Les chemins des Petauton… quelques pistes (2)

Ecrit par Patrick Petauton le 04 mars 2017. dans La une, Souvenirs, Histoire

Les chemins des Petauton… quelques pistes (2)

Origines géographiques et mouvements

On peut distinguer deux zones : ancienne et récente

Ancienne

Bien qu’ils furent assez disséminés dans l’Allier et le Puy-de-Dôme (on en retrouve des traces jusqu’aux confins de la Montagne Bourbonnaise et jusqu’à Riom pour le Puy-de-Dôme), une zone où les Petauton furent plus nombreux apparaît cependant. Elle concerne un territoire de l’Allier et du Puy-de-Dôme allant en ligne droite et sur une distance de 40 km de Saint- Agoulin (63) à Hyds (03), la largeur n’excède pas 10 km.

Les principaux villages où on retrouve trace de la famille sont :

St Agoulin (63) : Quintien Petauton décédé avant 1750.

St Hilaire la croix(63).

Moureuille (63) : Magdelet Petauton témoin d’un mariage en 1757.

Hyds (03) : y fut présent le plus lointain ancêtre connu Gilbert Petauton décédé en 1666.

La chronologie d’occupation de cette zone probablement assez ancienne n’a pas pu être établie.

Récente (Montluçon)

Elle est la conséquence d’un mouvement migratoire partant de Hyds vers la fin du 18ème siècle et qui se termine sur le bassin montluçonnais.

Les lieux concernés sont par ordre chronologique :

Hyds : François Petauton, laboureur, né à Hyds en 1690, et meurt à Arpheuilles en 1748.

Arpheuilles : simple étape. François Petauton y travaille (Château de la Mothe).

Villebret : François frère d’Antoine et fils de François d’Arpheuilles s’y installera à la fin du XVIIIe siècle.

Saint-Genest : lieu important. Antoine (1738-1782) y aura dix enfants. Jean Petauton partira à Lignerolles et fondera une famille, alors que François prendra la direction de Montluçon (certains de ses descendants occuperont les villages de Saint-Victor et Vernay) et les autres fils resteront sur Saint-Genest.

Lignerolles : premier Petauton dans le village, Jean, fils d’Antoine de Saint-Genest y meurt à 32 ans en 1792, plusieurs générations succéderont et Mireille Schurch Petauton y habite toujours. De Lignerolles, partiront à la fin du 19ème siècle Antoine et son cousin André attirés par l’influence de la ville de Montluçon en plein essor industriel.

Montluçon : on peut considérer que tous les Petauton ayant vécu dans cette ville sont des descendants d’Antoine, de Saint-Genest, arrivés directement ou plus tardivement en ayant transité par Lignerolles.

Migration vers la Bretagne

Le bassin montluçonnais ne sera pas la fin du voyage, Antoine Léon (1831-1892), arrière-petit-fils d’Antoine de Saint-Genest (1738-1782) deviendra commerçant et partira vers Saint-Brieuc, où il épousera Louise Eleonore Maheut, d’origine bretonne, en 1861. Autrefois présents sur deux départements (Cotes d’Armor, Morbihan), les Petauton ne sont plus retrouvés aujourd’hui en Bretagne.

Certains partirent pour Paris.

Paris et Île-de-France

C’est actuellement la région de France où on recense le plus grand nombre de Petauton (Yvelines), beaucoup sont d’origine bretonne et d’autres ont dû venir du Bourbonnais.

Migrations lointaines

Une Madeleine Petauton a été signalée au début du 20ème siècle sur les fiches d’immigration concernant les USA.

Jean Petauton, né en 1833 à Montluçon, arrière-petit-fils de François, partira en Algérie, on le retrouve à Oran puis à Batna où il est administrateur.

Installé récemment à Los Angeles et natif de Montluçon, Dominique Petauton exerce la profession de proviseur au lycée Français.

A la conquête de la ville (Montluçon)

Les Petauton arriveront sur la ville en deux vagues successives, à deux périodes distinctes.

Première vague : Fin du XVIII Siècle

Construit autour d’une ancienne commanderie templière disparue depuis longtemps et portant le nom bucolique de Saint Jean d'Entre les Vignes, l’actuel quartier de Saint-Jean, aux portes de la ville, se limite à l’époque à cinq maisons, il est mentionné dans le cadastre de 1811 comme un village.

C’est en ces lieux que s’installera François, venu de Saint-Genest. Ce n’est certes pas le goût de l’aventure qui le pousse à quitter son village natal mais une réalité plus prosaïque : fils d’Antoine (1738-1782), il est le frère de neuf enfants et la maigre terre familiale ne suffit plus. Que fera-t-il dans ce hameau ? Simplement ce qu’il sait faire le mieux, cultiver la vigne tout comme ses ancêtres. Astucieux, François cumulera deux activités complémentaires : vigneron et cabaretier.

En 1798, il épouse Anne Verrier, originaire de Saint-Victor, raison pour laquelle on retrouvait encore des Petauton dans ce village il n’y a pas si longtemps. Ils auront six fils : Michel, Louis Auguste, Gilbert, Claude, Philibert et Laurent qui continueront les mêmes activités. François reprendra le débit de boissons. Le patriarche laissera l’exploitation viticole à ses fils, on le retrouve à Nerdre, proche hameau appartenant à l’époque à la commune de Néris-les-Bains, c’est ici qu’il décédera.

Les enfants et petits-enfants choisiront des professions plus citadines : aubergiste, cantonnier, employé à l’octroi et plus tard mécanicien, manœuvre, et même comptable. L’exploitation familiale ne sera pas reprise, il est vrai que le phylloxera apparu en 1886 décimera rapidement le vignoble montluçonnais.

Fils de Claude et de Marie Aumaitre, Antoine Léon deviendra commerçant et partira vers la Bretagne, il épousera Louise Eleonore Meheut en 1861 à Saint-Brieuc (22). Il est à l’origine de la branche bretonne de la famille.

Deuxième vague : Fin du XIXe siècle

Cela fait près d’un siècle que les Petauton sont installés dans le bourg de Lignerolles, depuis le jour où Jean, fils d’Antoine de Saint-Genest (1738-1782), a débarqué dans ce village alors que son frère François prenait la direction de Montluçon. Trois générations se sont succédé ; tous ont cultivé la vigne dans les ravins du Cher, et attachés à leur terre n’ont rien changé à leurs habitudes.

Pourquoi Antoine, fils d’Augustin, et son cousin germain André, décident-ils de rejoindre la ville ? Certainement pas pour y exercer des activités agricoles comme leur lointain cousin François. Les temps ont changé, les motivations professionnelles aussi. Bénéficiant de la construction récente du canal de Berry, la cité montluçonnaise s’est transformée, plusieurs usines s’y sont installées avec succès et de nombreux paysans désertent les campagnes, dans l’espoir bien souvent déçu d’y trouver un travail moins pénible et mieux rémunéré. Pour Antoine et son cousin, l’avenir passe par la grande ville, ne dit-on pas qu’on peut y faire fortune ?

Antoine, mon arrière-grand-père y sera journalier puis raboteur aux usines Chatillon Commentry (Saint-Jacques). Sans doute déçu et profondément révolté par les conditions de travail harassantes et intolérables de l’époque, il deviendra l’ami de Jean Dormoy (qu’on écrivait aussi Dormois), l’inventeur du Premier Mai, adhérera au récent Parti Ouvrier Français et participera très activement à de nombreuses actions. On retrouve sa trace au seizième congres du POF à Montluçon en 1898 où il est délégué. Le 3 Janvier 1876, il épouse Rose Godignon née à Meaulne, deux fils naîtront : Auguste en 1877 et Antoine Marx en 1889. Six mois plus tôt, Jean Dormoy avait prénommé son fils René Marx (le futur Marx Dormoy) ; on peut penser avec justesse qu’il y eut une concertation évidente entre les deux hommes. Ils furent du reste les deux seuls enfants à porter ce prénom à Montluçon à cette époque. André, quant à lui, fut journalier.

Les Petauton de Lignerolles laissèrent peu de traces sur la ville car Antoine Marx plus connu sous le prénom de Henry retourna à Lignerolles où il mourut. Mon père André revint à Montluçon cependant pour y exercer le métier d’artisan plâtrier-peintre.

 

A suivre…

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