Santé

"L'ovale de son visage pâle"

le 21 février 2011. dans Vie quotidienne, La une, Santé


Je le savais avant même de me rendre aux Urgences : une belle histoire d'histoire d'amour m'attendait dans ce grand hôpital parisien du 14ème arrondissement. Il n'est pas nécessaire d'avoir vu L'Adieu aux Armes ou Le Patient Anglais pour savoir que ces lieux sont propices aux histoires de cœur…

Plusieurs facteurs y concourent, qu'il serait vain de chercher à démêler. L'état de dépendance physique et psychique dans lequel est plongé le malade, la perte brutale de la majeure partie de ses repères et plaisirs esthétiques et gustatifs habituels jouent ici un rôle capital. Mais suffit-il de priver un homme de musique ou de bonbons au miel, de le soumettre à un régime sans sel, sans vin, sans poivre, sans moutarde, sans vinaigrette, sans café, sans confiture ni pain dignes de ce nom pour le rendre fou amoureux de son infirmière ? Of course not. Le facteur "surprise" est indispensable au surgissement de l'Amour dans ce contexte où le corps ne s'appartient plus qu'en partie. L'instant d'avant, tu étais plongé dans un morne et profond ennui, et voilà que soudain, la vie retrouve ses couleurs : la porte s'ouvre sur une vision angélique, et tu décolles…

Tant qu'on a la santé 2 : Cathy, auxiliaire de vie

le 22 septembre 2010. dans La une, Santé, Société

Tant qu'on a la santé 2 : Cathy, auxiliaire de vie

Au cours des dix dernières années, j'ai vu se succéder au domicile familial quantité d'Auxiliaires de Vie. Des débutantes, des chevronnées, des bonnes (la grande majorité), des très bonnes… et une poignée de calamiteuses qui, paradoxalement, aident à entrevoir les compétences et qualités humaines, l'énergie physique et mentale nécessaires à cette profession.

Cet été, j'ai été en contact trois mois de suite avec une novice de 19 ans, qui entamait son premier CDD. Au sortir de l'adolescence, Cathy exhibe déjà la belle assurance et le savoir-faire d'une pro. Tact de la prise en main, fluidité et précision du geste… De la présentation matinale au patient à la toilette, et de l'habillage aux soins, tout le processus se déroule sereinement, sans une erreur, sans un oubli, avec une grâce de ballerine. Chaque seconde est mise à profit, sans jamais causer le moindre stress au vieil homme dont elle a la charge et qu'il lui faut "traiter" en 45 minutes avant de reprendre sa voiture pour un autre village, souvent éloigné de plusieurs kilomètres.

Tant qu'on a la santé 1. Aidant, aide-toi !

le 13 septembre 2010. dans France, La une, Santé

Tant qu'on a la santé 1. Aidant, aide-toi !

Un grand hôpital parisien, il y a quelques années…

Première visite à une parente admise la veille en gériatrie. Les couloirs sont quasi déserts, mais je finis par repérer une stagiaire. "Bonjour, je suis l'Aidant de Mme X. Pourrais-je voir le médecin ?" – "Ah, Monsieur, il faut prendre rendez-vous au Secrétariat." – "Pourrais-je au moins voir une infirmière ?" – "Impossible, elles sont… en transes."

L'HEGP converti en temple vaudou ? Étrange qu'on n'en dise rien dans la presse, mais on nous cache des choses encore plus surprenantes. Peut-être en saurai-je plus en fin d'après-midi…

18 heures. Le couloir est toujours désert. En passant, je jette un coup d'œil à la salle de réunion, pleine à craquer. Tout m'a l'air calme… trop calme, comme on disait dans les westerns. J'avise une fille de salle, et cette fois, je prends les devants : "Je suppose que c'est l'heure des transes ?" – "Oui, il faudra revenir." – "Quand elles seront calmées ?"

Une attaque en règle contre la santé

Ecrit par Jean Le Mosellan le 06 juillet 2010. dans France, Santé

Cet article fait suite à une chronique d’abonné du “Monde.fr” publiée à la une du site le 1er juillet

Une attaque en règle contre le système de santé s’est produite le 1er juillet, jour de départ des Français en vacances, avec le soutien étonnant du Monde.fr, par son exposition à la Une du site, avec un  titre on ne peut plus accrocheur La mort et le PIB sonnant comme un polar d’été. Sauf qu’on ne s’y marre pas.

Pour faire sérieux l’auteur a fourni des références aussi vagues que possibles à son travail. La part de 11% du PIB affectée aux dépenses de santé, par exemple, a été donnée par le CNPS dont les lecteurs ne savent pas qu’il se rapporte au Centre National des professions de santé, d’audience plutôt confidentielle. Pour dramatiser, l’auteur prétend tenir de la Sécu le chiffre de 80% du montant électivement consacré à la dernière année de vie.

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