Nos enfants, l’autorité, la famille et l’école

Ecrit par Jean Gabard le 07 janvier 2017. dans La une, Société

Nos enfants, l’autorité, la famille et l’école

Ayant enseigné pendant 30 ans en collège et lycée, j’ai pu constater à la fois les manques et la formidable amélioration de l’école (locaux, matériel scolaire, programmes, formation des enseignants, méthodes pédagogiques, relations enseignants élèves, parents-élèves…) et la non moins impressionnante dégradation de la motivation et du travail des élèves. La motivation de ces derniers paraît même inversement proportionnelle aux efforts faits pour les motiver.

Alors ne se trompe-t-on pas de voie en n’insistant encore que sur des énièmes réformes ?

La constatation de l’échec de certains élèves à l’école m’a poussé, après avoir fait de multiples stages pédagogiques, à chercher ailleurs : je me suis lancé dans l’étude de la psychologie de l’enfant, des rapports élèves-enseignants, enfants-parents, pères-mères…

Ce que j’ai trouvé m’a amené à écrire deux essais qui refusent la pensée binaire (consistant à rendre responsables soit les parents, soit les enseignants et l’école) mais analysent les effets délétères, sur l’éducation des enfants, de l’idéologie dominante actuelle, que nous suivons presque tous depuis une cinquantaine d’années, sans trop nous en rendre compte (ce qui est le propre d’une idéologie dominante).

Dans mon dernier essai et dans les conférences que j’anime, je demande si à force de lutter contre un modèle d’éducation qui pouvait être traumatisant, on n’a pas trop favorisé le maternage et la bienveillance et oublié ce qui est nécessaire pour faire intégrer les limites aux enfants.

J’invite à partager des points de vue différents sur l’éducation et donc à réfléchir… et peut-être à se libérer de nos certitudes « politiquement correctes ».

Cette réflexion est absolument nécessaire aujourd’hui si nous ne voulons pas que certains utilisent la « crise » actuelle pour justifier des retours en arrière ni possibles ni souhaitables.

 

Materner ou éduquer, Refonder l’école,Collection Actuels, Les Editions de Paris Max Chaleil,  rue des Saints-Pères, 75007, Paris, mai 2016, 80 pages, 9 €

A propos de l'auteur

Jean Gabard

Jean Gabard

Auteur de « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »,

Les Editions de Paris, nov 2011.

Commentaires (1)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    07 janvier 2017 à 14:52 |
    L’alternative « maternage »/« paternage » témoigne effectivement d’une pensée binaire. La vôtre ? Il y eut des mères patriarcales, voire sadiques (cf. la « folcoche » de « Vipère au poing »)… quant à la tradition des pères « maternants », elle remonte à la plus haute antiquité : la paternité spirituelle, dans le Christianisme primitif, était tellement « féminine » que saint Paul, pour la décrire, use d’une métaphore obstétricale : « mes petits enfants, pour qui je souffre les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous » (Gal 4,19).
    La mère « douce », opposée au père « fouettard » incarnant la Loi, relève ainsi du cliché ; cliché, que l’on retrouve – hélas ! – dans certains ouvrages de psychologie et …dans vos textes !
    Par contre, et sur ce point je vous rejoins partiellement, en ce qui concerne l’autorité en général – celle des parents, mais et non moins, celle de l’école, des institutions, des partis, des syndicats, etc. etc. – il y a bien un avant et un après 68. Oui, l’autorité ne va plus de soi ; elle ne découle plus, de manière automatique, du rôle social ou de la fonction : elle se mérite ! C’est au détenteur a priori de l’autorité qu’il incombe de « prouver » qu’il a les capacités – et la crédibilité - nécessaires pour diriger les autres. Tout désormais réside dans la personne, plus dans la fonction.
    Est-ce un mal ?

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