Vertiges mortels

Ecrit par Patryck Froissart le 27 octobre 2012. dans La une, Culture, Littérature

(Kill switch), Neal Baer et Jonathan Greene, traduit de l’anglais par Pascal Aubin, MA Editions, Collection Pôle Noir, septembre 2012, 369 pages, 20 €

Vertiges mortels

Il y a thriller et thriller.

Celui-ci a pour originalité le milieu dans lequel il se déroule.

Claire Waters est une jeune psychiatre spécialisée en médecine légale, qui entreprend d’étudier au cas par cas la psychologie des criminels considérés comme malades mentaux.

Le premier sujet qui lui est confié, Todd Quimby, bénéficie d’une mise en liberté conditionnelle et sort du service psychiatrique de la prison peu après leur premier entretien.

A peine libre, Todd disparaît dans la nature, puis devient le suspect principal du meurtre d’une jeune femme blonde ressemblant physiquement à Claire.

La jeune psychiatre, en tandem avec l’inspecteur Nick Lawler, se trouve dès lors lancée dans une hallucinante course contre la montre à la poursuite du présumé meurtrier qui jalonne sa piste de multiples assassinats de femmes blondes aux cheveux courts.

Comme il est de règle dans le genre du roman noir américain, les deux partenaires enquêteurs se supportent mal d’abord (que cette psy aille se faire voir, pensait Nick, elle n’a qu’à pas débarquer et me dire ce que j’ai à faire), puis s’entendent de mieux en mieux tandis que les pistes se brouillent, que les assassins ne sont peut-être pas ceux qu’on croit, que des affaires secondaires viennent s’imbriquer dans l’enquête principale, que des personnages apparemment insignifiants sont soudain propulsés au premier plan, que l’histoire personnelle des détectives interfère avec l’intrigue première…

Les auteurs, scénaristes de la série télé New York Unité Spéciale, ont monté et structuré les épisodes, les enchaînements, les rebondissements, les renversements du roman à la manière d’un scénario filmique dont l’objectif est d’emporter le spectateur, ici le lecteur, sans lui laisser le moindre répit, dans le cours trépidant de l’histoire jusqu’au dénouement.

L’un des deux, Neal Baer, médecin, inscrit de façon crédible le récit dans le milieu médico-psychiatrique.

Sur cette scène d’un genre particulier évoluent de nombreux personnages au cerveau malade et se jouent des situations troubles qui, au fil de la narration, révèlent que les plus grands névrosés ne sont pas ceux qui étaient présentés comme tels au début du roman.

Très habilement, nos auteurs font de l’enquête que mènent Claire et Nick une psychothérapie qui permet à chacun d’eux de revivre un épisode tragique de son passé et de se libérer du sentiment de culpabilité qui y est lié.

« Je l’ai vue, elle, dit-elle.

– Qui ? demanda Fairborn.

– Amy, répondit Claire […], la fille que j’ai tuée quand j’étais petite… »

En somme, un modèle du genre...

 

Patryck Froissart

 

Neal Baer a été le premier médecin à participer à l’écriture d’une série télévisée (Urgences). Il a supervisé la série New York Unité Spéciale.

Jonathan Greene est scénariste de télévision. Il a lui aussi travaillé sur la série pendant onze ans. Vertiges mortels est leur premier roman.

 

Patryck Froissart

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