Le retour, de Harold Pinter au Théâtre de l’Opprimé à Paris

Ecrit par Valérie Debieux le 17 mars 2018. dans La une, Arts graphiques

du 21 au 25 mars 2018 pour 5 représentations

Le retour, de Harold Pinter au Théâtre de l’Opprimé à Paris

Beaucoup de choses ont été écrites à propos de Harold Pinter : on dit souvent que ses pièces sont métaphoriques, particulières, difficiles et aliénantes, mais elles sont surtout très réalistes, et le « réalisme théâtral ne peut s’obtenir que par le sacrifice de la réalité ». Pinter a toujours compris que l’humanité était un profond mystère et que son travail, en tant que dramaturge, n’était pas de fournir des réponses, mais de dépouiller toute chose, jusqu’à ce que, de façon inattendue, quelque chose soit révélé… Pinter était un grand poète, il était capable de regarder la réalité et de la distiller avec ses mots de façon âpre et percutante. Plutôt que de raconter des histoires, il aimait surtout rendre compte de ce qui pouvait se passer sur le moment présent, dans un lieu précis, et surtout dans une pièce… Dans son écriture, ses mots peuvent résonner en même temps de façon hilarante et horrifiante. Pour Pinter, les personnages ne peuvent jamais être égaux et il est toujours question d’une lutte de pouvoir entre eux, et dans sa pièce de théâtre Le Retour, il n’y a rien en dehors des murs de la pièce où se déroule l’action et les gens disparaissent quand ils quittent la scène… Il y a un vide étrange et le spectateur est dans ce vide qui le rend inconfortable. Harold Pinter aime le silence… et les non-dits, car « c’est dans le silence que les personnages acquièrent pour lui le plus d’importance ». « Pour Pinter, l’espace de vie est de ces mots qui riment avec le ventre utérin et peut-être aussi la mort : “the room is the vomb is the tomb“ ». Toute la problématique de sa dramaturgie consiste à mettre en scène la place que l’Homme occupe dans l’Univers. « L’homme forge son propre destin en devenant son propre bourreau » et ce, toujours dans une forme de huis clos où les mouvements de dissidence règnent en maître.

Le retour est une pièce au verbe violent et cruel. Tout se trame autour de Ruth. Les hommes se battent tous pour elle, mais c’est elle qui définit les termes de son propre avenir et qui décide comment elle veut que ça se passe. Toutes portes closes, le fil de la trame se déroule à l’intérieur d’une maison sise au nord de Londres, en conciliabule familial, où « la parole, les rapports entre les êtres de cette même famille qui “forment un tout” sont âpres et tranchants, scellés de gouffre et de silences ; autant de troubles affectifs liés à l’expression des sentiments, propres à chacun, selon une histoire souvent bien commune ».

« Mes personnages possèdent une force d’impulsion qui leur est propre. Je ne dois pas forcer un personnage à parler là où il pouvait se taire, à le faire parler d’une manière dont il ne parlerait pas, de quelque chose dont il ne parlerait jamais (…) c’est de ces caractéristiques que naît un langage. Un langage, je le répète, où autre chose est dit sous ce qui est dit » (Harold Pinter).

Le retour est une pièce qui a été créée à Londres, en 1965, par la Royal Shakespeare Company à l’Aldwych Theatre, et elle sera prochainement interprétée à Paris, par une compagnie montpelliéraine (Compagnie Sailor Théatre) et ce, du 21 au 25 mars 2018 au Théâtre de l’Opprimé (Paris 12e). Si vous êtes de passage à Paris, n’hésitez à vous y rendre…

 

Théâtre de l’Opprimé

78, rue du Charolais

75012 Paris

 

Mercredi 21 mars, vendredi 23 mars et samedi 24 mars à 20h30

Jeudi 22 mars à 21h30

Dimanche 25 mars à 17h00

 

Métros : L.1 (Reuilly-Diderot), L.8 (Montgallet), L.6 (Dugommier), L.14 (Gare de Lyon, sortie 9)

RER : A & D (Gare de Lyon, sortie 9)

Bus : L.29 (Charles Bossut)

 

Pour vos réservations en ligne :

https://theatredelopprime.mapado.com/event/ile-de-france/le-retour

 

Pour vos réservations par téléphone :

du mardi au vendredi entre 14h et 18h, au 01.43.40.44.44

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