Linguistique

(T)rêve de bla bla !

Ecrit par Sandrine Campese le 20 avril 2013. dans La une, Humour, Linguistique

(T)rêve de bla bla !

Quelle différence y a-t-il entre volubile, bavard, prolixe, loquace, verbeux ou encore éloquent ?

Ces adjectifs sont souvent présentés comme étant synonymes car ils désignent presque tous une personne qui écrit ou qui parle beaucoup. Pourtant ils ont chacun leur nuance, car entre beaucoup et trop, entre beaucoup et mal, la frontière est vite franchie !

 

Les positifs

 

Éloquent

Du latin eloquens « qui parle bien »

 

L’adjectif éloquent s’attache plus à la qualité du discours qu’au débit de paroles. Il est très utile pour saluer l’aisance avec laquelle une personne s’exprime. Quelqu’un d’éloquent saura captiver son auditoire tant par le fond que par la forme. Ce n’est pas pour rien que l’adjectif est utilisé, par extension, dans le sens de « probant, convaincant » (ex : un témoignage éloquent).

 

Volubile

Du latin volubilis, « qui tourne »

 

À première vue, Karine Lemarchand s’est montrée très indulgente envers celle qui, d’après les téléspectateurs, parlait souvent pour ne rien dire, avec de nombreuses fautes de français en prime ! Car si l’on en croit la majorité des dictionnaires, quelqu’un de volubile s’exprime avec facilité et rapidité, ce qui est plutôt une qualité. Exception faite de Littré qui considère qu’on est volubile quand parle trop et trop vite (ex : un enfant volubile) !

Les impostures culinaires (ou comment votre assiette vous ment)

Ecrit par Sandrine Campese le 06 avril 2013. dans Ecrits, La une, Linguistique

Les impostures culinaires (ou comment votre assiette vous ment)

Raymond Devos, dans un excellent sketch, prenait son public à témoin : « Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? ». Et l’humoriste de se moquer, tout en maniant les subtilités de la langue française avec le talent qu’on lui connaît, de ces individus qui, littéralement, « alimentent la conversation », c’est-à-dire parlent la bouche pleine !

Pourtant, mettre des mots sur des mets (sans mastiquer en même temps !) est non seulement agréable pour nos sens et pour notre estomac, mais peut éviter bien des déconvenues. Car à l’oreille, l’appellation de certains aliments, qu’ils soient exotiques, rares ou raffinés, se révèle très équivoque…

Il y a d’abord les plats dont le nom semble « à l’envers », comme le curry d’agneau. Pourquoi ne dit-on pas tout simplement de l’agneau au curry ? Pourquoi diable l’épice est-elle placée avant la viande ?

Un rapide détour par l’étymologie s’impose. A l’origine, le mot anglais curry, introduit en Inde par les colons britanniques, désigne un condiment indien fait de piment, safran, poivre et autres épices pulvérisées. Il découle du tamoul kari, « sauce, condiment pour assaisonner le riz ».

Par métonymie, il a fini par désigner le mets composé de viande (ou poissons, légumes) préparé avec ce condiment, qu’il soit ou non accompagné de riz.

On est-il un con ?

Ecrit par Sandrine Campese le 30 mars 2013. dans La une, Humour, Linguistique

On est-il un con ?

Telle est la question. A l’école, un de mes professeurs m’avait assuré que oui, pour me dissuader de l’employer (je crois bien que ma mère aussi s’en était mêlée). Souvenez-vous, quand vous récitiez vos conjugaisons, il était emmerdant, ce « on » : « il, elle, on… chante ». Comme moi, vous preniez peut-être un malin plaisir à le passer à la trappe, sans que personne ne s’en offusque particulièrement.

Mais qui est-ce « on » ? Un mal aimé victime de sa réputation ou un empêcheur de tourner en rond ? Omniprésent, il s’invite sans carton dans nos lectures et nos conversations…

 

Enquête sur le plus rebelle des pronoms personnels

 

De l’homme à personne

Avant de devenir un pronom personnel dit « indéfini », « on » a été un nom commun. Et pas n’importe lequel ! « On » (qui s’est d’abord orthographié om, puis hom) est issu du nominatif latin homo. A l’origine, il signifiait donc l’homme en général. Mais à force de désigner un individu aussi indéterminé, il a fini par se transformer en pronom indéfini. Quant à l’accusatif hominem, il a donné le nom commun « homme » que nous utilisons aujourd’hui. Cette racine commune existe dans d’autres langues, comme l’allemand : man (on) s’est détaché de mann (homme).

Tournez manège !

Ecrit par Christian Massé le 11 juillet 2011. dans La une, Linguistique

Tournez manège !


Des mots de la langue française sont en péril. Deux exemples : mâtin et matois. Le premier revêt trois sens. Il désigne un gros chien qui sert à garder une cour ou suivre des chevaux. C’est un terme d’injure populaire qui assimile quelqu’un à un mâtin. C’est aussi une interjection qui exprime la surprise, l’admiration. Le second est un terme familier de celui qui possède, comme le renard, la ruse, la hardiesse.

Des mots sont acceptés. Deux exemples : désescalade et lice. Le premier est une technique de descente consistant à prendre appui sur la paroi avec les pieds et les mains. Le second est une enceinte à ciel ouvert aménagée pour le patinage à roulettes. Source : le Journal officiel du 21 avril 2011.

Je ne pense pas que le commun des usagers de la langue française sait qu’au contraire, des mots anciens sont ré-intégrés dans le Dictionnaire de l’Académie française, gardienne de la langue. Exemples : priant et proême. Par opposition à gisant, le priant désigne une sculpture représentant sur un tombeau, le défunt en prière, à genoux et les mains jointes (ce mot date du XIIIème siècle). Le proême est le prélude d’un chant, l’exorde d’un discours (date du XVIIème siècle). Ce vocabulaire a été intégré dans la 9ème édition du Dictionnaire de l’Académie française le 25 mai 2011.

Ecrire avec les deux mains

Ecrit par Amin Zaoui le 09 mai 2011. dans La une, Littérature, Linguistique

Ecrire avec les deux mains

Article publié dans "La Cause Littéraire"


Ecrire de gauche à droite ou de droite à gauche, cela est un jeu extraordinaire. Mais écrire de droite à gauche et de gauche à droite cela est un plaisir. Ecrire avec les deux mains ! Ecrire avec deux langues, plutôt dans deux langues, c’est voler, en toute liberté et en toute énergie et détermination, avec deux grandes ailes dans un vaste ciel qui ne ressemble qu’à lui-même. La première est étendue sur l’orient et l’autre sur l’occident. Ecrire avec deux mains et un cœur comblé de rêves et d’illumination est un jeu d’ombres et de lumières. Ecrire avec deux mains, c’est agiter deux imaginaires, deux mers de folies. Voyages ouverts à toutes les géographies et les musiques. Le génie le plus génial que l’homme a créé, dans toute l’histoire humaine, fut le jeu. Et la littérature est un jeu fabuleux. Lorsqu’une nouvelle langue est née sur le bout de notre plume, les choses prennent la forme d’une danse.
Toutes les choses ! Dès qu’une nouvelle langue pointe sur le bout de notre langue les mots deviennent un chant de liberté, ou un champ de blé. Et la liberté gagne de la géographie, gagne de la lumière.

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