Tournez manège !

Ecrit par Christian Massé le 11 juillet 2011. dans La une, Linguistique

Tournez manège !


Des mots de la langue française sont en péril. Deux exemples : mâtin et matois. Le premier revêt trois sens. Il désigne un gros chien qui sert à garder une cour ou suivre des chevaux. C’est un terme d’injure populaire qui assimile quelqu’un à un mâtin. C’est aussi une interjection qui exprime la surprise, l’admiration. Le second est un terme familier de celui qui possède, comme le renard, la ruse, la hardiesse.

Des mots sont acceptés. Deux exemples : désescalade et lice. Le premier est une technique de descente consistant à prendre appui sur la paroi avec les pieds et les mains. Le second est une enceinte à ciel ouvert aménagée pour le patinage à roulettes. Source : le Journal officiel du 21 avril 2011.

Je ne pense pas que le commun des usagers de la langue française sait qu’au contraire, des mots anciens sont ré-intégrés dans le Dictionnaire de l’Académie française, gardienne de la langue. Exemples : priant et proême. Par opposition à gisant, le priant désigne une sculpture représentant sur un tombeau, le défunt en prière, à genoux et les mains jointes (ce mot date du XIIIème siècle). Le proême est le prélude d’un chant, l’exorde d’un discours (date du XVIIème siècle). Ce vocabulaire a été intégré dans la 9ème édition du Dictionnaire de l’Académie française le 25 mai 2011.

Ainsi, pourrait-on appliquer à la dynamique de notre langue cette formule bien usitée de nos jours :Tournez manège ! Manège vient de manus, main et de managgio. La Renaissance s’inspire de la mode italienne pour créer le mot manège ! Quelle leçon tirer de cette petite morale : un mot va disparaître, un autre renaître ? Hé bien, faisons tourner le manège de notre langue française ! Dès qu’un mot anglais s’installe dans tout langage publique, ou bien dès qu’un néologisme né des codes du sms et autres pressoirs linguistiques s’y glisse sournoisement… tirons sur la sonnette d’alarme, celle que tout bon manège de foire possède…


Christian Massé


A propos de l'auteur

Christian Massé

Christian Massé

Christian Massé, la soixantaine approchant, vit installé en Touraine depuis 1990, après dix huit années passées à Paris. Marié, père de cinq enfants.
A publié sous le pseudonyme de Julien Viaud :


Les inconditionnelles, recueil de poèmes auto-édités, 1984, épuisé.
Les Genêts, saga, éd. Les Lettres Libres, Paris, 1986, épuisé.
Les Rocs et les cendres, récit, éd. Denis Jeanson, Tours, 1995, épuisé.


A publié sous son patronyme :


Entre noir à Jean-Jaurès, éd. Denis Jeanson, 1997.
Le Drôle-au-diable, récit, éd. Le Temps des Cerises, Paris, 2001.
La mesure du temps, anthologie, éd. Denis Jeanson, 2004, épuisé.
La Loire dans tous ses ébats, nouvelle ligérienne, éd. Le Petit Pavé, Brissac, 2007.
La dernière nuit de Josepha, roman, éd; Le Temps des Cerises, 2008.
Les troubadours dans la ville, ouvrage collectif (? De la plume à la dague ?, nouvelle de CM) édité par le Cercle des Porte-Plumes et les éd. Le Manuscrit, 2010


A paraître au 1er semestre 2011:


Les quinze ans du Petit Pavé, anthologie d'auteurs de cet éditeur (? La Loire coule toujours dans mes yeux ?, nouvelle de C.M.), éd. Le Petit pavé
Lettres de Lucien Gerfault à son père, roman épistolaire, éd. Du Cygne.


Collabore aux revues suivantes (et journaux) :


Intrait d'Union (bulletin trimestriel de l'Union des écrivains – que j'ai récemment quittée)
Le Jardin d'Essai (de Simone Balazard)
Plaisir d'écrire (revue autobiographique trimestrielle, Perpignan)
Dialogue et Le Carillon, revues paroissiales mensuelles
La Nouvelle République (quotidien, accessoirement, sous forme de « billets d'humeur »!)
Le café des Arts (bulletin semestriel du Cercle des Porte-Plumes)


A été membre de l'Union des écrivains, pendant 15 ans.
Membre de l'Association des Auteurs et Éditeurs de Touraine, Signature Touraine.
Membre du Cercle des Porte-Plumes (www.porte-plumes.net)
Membre de la Société des Gens de Lettres (depuis fin décembre 2010)

Président de l'Association littéraire La Plume ligérienne (organise des soirées littéraires dans des lieux non institutionnels)

Commentaires (2)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    12 juillet 2011 à 06:09 |
    Pourquoi ce protectionisme linguistique vaguement anglophobe? La langue anglaise, elle, n'a pas ces frilosités. Ainsi la phrase : "his fantastic debut (sans accent!) on television was the coup de grâce (avec accent!) to their couple" est parfaitement correcte, un rien "posh" peut-être, c'est-à-dire snob, tiens! Une expression latine opportunément rapatriée en France après un détour outre-Manche : snob = sine nobilitate, abréviation forgée dans les collèges anglais de la première moitié du XIXème siècle et mise à l'honneur par Thackeray.

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  • MartineL

    MartineL

    11 juillet 2011 à 21:57 |
    Jolie promenade au pays des mots ; le " priant", je crois, peut être aussi "l'orant" , joli aussi !

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