Le ballon rond de Reflets (4)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 12 juillet 2014. dans La une, Actualité, Sports

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Le ballon rond de Reflets (4)

8 juillet 1982, à Séville… La demi-finale opposant la France à la RFA tourne au pugilat… L’agresseur s’appelle Schumacher, la victime, Ba(tti)ston… Le score est de 3 partout à l’issue du temps réglementaire et des prolongations. Après la séance de tirs au but, l’Allemagne de l’Ouest finit par l’emporter, 5 à 4 !

4 juillet 2014, à Rio… Le « mur allemand » a été fatal aux Bleus. Immense déception, bien sûr, mais les joueurs français ont su se créer de belles occasions. La « Mannschaft », qui n’en a fait qu’à sa tête (1-0), a une nouvelle fois misé sur son professionnalisme, sans trop forcer, toutefois… Merci à Didier Deschamps, dont le charisme a souvent crevé l’écran, et un grand bravo à l’équipe de France, qui, tout au long de la compétition, a su renaître de ses cendres et « jouer le jeu » !

Le même jour, le Brésil battait la Colombie, sur un air de samba endiablée… Avec la sortie – sur une civière – de Neymar, l’équipe a semblé orpheline.

Le lendemain, l’Argentine et les Pays-Bas se qualifiaient à leur tour pour les demi-finales, dont l’affiche – Brésil-Allemagne et Argentine-Pays-Bas – a une nouvelle fois donné lieu à un face-à-face « Nouveau Monde-Ancien Monde », alliant football et géopolitique !

Mardi soir, 8 juillet, la sélection allemande a littéralement « avalé » l’équipe brésilienne (7-1), « hors jeu » pendant 90 minutes, ou quand la « montagne Pelé » accouche de petites souris « auriverdes », quasi inoffensives… Le pays organisateur, dont le Mondial fut globalement une réussite, aura sans doute beaucoup de mal à s’en remettre… Mercredi soir, 9 juillet, l’Argentine se qualifiait sans brio face aux Pays-Bas !

Le 13 juillet prochain, la finale se déroulera à Rio, Estadio do Maracana, sous le regard bienveillant du Christ Rédempteur… Boa sorte aos finalistas !

Le foot ? Bien plus que du foot, assurément… Entre défense et attaque, ferveur et communion, c’est bel et bien le vocabulaire militaro-religieux – mélange ô combien détonant – qui l’emporte, et de loin !


Affrontements sur le terrain, grand-messes dans les gradins… Fidèles supporteurs des équipes en présence, costumés, grimés, donnant de la voix, pour le meilleur et pour le pire, au milieu de calicots et d’étendards, qui, la plupart du temps, sont l’expression bigarrée de chauvinismes exacerbés !

Le foot, c’est aussi le retour d’une forme de patriotisme, prenant, chez nous, de faux airs de 8 mai ou de 14 juillet… Drapeaux tricolores aux fenêtres, aux balcons, ou ailleurs… Qu’elle semble douce, cette France qui pavoise, qui se fédère, et compte sur les Bleus pour redorer son blason !

Le ballon rond, c’est une « exoplanète » en mouvement, qui gravite autour de son étoile et rend parfois la vie plus supportable… Car, contrairement aux politiques, il réussit encore à faire tourner les têtes !

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

Commentaires (1)

  • Martine L

    Martine L

    13 juillet 2014 à 12:18 |
    Que merci mille, Claude, pour ce texte de " finale" de vos billets estivaux ! je partage toutes les - fines - remarques de votre copie-foot ; oui, décidément, le foot en nos provinces joue des rôles bien au-delà du sport : on revient - n'en déplaise aux inconvertibles - au gamin d'Afrique, sa bouteille plastique -ballon, et ses piquets-buts au fond de la savane ; universel, imbattable, presque divin, le foot. Deux mots - non techniques sur ce match Brésil Allemagne ; non, le Brésil n'était pas si nul, et l'Allemagne n'était pas si géniale ; il y avait là, un déclin qui parlait en termes d'orphelins de leaders, et du psychologique à revendre là où on attendait du foot sur terrain . Une tragédie un peu grecque qui nous a tous émus.

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