Reflets des arts : John Boorman, réalisateur aux images inoubliables

Ecrit par Sabine Vaillant le 10 juin 2017. dans La une, Cinéma

Reflets des arts : John Boorman, réalisateur aux images inoubliables

Une longue standing-ovation a accueilli John Boorman ce jeudi 1er juin à l’ouverture de la rétrospective complète que lui consacre La Cinémathèque française. Après avoir remercié le public, le réalisateur britannique s’est livré à un retour sur image en reprenant le contexte de son deuxième film, Le Point de non-retour, chef-d’œuvre, présenté ce soir-là.

John Boorman a souligné combien la présence, la confiance de Lee Marvin conquis par son premier film, ont été déterminantes pour réaliserLePoint de non-retour(*)en toute indépendance. Il a raconté qu’après un entretien à Hollywood, il s’est aperçu que le type qui était assis dans un coin n’était autre qu’un psychiatre ou psychologue. Dans les studios, il était un peu pris pour un fou. Mais a pu compter sur des soutiens.

Le Point de non-retour(Point Blank), 1967, d’après The Hunter de Richard Stark :

Walker vient en aide à son ami Reese qui doit de l’argent à une organisation criminelle, en court-circuitant les transports de fonds par hélicoptère de cette dernière à Alcatraz. L’affaire tourne mal. Reese tue les convoyeurs. S’apercevant que le compte n’y est pas, il abat Walker et s’enfuit avec Lynne, l’épouse de Walker, sa maîtresse. Il en réchappe miraculeusement et quitte cette ancienne prison à la nage.

Rétabli, Walker vit avec l’obsession de se venger et récupérer sa part de butin. Yost, en difficulté avec cette mafia, lui apporte sur un plateau l’adresse de Lynn et Reese. Peine perdue, l’oiseau s’est envolé et Lynne se suicide. C’est avec Chris, la sœur de Lynne, qu’il met la main sur Reese. Ce dernier livre les noms de ses chefs : Carter, Brewster et Fairfax, avant de chuter de sa terrasse. Walker se tourne ensuite vers chacun des hommes de la liste. L’histoire se répétera à Alcatraz où Walker se confrontera à l’inutilité de sa vengeance.

Le Point de non-retour, un policier, thriller superbement mené, avec de très belles images. « Cadrages audacieux. Plongées et contre-plongées qui se multiplient pour apporter une vraie force au propos. Et un montage millimétré, faussement chaotique comme la chronologie du film qui bouscule le spectateur » (**). Avec la célèbre scène de travelling en contre-plongée qui accompagne la cadence sèche des pas de Walker qui claquent.

John Boorman naît en 1933, à Shepperton près des studios londoniens, dans une famille écossaise et néerlandaise. Il est élevé chez les jésuites. Très tôt passionné de cinéma, il devient critique, puis monteur à la télévision en 1955. C’est avec trois épisodes de la série Citizen 63 qu’il acquiert une première notoriété à Bristol. Ils sont suivis un an plus tard de The Newcomers, un documentaire, avant la réalisation de son premier film, Sauve qui peut, 1965.

En une vingtaine de films, John Boorman, rompant avec la tradition de l’école anglaise du documentaire, explore tous les genres cinématographiques, les redéfinissant continuellement. Ses films sont imprégnés d’imaginaire, de rêves, de fantastique, sous-tendus par les mythes, de l’aventure, un sens aigu de la nature et une recherche esthétique.

Visitez l’œuvre de John Boorman, explorateur des genres cinématographiques, en libre plongée à la Cinémathèque française jusqu’au 25 juin 2017.

 

Sabine Vaillant

 

(*) Ressortie en salles de Point Blank, par Park Circus, en version numérique restaurée, à partir du 7 juin 2017

(**)Hélène Lacolomberie, chargée de production web à la Cinémathèque française.

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Sabine Vaillant

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