Un néo-burlesque français

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 18 juillet 2011. dans La une, Arts graphiques, Culture, Cinéma

Un néo-burlesque français

 

Allez, imaginons.

Et si les mouvements, les courants, les styles naissaient d'une rencontre ?

Pas seulement de la proximité d'individus entre eux, parlant, jurant, pontifiant en veux-tu en voilà, sauvant enfin l'art et la culture d'une façon particulièrement radicale, écrivant des manifestes à couper au couteau, excluant tous azimuts, nommant leur bébé Roi définitif du Monde.

Mais si, mais si  les styles s'extrayaient dans un secret mieux gardé dont les conséquences, les appartenances, les incorporations et bannissements n'étaient que les traces a posteriori de forces en jeu plus discrètes.

Une rencontre entre les effets des Zeit Geist impalpables, les lames de fond silencieuses de postures sociales, culturelles informulées encore qui lâchent la bride à des endroits divers, dans des cerveaux fumants divers, à une reconnaissance et des alliances  qui ne prendront identité qu'après coup.

Je songe, je songe, par exemple, à ce que je nomme le" néo-réalisme américain", Solonz, Granick, Campos, Clark et ses thématiques si particulières aux maux de l'âme outre-Atlantique.

Je songe, je songe, de ce côté de l'océan, à la coïncidence qui n'en est plus une, de trois cinéastes français qui pourraient avoir été allaités au sein par Jacques Tati.

On retrouve, courant d'un lieu à l'autre un esprit et c'est en deçà de la forme, ce qui la génère, une posture, l'absurde et le décalage.

Chez les trois, un nouveau message, comme on dit, de dérision et d'hilarité, un nouvel humour de situation où les dialogues, on s'en fout.

Bien sûr, c'est au troisième que je dois de me pencher sur quelque chose qui nous échappe mais qui pourrait être français et sain et drôle après les années de vaches maigres et franchement cul cul que notre cinéma national a produit.

Je ne citerai pas de noms mais je n'ai souvent fait l'effort de la salle que parce que c'est un devoir, sortant confuse et aseptisée des pieds à la tête, presque morte sous les coups des évidences, esthétiques, narratives et là surtout, sociales.

Des gens gentils, parisiens, sonnant le toc, bavassant sur des amours défuntes encore et encore. Plat, plat, plat.

Mais l'effet fait vient toujours sans prévenir.

En un an, mon chouchou : " Rubber" Quentin Dupieux, une étonnante digestion francophile de certaines caractéristiques nord-américaines, déjà touchées de très prêt dans Steak, corrosif, inattendu et drôle.

" Rumba" Dominique Alba, qui cumule ces mêmes qualités les USA en moins et " Ni à vendre ni à louer" Pascal Rabaté qui les cumule aussi mais sur la côte Atlantique aux abords de Saint Nazaire.

Et trois, c'est trop pour être un simple hasard, trois déjà, c'est le fruit d'un hasard.

Un style.

Je le nomme, il faut bien que quelqu'un commence : " Le néo-burlesque français".

Je chante aussi, cela va de soi, la Marseillaise.

Ouf,  il était temps !

Et, oui.

Je parie.

Elisabeth Guerrier


A propos de l'auteur

Elisabeth Guerrier

Elisabeth Guerrier

Rédactrice

Poésie

Artiste/Peinture/Art Digital

Auteur(e) : "IsolementS"

Sites :

http://guerrierart.com/

http://guerrierpoesie.blogspot.com/

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