownesques pitreries, un peu plus intelligent (ou moins bête) que son malencontreux prédécesseur républicain – ne se rend-il pas compte que sa dernière décision est susceptible de ré-embraser toute la région ? Non, décidément le moyen-orient est beaucoup trop compliqué pour le peuple américain – peuple indécrottablement adolescent - et qui – en dépit de louables mais vains efforts - n’arrive toujours pas à mûrir…

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