Racines d'actu : Sociétés ouvertes et sociétés fermées

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 25 mars 2017. dans Auteurs, La une, Histoire

Racines d'actu : Sociétés ouvertes et sociétés fermées

Même si la campagne électorale française actuelle – pour les mois d’avril à juin 2017 (présidentielles, puis législatives) – est « polluée » par les affaires du Pénélopegate et le Fillongate, un élément central nouveau ressort lorsqu’on s’intéresse à ce que disent les principaux candidats à la magistrature suprême en rapport direct avec leurs programmes, qui, malheureusement, passent trop au second plan par rapport aux Affaires Fillon et Marine Le Pen. Il s’agit de savoir, comme ce fut le cas lors des dernières présidentielles américaines – qui aboutirent à la victoire (mais pas au niveau du suffrage universel) de Donald Trump – si nous allons nous diriger vers une société ouverte ou fermée. Je voudrais donc en profiter, avant de revenir en fin d’article sur le cas français actuel, pour faire un rappel historique de ce que furent, depuis l’Antiquité gréco-romaine et jusqu’à nos jours, en prenant des exemples clés, les grandes oppositions entre ces deux types de sociétés fondées soit sur l’ouverture soit sur la fermeture.

Dans la Grèce antique, Athènes devint progressivement une société démocratique ouverte, malgré l’exclusion de la citoyenneté des étrangers (les « métèques »), quoiqu’ayant certains droits, et surtout des esclaves de l’Attique ; une cité d’Athènes, ouverte également sur la mer, surtout à partir de Thémistocle (v. 524-459 av. J.-C.), qui lança l’idée d’une grande flotte athénienne plus celle de la construction des Longs Murs entre la ville et son port du Pirée, et de la création de la Ligue de Délos (à partir de 477 av. J.-C.). Face au système athénien, on avait Sparte, une société aristocratique fermée, particulièrement autoritaire, attachant peu d’importance à une flotte et totalement repliée sur les terres du Péloponnèse. Pour l’Empire romain, il y eut aussi une volonté progressive d’ouverture, qui déboucha sur l’édit de l’empereur Caracalla en 212, également appelé constitution antonine, et qui accorda, dès cette date, la citoyenneté romaine à tout homme libre de l’empire qui ne l’avait pas encore ; de plus, lors du Bas-Empire, pour se protéger des invasions des Huns, Rome sut s’ouvrir aux « migrants » d’origine germanique au niveau de la défense du Limes en échange de terres. Au Moyen-Âge, dans le cadre de l’Europe occidentale, l’opposition entre les cités-Etats des républiques maritimes italiennes (Amalfi, Pise, Florence, Venise, Gênes, etc.) et la constitution parallèle de monarchies féodales bien plus refermées sur elles-mêmes et des bases terrestres fut l’une des principales caractéristiques des XIIe-XIVe siècles, notamment en France et en Angleterre. Il est intéressant d’ajouter un mot sur la Russie à l’époque médiévale : en fait, jusqu’au règne de Pierre Ier le Grand (plus connu sous le nom de Pierre le Grand) – et sur lequel je reviendrai – l’État russe était essentiellement continental, enfermé dans une sorte de bloc terrestre européen et asiatique. Je n’évoquerai pas ici le cas du monde musulman et de son expansion puisque j’ai écrit dès mon introduction que j’allais me concentrer sur l’Europe (au sens large de cette notion) et les États-Unis. Il en sera de même en ce qui concerne la Chine et plus généralement les pays asiatiques.

Si l’on s’intéresse maintenant à l’époque moderne, puis contemporaine, on retrouva bien entendu cette opposition entre sociétés ouvertes et sociétés fermées. Pour les premières, avec d’abord l’Espagne et le Portugal : pensons aux Grandes Découvertes de la fin du XVe siècle et du début du XVIe ; puis la Grande-Bretagne et la France, surtout à partir des XVIIe-XVIIIe siècles, à l’assaut des mers et des océans. Pour la Russie et en revenir ainsi à Pierre le Grand (tsar entre 1682 et 1725), malgré sa volonté d’ouverture sur l’Occident et de modernisation de son pays, avec la construction d’une flotte et de la ville nouvelle de Saint-Pétersbourg (ouverte sur les rives de la Mer Baltique), ce pays-continent demeura assez largement par la suite une société fermée, malgré le rêve de la tsarine Catherine II (qui régna entre 1729 et 1796) d’accès aux « mers chaudes », c’est-à-dire à la Méditerranée, en partant de la Mer Noire. Avec la première révolution industrielle de la fin du XVIIIe siècle et des débuts du XIXe, plus le grand mouvement de la Colonisation, l’Europe occidentale s’ouvrit davantage encore sur le monde, dont elle organisa assez largement l’exploitation économique. Ce fut alors l’origine véritable de la « mondialisation ». Remarquons que pendant ce temps-là, le monde musulman ne connut pas l’équivalent de la révolution industrielle et subit la Colonisation. Quant à la Chine, elle demeura L’Empire du Milieu, un pays ouvert sur lui-même par ses aspects créatifs et fermé à l’expansion sur les océans.

Au XXe siècle – et la géopolitique qui naquit dès ses premières décennies s’en fit l’écho – la Grande-Bretagne et la France (essentiellement) ne furent plus les seules à s’élancer vers la domination maritime et l’ouverture sur le monde. Les États-Unis, sans pour autant se livrer à une véritable colonisation au sens français et même anglais du terme, partirent à leur tour à l’assaut de la grande aventure sur les océans et les mers. Progressivement, ils exercèrent en effet ce qu’un géopoliticien appela un « Sea Power », avec de plus l’essor des grandes sociétés américaines qui devinrent par étapes des multinationales, puis des transnationales (depuis quelques décennies). Là, nous voici arrivés au cœur de la « mondialisation ultra-libérale », puis « néo-libérale », dans le cadre de la globalisation. Remarquons qu’à ce niveau l’Europe occidentale et les États-Unis correspondaient politiquement à des systèmes fondés sur la démocratie politique représentative (suffrage universel, etc.). Parallèlement, la naissance de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, à partir de 1922, après les événements du mois de février 1917, puis du coup d’État bolchevik d’octobre de la même année, aboutit à la tentative de mise en place d’un système de type différent de celui du capitalisme libéral qui fut nommé « communiste » ou plutôt « socialisme existant ». Et, à ce niveau, on put constater un vrai paradoxe : alors que l’URSS prêchait, dans le cadre de la IIIème Internationale (créée à Moscou déjà en mars 1919), une autre forme d’ouverture (un universalisme) au monde par l’intermédiaire de la révolution prolétarienne mondiale, très rapidement la « révolution dans un seul pays » de Staline (qui s’imposa entre 1924 et 1927, Lénine étant mort en 1924) finit de transformer la Russie, puis son empire terrestre périphérique conquis après 1945 (en Europe de l’Est, du Centre et en partie du Nord), en une société complètement fermée, dans le cadre d’une dictature totalitaire. A ce niveau, il est fort intéressant de constater à quel point on pourrait comparer – d’une certaine façon – d’un côté les pays occidentaux ouverts sur les mers avec l’Athènes démocratique ouverte de l’Antiquité et de l’autre l’ancienne Union des Républiques Socialistes Soviétiques, puis la Fédération de Russie de Vladimir Poutine, quasiment fermées sur leurs frontières terrestres, à Sparte. Une nuance de taille toutefois à propos de la Russie poutinienne : le chef russe tente actuellement d’accéder à nouveau avec vigueur aux « mers chaudes », ce qui explique en partie sa politique en Syrie et son soutien au régime de Bachar El-Assad, ceci dans le but d’élargir le contrôle de son pays sur la base militaire de Lattaquié et le port essentiellement commercial de Tartous.

Pour conclure cette chronique, je dirai que vers la fin de la seconde décennie du XXIe siècle, nous voici donc à un « carrefour de civilisation » (Edgar Morin). En effet, soit une partie de plus en plus grande des populations, par peurs (terrorisme islamiste, insécurité, chômage, etc.), exigera que l’on ferme les frontières, que l’on monte des « murs » (à la Donald Trump), et ce sera l’essor du nationalisme économique, puis des nationalismes tout court, soit, après la phase de montée actuelle du populisme de droite extrême, les interdépendances économiques actuelles ramèneront la plus grande partie de l’humanité vers des conceptions plus ouvertes, aussi bien pour la circulation des marchandises (avec des régulations) qu’en ce qui concerne celles des idées et des hommes. Cette question fondamentale est bien sûr posée pour les élections françaises de 2017 et il est évident qu’un second tour des présidentielles qui opposerait Emmanuel Macron à Marine Le Pen (si Macron se qualifie) structurerait d’une manière absolue l’opposition entre ces deux nouveaux « camps » transcendant les clivages traditionnels entre les gauches d’un côté et les droites de l’autre. A mon avis, dans cette campagne électorale folle, c’est ce qui pourrait – malgré tout – la rendre claire, en redonnant des repères politiques nouveaux et simples à nos concitoyens. Certains pourraient penser qu’il y aurait d’autres solutions : une social-démocratie radicalisée ou un socialisme radical dans un seul pays. Pourtant, et pour des raisons multiples, et avant tout le fait que nous allons être amenés à nous voir de plus en plus comme des « Terriens », cette conception radicale apparaît-elle vraiment adaptée aux prochaines décennies du XXIe siècle… ?

 

La Cité grecque,  Gustave Glotz, Albin Michel, 1968, 480 p.

L’Empire romain, Pierre Grimal, Le Livre de Poche, 1993, 224 p.

Histoire de l’Italie Des origines à nos jours, Pierre Milza, Fayard/Pluriel, 2013, 1104 p.

La Monarchie féodale en France et en Angleterre, Charles Petit-Dutaillis, Albin Michel, réédition 2014, 480 p.

Explorateurs et grandes découvertes, Brigitte Balmes, Éd. Milan, 2014, 45 p.

Pierre Le Grand, Le premier empereur de toutes les Russies, Francine-Dominique Liechtenhan, Taillandier, 2015, 688 p.

La Révolution industrielle 1780-1880, Jean-Pierre Rioux, Points, 2015, 288 p.

Colonisation et décolonisation (XVIe-XXe siècle), Phan Bernard, PUF, 2009, 256 p.

Histoire des États-Unis d’Amérique, Encyclopaedia Universalis, Les Grands Articles, Encyclopaedia Universalis, 2015, 91 p.

Histoire de l’URSS, Sabine Dullin, La Découverte, réédition 2009, 128 p.

Poutine, l’itinéraire secret, Vladimir Fédorovski , Le Livre de Poche, 2015, 264 p.

Populismes, l’envers de la démocratie, Marie-Claude Esposito, Alain Laquièze, Éditions Vendémiaire, 2012, 288 p.

A propos de l'auteur

Jean-Luc Lamouché

Jean-Luc Lamouché

Rédacteur

 

Professeur d'Histoire

Auteur d'ouvrages sur Tulle et la Corrèze

Rédacteur à "Tutti-magazine - La musique à voir et à entendre"

 

Commentaires (5)

  • Marie jose coulon

    Marie jose coulon

    29 mars 2017 à 14:16 |
    Cher Jean-Luc ,

    Merci beaucoup pour le partage de votre réflexion ....
    Comme vous , je pense que tout est interrogation à ce moment ..dans cette campagne "folle" au grand désarroi d'un grand nombre.. Tout est possible .. la confusion comme entretenue sur nos réseaux.. télévision et autres . n'aide pas . Cependant je garde confiance .. les "Terriens" -humour- que nous sommes saurons raison gardée .. au moins espérons .

    Merci encore cher Jean-Luc , bon après midi . Bien sincèrement .

    Répondre

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    25 mars 2017 à 13:53 |
    Le critère d’ « ouverture » ou de « fermeture » d’un pays est éminemment pertinent de nos jours. Substituer cette polarité à celle – obselète ? – droite/gauche paraît tentant : le second tour de la présidentielle française verra s’affronter – les deux partis de gouvernement ayant été balayés dès le premier tour - une extrême droite et un centre gauche en rupture de banc avec les formations classiques ; idem pour la présidentielle autrichienne qui s’est résumée à un face à face entre un écologiste et le champion du « parti de la liberté », avatar certes modernisé, mais à peine dissimulé, de feu le NSDAP.
    D’un point de vue historique, toutefois, le choses sont moins simples. Opposer le « libéralisme » athénien à l’autoritarisme spartiate rend mal compte de l’ethnocentrisme hellénique : les « métèques » étaient des Grecs d’autres cités, mais des Grecs avant tout ; les non Grecs (les Perses par exemple) se voyant ravalés au statut infra humain de « barbaroi », barbares par les mœurs, mais surtout ne possédant pas ce qui fait le propre de l’homme, la parole, le logos : « barbaros » a une origine onomatopéique et désigne les borborygmes incompréhensibles des non hellénophones. Les Grecs de l’antiquité, avant la conquète d’Alexandre, étaient « fermés » aux autres peuples. Les monarchies hellénistiques inverseront – mais en hellénisant l’orient - la tendance….
    De même – à une tout autre époque, dans les années trente - tout le monde pratiquait la fermeture, quelle que soit la couleur politique des gouvernements en place : régime d’autarcie tant nazi que soviétique et sévère protectionisme rooseveltien.
    La particularité de notre temps tient à ce que nous sommes en train de sortir d’une pensée dominante – pensée unique diraient certains - libre échangiste, à la fois sur le plan économique (dérégulation du droit social, abolition des frontières douanières) et sur le plan sociétal (mixité/métissage tant ethnique que sociologique). Les « souverainistes » (concept issu de l’indépendantisme québecquois), pendant longtemps, ont mené un combat d’arrière garde ; maintenant la conjoncture a changé : l’OCDE préconise des politiques moins restrictives, moins axées sur l’offre et davantage sur la demande. Les Américains avec Trump (mais ce serait le cas même sans lui) renoue avec le protectionnisme et les « brexiteers » britanniques – bien qu’ils s’en défendent – font de même.
    Bref, partout l’on commence à fermer…et à réarmer ! Jacques Attali compare – d’un point de vue économique et non politique – la configuration actuelle à celle de 1937.
    Les souverainistes ont donc le vent en poupe, le score prévisible - et sans précédent - de l’extrême droite en France (27%) en témoigne. Ce sont désormais les libre échangistes ( de droite ou de gauche) qui subissent et essayent de résister. Leur principal atout se situe dans la xénophobie de leurs adversaires qui fonctionne – encore, mais pour combien de temps ?- comme un repoussoir (le fameux plafond de verre). Mais le barrage se craquèle.
    Oui, ouverture vs fermeture, je vous suis tout à fait, annonce les luttes politiques à venir ; mais prenons gare, car les portes sont déjà en train de se fermer…

    Répondre

    • Jean-Luc Lamouché

      Jean-Luc Lamouché

      26 mars 2017 à 16:48 |
      Bien d'accord avec vous sur de nombreux points d'Histoire, JFV. Cela dit, lorsque vous dîtes que les Grecs de l'Antiquité n'étaient pas ouverts et même "fermés"... "aux autres peuples", vous oubliez l'immense mouvement de colonisation qui essaima - "tel un essai d'abeilles" - de la Mer Égée à la Méditerranée occidentale et jusqu'à la Mer Noire (le Pont-Euxin). Il s'agissait certes de cités grecques, mais elles connurent des mélanges d'influences avec certains peuples locaux. Prenons deux exemples : celui des Grecs de Massalia (Marseille), qui eurent une expansion de type colonial jusqu'en Espagne et vers le nord de la "Gaule" le long de la vallée du Rhône, et celui des cités grecques de Sicile (la Grande-Grèce), qui connurent des sortes de syncrétismes historiques (relatifs, il est vrai) avec les populations locales du vieux fond des Sicules. Un autre point important, concernant les Etats-Unis : la période rooseveltienne du "New Deal" ne peut pas vraiment être considérée comme une fermeture, mais seulement à situer en fonction d'un contexte très particulier qui nécessitait de "redistribuer les cartes" socialement à l'intérieur des Etats-Unis ; une politique du Parti Démocrate, de type keynésienne, sans doute la plus à gauche de toute l'histoire de cette nation, et qui était due à une situation exceptionnelle : les conséquences de la "Grande Dépression", qui avait commencé en Octobre 1929. Reconnaissez que cette politique n'avait rien à voir avec l'isolationnisme traditionnel de "L'America First" du Parti Républicain. D'ailleurs, après 1945, l'ouverture de l'Amérique sur le monde fut totale. Enfin, c'est bien parce qu'une tendance importance à la fermeture se fait jour - depuis déjà un bon nombre d'années - que les forces d'ouverture, et pas seulement économiques, doivent faire face et s'organiser. Je pense que vous vous trompez si vous pensez que les populistes ont gagné. Ils avancent actuellement, c'est vrai, mais, à terme, les interdépendances économiques mondiales - à condition que l'on y ajoute de la régulation au niveau du capitalisme et de la globalisation inclusive (par rapport aux exclus) - entraîneront bien évidemment un retour de balancier, comme souvent dans l'Histoire. Relisez, ou lisez, "Terre Patrie" d'Edgar Morin (notamment), et je pense que vous serez bousculé dans vos certitudes ou inquiétudes. Pour ce qui concerne la dernière phrase de votre commentaire, je crois qu'il m'est inutile de développer la façon dont je la ressens historiquement, puisqu'en fait j'y ai répondu dans ce que je viens d'écrire...

      Répondre

      • Jean-François Vincent

        Jean-François Vincent

        26 mars 2017 à 18:08 |
        La conquête d’Alexandre marque une inversion complète des rapports des Grecs avec l’Autre, le non Grec : d’un complexe de supériorité absolu assorti d’une fermeture intellectuelle des plus étanche (la colonisation, l’« essaimage » dont vous parlez était – précisément ! – une conquète, au sens le plus impérialiste - et donc le moins « ouvert » - du terme), les Hellènes en vinrent à contracter un complexe d’infériorité non moins absolu, accompagné d’une ouverture à tout va à tout ce qui est étrange/étranger. Le néoplatonisme, en particulier, se réclame au moins autant des oracles chadaïques ou des mystères égyptiens (cf.Jamblique) que du maître, Platon himself ! De barbares ignares et flagorneurs (les Macédoniens – citoyens libres - refusèrent de se prosterner devant Alexandre affublé du diadème du roi des rois Perse), les inférieurs d’antan étaient devenus les dépositaires d’une sagesse plus ancienne et plus profonde que celle de Grecs…à condition toutefois de s’exprimer dans leur langue !
        Concernant Roosevelt, il existe, comme vous le savez, un lien direct entre keynésianisme et protectionnisme : des économistes comme Roy Harrod et surtout Colin Clark défendirent l’idée que la relance du marché intérieur par la consommation des ménages serait inopérante si elle ne s’accompagnait d’une diminution corrélative des importations. D’où des campagnes de « préférence nationale » en matière commerciale…

        Répondre

        • Jean-Luc Lamouché

          Jean-Luc Lamouché

          26 mars 2017 à 23:36 |
          Mais, JFV, la "conquête" peut - et il en va même ainsi dans de nombreux cas - correspondre à une ouverture (avant tout commerciale). Cela se produisit autant pour les cités grecques antiques à l'époque de la colonisation qu'à celle du "Sea power" américain. Tout géopoliticien sait cela, au moins depuis John Mackinder, son père fondateur. Quant à la période de Roosevelt, ce ne fut absolument pas une fermeture, mais une ouverture intérieure ; je répète que vous la confondez avec le fameux thème (que l'on retrouve aujourd'hui chez Donald Trump) spécifique au Parti Républicain de "America First". Vous savez bien que la situation des Etats-Unis entre 1932 et 1941 était alors exceptionnelle, tandis que vous la présentez comme une généralité. Le Parti Démocrate n'a quasiment jamais été isolationniste. Il n'est qu'à voir, à ce sujet, ce que fut l'attitude du président Wilson, puis celle de Roosevelt (justement) - à partir de l'attaque japonaise contre Pearl Harbor le 7 décembre 1941... C'est curieux que vous assimiliez conquête à fermeture... Enfin, et en forçant le trait, je trouve que c'est très surprenant de voir que vous fassiez - d'une certaine façon - de la période du "New Deal", en parlant de "préférence nationale", et malgré les guillemets, une sorte d'annonce indirecte du programme actuel du Front National...

          Répondre

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.