Racisme, xénophobie

La Peur des Roulants

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 août 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, France

La Peur des Roulants

Serait-elle revenue ?..

Camps de Rroms pris d'assaut ; grands moyens : 100 policiers pour arrêter 40 Rroms ! Bruits de bottes et haussement martial du menton, dans la torpeur estivale ; rafles (quel autre mot ?) ; police poussant les troupeaux d'hommes, femmes et enfants vers des avions dont les moteurs chauffent déjà. Images venues d'un autre temps ; souvenirs noirs de populations toujours stigmatisées : « les » gens du voyage, ici ; « les » Maliens, là et, bien entendu – valeur sûre, entre toutes – là-bas, « les » Juifs, ces plus étranges des étrangers supposés ...

On agite à nouveau la peur de l'Autre, du différent ; on désigne, on stigmatise, au bout, on discrimine. On ressuscite ce qui fait l'homme - avec deux ou trois plus jolies choses - et, ce, depuis les confins de l'Histoire humaine : ceux de la caverne d'à côté ne sont pas moi, et donc je « les » compare, je « les » redoute, j'en ai peur, et de monter des barrières autour de mes trois pierres !

L'Enfant de Soweto

Ecrit par Martine L. Petauton le 16 juin 2010. dans Racisme, xénophobie, Monde

L'Enfant de Soweto

Il regarde, sa vuvuzela de pacotille à la main, s’allumer les lumières du grand stade, flambant neuf ; il restera dehors, les places sont trop chères ! La nuit de l’hiver austral est tombée, claire et froide ; il est content, pourtant : le monde le voit ; son pays, « arc en ciel » fait la fête au ballon rond… c’est l’été de l’Afrique du Sud, porte-drapeau des pays « émergents » ; — mais, qui émerge ? L’enfant du township —

Apothéose symbolique — mais, la politique, c’est du symbole —, cette coupe du monde de football 2010 (19e du nom), s’ouvre sur le continent noir et en Afrique du Sud, où près de 80 % de Noirs relèvent la tête, après 50 ans d’Apartheid, où les avaient tenus une poignée d’à peine 10 % d’Afrikaners… Survol historique de haute altitude ! Me diront certains ; la réalité est nettement plus diaprée, et demande une observation attentive, différenciée, et donc, plus nuancée… mais, n’en est-il pas ainsi, de tous ces « réels », au bout de « l’idéal », cher au grand Jaurès ?

La Banlieue s'ennuie

le 14 juin 2010. dans Racisme, xénophobie, Société

La Banlieue s'ennuie

La douleur de la banlieue ne peut être discrète. Elle déborde, éclabousse et perturbe. La douleur c’est l’ennui qui creuse le sillon du malheur dans des corps désoeuvrés ne sachant que faire de leur jeunesse, de leurs ambitions, de leurs rêves. La promiscuité, l’échec scolaire, le chômage sécrètent cet ennui qui égare et expulse ceux qui en souffrent vers la marge, un territoire occupé par les professionnels de l’illégalité. Trafics et brutalité.

De la plus haute des solitudes (les années soixante) on est passé à une forme de détresse où le corps n’est plus mutilé mais exposé à la violence. Les uns étaient des travailleurs immigrés arrivés en France sans leur femme, les autres sont des Français que ces mêmes immigrés ont faits grâce au regroupement familial (1974).

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