Culture

L'ombre de Colette dans un coin d'assiette...

Ecrit par Martine L. Petauton le 22 septembre 2012. dans La une, Culture, Gastronomie, Notre monde, Littérature

L'ombre de Colette dans un coin d'assiette...

Castel Novel… « au printemps, – écrivait-elle, avec cette coiffure ébouriffée, ces curieux chapeaux, ce visage que n’importe qui reconnaît sur la couverture du livre de poche ; irremplaçable Colette ! – les murs pétillent de lézards et sont blonds d’abeilles »… Nous en revenons, par un de ces derniers dimanches d’été. Début septembre ; calme après la vague touristique. Encore caniculaire, au mitan du jour, mais, par moments, le vent dans les grands arbres centenaires, qui ont vu la dame jouer à la fermière, agite la promesse de cet automne corrézien, habituellement « indien », et, pour tout dire, somptueux.

« Le rosier blanc de la façade est si blanc de fleurs qu’il trace la nuit sur la maison une voie lactée »… A l’ombre de quel grand arbre de la terrasse, écrivait-elle ça, dans les années qui finissaient la Belle Epoque ? Entendait-on déjà les bruits sourds, partout en Europe, de la boucherie à venir ? Son « amour », Henri De Jouvenel – le journaliste du Matin, le futur ministre – se penchait-il sur les nouvelles, assis, lui, sous cet autre arbre, à moins, si le vent soufflait, qu’il ne se fût réfugié au coin de la grande cheminée, et son « cantou », comme on dit ici…

Mouloud Aounit, Une marche pour l'égalité autour du film de Jean Michel Riera

Ecrit par Nadia Agsous le 22 septembre 2012. dans Racisme, xénophobie, La une, Actualité, Culture, Société, Cinéma

Mouloud Aounit, Une marche pour l'égalité autour du film de Jean Michel Riera

Natif d’Algérie, fils de « Bougoules », enfant d’Aubervilliers, Homme politique français, défenseur acharné des droits de la personne humaine, Mouloud Aounit a milité au sein du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) où il a occupé le poste de secrétaire général (1989-2004), puis celui de président (2004-2008). Dix-neuf années de lutte au service de la justice et de la liberté, pour le respect et la reconnaissance des uns et des autres. Un homme. Une mémoire. Un combat. Une parole. Une lutte. Un parcours. Le tout révélé à travers un film documentaire, réalisé par le réalisateur Jean-Michel Riera en collaboration avec le politologue Vincent Geisser.

À travers l’entretien (1) qui suit, Jean-Michel Riera nous révèle la genèse et l’avancée du film.

Recension : Atelier d'écriture ? Le tour de la question en 90 points, de Françoise Neveu

Ecrit par Cikuru Batumike le 22 septembre 2012. dans La une, Education, Culture

Lire pour comprendre

Recension : Atelier d'écriture ? Le tour de la question en 90 points, de Françoise Neveu

Depuis 1996, l’ébéniste, poète et ethnologue française, Françoise Neveu enseigne son savoir-faire en matière d’écriture. Elle mène, pour des groupes restreints, des workshops d’écriture créative à Paris. L’essai Atelier d’écriture ? Le tour de la question en 90 points, publié aux éditions l’Harmattan, Paris, est le fruit de son expérience de travail et de ses recherches.

L’expression atelier d’écriture fait généralementait penser à des techniques qui permettent aux amoureux des lettres de mieux s’entraîner à l’écriture pour en maîtriser les rouages, et finalement produire un texte. D’aucuns, auteurs de romans, récits, nouvelles, théâtres, contes et autres poésies, ont recouru et recourent à un atelier d’écriture pour acquérir des éléments théoriques propres à renforcer la naissance d’une œuvre.

Billet fou : Patrimoine humain entre trois marques de café

Ecrit par Luce Caggini le 22 septembre 2012. dans La une, Culture

Billet fou : Patrimoine humain entre trois marques de café

Ma chanson a déjà un passé de 300 ans, donc un rondeau de ma part ne saurait que magnifier un chant de mondiale renommée dans les cours royales du Palais Matignon, mais vu le monde nomadant sur le tarmac et margaritant à la crème de cacao, je me dédouane d’une nostalgie d’un passé digne des richesses d’une société monarchique enchâssée dans une montagne de dorures.

Donc, je me suis acheminée vers la rue de Varenne dans l’espoir de mettre mes pas dans ceux des hommes qui ont donné à ce pays les marches en pair ou en impair de cette cité internationale dans le monde de Mars à moins que ce soit celui de Vénus.

Donner le sens de la visite, c’est déjà donner le la à un douanier de la pensée unique mais c’est aussi être dans le ton de la montée d’adréna­line du grand argentier de la République Française.

Le Hollandisme, un Mendesisme ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 15 septembre 2012. dans La une, France, Politique, Actualité, Culture, Histoire

Le Hollandisme, un Mendesisme ?

Et si François Hollande s’inspirait des idées et des méthodes de Pierre Mendès-France ? On peut se poser légitimement la question, alors que nous nous situons à largement plus de 100 jours de son élection comme Président de la République, le 6 mai 2012.

On commencera par répondre à cette interrogation en insistant sur les différences, puis nous terminerons par les ressemblances, en tentant de fai.re – en conclusion – un bilan provisoire débouchant sur une certaine analyse de la société française dans ses fondements les plus essentiels.

Le Sermon sur la chute de Rome

Ecrit par Etienne ORSINI le 15 septembre 2012. dans La une, Culture, Littérature

Jérôme Ferrari, Actes Sud, Arles, août 2012, 202 pages

Le Sermon sur la chute de Rome

De cette Rome-là, ne subsiste pour tout vestige qu’une photo jaunie. L’image date de 1918 et représente les cinq frères et sœurs de Marcel posant avec leur mère dans la cour de l’école du village. Sa vie durant, Marcel méditera sur les mystères de l’existence devant ce cliché pris peu avant sa naissance, et dans lequel il ne percevra qu’un reflet de sa propre absence…

… Quelques décennies plus tard, Matthieu, son petit-fils, se met en tête de fuir Paris, où les caprices du destin l’ont fait naître, pour aller passer au village, chez les parents de son ami Libero, tous ses congés scolaires. Plus tard encore, quand le bar du village se retrouve sans gérant après plusieurs expériences désastreuses, c’est immédiatement que les deux camarades, devenus étudiants en philosophie, délaissent la Sorbonne, Leibniz et Augustin pour proposer avec succès leurs services à la propriétaire de l’établissement.

Richter : du gris au blanc

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 15 septembre 2012. dans La une, Arts graphiques, Culture

Richter : du gris au blanc

Le gris est une couleur comme les autres, dit Gerhard Richter, et il semble bien qu’il sache de quoi il parle. Qui se sentirait de taille, devant l’exposition du Centre Pompidou, à le contester ? Mais un tableau particulièrement me semble pouvoir en administrer la preuve. Choix arbitraire, sans doute, que d’autres œuvres présentées dans la même rétrospective pourraient tout aussi bien justifier. Mais justifie-t-on jamais ces rencontres qui s’imposent soudain au cours de l’épreuve accablante pour le simple amateur que constitue le parcours balisé dans l’univers pictural d’un artiste d’une telle puissance créatrice ? Pour moi, ce jour-là où Paris arborait tous ses gris de zinc et de pierre sous un ciel plombé, ce fut justement une toile que Richter y peignit en 1968 et qui est intitulée Paysage urbain Paris.

Visage vive

Ecrit par Jean Le Mosellan le 15 septembre 2012. dans La une, Culture, Littérature

Matthieu Gosztola, Gros Textes, 2011, 7 €

Visage vive

Quand les mots s’affolent, quand ils épuisent leur sens et se mettent à nu, ils ne peuvent plus servir qu’à dire l’indicible, tout ce qui appartient, en l’occurrence, aux choses essentielles comme l’amour. On quitte le domaine traditionnel, et l’on tombe dans le monde de l’instable ou de l’inattendu, le monde musical, par exemple, où le sens des notes n’est défini que par l’usage qu’on en fait. A moins que visage ne signifie douleur, comme dans Mater Dolorosa, on s’interroge sur la juxtaposition ahurissante, dissonante pour ainsi dire, de ces mots Visage vive, servant de titre au recueil de poèmes de Matthieu Gosztola.

Mais visage a pris un autre sens, un sens caché, il s’habille de douleur et devient féminin. « On est près de la douleur qui blesse/Vive/ Visage vive ». Visage est douleur.

Ce recueil parle de la mort d’un enfant, dans un vrai « affolement des mots des mots très caractériels ». Dans le souvenir « tout est déjà dans le visage. Il est ce qui fait toute une histoire ». Et le poète s’adresse très tendrement à l’enfant défunt : « Tu as la nuit dans les yeux/ Plus que ce que tu pourrais/ Imaginer/ Le visage est notre folie ».

Faut-il brûler Millet ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 07 septembre 2012. dans La une, Actualité, Culture, Société

Faut-il brûler Millet ?

 

Recension du livre de Richard Millet : De l’antiracisme comme terreur littéraire, Paris 2012.

Et d’abord, pourquoi une recension de Richard Millet ? Dès la première page, la messe est dite : « il n’y a pas plus de racisme en France qu’il n’y a de fruits d’or dans les branche des arbres » ; dénégation du racisme, classique chez ceux qui, ne voulant pas voir le racisme en eux-mêmes, refusent de le discerner chez les autres… Pourtant, le nombre des propos xénophobes de ce petit livre est tel qu’on pourrait en faire un florilège, une anthologie. Citons au hasard : les Roms, « peuple évidemment inassimilable », l’immigration ? « innombrable, incompatible, généralement hostile et finalement destructrice (…) une colonisation inverse ». La palme revenant à la dénonciation de cet état d’esprit qui « fait qu’un “sans-papiers” est un “citoyen”, un Noir un Blanc, un animal un humain, un enfant un adulte »… A la limite, on en arriverait à deux groupes d’éléments sinon équivalents, du moins analogues, les uns dans leur supériorité, les autres dans leur infériorité : citoyens, blancs, humains, adultes, d’un côté ; sans-papiers, noirs, animaux, enfants, de l’autre.

Fais pas ci ! Fais pas ça !

Ecrit par Martine L. Petauton le 07 septembre 2012. dans La une, Education, Actualité, Culture, Société

Fais pas ci ! Fais pas ça !

 

Fin d’été oscillant entre duveteux du ciel du soir et piquant de l’air du matin ; vacuité si particulière à ces journées précédant la rentrée… Bruits, tout soudain !! on va – figurez-vous – (mon voisin, bien à droite, n’en finit pas de rouler de rire avec les reines-claudes, sous son prunier surchargé) « réintroduire la morale à l’école »… et feu Luc Chatel, l’oint de L’Oréal, de se voiler la face : Peillon, ce serait pas un peu Pétain, des fois ? Quant aux dames de la PEEP (association de parents d’élèves, cuisinant plutôt à droite), coiffées comme des patronnesses du 16ème, de mugir, quant à elles : la morale ! C’est du ressort de la famille ! pas d’endoctrinement socialiste à la soviétique pour nos têtes-blondes tellement plus influençables par leurs enseignants, comme chacun sait, que par les ragots galopant de page Orange en page Facebook…

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