Cinéma

Mes rapports difficiles avec les films et romans policiers

Ecrit par Ange Hattab le 10 février 2012. dans La une, Culture, Cinéma, Littérature

Mes rapports difficiles avec les films et romans policiers

 

Pour plusieurs raisons, je n’aime pas les films et les romans policiers.

Avant tout, parce qu’un peu Rousseauiste, j’essaie de croire que l’homme n’est pas essentiellement mauvais, qu’il peut avoir en lui une envie d’aider les autres, de contrôler et maîtriser une certaine agressivité. Mais quand les romans ou les films policiers montrent la fascination de l’homme pour le mal, décrivent des personnages plus pourris les uns que les autres, c’est un peu désespérant. Tous ces meurtres, toute cette hémoglobine, tous ces calculs pervers dans la volonté constante de nuire, toute cette intelligence pour faire du mal dans le seul intérêt égoïste, me fatiguent, et spontanément, presque dans un réflexe de survie, je les évite.

Mais, quand on considère le nombre de livres et de films policiers qui paraissent chaque année, quand des critiques renommés soulignent leurs qualités, quand, en outre, on constate la constante et fidèle adhésion du public pour ce type de production, on a le droit de se considérer comme un peu bizarre si, comme cela a toujours été mon cas, on ne les apprécie pas du tout.

Traces de vie, sur grand écran à Clermont-Ferrand

Ecrit par Gérard Bayon le 11 novembre 2011. dans La une, Cinéma

Traces de vie, sur grand écran à Clermont-Ferrand

Traces de vies, le 21ème festival du film documentaire se déroulera du 21 au 27 novembre en Auvergne.

Pendant une semaine, à la Maison de la Culture de Clermont-Ferrand et à Vic-le-Comte, petite ville proche de la métropole régionale où est né le festival, 8000 spectateurs environ viennent assister à la projection de près de 100 documentaires de création.

Le festival attire un public régional (Clermont est aussi le premier festival mondial du court métrage) de connaisseurs et de passionnés de cinéma, mais aussi et de plus en plus des spectateurs venus de toute la France. Il fait aussi une large place au public scolaire dans le cadre d’une politique d’éducation aux médias relayée dans les établissements scolaires. Après le Festival du Réel à Paris, le Festival International du Documentaire de Marseille et les Etat Généraux du Documentaire de Lussas en Ardèche, Traces de vies est devenu incontournable pour ceux qui s’intéressent à ce genre filmique.

Organisé par l’école régionale de travailleurs sociaux, le festival se doit de proposer au public des films qui questionnent l’actualité politique et sociale, nationale et internationale. Mais cette ligne éditoriale qui témoigne d’un fort engagement citoyen n’est pas un obstacle à la qualité artistique des films.

Beur sur la ville, film de Djamel Bensalah

Ecrit par Jean Le Mosellan le 21 octobre 2011. dans La une, Cinéma

Beur sur la ville, film de Djamel Bensalah


Rien dans Le Monde, ni ailleurs, ne m’a poussé à aller voir cette époustouflante comédie policière à sa sortie, le 12 octobre. A peine un entrefilet sous une photo résumait la présentation du film, signalant tout de même l’excellent jeu de mot du titre. Djamel Bensalah en a d’ailleurs l’habitude. Il s’amuse dès le titre, comme dans son film Il était une fois dans l’oued.

La référence à Peur dans la ville d’Henri Verneuil est bien plus efficace que dans l’oued. On se souvient en  effet que son scénario reposait sur la traque d’un tueur en série, dont les victimes étaient des femmes seules. C’est pareil dans Beur sur la ville, où on a cherché et trouvé l’homme providentiel à qui confier la traque d’un tueur qui se manifeste le vendredi à l’heure de la prière à la mosquée dans une petite ville de banlieue. Régulièrement des prostituées sont égorgées quasi rituellement.

L’idée du préfet c’est de nommer un Beur pour mener l’enquête. Idée sabotée par son entourage hostile, qui réussit à trouver un candidat complètement nul à tous les égards, puisqu’il a tout raté dans sa vie, niveau confirmé par les tests de recrutement. A la question quelles sont les couleurs du drapeau national par exemple, il répond vert blanc rouge.

Au Revoir

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 16 septembre 2011. dans La une, Cinéma

Au Revoir


Au revoir

Mohammad Rasoulof


Il est quelques auteurs, écrivains, musiciens, cinéastes, pour qui le difficile labeur consiste à délivrer, au sens de libérer, un message politique, un témoignage vital dont la gravité tend à occulter ou à mettre en danger la spécificité de l’écriture personnelle.

Comme si les faits et leur malignité pesaient parfois trop lourd sur l’art pour qu’aucun talent voulant leur octroyer une place ne puisse s’en relever complètement indemne.

Shostakovitch luttant à chacune de ses créations pour ne pas les laisser se broyer sous les attentes du régime, Imre Kertesz dont l’écriture se noie dans l’Histoire.

Le Western (4 et fin) : La Morale

Ecrit par Yasmina Mahdi le 08 août 2011. dans La une, Cinéma

Le Western (4 et fin) : La Morale

Privés de leur guide, les voyageurs ne savaient pas ce qu'ils devaient faire; ils n'osaient même s'avancer sur le rocher, de crainte qu'un faux pas fait dans les ténèbres ne les précipitât dans une de ces profondes cavernes où l'eau s'engloutissait avec bruit à droite et à gauche. Leur attente ne fut pourtant pas longue : aidé par les deux Mohicans, le chasseur reparut bientôt avec le canot, et il fut de retour auprès de la plate-forme en moins de temps que le major ne calculait qu'il lui en faudrait pour rejoindre ses compagnons.

Le dernier des Mohicans, James Fenimore Cooper 

Chaque film a sa spécificité, selon son cinéaste, son directeur de photographie, son époque et le traitement de l'image, en noir et blanc ou en couleur. Comme nous avons pu en traiter précédemment, chaque oeuvre cinématographique propose sa vision du monde propre et l'impose, outrepassant les cadres de représentation émis par Hollywood. Cependant, de grands traits de la morale s'y retrouvent, constitutifs de la nation américaine et de son idéologie prédominante, capitalisme, établissement sur des terres conquises souvent par la force -dérobées aux Indiens.

Le Western (3) : Une jeune fille orpheline

Ecrit par Yasmina Mahdi le 04 août 2011. dans La une, Cinéma, Société

Le Western (3) : Une jeune fille orpheline

En hommage à Jane Russel (1921/2011)

Serrons dans le cadre, comme dans une prise de vue, le cas particulier de Rio Mac Donald, une jeune fille orpheline, pour en démontrer le caractère typique. En contrechamp de ces femmes blondes, aux yeux clairs, actrices anonymes, tenantes de la vertu, ou pulpeuses vedettes du moment, blondes platine, s'oppose, telles l'ombre et la lumière, une image érotique, fortement indicielle. Le Banni (The Outlaw) [d'H. Hawks et H. Hugues] révéla l'icone brune -la "brune incendiaire"- sous les traits de Rio Mac Donald, interprétée par l'inoubliable Jane Russel.

Le Banni relate les retrouvailles de deux hommes mûrs au Nouveau Mexique, dont l'un est devenu récemment shériff. L'ami venu rejoindre le shériff est un hors-la-loi finissant, qui va recueillir le terrible Billy le Kid, au gran dam du shériff. Rio qui paraissait être la petite amie de ce vieux protecteur va tomber amoureuse de l'éblouissant Billy (Jack Buetel), blessé et couché. Rio vit dans un monde où le groupe contient très peu d'individus (d'où la sobriété du film). Elle va se détacher de ce groupe restreint, où le père est mort, la mère absente, le frère tué, et rejoindre un monde hors-la-loi hyper individualisé. Dans Le Banni, la communauté est défendue contre un individu qui sème la terreur.

Fragile

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 août 2011. dans La une, France, Politique, Cinéma

Fragile

A propos de « la conquête » de Xavier Durringer


Remboursé par la Sécu, le film «  la conquête » ? Et comment ! S'agissant même de débattre de quelle vignette sera porteur le médicament : confort ? Mieux, survie ! En tous cas, on a là - il y en a d'autres, mais pas tant - un filmicament, à se faire prescrire de toute urgence.

Je laisse à ceux dont c'est le métier - les redoutables critiques cinématographiques - le soin (ils l'ont fait) d'évaluer ce film : «  j'aime » dans Télérama ; le bonhomme sourit mais n'est pas dans l'extase ; nombre d'étoiles, là et ailleurs - «  c'est très bon, mais ... », «  un peu décevant, car inabouti ... », «  époustouflant jeu d'acteurs qui nous laisse sans voix, mais tiédit le message... ».

Non, mon propos dans ce petit billet est plus simplement politique ; ce film a le pouvoir de soigner, à l'ancienne, mais sûrement ; il sort au bon moment ; il nous parle de nous, de nos états d'âme de citoyens.

Western (2) : les autres femmes

Ecrit par Yasmina Mahdi le 01 août 2011. dans La une, Cinéma

Western (2) : les autres femmes

Mon fils, ta mère fut une joie et, en vérité, un réconfort pour moi, et j'espère et je te souhaite que, ne serait-ce que pour honorer la mémoire bénie de celle qui t'a mis au monde, tu vivras, selon la parole du Prophète, joyeusement avec l'épouse que tu aimes, toute cette vie de vanité qu'Il t'a accordé de vivre sur cette terre, oui, tous ces jours de vanité, car tel est ton lot dans cette vie que tu vas vivre sur cette terre. Mon fils...

Un lit de ténèbres,

William Styron

 

Essayons-nous, maintenant, à l'indexation de la féminité, à l'écran, dans le western en particulier, avec des personnages féminins secondaires, des figurantes anonymes, des héroïnes au sein d'amitié masculines tracées à coup de serpe. Après les scènes intimistes et les confidences en lieu clos, viennent des scènes tourmentées, de l'action, qui vont réunir les protagonistes du bien, les shérifs et le justicier, quand les femmes sont souvent inertes. Dans cette représentation de la conquête de l'Ouest, les personnages  secondaires apparaissent souvent en fond de plans-séquences.

Le western (1) : Des femmes parmi les hommes

Ecrit par Yasmina Mahdi le 29 juillet 2011. dans La une, Cinéma, Société

Le western (1) : Des femmes parmi les hommes


"Elle avait des cheveux rudes, de vilaines mains et des bottines maculées de boue. Ce sont ces femmes -là qui ont fait ce pays ce qu'il est... ces milliers de femmes inconnues qui ont traversé la prairie, le désert et les montagnes, endurant misères et privations, avec leurs bottines souillées de boue, leur robe de calicot et leurs coiffes. [...] Des coiffes, mais vous êtes fou! Je n'ai jamais porté une coiffe de ma vie. Quant à ma peau, mes mains et mes cheveux, ils faisaient l'admiration de tout le Sud, de la Louisiane au Tennessee, et tous ceux qui sont ici peuvent l'attester. Mes pieds étaient si petits que je faisais faire mes escarpins sur mesure. Rien de remarquable ou de romantique en elles, à part quelques exceptions... Les autres, leur histoire n'a jamais été racontée. Mais elle existe et quand elle aura été écrite vous saurez que c'est la coiffe et non pas le sombrero qui a fait ce pays."

La ruée vers l'Ouest, Edna Ferber

Un néo-burlesque français

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 18 juillet 2011. dans La une, Arts graphiques, Culture, Cinéma

Un néo-burlesque français

 

Allez, imaginons.

Et si les mouvements, les courants, les styles naissaient d'une rencontre ?

Pas seulement de la proximité d'individus entre eux, parlant, jurant, pontifiant en veux-tu en voilà, sauvant enfin l'art et la culture d'une façon particulièrement radicale, écrivant des manifestes à couper au couteau, excluant tous azimuts, nommant leur bébé Roi définitif du Monde.

Mais si, mais si  les styles s'extrayaient dans un secret mieux gardé dont les conséquences, les appartenances, les incorporations et bannissements n'étaient que les traces a posteriori de forces en jeu plus discrètes.

Une rencontre entre les effets des Zeit Geist impalpables, les lames de fond silencieuses de postures sociales, culturelles informulées encore qui lâchent la bride à des endroits divers, dans des cerveaux fumants divers, à une reconnaissance et des alliances  qui ne prendront identité qu'après coup.

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