Réflexions à partir du texte de Daniel Sibony sur la violence

Ecrit par Eva Talineau le 23 décembre 2011. dans Psychologie, La une, Société

Réflexions à partir du texte de Daniel Sibony sur la violence

 

Lire l' Article de Daniel Sibony publié dans Reflets du Temps du 16 décembre

 

 

Ce texte de Daniel Sibony, de 1998, est toujours d’actualité, et plus encore – on n’aurait jamais imaginé à l’époque que quelqu’un pourrait aller jusqu’à inventer le « dépistage » institutionnalisé de la violence chez les petits de 3 ans, comme si un enfant était un adulte miniature déjà figé dans des habitudes et des « comportements » – même les adultes, y compris ceux dits « seniors », ne le sont pas tous, heureusement – et non une boule d’énergie en voie d’organisation à travers/grâce aux contacts et chocs, avec êtres et choses qu’il rencontre – la situation la plus violente étant celle où l’enfant ne rencontre qu’une substance caoutchouteuse, ou molle, qui le renvoie à « lui-même », l’adulte en face ayant peur d’exister, par exemple de « mal dire, mal faire »… Depuis la date de cet article et aujourd’hui, un pas a été fait vers plus de bêtise encore, la vis du refoulement a été resserrée, « tour d’écrou » pour reprendre le titre de l’étrange roman d’Henry James.

On vit dans une époque qui est bête, nos descendants comprendront peut-être un jour pourquoi il a fallu qu’il en soit ainsi, à quoi, à quel réel en « travail », en cours dans les dessous, nous répondons ainsi, collectivement, ils écriront là-dessus des choses, certainement, éclairantes, nous, nous pouvons seulement en faire le constat – nous vivons un temps qui déteste la pensée – mais ne pouvons pas comprendre la logique, la nécessité de cet état de fait.

Ce texte est donc toujours d’actualité. Qui plus est, il fait du bien, comme une fenêtre ouverte, une respiration hors les miasmes du refoulement, de la mièvrerie bêtifiante et hypocrite, des indignations lénifiantes. Mais, en même temps, quelque chose en est, aujourd’hui, dépassé – comme on dit d’un malade qu’il est maintenant en coma « dépassé ». Une décennie est passée. La violence n’est plus ce qu’elle était – pulsion inscriptive, appel à ce que d’anciens cadres fassent place à de nouveaux, encore inconnus, chocs narcissiques cherchant le chemin d’un partage possible. La violence à laquelle notre société est aujourd’hui confrontée – les policiers qui ont à en connaître voient cela, vivent cela, et ils en sont touchés bien au-delà de ce qu’ils arrivent à en dire – il arrive qu’elle n’appelle plus rien, qu’elle ne soit plus que monstration de ce qu’il n’y a pas lieu d’appeler, ni de lieu où en appeler – et cela, c’est autre chose encore que la violence perverse qui veut capter en soi le tout de l’Etre, et pour cela dispose du corps de ceux dont l’existence est posée comme une gêne pour cette plénitude identitaire

La « guerre d’amour » – quelle belle expression, tellement plus heureuse,  que les termes psy, qui, cherchant à « conceptualiser » la chose en « nouage pulsionnel », « intrication symbolique » etc… la transforment en processus intrapsychique, en effacent la dimension de confrontation avec l’altérité de l’autre – l’autre, qu’il vaut mieux oser aimer, et oser combattre, sans quoi on vit une vie sans grand intérêt, terne, plate, sous cellophane – la « guerre d’amour », y compris sous sa forme un peu dégradée d’agressivité narcissique, idolâtre, infantile (« moi d’abord », « tout pour moi », « ôte-toi de là que je m’y mette », « c’est à moi, ça ») est-ce, aujourd’hui, ce dont la possibilité et les limites sont interrogées dans la violence, telle qu’elle se donne lieu dans le social ? C’est là l’une des idées de Daniel Sibony, dans cette interview de 1998 « la violence signale une rencontre nécessaire avec l’autre, un affrontement indispensable, mais qui s’est révélé impossible » – et pour cela insiste, comme toute question en impasse dans quelqu’un – situation clinique des plus banales, ça tourne en boucle dans la personne, ça répète à vide, là où une question d’importance vitale était restée sans répondant, donc en attente d’une réponse absolue, de « la » réponse finale, sans réplique, sans jeu possible.

Qu’il en soit, encore aujourd’hui ainsi, dans les actes de violence dont parfois des échos nous parviennent – on dit souvent de « barbarie », comme si il s’agissait d’animalité qui resurgirait, faute que de la « civilisation » ait été transmise, voir l’appellation « gangs des barbares » unanimement utilisée par la presse à l’occasion d’un fait divers qui a eu quelque retentissement – ne  semble pas si évident. Certains êtres sont sans autre, c’est sans jouissance pulsionnelle ou narcissique, sans même le fantasme de répondre à une violence venue de l’autre « qui veut leur peau », d’où la nécessité de la « défendre » – en groupe, ou seul – que cela leur vient de se sentir appelés à donner la mort, ou à traiter le corps de l’autre pas même comme un déchet, ou un pur objet de jouissance, mais comme un « rien », totalement dépourvu de signifiance dont il est possible, voire souhaitable, de disposer. On rencontre alors des actes de violence, souvent atroces – dans la tonalité de ce film qui a eu son heure de gloire, Le silence des agneaux qui surfe sur l’effroi que provoquent chez les gens « normaux » de tels actes, « incompréhensibles », que l’on s’empresse de nommer « sadiques » pour en éponger l’étrangeté radicale.

Cet article, de 1998, mentionne les « tags » – il semble qu’il y en a moins, maintenant, on n’entend plus parler, non plus, de ce qu’on appelait « les graffeurs » – cauchemars des municipalités qui ne savaient quelle « position » adopter face à leurs « œuvres » qui défiguraient l’espace public – les effacer ? les tolérer dans des espaces « protégés » en faisant semblant de ne pas en percevoir le sens d’agression ? – qui à travers l’agressivité « fécale » dont ils étaient de manière évidente porteurs – grandes traînées noires, traits épais marron sans forme, sans contours, c’était fait pour qu’on en dise « que c’est laid » – exprimaient, à travers cela, une sorte d’affirmation d’existence, posée là, imposée à une loi sociale supposée absolument non accueillante à cette existence, ayant confisqué toute idée de « beauté », de « grâce », ne laissant pour « se » dire que cette laideur agressive, qui fait violence au regard… Violence manifeste, réplique aux violences insidieuses, aux refus sournois, familial, scolaire, que la pulsion inscriptive du « graffeur » a rencontrées, avec lesquelles il est en conversation. Violence, mais qui en appelle à l’autre. Tout de même.

Et aujourd’hui, près de quinze ans plus tard, quelles violences ? Une chose est d’écrire sur des bâtiments et des murs qui ne sont pas faits pour ça, autre chose est d’écrire sur le corps… de l’autre. Non pas parce qu’on le hait, parce que son existence est une menace pour la sienne, ou lui fait de l’ombre « indûment » (ça, c’est la paranoïa commune, prédation narcissique, idolâtrie d’un moi qui a été transmis comme ne devant souffrir aucune limite, ça a toujours existé) – mais parce que l’existence, même, le fait que cela inscrive quelque chose, qu’un humain, singulier, n’importe quel humain, dans sa singularité corps/âme soit né, ait à vivre, puis à mourir, que cela compte, a été transmise, non pas sur un mode ambivalent (« oui, mais… telle ou telle limite ») ou au contraire obéré d’un « programme narcissique » interdisant toute limite – mais en tant que telle raturée, rayée d’un « non » radical.

Une partie de la violence « incompréhensible », « aveugle », qui se déploie autour de nous ne  relève-t-elle pas de cela ? Meurtres dits « immotivés », enlèvements, tortures « gratuites ». Certains jeunes font peur aux autres, vraiment peur, on évite de les approcher, de les contrarier, non parce qu’ils seraient « paranoïaques » – les gens « paranoïaques », ce n’est pas si difficile de faire avec, on sait « comment ils sont », et même, on les « comprend », on essaye de les « raisonner », leur montrer qu’ils exagèrent – mais parce qu’ils portent en eux quelque chose qui est au-delà, ou en deçà, de la haine même, qui peut être fascinant, un « non » à l’Etre en eux et dans les autres qui ne relève ni de la révolte, ni de l’affirmation narcissique banalement idolâtre, un « non » indialectisable, d’où sourd une violence assez radicale, parfois exercée contre soi-même, parfois expulsée vers le corps des autres. Une violence qui n’est pas appel. Qui n’est symptôme d’aucun entre-deux en impasse. Qui témoigne seulement que, parfois, l’existence est transmise comme ne devant pas être.

Exister est un acte violent, mais on ne s’installe dans la violence, on n’en fait un mode d’être que si d’autres, avec qui on est en conversation, en contact, se crispent sur leur « identité », leur « symptôme », tiennent à vous « cadrer », à vous définir, prétendent confisquer à leur profit toute parole possible. Cette violence là, dans tous ses états, avec toutes ses déclinaisons cliniques, on en a tous l’expérience. C’est la violence du refoulement – quand elle dure, quand elle ne fait pas que passer, les autres s’y cognent, et à force, s’y fissurent. S’ils peuvent vous éviter, ils le font, mais lorsque des questions de pouvoir s’en mêlent, ou s’ils vous aiment, ils ne peuvent faire autrement que d’encaisser les coups silencieux et de produire à leur tour des symptômes à partir de ce qui les percute de ce dans quoi les autres se calfeutrent, insidieusement. Tout cela fait partie de la texture du monde, le livre de Daniel Sibony Violences en déploie de nombreuses configurations, il est toujours d’actualité.

Il y a aussi – aire largement explorée maintenant – la violence, plus radicale, de ceux qui ont reçu mission de leur autre – ou se sont donné mission au nom de cet autre, cela revient au même – d’en finir avec la faille du langage, d’ériger au nom de quelque cause, parfois juste celle de leur moi, parfois celle d’une entité plus collective, une identité qui serait enfin pleine, achevée. On a là toutes les déclinaisons de la violence terroriste, privée ou publique. Là aussi, les travaux de Daniel Sibony sont éclairants. Son livrePerversions de 1984 n’a pas pris une ride. La passion d’achever l’autre, de venir à bout de l’échappement du désir à partir duquel la vie humaine peut se déployer, se ramifier, et la parole devenir diverse est toujours d’actualité. Là où la plupart des humains se contentent de faire des idoles et de les adorer, certains font un pas de plus, ils se donnent à ces idoles – là ils deviennent « malades » – ou y sacrifient les autres, éventuellement jusqu’au meurtre. Cela aussi fait partie de la trame du monde.

Et puis, cheminant souterrainement, parfois affleure une autre question. C’est comme si à travers certains, le collectif humain – si tant est qu’une telle expression ait du sens tant sont diverses les modalités de poser la question de l’Etre – montrait qu’il est possible de nier la signifiance elle-même, non pas au nom d’une autre signifiance, plus « achevée » (ordinaire des fanatismes, de la compétition narcissique des humains par temples – fanum – interposés) mais intrinsèquement. Comme si certains avaient été « choisis » pour qu’à travers eux ça se dise, que cela aussi est possible – pas de lumière.

 

 

Eva Talineau

 

A propos de l'auteur

Eva Talineau

Eva Talineau

Rédactrice

eva talineau

née à Budapest (Hongrie) dans les années après Yalta, arrivée en France en 1956 (au moment où pendant la révolte hongroise les frontières s'étaient ouvertes), études primaires, secondaires, universitaires en France. D'abord études d'histoire (c'était la moindre des choses, pour s'y retrouver un peu), puis formation analytique au sein de l'Ecole Freudienne de Paris, dans sa période flamboyante. Pratique la psychanalyse depuis 35 ans, fréquente volontiers les autres analystes quand ils sont fréquentables. Fréquente aussi la folie, celle des autres, en hôpital psychiatrique, depuis 35 ans aussi. Sociable à ses heures, asociale lorsqu'accès de pessimisme. Aime le pilpoul, c'est atavique. Capable de se taire, toutefois.

Commentaires (6)

  • Eric Thuillier

    Eric Thuillier

    27 décembre 2011 à 14:05 |
    Particulièrement touché par votre réflexion alors que je suis encombré des bribes d’une expression violente de dégoût pour la bêtise et la violence qu’elle porte en germe et que j’essaierai de transformer en texte pour RDT. Un texte qui ne sera pas soutenu comme le votre par des connaissances, que la qualité de votre expression rende remarquablement lumineuses, mais par l’intuition et les attaques acides des choses vues. Je me souviens m’être fait moqué pour avoir dit (c’était avant 1981) que nous vivions dans une forme de dictature économique qui visait à l’éradication de l’homme par décervelage. On m’opposait la violence des vrais régimes dictatoriaux qui ne pouvait en aucune façon être comparée à celle de la société de consommation. Je répliquais alors avant de clore la conversation pour quelques décennies : attendez quelques années de ce régime de cerveaux vidés en vue de les remplir de marchandises et imaginez avec quelle soudaineté ils pourront se charger de n’importe quoi quand nous serons face à de vrais difficultés. Je pensais à des dérives politiques mais finalement elles ne sont pas indispensables pour engendrer la violence. La mise à nue, une certaine forme de mise à nue cérébrale met au contact directe d’une violence mécanique. C’est sans doute exagérer l’impact de nos modes de vie sur nos comportements mais il me paraît possible, sans faire de grandes enquêtes statistiques, de leur imputer une part de responsabilité, et possible aussi de prédire qu’en cas de besoin, les troupes ne manquerons pas pour toutes sortes d’action de salut public.
    J’avais ces jours ci votre texte dans la tête, il s’est trouvé mêlé à mon observation (observation n’est pas du tout le bon mot mais ce serait trop long autrement) de l’émergence du langage chez mon petit fils. Un langage magique qui fait à l’instant survenir ce qu’on nomme, maman, papa, tonton, papi, mamie, un langage d’une essence quasiment matérielle qui manipule la réalité.
    … je coupe à travers… plus tard on continue à appeler, la liberté par exemple, et pour faire bonne mesure l’égalité et la fraternité mais la réalité ne bouge plus, elle ne vient pas, vous pouvez gueuler de plus en plus fort, elle ne vient pas.
    …je vais encore plus vite…la plus grande violence faite aux hommes est de les priver de toute part de langage qui imprime du mouvement à la réalité.

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    • eva talineau

      eva talineau

      27 décembre 2011 à 17:57 |
      "la plus grande violence faite aux hommes est de les priver de toute part de langage qui imprime du mouvement à la réalité" - et ça, ça se fait quand l'enfant est tout petit, et qu'il se heurte dans les parents, dans les adultes qui prennent soin de lui, à des limites butées, inamovibles, indialectisables, que, quoi qu'il dise,quoi qu'il fasse, il est obligé d'"avaler" telles quelles, au lieu de seulement, à travers elle, avoir à prendre acte du concept de limite. On appelle ça "identifications". C'est comme ça qu'on devient "normal", au prix, bien souvent, de la perte du lien avec cet état créatif originaire où le monde, ni subjectal, ni objectal, est en état d' invention continue. C'est triste que cela soit comme ça, pour la plupart des gens. Et vous avez raison de dire que c'est une grande violence faite aux hommes. Même si sans doute, elle fut, de tout temps, et est peut-être la condition, dans une certaine mesure, de la vie en société, des normes etc..

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  • Danielle Alloix

    Danielle Alloix

    26 décembre 2011 à 10:43 |
    Merci d'avoir pris la peine de répondre à l'article si intéressant de D Sibony, par ce très bel argumentaire qui ouvre tant de perspectives et conforte nos réflexions. L'actualisation que fait votre texte est passionnante, autour, notamment de cette soi disant " violence gratuite" qu'on attribue un peu vite aux jeunes en déshérence des quartiers dits sensibles. Pour avoir été enseignante, je peux témoigner d'une évolution de la violence ( intra, mais aussi tournée contre le jeune lui même ) tout bêtement, dans les couloirs et les cours de récré. Avant, le motif était clairement identifié et dit ; actuellement, la violence est " convoitée", pratiquée, en soi, comme acte initiatique, preuve de force et de caractère... autre chose, donc, pour une société qui est, elle même, autre chose;

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    • eva talineau

      eva talineau

      26 décembre 2011 à 21:56 |
      .la violence comme acte initiatique, preuve de force et de caractère, ça a toujours existé, notamment dans les lieux d'éducation, pendant la période qui a précédé l'émergence des fascismes - voyez "les désarrois de l'élève Töreless", le premier livre de Musil. Affirmation "virile", viol homosexuel en groupe. Version "hard" des émois adolescents. C'était aussi un jeu, parmi les jeunes nobles, au 17ème siècle, de violer et torturer des jeunes garçons et filles, pris au hasard, dans une taverne, dans la rue, en groupe - histoire d'exister aux yeux des pairs, et, à l'époque, montrer qu'on n'a pas peur de défier Dieu, qu'on peut impunément ne pas être tenu par les lois communes du social, tout spécialement celles de l'Eglise. On trouve de cela de nombreux échos dans les mémoires des grands policiers de l'époque, notamment La Reynie, sous Louis XIV. Ces exactions, dont déjà quelques "gazettes", interdites, se faisaient l'écho ont fait partie du "background" qui a préparé la Révolution française, un siècle plus tard. La mémoire populaire était, en ce temps-là, une mémoire longue.
      La violence qui elle me semble assez nouvelle aujourd'hui - mais ça se discute, il faudrait bien du travail pour établir dans quelle mesure les crimes "gratuits", hors intersubjectivité, même imaginaire, qui apparaissent dans les faits divers relèvent de ce registre - s'apparente aux meurtres dits "immotivés" de certains schizophrènes par leur fulgurance, la force de la "nécessité" par laquelle ils s'imposent à celui qui en est l'exécutant désubjectivé.
      J'ai eu l'occasion d'entendre des policiers en parler - il y avait ce qu'ils en disaient, leur étonnement, leur malaise, alors que ce sont des gens qui ont plutôt l'habitude d'en voir de toutes sortes - mais aussi la manière dont ils le disaient, l'effroi qu'ils transmettaient, alors qu'ils ne la ressentaient pas eux-mêmes.
      Ce type de violence est-il véritablement plus fréquent maintenant qu'avant ? ou est-ce que, simplement nous y sommes plus sensibles, car cela entrerait en résonnance avec des questions qui - après la Shoah, où on a voulu effacer le nom "juif" de la langue en disposant des corps juifs, puis les autres entreprises d'extermination de masse qui ont suivi au 20ème siècle - se posent à nous, collectivement, sur ce que c'est qu'être un humain ? sans preuve - il y faudrait des études statistiques complexes de criminologie,études qui pour le moment n'existent pas - je penche vers la première hypothèse. Il y a - à côté d'autres forces, qui continuent à être là, les forces pour lesquelles "la destruction est cause de devenir" (selon le titre d'un article - de plus d'un siècle - d'une des premières psychanalystes de notre temps, Sabrina Spielrein) - un courant par où ça s'interroge, à travers les actes d'un certain nombre de personnes qui sont comme "mandatées" par le "nous" collectif qui porte l'humanité dans son déploiement, sur le fait de continuer à exister, comme humain - dans la dimension sacrée que l'humain a toujours donnée à son existence, dès les premiers temps, dès le néolithique, et même avant, en élevant à une valeur "symbolique" et la vie, et la mort.

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    23 décembre 2011 à 21:25 |
    Passionnant voyage au bout de la négativité absolue, qui va au-delà du nihilisme (lequel fait encore sens) vers un in-signifiant renvoyant à un non-sens, qui n’est plus l’absurde, le « nonsense » britannique, lui aussi vecteur de sens, mais plutôt l’indicible : ce qui ne peut pas se dire, car « ça » n'a rien à dire et on n’a rien à en dire …Quid de la responsabilité pénale dans ces cas-là ? A-t-on déjà basculé dans la folie ?

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    • eva talineau

      eva talineau

      24 décembre 2011 à 00:50 |
      bonne question ! c'est au hasard des expertises..le plus souvent, aujourd'hui, tant qu'il n'y a pas d'hallucinations et de délire organisé, on ne pose pas le diagnostic de schizophrénie, et en effet, du point de vue "pschiatrique", cela n'en est pas - pourtant, en un sens, ce sont des états d'aliénation radicale qui habitent ces personnes, parfois "ressaisis" sur un mode pervers parfois même pas.

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