Qui défend le féminisme et la démocratie ?

Ecrit par Jean Gabard le 11 février 2017. dans La une, Société

Qui défend le féminisme et la démocratie ?

Alors qu’il y a encore tant à faire pour que l’égalité en droits soit respectée, critiquer à la fois l’idéologie de la société patriarcale et une idéologie féministe égalitariste est une position qui n’est pas facile à défendre. Dans Le féminisme et ses dérives, Rendre un père à l’enfant-roi (1) et Materner ou éduquer, Refonder l’école, elle est cependant expliquée avec des arguments qui présentent une certaine logique. Alors que les détracteurs ne peuvent apporter de preuves de ce qu’ils appellent le « masculinisme » de l’auteur, il existe des preuves que le postulat fondant leur égalitarisme, qu’ils prennent, eux, pour une théorie scientifique, est totalement faux.

Si des personnes, cédant à la facilité et sans avoir lu les écrits, se contentent de répéter des impressions que peut laisser le titre du premier essai Le féminisme et ses dérives, d’autres, des militants et même des universitaires, passionnés par le sujet, persuadés de détenir « La Vérité », classent toute personne critiquant leur idéologie dans le camp des sexistes et des réactionnaires. Ceci leur donne bonne conscience de ne pas se poser de questions et d’interpréter des propos en leur faisant dire ce qui leur convient pour justifier leur condamnation.

C’est ainsi que Éric Debarbieux (2) se permet de parler de « brûlot » à propos d’un livre qu’il n’a sans doute jamais lu. Mais si Éric Debarbieux imagine le livre, il cite au moins une présentation de conférence (qui n’a rien de polémique !) écrite par l’auteur (3).

Ce n’est pas le cas de Jean-Raphaël Bourge (4), chercheur à l’Université Paris 8, qui écrit (5) : « Jean Gabard (professeur d’histoire-géographie), dans son ouvrage Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté, au chapitre 7, titré “Quand la non-violence engendre la violence” (11), écrit que “les théories féministes non violentes (sic) engendrent des garçons violents, le féminisme produit de la violence masculine”… Gabard pense que “Les stéréotypes desservent d’abord l’homme : son image de force devient sa faiblesse et l’image de faiblesse de la femme devient sa force” (12) »

(11) GABARD Jean, Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté, Paris, Les Éditions de Paris, p.117-119

(12) Ibid. p.67

 

Ici Jean-Raphaël Bourge – un chercheur prétendant lutter contre les interprétations fantaisistes et « l’imposture intellectuelle » (6) –, qui n’a pas trouvé d’arguments pour justifier ses accusations, ne fait pas qu’interpréter des idées, mieux, il invente les phrases qu’il dit citer. Nulle part, en effet, ne se trouvent de telles phrases ni même des propos semblables dans Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté, dans l’ensemble de mes écrits, dans mes conférences, dans mes interviews !

Une personne dont des écrits sont malhonnêtes et diffamatoires ne nuit-elle pas à l’ensemble des féministes même si elle prétend les défendre ? Peut-on, en effet, défendre les droits des femmes en ne respectant pas Les Droits de l’Homme ?

 

Jean Gabard, conférencier et auteur de Le Féminisme et ses dérives, Rendre un père à l’enfant-roi, Les Editions de Paris, réédition novembre 2011, et de Materner ou éduquer, Refonder l’école, Les Editions de Paris, mai 2016.

 

(1) Le féminisme et ses dérives Rendre un père à l’enfant-roi est la réédition en 2011 de Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté publié en 2006

(2) Éric Debarbieux a été choisi par le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, pour présider le conseil scientifique des Etats généraux de la sécurité à l’école. Enseignant en sciences de l’éducation à l’université Bordeaux II, il est également directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école

(3) A la page 77 du livre Les dix commandements contre la violence à l’école

(4) Jean-Raphaël Bourge, Doctorant en science politique à l’Université Paris 8 (Laboratoire Théories du politique, LabTop Université Paris 8) Spécialiste notamment des questions de genre et sexualités

(5) p.70 de Violence envers les femmes enjeux politiques, scientifiques et institutionnels, Actes du colloque, 26 février 2013

(6) A propos des lectures féministes faites par les « masculinistes » (dont Jean Gabard ferait partie), Jean-Raphaël Bourge dit : « force est de constater que cette interprétation est au mieux fantaisiste et, au pire, relève de limposture intellectuelle » dans SOS Papa et autres masculinistes, lantiféminisme comme raison dêtre,L’Obs Le Plus, publié le 25-02-2013.

A propos de l'auteur

Jean Gabard

Jean Gabard

Auteur de « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »,

Les Editions de Paris, nov 2011.

Commentaires (2)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    11 février 2017 à 13:49 |
    Et si vos - manifestes - frustrations d'auteur malmené n'étaient que le symptôme d'une sourde inquiétude quant à la pertinence de vos thèses...
    Un intellectuel, bien dans sa tête (et dans ses idées), ne craint pas la contradiction.

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    • Jean GABARD

      Jean GABARD

      13 novembre 2017 à 10:28 |
      Si mes propos n'étaient pas du tout pertinents il devrait être facile de les critiquer sans avoir besoin de les déformer.
      Je ne crains pas la contradiction quand on critique ce que j'ai écrit et ce que j'ai dit mais quand on me prête des propos que je n'ai jamais tenu n'est-ce pas la preuve que les contestataires n'ont, eux, pas d'arguments valables à opposer à mes "thèses" ?

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