Debussy, "Claude de France"

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 06 octobre 2012. dans La une, Culture, Musique

Debussy,

En août dernier (plus précisément le 22 août), nous avons commémoré le 150ème anniversaire de la naissance de Claude Debussy (à Saint-Germain-en-Laye, non loin de Paris), grand compositeur français, parfois surnommé « Claude de France ». Bien sûr, il est très respecté et apprécié comme musicien, par exemple dans notre pays. Mais, il n’en reste pas moins qu’une partie du grand public, s’intéressant d’assez loin à la musique dite « classique », le considère presque comme un compositeur « difficile ». Et, il est vrai qu’il essaya de se démarquer un peu du postromantisme, et tout particulièrement de l’influence wagnérienne.

On trouve même, dans sa musique, des annonces de la future « modernité » du XXe siècle. Pensons ainsi à certains passages de La Mer, ou à son opéra Pelléas et Mélisande, dont la prosodie (inflexion, ton, accent, etc.) en langue française a fait fuir plus d’un amateur de musique lyrique (je veux parler ici à nouveau du grand public). La tendance globale de « Claude de France » resta pourtant assez largement liée au postromantisme wagnérien, par exemple, notamment au niveau de l’orchestration. On peut même dire qu’il voulut aller au-delà de Wagner, tout en s’appuyant immanquablement sur ce dernier (pour Pelléas et Mélisande avant tout).

On peut considérer la nouveauté qu’il apporta comme étant liée à ce que certains musicologues ont appelé « l’impressionnisme musical », quelques décennies après le triomphe des peintres impressionnistes (à partir des années 1870-1880). Et il est vrai qu’au niveau des couleurs orchestrales – ou pianistiques –, Debussy fut fortement influencé par cette volonté qu’avaient les peintres impressionnistes de se limiter à suggérer. Il fit donc de même, au lieu d’essayer de décrire musicalement des émotions avec trop de force expressive (ou de pénétration) ; suggérer sans trop démontrer, pourrait-on dire ? Un exemple : évidemment, l’esthétique de Debussy n’était pas celle de Berlioz… ! Parmi les partitions les plus impressionnistes, et les plus importantes, du créateur français, on citera : Prélude à l’Après-midi d’un faune, La Mer, Nocturnes, et des pièces pour piano – comme Clair de Lune, tirée de la Suite bergamasque, etc.

Au niveau de l’étendue de son parcours vers la « modernité », on peut dire que le compositeur mourut trop tôt (le 25 mars 1918, à l’âge de 55 ans seulement) pour qu’on puisse savoir jusqu’où il serait allé ultérieurement et dans quelle direction. Des musicologues mettent en évidence, pour certaines de ses pages, les fameux « tritons », qui sont des intervalles dissonants par excellence dans l’harmonie classique (qui est fondée sur la tonalité). Debussy n’eut sans doute pas le temps de continuer son évolution vers cette « modernité », qui allait faire naître bientôt – en Autriche – la « Première École de Vienne », autour d’Arnold Schoenberg, d’Alban Berg et d’Anton Webern. Cela dit, que de belles partitions « Claude de France » nous a laissées, dans une optique assez comparable à celle d’un Maurice Ravel, cet autre grand compositeur français, qui vivait en gros à la même époque, en développant certaines similitudes avec les conceptions esthétiques debussystes. Claude Debussy fut donc incontestablement l’un de nos plus grands compositeurs, au tournant de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe, comme le montre bien la liste de ses principales œuvres, ci-dessous (1), ainsi que les deux liens vers youtube, à écouter, en bas de page (2).

 

1. Les principales œuvres :

Principales œuvres pour orchestre :

Prélude à l’après-midi d’un faune (1892-1894)

Nocturnes (1897-1899)

La Mer (1903-1905)

Images pour orchestre (1905-1912), etc.

Principales œuvres pour ballet et opéra :

Jeux (ballet, 1912)

Pelléas et Mélisande (opéra, 1893-1902), etc.

Principales œuvres pour musique de chambre :

Quatuor à cordes en sol mineur (1893)

Sonate pour violoncelle et piano (1915)

Sonate pour flûte, alto et harpe (1915)

Sonate pour violon et piano (1916-1917), etc.

Principales œuvres pour piano :

Arabesques (1888-1891)

Suite bergamasque (comprenant Clair de lune, 1890-1905)

Estampes (1903)

Masques (1904)

L’Isle joyeuse (1904)

Images (en deux Livres, 1904-1907)

Préludes (en deux livres, 1909-1912)

Etudes (en deux Livres, 1915), etc.

Plus des dizaines de mélodies…

 

2. Les deux liens youtube :

Claude Debussy, Prélude à l’Après-midi d’un faune (10’50)

 

Claude Debussy Clair de lune by Angela Hewitt (5’27)

 

 

Jean-Luc Lamouché

A propos de l'auteur

Jean-Luc Lamouché

Jean-Luc Lamouché

Rédacteur

 

Professeur d'Histoire

Auteur d'ouvrages sur Tulle et la Corrèze

Rédacteur à "Tutti-magazine - La musique à voir et à entendre"

 

Commentaires (1)

  • michel bril

    michel bril

    24 août 2013 à 23:48 |
    très interessant!

    Répondre

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