Histoire

"Vieux Papiers" : Louise Michel et "le Voleur"

Ecrit par Eric Thuillier le 08 octobre 2010. dans La une, Média/Web, Histoire

Au temps des décharges sauvages en bord de route, dont le contenu s’offrait au regard de cyclistes dans mon genre qui ne martyrisent pas trop les pédales, j’ai fait parfois des haltes pour ramasser quelques vieux pots, quelques vieux livres. Ma plus belle trouvaille, cela ne s’invente pas c’est pourquoi j’en fais part dans la série «Vieux papiers», a été celle d’une poignée de journaux publiés dans les années 1880 dont le numéro visible faisait sa une de la nomination du préfet Poubelle dans le département de la Seine.

Ce journal,  «LE VOLEUR», à 130 ans de distance, a quelques parentés avec le nôtre, il déclare en incipit : je compile. Dans son numéro du 29 juin 1883, il rend compte du procès de Louise Michel. Il marque assez nettement, mais sans effet de manche, son opinion négative face aux idées révolutionnaires mais prend la peine de citer très largement des propos qu’il condamne. C’est une leçon pour les journalistes de notre époque qui semblent essentiellement occupés à écouter aux portes, à décocher courageusement des coups de pieds aux gens qui sont à terre, à s’esbaudir (comme dans le Monde la semaine dernière à propos du procès Chirac) de leur merveilleuse audace, bien plus qu’à jouer un rôle de transmetteurs, de médiateurs, de révélateurs.

"Reflets d'un temps révolu". Le Vel d'Hiv : histoires et histoire

Ecrit par Jacques Petit, La Rédaction le 08 octobre 2010. dans Racisme, xénophobie, La une, Histoire, Sports

Le vélodrome d’hiver de Paris a été érigé en 1909 et détruit en 1959.

UN demi-siècle d’existence seulement, et pourtant en ce demi-siècle, les petites histoires et la Grande HISTOIRE du Vel d’Hiv, ont été fort riches.

D’abord, revenons un tout petit peu en arrière : le vélodrome d’Hiver était appelé à avoir une histoire dense dès ses débuts. Au début du XXème siècle, le cyclisme, sous toutes ses formes, devenait un spectacle de masse prisé par les populations citadines.

Dès 1902, Henri Desgranges, un an avant le 1er Tour de France en 1903, dont le départ fut donné à Montgeron devant le café Le Réveil Matin, demande à l’architecte Lambert d’aménager la Galerie des Machines (vestige de l’Exposition Universelle de 1889, situé dans le quartier de Grenelle) pour y créer une piste cycliste inaugurée le 20 Décembre 1903. Le vélodrome connaît rapidement un vif succès.

La ville, les Clampes, la rumeur...

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 octobre 2010. dans La une, Humour, Société, Histoire

La ville, les Clampes, la rumeur...

A la fin du marché si coloré de T. on les voit, s'attardant, affairées, se rapprochant à la façon de certaines grues, à l'arrivée des "petits jours" ; non, elles ne négocient pas quelque fin de cageot (" vous en ferez  bien une compote, de ces pommes ! Et, tiens ! Je vous mets aussi un coing !")…

Elles démarrent, (finissent, en reprennent une cuillère pour la route ?) un ragot. Ici, dans ce Limousin, vert, bleu, gris, - selon le ciel - on dit joliment : "une clampade"…

C'est un mot presque poétique, consacré uniquement aux agissements féminins ; le ragot s'accorde - et, de tous temps - à la lavandière (une langue de laveuse), à la marchande, à la concierge ; tiens, on pourrait se demander si les Juifs, les Rroms ne seraient pas, de bons suspects ? On pourrait peut-être ajouter ça à leur besace déjà chargée, au motif, que "ça" vend et bouge !

La Place du Temps

Ecrit par Jean Le Mosellan le 27 août 2010. dans La une, Société, Histoire

La Place du Temps

Tous les ans, à la même date, la Braderie du Temps se tient avec exactitude sans faux bond Place du Temps, dont l’endroit est connu de tout amateur de brocante de la région messine et bien au-delà. Le nom de la Place vient de la présence d’un immense cadran solaire portant mention « Passant, prends le temps, sinon il te prend ». Ce nom n’existe en fait que dans l’esprit des passants, et de certains commerçants de la petite Rue de la Chèvre, qui donne dans la Place et en repart. On voit en effet dans cette rue des Galeries du Temps ou la Boutique de l’Air du Temps, en attendant sans doute un Salon du Temps, une Buvette du Temps, ou la Palette du Temps, salle d’exposition de peintures.

Quand vous sortez de la Boutique de l’Air du Temps rue de la Chèvre, vous trouvez à quelques pas sur votre droite l’Eglise Notre-Dame qui occupe tout le côté gauche, et dont le parvis pourrait en fait délimiter la Place. Votre cadran donne l’heure quand il fait beau, juste devant sur un grand mur exposé plein sud, mais l’heure vous intéresse moins que l’inscription. Je la lis chaque fois que j’y passe, comme un rappel à l’ordre.

La substance du temps

Ecrit par Jean Le Mosellan le 07 août 2010. dans La une, Religions, Histoire

La substance du temps

L’affirmation des temps nouveaux a toujours été une passion pour ceux qui font l’histoire.  On sait que les temps ont redémarré dans la longue histoire de l’Egypte ancienne avec l’avènement de chaque pharaon. Il en est de même dans la Chine ancienne à l’occasion de chaque couronnement. Mis bout à bout, ces temps constituent l’histoire.

Mais il n’est pas nécessaire de présenter un calendrier pour bousculer l’histoire. C’est ainsi qu’ont fait Alexandre le Grand, César ou Gengis khan. César était un cas limite, n’ayant pas tout à fait régné. Son calendrier n’était en fait qu’une prise de guerre de Rome sur l’Egypte. Et Rome n’avait que lui pour penser à confisquer le temps aux vaincus . Manœuvre décisive pour installer l’Empire dans la durée.

Les révolutions changent par définition les temps. Et les révolutionnaires ont eu leur chronologie, français comme bolcheviks. Les Français ont aboli le calendrier grégorien, à cause du pape, qui réglait depuis le XVIe siècle le cours du temps. Les Bolcheviks ont fait de même avec le leur, plus ancien, le calendrier julien, sans doute à cause de César, antithèse de la dictature du prolétariat.

 

Foot : province française et désert parisien ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 07 août 2010. dans La une, Histoire, Sports

Foot : province française et désert parisien ?

Petite note introductive : mon titre – « Province française… » – est évidemment une allusion indirecte au célèbre livre du géographe français Jean-François Gravier, paru en 1947, et réédité de nombreuses fois : « Paris et le désert français ». Cet ouvrage montrait le gigantisme de la capitale à la tête de l’espace hexagonal, à la grande différence de la plupart des autres grands pays européens.

Tout(e) amateur(trice) de football, même le(la) moins éclairé(e), sait que le Paris-Saint-Germain (créé en août 1970) représente un cas assez unique par rapport aux grandes capitales « footeuses » européennes et aussi par rapport au comportement de l’essentiel de la Province française à son égard.

Un cas unique parce que, depuis le passage dans l’ombre du Racing Club de France et du Red Star, il n’y a plus qu’un seul grand club de football parisien. Et encore… ! Il ne porte même pas, symbole parmi les symboles, la seule mention de la ville capitale dans son nom ! Est-il vraiment considéré par tous comme l’équipe de Paris ?

Le Roman de l'Histoire

Ecrit par Pierre Pachet le 02 août 2010. dans La une, Histoire, Littérature

L’écrivain peut faire résonner ces voix qu’on n’a pas entendues, mais il est comptable de l’usage qu’il fait du passé

Si quelque chose me dispose à réfléchir à partir de la polémique suscitée par le roman de Yannick Haenel, Jan Karski (Gallimard, 2009), c’est que lorsque j’ai éprouvé le désir urgent d’écrire sur quelqu’un que j’avais de si près tenu, et dont je m’étais senti proche, mon père décédé, je n’ai pu le faire qu’en recourant à des moyens caractéristiques de la fiction : supposer qu’il parlait de sa vie et que je l’enregistrais, qu’il me dictait un récit, que sa parole se poursuivait alors même qu’il sentait ses moyens intellectuels lui échapper.

Les Plages et les Dunes

Ecrit par Jean Le Mosellan le 02 août 2010. dans La une, Religions, Histoire

Les Plages et les Dunes

Que vous soyez allongé, marchant ou courant sur le sable des plages, à cause du rythme des vagues, ou dans le désert plus ou moins émerveillé par l’alternance primordiale du jour et de la nuit, vous pensez inévitablement à l’écoulement du temps. Vous faites de la métaphysique comme Mr Jourdain de la prose sans le savoir.

Peut-être que vous n’irez pas aussi loin que nos premiers arpenteurs du temps. Ceux qui ont fait les calendriers assyro-babylonien, égyptien, juif ou chinois. A l’origine, c’était une affaire de rythme. Car la vie est faite de rythme. Lequel est en vous. C’est ainsi, vous en êtes convaincu sur les plages ou dans les dunes, que fonctionnent votre coeur et vos poumons. Le rythme est aussi en dehors de vous, rythme du jour et de la nuit, rythme des saisons.

Avant vous, le problème intéressait les astronomes, qui n’ont jamais cessé d’interroger le ciel. Dès le départ il nous fallait mesurer le temps et représenter l’espace. Calendrier et cosmologie allant de pair. Mais de fil en aiguille les astronomes se font doubler par les astrophysiciens, ceux-ci s’étant emparés de la métaphysique dans le mouvement. Un peu comme vous à la plage ou dans le désert.

Une lecture de Schlomo Sand

Ecrit par Jean-François Vincent le 21 juillet 2010. dans Religions, Histoire

Une lecture de Schlomo Sand

L’expulsion du divin de l’histoire d’Israël, ou la convergence paradoxale du sionisme et de l’antisionisme

Le livre de Shlomo Sand « Comment le peuple juif fut inventé » est un ouvrage érudit et brillant. L’ennemi qu’il traque, sans relâche, d’un bout à l’autre de son essai, est le sionisme, qu’il assimile aux nationalismes racialistes qui se sont développés au XIXème siècle.

Une fine analyse lexicologique esquisse le glissement du mot « peuple » dans les différentes langues, dont l’hébreu, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. D’où il ressort qu’au début,   le terme –  des plus vagues – désigne n’importe quel  groupe  humain : «  du « peuple d’Israël », de l’époque où la  Bible fut écrite,  jusqu’au « peuple de Dieu » de l’Europe  médiévale, « peuple » s’applique sans beaucoup  de rigueur à des  groupes humains  « dont l’identité est loin d’être stable », voire  carrément   « insaisissable ».

La Bible ne serait qu'une métaphore

Ecrit par Jean Le Mosellan le 17 juillet 2010. dans Religions, Histoire

La Bible ne serait qu'une métaphore

L’Etat d’Israël est assez démocratique pour ne pas censurer des livres à succès qui portent gravement atteinte à son identité. Premier ouvrage de cette lame de fond, pas l’ampleur d’un tsunami mais de quoi contenter déjà beaucoup de surfeurs qui se satisfont par nature du  superficiel, La Bible dévoilée de Finkelstein et Silberman a aspiré dans ses remous Comment le Peuple juif fut inventé de Shlomo Sand, écrit en hébreu.

Bible dévoilée ? Pas du tout. Ce n’est pas ce qu’annonce a priori son titre original en anglais de New-York The Bible Unearthed. Littéralement La Bible déterrée. De déterrée on passe facilement à exhumée. Pour être exhumée il fallait au préalable être enterrée. Ensevelie donc. C’est une supposition nécessaire au dévoilement. Si on n’est pas pamphlétaire, on dirait révélation. Sans arrière-pensée d’enterrement.

 

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