Parler d’un tableau qu’on aime…

Ecrit par Jean-François Joubert le 25 novembre 2017. dans Ecrits, La une, Arts graphiques

Parler d’un tableau qu’on aime…

Dans la toile d’araignée qu’est Facebook, rencontre du phénomène Monsieur Stéphane Marceau, pas sot pour un clou, un sceau, royal, au premier abord ce tableau marque de la douleur, et observez, sa femme aux lèvres tendres, l’Amour enfin trouvé, le grand A qui cesse de meubler le grand vide de son atelier, le regard d’un homme blessé par ses concitoyens qui vole telle une cigogne vers son enfance brisée, admirez le travail, les yeux, le visage, de cet extra-terrestre qui lit dans vos pensées, l’estran sauvage, notre plage à tous, vous savez ce petit « moi », ce « ça », la porte ouverte vers l’inconscient, il y voyage ! Moi aussi. Fêlure blessures riment ses créations comme tout grand artiste. Ah ce regard qui me submerge d’embrun un ouvert sans fissure, l’autre qui se rappelle quoi, ceci : « les arbres sont cendre, la nuit est claire, tiens une comète qui troue un nuage ! que puis-je dire ? rien ! ne rien nier serait me plagier, je me sens sans sens, sans montre et sans aiguille…

Le ciel pleure, les âmes crient, et moi je me ballade en levant le nez, rhum au cœur de la mer de stratus, altostratus, cumulus et autre poussière de ouate, quand on calcule plus les watts de nos jours, je suis un perdu dans le système, un saule pleureur, qui convole vers l’ennui, nué de moineaux, non, des étourneaux, que sais-je, je ne dis rien !

Heureusement, dans un siècle dernier une dame de nage a sauvé mon esprit, comment ? En m’aimant, me bordant comme le lit d’une rivière borde les champs auprès de la mer !

Un aber, au pays du Léon, mes vers s’y reposeront un jour, je recule la date de la traversée de l’espace, tiens mars ! Ou le « pourquoi pas », ce bateau au nom qui me plaît, je pagaie à l’avant, le moteur est derrière, coup de chance, une veine de courant dans Lanildut pour rentrer à bon port : je crève, je rêve plus, ma prison mes lèvres, mes cris qui me désolent, ma nuit est longue et sombre, naufrage en absurdie ! Ce matin, une volute de fumée, je sais que je mangerai pas du goéland à la table de mes ancêtres, mais je donne de la couleur aux couleuvres, une œuvre qui me secoue, j’aime mon regard d’acier sans véhicule, sans permis de conduire sur les restes d’un règne animal, les dinosaures, et mes z’amis sont des oiseaux, pie, pivert, mouette, chouette…

Lui, il colle de la couleur sans masque, fruit de printemps, pas d’automne, cheveux vert prairie, il rigole de ses pairs qui vont un jour tenter d’écrire des maux sur ce regard d’acier qui est tendresse, lettre à sa douce à bâbord toute ! Tout de suite la puissance de l’Homme, pas de l’humain, il est terre, eau, feu follet, mer et ciel à la fois, il déshabille vos habitudes, il ne crie pas comme j’écris ce mot vers mes illusions perdues, il assume ses propos, se gausse car sa mémoire d’homme mûr est ce gosse unique qui porte la tunique du silence et peint, fils de rien, jamais Homme de lettres peut-être, sa vie privée ne regarde que sa lumière, ne voyez-vous pas qu’il possède cette chance d’être innocent, le regard droit tourné vers vous et sonne l’entrée de sa mise en scène, ce portrait gigantesque, ce rouge à lèvres, il aime sa tendre, et vous le rappelle, et dans la comédie, le théâtre de la vie, il dit sans un mot « Merde » ! Osez être vous !

A propos de l'auteur

Jean-François Joubert

Jean-François Joubert

Rédacteur

Ecrivain

Jean-François Joubert est né à Brest, une ville où l’on parle souvent des îles qui l’entourent, Ouessant, Molène, Sein… La mer le berce depuis l’enfance et elle s’invite souvent dans ses rêveries. Elle est Source d’inspiration, mais aussi de revenus, pendant longtemps il a enseigné la voile au sein de différents clubs nautiques. Désirs de voyages, de rencontres, d’océans, et ce besoin d’écrire qui s’installe, comme une évidence.

 

Commentaires (3)

  • jean-françois joubert

    jean-françois joubert

    29 novembre 2017 à 08:05 |
    Bonjour Bernard, et Stéphane, même si je suis dans la difficulté au quotidien, camisole chimique, fatgigue, c'est un grand bonheur voir honneur de se savoir compris par le peintre Monsieur Marceau, et un esthète des mots qui passe souvent me lire... Deux albums de musique arrivent, le petit marchand de sourires en livre audio, et cerise sur le gâteau mon livre jeunesse a trouvé une auberge pour lui et toute ma prose que je compose, plus un ovni, "le parasite stellaire" chez jingway agency en attendant le retour du naufrage de rose aux éditions secrètes, une année 2018 qui s'annonce bien remplie... côté cœur !

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  • bernard pechon pignero

    bernard pechon pignero

    26 novembre 2017 à 20:56 |
    Une des meilleures chroniques de Jean-François Joubert qui n’en est pas à son coup d’essai. Quand les mots s’enchainent ainsi sans se soucier d’autre chose que de former un discours cohérent né de sa propre liberté, au mépris des dogmes – encore que ce mépris ne soit en rien méprisant – il est émouvant et un peu rassurant de constater que c’est une autre œuvre, picturale en l’occurrence, qui a initié ce processus poétique, comme en écho d’une autre façon de dire (ici de figurer) l’indicible. Il y a cent façons de chercher à atteindre le réel au-delà de ses accointances avec la réalité (le quotidien pour schématiser) mais quand on s’y met à deux, ici un peintre et un poète (prière aux intéressés de réfuter ces étiquettes réductrices) il y a de grandes chances d’approcher de l’inatteignable. C’est le cas.

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  • Stéphane

    Stéphane

    26 novembre 2017 à 18:52 |
    Un grand écrivain et gentleman ce Jean-François, un homme d'une sensibilité et d'une culture incroyable.

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