Anatomie des gauches

Ecrit par Jean-François Vincent le 20 octobre 2012. dans La une, France, Politique, Culture, Histoire

Les gauches françaises, Jacques Julliard, Paris, Flammarion, 2012

Anatomie des gauches

La parution d’un nouveau livre de Jacques Julliard éveille a priori chez moi la méfiance : j’ai trop en mémoire ses habitudes bistrotières sur la chaine LCI, où il devisait avec son compère, Luc Ferry, sur le mouvement des idées, dans le cadre d’une sorte de café philo de médiocre tenue…

Mais, en l’occurrence, nous sommes en présence d’une véritable somme, de facture universitaire, avec notes de bas de pages, bibliographie détaillée, et – chose rare dans les mœurs intellectuelles françaises ! – index. Chaque chapitre est, en outre, accompagné de portraits croisés de personnalités, dont certains ont le trait fulgurant. Ainsi la description de Mendès France comme « une réincarnation des prophètes d’Israël, avec peut-être une préférence pour Jérémie et un recul instinctif à l’égard des compromissions qu’exige la conservation de ce même pouvoir ».

Julliard brosse une typologie des gauches. Il en distingue quatre dans un ordre chronologique. Tout d’abord la gauche libérale. Précieux rappel de ce que signifiait, à l’origine, le mot : libéralisme politique par opposition à l’absolutisme monarchique, celui du siècle des Lumières, de l’indépendance américaine et de la première révolution française (celle de Mirabeau). En anglais, Liberal veut dire tout bêtement « de gauche ». C’est en France qu’à partir des années 80, le terme fut indissolublement lié à l’école de Chicago – partisante d’un retour à un monétarisme strict – et donc à la droite reaganienne ou thatchérienne. Il est vrai que le principal penseur de cette gauche libérale, Tocqueville, avait été depuis longtemps – cf. Raymond Aron – récupéré par la pensée antimarxiste. Julliard, d’ailleurs, décrit avec sagacité le basculement du libéralisme de la gauche vers la droite : « c’est à mi-siècle que s’opère une inversion des valeurs : en schématisant et sous réserve de nombreuses exceptions, la gauche, de libérale et individualiste qu’elle était depuis la Révolution, devient sociale et collectiviste, tandis que la droite parcourt le chemin inverse : d’organiciste qu’elle était sous l’Ancien Régime, elle tend à devenir libérale et même individualiste ». Ce n’est pas le seul renversement de ce genre : le nationalisme, propriété des jacobins sous la révolution, deviendra l’étendard de la droite monarchique (bonapartiste et légitimiste) à la fin du XIXème siècle.

Ceci nous amène tout naturellement à la gauche jacobine, la deuxième apparue historiquement. Sa caractéristique principale est de se définir par rapport à la religion, au point de se nimber elle-même de religiosité et de déteindre sur les autres gauches : « la gauche toute entière », dit Julliard, « prend sa source dans l’esprit religieux, comme si, en prétendant le combattre, elle n’avait fait que se substituer à lui ». La haine anticatholique des Montagnards aboutira tout naturellement à l’anticléricalisme de la IIIème république : « si longtemps le catholicisme fut la religion de la majorité des Français, comme le proclame le concordat de 1801, l’agnosticisme et l’anticléricalisme seront celle de la majorité des hommes de gauches ». « Le cléricalisme, voilà l’ennemi ! » déclare Gambetta pour définir la doctrine des républicains. De fait, la République, avec un « R » majuscule, et, en son cœur, la notion de laïcité « à la française », deviendra un objet de culte, voire un fétiche tout au long du XXème siècle.

Les jacobins se préoccupaient avant tout des grands principes guidant leurs conceptions de l’état. Les socialistes, eux, s’intéressèrent davantage à la question sociale. Ils inaugurèrent, au début du XIXème siècle, la troisième catégorie de gauche selon Julliard : la gauche collectiviste. Par collectiviste, on entend une doctrine dont le but ultime est l’abolition de la propriété privée. Les « collectivistes », ce sont d’abord les utopistes, Fourier et ses phalanstères en tête, doux rêveurs méprisés par les marxistes. « Ce qui est utopique chez ceux que Marx qualifie d’utopistes » écrit Julliard, « ce n’est pas le but qu’ils poursuivent, mais l’absence de moyens pratiques pour y parvenir ». D’où le futur clivage entre sociaux-démocrates et communistes, déjà présent dans le débat qui oppose les partisans de Jaurès à ceux de Jules Guesde, et qui sera définitif à partir du congrès de Tours de 1920, « cette schizophrénie » nous dit Julliard, « de la social-démocratie française qui la distingue de toutes ces sœurs européennes, et qui fait partie des caractères originaux du socialisme français. Elle consiste à distinguer à tout moment ce qui relève de la doctrine dans sa pureté de cristal et ce qui relève de circonstances particulières. Elle conduit à une casuistique permanente, analogue à celle qu’ont si longtemps pratiquée les jésuites. Dans l’idéal, il faut faire sans délai la révolution ; dans la pratique, il faut se contenter du minimum réalisable, à savoir la défense des libertés, et l’amélioration, fût-elle modeste, de la condition salariale ». On l’aura compris : le marxisme mou et embarrassé de la SFIO des années 30 préfigure le mollétisme des années 50 et le mitterrandisme des années 80. Quid dans tout cela du Hollandisme ? C’est pour Julliard une « social-démocratie de troisième type » : « la social-démocratie de troisième type est contrainte de reprendre le combat des origines pour une répartition plus juste, au profit des salariés, des fruits de la croissance. Comment concilier la vocation redistributive avec la contrainte de la conjoncture : poids de la dette, déclin industriel de la France, concurrence des pays émergents ? La logique de la réindustrialisation appelle une politique de l’offre. François Hollande est donc condamné à un équilibrisme difficile ». Inévitable politique de l’offre donc, et non de la demande… Jacques Julliard est un digne représentant de la pensée unique !

Notre auteur a cru bon de distinguer les « libertaires » des socialistes utopiques. Ces « libertaires » appartiennent, selon lui, à la quatrième gauche, celle qui donnera naissance à l’anarcho-syndicalisme. Sa figure de proue n’est autre que Proudhon qui dans son ouvrage, Qu’est-ce que la propriété, écrit : « le gouvernement de l’homme, sous quelque nom qu’il se déguise, est oppression ; la plus haute perfection de la société se trouve dans l’union de l’ordre de l’anarchie ». Et Proudhon d’ajouter un peu plus loin : « quel est l’antonyme de la liberté ? C’est tout simplement le gouvernement ». Les lointains arrière-petits-enfants de cette pensée, les soixante huitards, se démarqueront, en effet, de toutes les autres variétés de gauche : « les idéologies traditionnelles de la gauche, libérale ou collectiviste sous ses deux formes, sociale-démocrate ou marxiste, n’avaient rien à dire, rien à proposer à ces révoltés d’un type nouveau. Seule l’idéologie libertaire, qui met l’accent principal sur l’autorité, répondait au moins partiellement à la situation ».

Les libertaires, selon Julliard, mettent un terme à la longue histoire de l’idée de progrès, constitutive, à ses yeux, de la gauche, dès ses origines. Les écologistes, héritiers de l’anarcho-syndicalisme du XIXème, étant, pour lui, un parti de la conservation, freinant les avancées technologiques au nom du principe de précaution ; un peu comme, au moment de la révolution industrielle, certains syndicalistes détruisaient les machines réduisant la main d’œuvre…

Ici se glisse, me semble-t-il, une erreur. Pour Julliard, en effet, « le XVIIIème siècle n’est pas le siècle du progrès. Il est trop attaché à la nature et à son éternelle sagesse pour l’imaginer sujette à une constante amélioration ». Son promoteur serait Condorcet. C’est faire bon marché de l’Aufklärung allemande, et en particulier de Leibniz, qui influença directement Hegel. Leibniz, fidèle au schéma néoplatonicien, parle du déploiement de l’Un dans ses monades, multiplicité parfaite qui donnera à Hegel l’intuition de l’Esprit se déployant à travers l’histoire : « die Weltgeschichte ist der Forschritt im Bewustsein der Freiheit », l’histoire du monde est le progrès de la conscience de la liberté. Dans sa version matérialiste, ce « progrès » aboutit de manière nécessaire à la parousie marxiste de la société sans classes ; la linéarité du temps, héritée du judéo-christianisme, menant inéluctablement à la fin de l’histoire dans un parachèvement glorieux. Julliard a bien vu la religiosité des gauches, mais il est passé à côté de leur eschatologie : la révolution ultime.

Sa somme reste malgré tout un ouvrage de référence.

 

Jean-François Vincent

A propos de l'auteur

Jean-François Vincent

Jean-François Vincent

Directeur de publication

Membre du Comité de Rédaction et rédacteur

Traducteur au Conseil de l'Europe

Ancien professeur certifié d'anglais

Ancien diacre à la cathédrale russe saint-Alexandre Nevski de Paris

Maîtrise d’anglais

Licence de philosophie

Licence de droit

Diplômé de l’institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Commentaires (9)

  • Kaba

    Kaba

    28 octobre 2012 à 12:38 |
    http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Augustin-de-Romanet-L-Eglise-est-muette-sur-les-consequences-de-la-mondialisation-_NG_-2012-10-10-863030
    "« Le domaine dans lequel le monde a le plus changé depuis Vatican II, et sur lequel l’Église est la plus muette, est celui des conséquences de la mondialisation sur la vie des hommes. Notamment l’égalisation des conditions de vie, qui va produire un bouleversement total des trois plaques tectoniques qui constituent notre monde d’aujourd’hui : les pays de l’OCDE, qui représentent 500 millions de travailleurs gagnant 135 dollars par jour en moyenne ; les pays émergents, dont les 1,1 milliard de travailleurs gagnent en moyenne 12 dollars par jour ; et les paysans des zones rurales du reste du monde, au nombre de 1,3 milliard de personnes, dont le revenu est de 1 à 2 dollars par jour. Certains chercheurs estiment que les deux premières plaques vont converger à 60 dollars par jour d’ici à 2025. Cela va avoir des conséquences très importantes."
    Augustin de Romanet - In La Croix (10 oct 2012)

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  • Jean-Luc Lamouché

    Jean-Luc Lamouché

    25 octobre 2012 à 15:03 |
    Votre chronique est intéressante et très agréable à lire, ainsi - sans doute - que le livre de Jacques Julliard. J'ai bien saisi les quatre gauches qu'il distingue depuis 1789 dans notre pays. Mais, il y a longtemps déjà que Georges Lefranc avait classifié trois gauches dans un petit ouvrage de la collection "Que sais-je" sur "Les gauches en France" (épuisé). Il y distinguait, d'une manière convaincante, la gauche de la Liberté, celle de l'Autorité et enfin de la Révolte. D'ailleurs, on sent bien en lisant votre texte que Jacques Julliard s'est appuyé partiellement sur cet opus déjà ancien.
    Il y eut d'abord effectivement la gauche libérale, inspirée par le libéralisme politique de Tocqueville. Mais, cette gauche ne correspondit vraiment qu'aux tous débuts (modérés) de la Révolution Française, durant les années allant de 1789 à 1791 seulement.
    Il est vrai qu'on trouve ensuite la gauche jacobine (ou montagnarde), dont le marqueur principal fut l'anticléricalisme et même l'antireligion (ce qui n'a rien à voir), débouchant ultérieurement sur les mesures prises par la IIIe République. N'oublions pas que le marqueur de gauche des radicaux-socialistes fut avant tout celui de la laïcité intransigeante, avec les lois de 1905. Gauche de la Liberté se transformant ponctuellement en gauche de l'Autorité ?
    On a bien ensuite la gauche sociale et collectiviste, s'intéressant avant tout à la classe ouvrière et à l'abolition de la propriété privée. Mais, attention : précisons que cette gauche collectiviste ne date pas du "début du XIXe siècle", mais de son milieu !
    Pour les "marxistes", il y a un élément à rectifier : en effet, la "social-démocratie" européenne, et notamment française (et allemande !) était, à l'origine, "marxiste" ! En Allemagne, cette référence ne fut d'ailleurs abandonnée qu'en 1959 et en France il demeure (aujourd'hui encore) des aspects au moins marxisants au sein de l'aile gauche du PS. Cela dit, il est vrai que, depuis Léon Blum (le "Front Populaire"), les socialistes français distinguèrent, par la force des choses, "l'exercice du pouvoir" de "la conquête du pouvoir".
    Enfin, oui, il y a cette dernière gauche, libertaire, depuis les "utopistes" (comme Proudhon), qui déboucha sur l'anarcho-syndicalisme, puis la génération de mai 1968. Mais, que viennent faire les écologistes - pour la plupart d'entre eux - dans cette affaire ?

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      26 octobre 2012 à 05:22 |
      Julliard classe les écologistes parmi les "libertaires"...Sans doute, avait-il en tête la figure de Daniel Cohn-Bendit, leader de Mai 68, désormais vert, et "libéral-libertaire". Mais tous les verts ne sont pas comme Dany, l'ex rouge! Je pense qu'il veut surtout opposer les adversaires du "productivisme" que sont les verts aux partisans ce productivisme qu'étaient, au moins autrefois, les "collectivistes".

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  • Kaba

    Kaba

    21 octobre 2012 à 09:32 |
    Je ne comprends pas l'assimilation entre être partisan d'une "politique de l'offre" et être représentant de la "pensée unique". Keynes, auquel on se réfère constamment lorsque l'on met en avant la nécessaire augmentation de la demande, était-il opposé à une politique de l'offre ? Qu'est-ce qu'un "goulot d'étranglement" ? Quelle différence y a-t-il entre économie fermée et économie ouverte ? A quoi fait-on allusion lorsque l'on évoque le déficit de la balance des paiements courants ? Etc...

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      21 octobre 2012 à 19:15 |
      La politique de l’offre consiste à relancer l’économie en pratiquant les prix les plus bas possible, assortis à des taux d’intérêts eux aussi les plus bas possible. Cette politique fut instaurée dans les années 80, dans le sillage des politiques anglo-saxonnes (Reagan, Thatcher), qui elles-mêmes s’inspiraient des idées de l’école de Chicago. A l’époque, l’inflation était à deux chiffres, et nous sortions à peine de la stagflation des années 70. C’était donc une politique anticyclique (nous étions encore en période d’inflation), et elle était bonne. La France du 10 mai 81, fourvoyée dans une politique procyclique car inflationniste, dut se résoudre à stimuler l’économie non plus par la demande, mais par l’offre, pratiquant ainsi la fameuse désinflation compétitive, et ce malgré les cris d’orfraie de gauche de la gauche, hostile, par principe, à ce qu’elle appelle l’« austérité ».
      Le problème, c'est que les situations changent, et que ce qui était bon dans les années 80 ne l’est plus maintenant ; or la théorie de l’économie de l’offre s’est figée en sorte de vulgate indépassable qui tient lieu de dogme aux gouvernements, aux universités et aux entreprises. D’où l’expression – il est vrai péjorative – de « pensée unique », c’est-à-dire une pensée tellement prégnante qu’une alternative, quelle qu’elle soit, devient inimaginable. Nous sommes désormais, depuis la fin des années 2000, dans une conjoncture non plus inflationniste mais déflationniste. Certes, il est des économistes pour prétendre le contraire ; mais c’est une erreur : les prix, un peu partout dans le monde, décélèrent, et nous nous approchons d’une crise déflationniste comparable à celle des années 30.
      Dans cette perspective, la politique suivie par les gouvernements européens est une erreur analogue – quoiqu’inverse – à celle du gouvernement Mauroy de 1981 : ils font une politique procyclique qui aggrave la conjoncture et paupérise les ménages. Il faudrait faire une politique anticyclique, c’est-à-dire passer d’une économie fondée sur l’offre à une économie fondée sur la demande.
      C’est ce que firent, dans les années 30, des pays aux régimes politiques aussi différents que l’Amérique de Roosevelt, l’Allemagne nazie ou l’URSS de Staline. Problème : à l’époque, les états n’étaient pas endettés, et l’économie n’était pas mondialisée au degré où elle l’est devenue. Le protectionnisme était donc possible ; et il fut pratiqué, à des degrés divers, par les trois états susmentionnés.
      Le protectionnisme néanmoins réapparait aux Etats-Unis et en Asie sous diverses formes. A l’échelle d’un pays comme la France, il est impossible. Il ne pourrait se pratiquer qu’à l’échelle européenne. Les états de l’UE se résoudront-ils à ce changement de politique ? Ou attendront-ils que le malade – leurs économies – meure guéri du fait de leurs remèdes monétaristes ?

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      • Kaba

        Kaba

        25 octobre 2012 à 09:50 |
        Et si Sarkozy avait eu raison de proposer une augmentation de la TVA pour financer la protection sociale ? (Je ne regrette pas de ne pas avoir voté pour lui).
        Le problème, avec les politiques, c'est qu'ils sont incapables de corriger leurs erreurs (officiellement, ils n'en font pas ! Le contexte change !)
        Cette augmentation de la TVA aurait-elle été une forme de protectionnisme ?
        Alors, qu'est-ce que le déficit des paiements courants ?
        Comment finançons-nous nos importations ?
        Pouvons-nous consommer autre chose que ce que nous produisons ? (Nous, à quel niveau : national, mondial...)
        L'augmentation de la dette est-elle pire que la dégradation de notre environnement (pour les générations futures) ?
        Faut-il que nous renoncions à laisser aux experts le choix de guider nos vies ?
        Quelle politique proposez-vous de suivre ?
        Quelle question voudriez-vous poser ?

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        • Jean-François Vincent

          Jean-François Vincent

          26 octobre 2012 à 10:39 |
          Je pense que les gouvernements (pas seulement le nôtre) devraient réfléchir en termes macroéconomiques en essayant - ce qui est, bien sûr, mal aisé - de faire de la prospective. En gros, il y a deux options possibles : ou bien une sortie de crise avec une reprise de l'expansion, et, dans son sillage, de l'inflation; ou bien la crise - déflationniste! - persiste voire s'approfondit.
          Dans le premier cas, il faut, comme dans les années 80, réduire la voilure, c'est-à-dire la masse monétaire; dans le second, au contraire, il faut l'alimenter, c'est-à-dire opter pour des politiques laxistes du point de vue des finances publiques.
          Le problème, c'est qu'aucun gouvernement n'a réellement mené cette réflexion, ne s'est véritablement posé cette question : les Allemands, traumatisés par l'hyperinflation des années 20, n'ont qu'une idée, défendre le mark (= l'euro), trésor de l'après-guerre. Et les européens leur emboîtent d'autant plus le pas que la politique de la Bundesbank ne fait que prolonger la trop fameuse "désinflation compétitive" des trente dernières années.
          Faute de mener la réflexion évoquée plus haut, les états européens sont comme les moutons de Panurge, se précipitant à l'aveugle vers l'abîme.
          Ma réponse personnelle à la question que je pose est : deuxième terme de l'alternative. La crise de 29 a duré 10 ans; l'actuelle n'a commencé qu'en 2008. Nous avons donc encore cinq ans de déflation devant nous.

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          • Kaba

            Kaba

            28 octobre 2012 à 12:27 |
            La crise de 29 a duré 10 ans, dites-vous.
            A vrai dire, et autant qu'il m'en souvienne, la reprise s'amorce en 33 aux Etats-Unis. Il y a une rechute en 37-38. Finalement, le monde est sauvé en 39. Dix ans, vous avez raison.
            Au fait, que s'est-il passé en 39, et après...?

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    28 octobre 2012 à 20:07 |
    Eh oui, Kaba, vous avez raison! Le risque, ce qui nous pend au nez, diraient certains, c'est ce qui a définitivement sorti le monde de la crise déflationniste : la guerre. Les recettes, utilisées par les états dans les années 30 - protectionnisme, "reconquête" du marché intérieur et, dans le cas de l'Allemagne, réarmement - y ont conduit tout droit...Saurons-nous l'éviter?

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