Racisme, xénophobie

Peut-on "dire" un génocide ? (3)

Ecrit par Matthieu Gosztola le 17 mars 2011. dans Monde, Racisme, xénophobie, La une

Peut-on


Le génocide aurait pu tout simplement être évité. Le 24 janvier 1993, soit plus d’un an avant les faits proprement dits, Bruno Masure reçoit, dans son journal télévisé (Antenne 2), Jean Carbonare, afin qu’il puisse s’exprimer sur les massacres qui ont lieu (déjà) au Rwanda. Jean Carbonare indique alors que le pré rapport que la fédération internationale des droits de l’homme a rédigé parle (déjà) de génocide. Après avoir rappelé que la France, « qui supporte militairement et financièrement ce système, a une responsabilité », il prononce ces quelques mots : « J’insiste beaucoup : nous sommes responsables ». Prenant à partie le présentateur, il lance : « Vous aussi, monsieur Masure, vous pouvez faire quelque chose, vous devez faire quelque chose. Pour que cette situation change, car on peut la changer. »

Peut-on "dire" un génocide ?

Ecrit par Matthieu Gosztola le 04 mars 2011. dans Racisme, xénophobie, Monde, La une, Histoire

Peut-on


« Reflets du Temps » commence ici la publication d’une étude et d’une réflexion saisissantes de Matthieu Gosztola sur le génocide de 1994 au Rwanda. Ce travail sera présenté en douze parties s’étalant sur douze semaines.


L’Afrique. Ses paysages qui n’ont pas leur « égal sur la Terre entière » (1), offrant luxuriance et beauté infinie modélisée par les cris des animaux, leurs mouvements furtifs ainsi que ceux de la flore commandés par le vent, ou la pluie, offrant également, à chacun d’entre nous, la possibilité de constater le bonheur, à chaque fois, et c’est souvent, que nos yeux cherchent à reprendre souffle (2).

La souche ou l'arbre ?

Ecrit par Léon-Marc Levy le 24 décembre 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, Société

La souche ou l'arbre ?


Décidément, je file du mauvais coton : même en pleine trêve des confiseurs, en ces temps de vœux cordiaux et couverts de sirop d’érable (merci Judith pour les érables !) je me sens encore l’envie de la ramener sur un thème qui a (gravement) fâché les Français au début de cette « douce » année 2010 et qui revient au galop avec la récente charge tout en élégance de Mme Le Pen : l’identité française !

Certains, qui me font largement les honneurs (et je les en remercie !) de leurs colonnes haineuses sur divers sites (permettez-moi de ne pas les citer, je ne tiens pas à leur servir de cosmétique. Vous les trouverez facilement en « googlisant »), parlent d’un individu qu’ils auraient croisé (si j’ose dire) et qu’ils nomment « Français de souche ».

Antisémitisme : Conférence du Pr Franklin Rausky

Ecrit par Maurice Lévy le 06 décembre 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, Histoire

Antisémitisme : Conférence du Pr Franklin Rausky


J’ai beaucoup apprécié la question posée ici de Daniel Sibony : « La shoah pourquoi ? » ainsi que les réflexions très opportunes qu’il énonce.

J’ai récemment assisté à une conférence du Pr. Franklin Rausky. Lui remonte bien avant la Shoah et en quelques 55 minutes, il a réussi à nous fournir, dans un langage fort simple, les éléments historiques permettant de remonter vers l’origine, voire une des causes, de l’antisémitisme.

Or cette intervention n’étant pas prévue au programme. A l’annonce de l’objectif que se fixait l’orateur, j’ai bondi sur carnet et stylo pour prendre note. Enfin quelqu’un, que je savais sérieux, s’attaquait à traquer l’origine de cette gangrène qu’est l’antisémitisme

Ce pourquoi nous n'irons jamais sur la Lune !

Ecrit par Kamel Daoud le 03 décembre 2010. dans Monde, Racisme, xénophobie, La une

Ce pourquoi nous n'irons jamais sur la Lune !

NDLR : Kamel DAOUD est chroniqueur au "quotidien d'Oran". C'est à la suite d'une chronique  parue dans ce journal qu'il a recu la lettre dont il est question en début de chronique.


« A K. David ». C'est par un tel en-tête qu'un lecteur lâche, (lâche parce qu'anonyme) a entamé une lettre fielleuse à l'adresse du chroniqueur. La critique reste libre même si dans le tas, le bonhomme confond un nom inaugural dans la généalogie prophétique de la Méditerranée avec un électeur du Likoud du XXIe siècle. En Algérie, c'est de coutume que de voir le sentiment anti-juif être confondu avec l'anti-israélisme et avec la xénophobie et le refus de l'altérité. C'est le cas de pathologie des religions lorsqu'elles sont affaiblies par des esprits incertains et ne tiennent plus la route que par les rites. Mais passons.

Auschwitz. Reste la question essentielle : Pourquoi ?

Ecrit par Daniel Sibony le 05 novembre 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, Histoire

Auschwitz. Reste la question essentielle : Pourquoi ?

(NDLR : Ce texte a été écrit à l’occasion des cérémonies du 60ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz)


Beaucoup se sont étonnés de l'ampleur prise par les commémorations d'Auschwitz. Certes, c'était le 60ème anniversaire, la solennité de la décennie ; ce ne sera pas pareil au 63ème, par exemple. Et puis, un homme qui serait né à cette libération prendrait aujourd'hui sa retraite et aurait de quoi réfléchir. Sur quoi ? Sur ce qu'on peut faire à des humains ? Mais ce qui m'étonne souvent dans toutes ces évocations, c'est l'étonnement : "Comment a-t-on pu faire ça à des humains ? Oui, par exemple, arracher les bébés à leur mère, les jeter en tas et faire passer la pelleteuse ...

Enseigner Auschwitz

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 octobre 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, Education, Histoire

Enseigner Auschwitz

On en voit parfois, qui pensent qu’ "immerger" un jeune élève, d’un coup, dans un lieu où "passe" - dit-on - "l’Histoire", suffit pour, - miracle à trois sous - verser en lui le sens, et ce qui va avec… l’équiper pour la vie…"Ça imprègne !", disait, avec suffisance, une de mes collègues, insuffisante, il est vrai… alors, haro sur Versailles, le premier château de la Loire venu, et tant qu’à faire, Auschwitz…

Les avez-vous vues, ces hordes harassées, le coca à la main, errer dans les camps de Pologne, d’un baraquement à l’autre ; ciller quand même un peu devant la montagne de cheveux : " mais ! C’est quoi, ça ?" ; passer, assez vite, devant les ruines des crématoires… Peut-on en vouloir à ces gamins qui "font ça" en une journée : - Roissy - Cracovie - bus jusqu’ à Auschwitz… -, sans réel projet, privés d’étayage… ; contre-production assurée ! Mais, il y a aussi des classes, plus âgées, surtout mieux préparées : - amont, aval, projet - ; objectifs cernés, postures actives, qui en font - c’est sûr - un remarquable usage, et s’en reviennent, marquées, équipées pour longtemps…

"Reflets d'un temps révolu". Le Vel d'Hiv : histoires et histoire

Ecrit par Jacques Petit, La Rédaction le 08 octobre 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, Histoire, Sports

Le vélodrome d’hiver de Paris a été érigé en 1909 et détruit en 1959.

UN demi-siècle d’existence seulement, et pourtant en ce demi-siècle, les petites histoires et la Grande HISTOIRE du Vel d’Hiv, ont été fort riches.

D’abord, revenons un tout petit peu en arrière : le vélodrome d’Hiver était appelé à avoir une histoire dense dès ses débuts. Au début du XXème siècle, le cyclisme, sous toutes ses formes, devenait un spectacle de masse prisé par les populations citadines.

Dès 1902, Henri Desgranges, un an avant le 1er Tour de France en 1903, dont le départ fut donné à Montgeron devant le café Le Réveil Matin, demande à l’architecte Lambert d’aménager la Galerie des Machines (vestige de l’Exposition Universelle de 1889, situé dans le quartier de Grenelle) pour y créer une piste cycliste inaugurée le 20 Décembre 1903. Le vélodrome connaît rapidement un vif succès.

Juste un mot (52)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 15 septembre 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, Société

Juste un mot (52)

Anne Frank vient de perdre un " être cher ", le marronnier qu'elle évoque à plusieurs reprises dans son " Journal " et qui, tout récemment, n'a pas résisté aux pluies diluviennes, accompagnées de fortes rafales. C'était son " arbre de la liberté ", en quelque sorte ! Depuis sa cachette, elle le voyait traverser les saisons, plein de majesté, et sa présence protectrice lui donnait de l'espoir, beaucoup d'espoir ... Jusqu'à ce mois d'août 1944, où elle fut déportée, avec les siens, au camp de Bergen-Belsen, pour y mourir du typhus, à l'âge de 16 ans.

Cette forme de " résistance littéraire ", de la part d'une jeune fille courageuse et lucide, constitue notre " tronc commun " à tous. Car, à y regarder de plus près, il se pourrait bien que chacun de nos arbres généalogiques soit pourvu d'une branche qui nous relierait au destin de l'adolescente ... In memoriam.

La Peur des Roulants

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 août 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, France

La Peur des Roulants

Serait-elle revenue ?..

Camps de Rroms pris d'assaut ; grands moyens : 100 policiers pour arrêter 40 Rroms ! Bruits de bottes et haussement martial du menton, dans la torpeur estivale ; rafles (quel autre mot ?) ; police poussant les troupeaux d'hommes, femmes et enfants vers des avions dont les moteurs chauffent déjà. Images venues d'un autre temps ; souvenirs noirs de populations toujours stigmatisées : « les » gens du voyage, ici ; « les » Maliens, là et, bien entendu – valeur sûre, entre toutes – là-bas, « les » Juifs, ces plus étranges des étrangers supposés ...

On agite à nouveau la peur de l'Autre, du différent ; on désigne, on stigmatise, au bout, on discrimine. On ressuscite ce qui fait l'homme - avec deux ou trois plus jolies choses - et, ce, depuis les confins de l'Histoire humaine : ceux de la caverne d'à côté ne sont pas moi, et donc je « les » compare, je « les » redoute, j'en ai peur, et de monter des barrières autour de mes trois pierres !

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