Sports

Les lambeaux de Zidane…

Ecrit par Martine L. Petauton le 14 juin 2014. dans La une, Société, Sports

Les lambeaux de Zidane…

Souvenez-vous ; Marseille ; front de mer, dominant de toute sa hauteur la plage des Catalans, la photo immense dévorait le pignon, la Méditerranée, l’horizon. Elle touchait le ciel : Zinedine Zidane ! Il nous regardait tous, son regard sombre, sa belle gueule, cette séduisante retenue ; Zizou, comme descendu des Quartiers Nord, de sa Castellane de légende, où son ballon magique s’apprêtait à « allumer le feu », comme disait l’autre, à la coupe 98, l’unique, la vraie !

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… l’affiche sur bâche était celle d’un artiste de rue d’origine tunisienne ; JR, un sacré inventeur d’émotions et d’art – quoi qu’on en dise. N’a-t-il pas justement à La Belle De Mai – centre sinistré du vieux Marseille – éclairé les murs léprosés, des photos en pied ou en portrait des habitants, leur peine, leur ordinaire pas drôle, leur infinie dignité. Du noir et blanc qui rend quelque chose aux anonymes. N’est-ce pas lui, qui – la plus grande exposition illégale à ce jour – a plaqué sur le mur de la honte israélien des mélanges de photos d’Arabes et de Juifs… Dans un livre inspiré, paru ces jours-ci, Passion Française, Gilles Kepel le ramène à nos souvenirs, lui, ses affiches, Marseille et notre Zizou…

Pour moi – oserai-je dire pour nous tous – cette image incarne le beau du foot, bien au-delà du ballon et du tricotage de jambes carrément génial du Marseillais. Elle ancre un espoir, un fantasme – peut-être, un rêve parti voir ailleurs, depuis : l’Intégration, la grande, la nécessaire ; notre chaude illusion à beaucoup : le « made in Marseille » qui servait de légende à l’affiche, saluant – lancement du slogan – black, blanc, beur, le jeune  tombé de sa banlieue, de drible en drible, venu, par sa passion football, rejoindre celle de tout un pays, porteur pour tout un peuple d’honneur, de fierté, de belle émotion fédératrice. Comme un projet, un grand, un citoyen, le regard de Zizou, dans le ciel de Marseille, cette année là…

Depuis… Gilles Kepel nous apprend que « la bâche et ses lambeaux finirent lacérés par les bourrasques de mistral ».

Vingt ans, ou presque, après, les mêmes lieux, aux prises avec une insécurité vécue comme Chicago, en pire, un délabrement que pas une seule photo de JR n’arriverait à masquer, la drogue et les caïds déboulant de chaque cage d’escalier – La Castellane frise les records en termes de trafics – et cerise, un Front National, en guise de Seigneur-lige. Exit les chants de l’Amour courtois ; entrent en scène les barbares.

Depuis, côté foot, on a vu ! L’argent, les honneurs, le trop plein de partout pour de « petites têtes » de gamins grandis trop vite, à l’abri du ballon. Les coupes se sont succédées ; les ratées de peu, les carrément nulles. On a regardé ailleurs. 2010, comme un point d’orgue : les ados détestables, le Raymond débordé, les « grèves », les cacas nerveux des Anelka ; la honte, ont dit certains… Mais, n’oublions pas de mettre dans le fond crasseux du pot les supporters, nous tous, ou presque, donc ? Cette façon, si française, d’encenser le vainqueur, de piétiner le vaincu, de pratiquer ce qu’ils font du reste, en tout, et bien sûr en politique : attendre le cadeau tout cuit, ne pas passer par les cuisines… des ados face à d’autres.

A mort l'arbitre !

Ecrit par Lilou le 10 mai 2014. dans Ecrits, La une, Sports

A mort l'arbitre !

Je suis un ballon de rugby. Je reviens tous les week-ends sur les prés verts de 100 mètres de longueur sur 50 de large, le dimanche si possible, et autant le dire sans plus attendre, mes dernières apparitions furent de celles qu’il me tarde d’oublier.

J’aime arriver un peu tôt les jours de match et sentir que mon corps retrouvera de sa forme ovale sous les mains expertes de mon compagnon du jour : l’arbitre. Gras comme un canard ou long comme un jour de pluie, frêle ou courbé, l’air paresseux ou respirant la vivacité d’esprit d’un secrétaire de mairie du front populaire, c’est toujours de l’usage de son sifflet que je pourrai au mieux vivre ma vie de ballon de rugby. Me gonfler à la bonne pression, c’est aussi important que de trouver l’équilibre du sel et du poivre sur le foie gras. Je sais que mon arbitre aimera me prendre par tous mes sens, et qu’à un moment connu de lui seul, il me regardera avec l’air passionné du labeur bien fait. Dans ses mains retrouvées du dimanche après-midi de match, je verrai son sourire de père de famille qui court de célébrations en célébrations, espérant toujours que dans sa retraite lointaine, le souffle de l’abbé Pistre lui souffle toujours cet air chaud de l’amour du sport : Sainte vierge, que c’est beau le rugby. Je le sais, mais depuis quelque temps je ne sais plus vers où je vais, et je sens que lorsque mon maître me ramène aux vestiaires, ce sont les doigts de la rage qui me dégonflent car la colère de vivre un temps reculé est devenue plus forte que le point final sur la feuille de match qui envoie le résultat à la fédération de rugby.

D’un côté les locaux. Tango et noirs depuis toujours, l’espoir de tout un peuple au milieu de la route de Toulouse à Bayonne. Nogaro a planté là son clocher depuis près de 1000 ans, et le rugby y prolonge depuis la nuit des temps l’espoir de voir tous les dimanches se renouveler la résurrection.

De l’autre les visiteurs. Des Béarnais, blancs et vert persil de Navarrenx (64190) qui ont dépêché 3 bus pour ce match qui fleure, sinon l’esprit des phases finales du championnat de France de fédérale 3, au moins le déplacement chez les cousins du Bas Armagnac sous l’air de la victoire en chantant.

Le mois de mai s’est habillé de soleil et d’un ciel presque bleu « tour de France ». Enfin peut-on entendre dans les minutes qui précèdent le coup d’envoi et un peu comme on vidange avec l’aide de tous ces mots sans fin les soucis qui hantent les attentes fébriles. La température est clémente. Je sens que ce sera un après-midi de fête et que ça pourrait rigoler pour le tableau d’affichage.

Pourquoi y a-t-il autant de coups dans le foot ?

Ecrit par Sandrine Campese le 21 juin 2013. dans La une, Humour, Sports, Linguistique

Pourquoi y a-t-il autant de coups dans le foot ?

Si un match (pardon, une partie) de football n’a rien à voir avec un combat de boxe (un combat de coqs à la rigueur !), le terme coup revient à de très nombreuses reprises. Or l’étymologie renvoie bien au coup de poing, et même au coup de poing à la tempe, pouvant être mortel (brrr !). Mais comment est-on passé du poing au pied, et surtout, quel est le sens exact du mot appliqué au football ?

Difficile d’envisager de jouer au foot si on ne sait pas donner de coup de pied dans le ballon pour le faire rouler. Dans ce cas, le sens est bien celui d’un « mouvement par lequel un corps en heurte un autre ». C’est cette première frappe qui est à l’origine du coup d’envoi, marquant le commencement du match.

Mais c’est avec le coup du chapeau et le coup du sombrero que coup prend le sens de tour : « tour de force » voire « tour de magie ». Mais que viennent faire ces histoires de couvre-chefs dans notre affaire de « balle au pied » ?

En football, il y a « coup du chapeau » lorsqu’un joueur marque trois buts consécutifs au cours de la même partie, hors tirs au but bien sûr [1]. Il semblerait que le terme ait été employé pour la première fois en 1858 pour saluer l’exploit du joueur de cricket H.H. Stephenson. Au cours de la partie, celui-ci parvint à éliminer trois batteurs en trois coups (tricks) d’affilée et se vit remettre un chapeau (hat) en guise de récompense (quelle chance !). D’où l’expression hat-trick en anglais, « coup du chapeau » [2].

Reflets de la semaine (72)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 18 juillet 2011. dans Monde, France, La une, Actualité, Sports

Reflets de la semaine (72)


Grâce aux Bleues, le football a retrouvé ses lettres de noblesse. Soif de vaincre, sens du jeu, esprit de camaraderie, respect du public, elles ont tout mis en oeuvre pour que le Mondial du foot féminin soit une vraie fête ! Et ce fut le cas. Jusqu'à la demi-finale, où les filles se sont inclinées 3 à 1 face aux Américaines. Mais les joueuses françaises, malgré quelques bleus à l'âme, n'ont pas à rougir de leurs performances. Au contraire. Ce fut, de bout en bout, une révélation, sur les plans humain et sportif. Quant aux golden boys de l'équipe de France, ils auraient certainement été bluffés, sur leurs bancs de touche, par tant de savoir-faire et de fair-play ... Si seulement cette compétition internationale, d'un haut niveau, pouvait leur réapprendre les règles, footballistiques et comportementales ! A n'en pas douter, cela leur ferait faire un grand pas en avant !

Reflets de la semaine (54)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 16 mai 2011. dans France, La une, Société, Sports

Reflets de la semaine (54)


Rien ne va plus en Ovalie ... " Arrêt-buffet " pour Sébastien Chabal, suspendu pour deux mois par la commission de discipline de la Ligue nationale pour " atteinte à l'intérêt supérieur du rugby ". De plus, il ne sera pas du voyage pour le Mondial en Nouvelle-Zélande. Cela fait beaucoup pour un seul homme, devenu, au fil des compétitions, une icône vivante, dont la publicité s'est emparée avec empressement ... Est-il besoin de répéter ici ce que l'on sait déjà depuis longtemps, à savoir que les " stars " d'aujourd'hui, fabriquées de toutes pièces par un marketing d'une folle arrogance, ne sont finalement que des tigres de papier - glacé -, interchangeables à souhait, parce que manquant cruellement d'épaisseur ?

Dans le monde merveilleux du football, Blanc et les principaux dirigeants de la FFF se sont finalement refait une virginité ... Néanmoins, le Conseil représentatif des associations noires de France - CRAN - n'en manque pas et dépose plainte. Vous avez dit " quotas " ?  Mais de quoi parlez-vous au juste ? Blacks-blancs-beurs, même combat, n'est-ce pas ? Allez, les Bleus !

Blanc, noir ou entre-deux ?

Ecrit par Avi Barack le 09 mai 2011. dans Racisme, xénophobie, La une, Société, Sports

Blanc, noir ou entre-deux ?

 

Il y a des « antiracistes » qui sont gonflés. Et qui plus est, ils me gonflent. Ils ne se sont pas encore rendu compte que leurs agissements, leurs vagissements, sont une sorte de sommet en termes de discours racialiste. A inscrire l’affect racial dans toutes leurs préoccupations, ce sont eux en premier qui racialisent le discours d’une société française qui n’a nul besoin de ça. La dernière ruée en date de cette meute qui se croit bien-pensante est le coup de buzz de Mediapart – qui ne recule devant rien pour occuper la place qu’il ne mérite pas – sur Laurent Blanc et la FFF. « C’est du racisme ! » disent-ils, les bonnes âmes. Ah bon ? Alors je suis allé voir, de près, le verbatim de la « réunion ignoble de la FFF » m’attendant à y trouver, vu le vacarme des gros titres, des relents hitlériens – ou pas loin !

J’y ai vu plein de choses. Certaines intéressantes d’ailleurs, d’autres pour le moins maladroites, voire malodorantes. Et surtout des paroles et des affects beaucoup plus complexes que ceux que les orfraies de Mediapart ont bien voulu y voir. En tout cas, j’y ai trouvé un matériau qui induit une approche beaucoup plus nuancée et prudente. C’est le moins.

Racial tinge stains World Cup exit in France (Traduction LM Levy)

Ecrit par Tony Judt le 02 mai 2011. dans La une, Média/Web, Société, Sports

Racial tinge stains World Cup exit in France (Traduction LM Levy)

 

(Chronique en anglais suivie d’une traduction des passages les plus importants)


Notre ami Tony JUDT, qui nous a quittés depuis, avait écrit ce texte en juin 2010. Il nous semble particulièrement d’actualité dans les affaires de football et de société qui agitent la France depuis quelques jours.


After France  was booted from this year’s World Cup on Tuesday without winning a match — amid scenes of selfishness, indifference and indiscipline — the French news media piled on about the humiliation to the country and the misbehavior of its players. There were calls for a complete restructuring of the French team: its management, its method for choosing players, its training.


Ligue 1 française : le championnat le plus passionnant d'Europe ?

Ecrit par Jacques Petit le 25 avril 2011. dans La une, Sports

Ligue 1 française : le championnat le plus passionnant d'Europe ?

On comprend bien que CANAL cherche à nous vendre un de ses gagne-pain les plus profitables, mais tous ses journalistes ont, que je sache, leur carte de presse, ce qui incombe sur le plan de l’éthique et la morale un minimum de décence et de vérité.

Les véritables « afficionados » de foot, dont je suis depuis plus de 71 ans, et oui, ça a commencé à 8 ans, sont prêts à entendre n’importe quoi, qui va dans le sens de l’encensement de leur sport favori, mais pas jusqu’au point de vendre leur « âme », au sens littéral !

Prétendre que le championnat de Ligue I est le championnat le plus passionnant d’Europe pour la seule raison que le suspense est entier, que le haut du classement se tient en quelques points, c’est mettre au premier plan le « comptable », expression chère aux commentateurs de CANAL, maintenant on comprend pourquoi ?

Confessions publiques des sportifs

Ecrit par Jacques Petit le 01 avril 2011. dans La une, Média/Web, Actualité, Société, Sports

Confessions publiques des sportifs

Depuis mon jeune âge, j’ai toujours apprécié le sport, j’ai pratiqué à un rang très modeste le foot et le vélo.
Et comme il se doit, j’ai toujours été un lecteur assidu de L’Equipe, en même temps que Le Monde pour d’autres raisons, mais à cette époque il n’y avait pas une ligne de sport sur Le Monde, à chacun son jardin secret.
J’avais plaisir chaque Lundi à y découvrir les résultats du week-end passé, avec des commentaires de journalistes spécialisés, toujours avec une grande justesse, précision et clarté.
La grande période était le mois de Juillet avec le TOUR de FRANCE, cela déchaînait en moi, et bien d’autres, une frénésie, une passion immense qui ne s’apaisaient qu’un peu le soir avec les résultats de l’étape.
Et le lendemain cela repartait de plus belle, avec un crescendo pendant les contre-la-montre et surtout les étapes des grands cols Pyrénéens et Alpins. Chez moi, cela pouvait atteindre un paroxysme d’enthousiasme ou de désillusions selon les résultats. Comme tout sportif en chambre, j’avais mes favoris que je considérais et de loin comme les meilleurs.

"Reflets d'un temps révolu". Le Vel d'Hiv : histoires et histoire

Ecrit par Jacques Petit, La Rédaction le 08 octobre 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, Histoire, Sports

Le vélodrome d’hiver de Paris a été érigé en 1909 et détruit en 1959.

UN demi-siècle d’existence seulement, et pourtant en ce demi-siècle, les petites histoires et la Grande HISTOIRE du Vel d’Hiv, ont été fort riches.

D’abord, revenons un tout petit peu en arrière : le vélodrome d’Hiver était appelé à avoir une histoire dense dès ses débuts. Au début du XXème siècle, le cyclisme, sous toutes ses formes, devenait un spectacle de masse prisé par les populations citadines.

Dès 1902, Henri Desgranges, un an avant le 1er Tour de France en 1903, dont le départ fut donné à Montgeron devant le café Le Réveil Matin, demande à l’architecte Lambert d’aménager la Galerie des Machines (vestige de l’Exposition Universelle de 1889, situé dans le quartier de Grenelle) pour y créer une piste cycliste inaugurée le 20 Décembre 1903. Le vélodrome connaît rapidement un vif succès.

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